‹ Histoire du Bréviaire romain (volume 3)Chapitre 181 sur 223 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

argui non possint, quamvis fortasse altéra sententia sit a pluribus recepta1. »

Au total, et de l'aveu même de Gavanto dans tout le cours de son commentaire du Bréviaire, la congrégation d'Urbain VIII n'a à peu près point laissé de trace de corrections nouvelles au texte constitué par Clément VIII.

Aussi bien n'est-ce pas à cette congrégation de liturgistes qu'Urbain VIII a confié la révision qu'il a le plus à cœur, mais à quatre jésuites, les Pères Strada, Galluzzi, Sarbiewski et Petrucci, qui sont, sous la direction personnelle du pape poète, les artisans de la réforme principale, la correction de l'hymnaire. Urbain VIII, comme tous les Barberini du xvne siècle, est un lettré délicat : sa cour, comme celle de Richelieu, est presque une académie. Urbain VIII a signé tout un volume de petits poèmes latins-. Le Bréviaire en insérera deux, l'hymne de sainte Martine et celle de sainte Elisabeth de Portugal :

Martinae celebri plaudite nomini, ci^es Romulci, plaudite gloriae, insigncm meritis (licite virginem, Christi (licite martyr em.

Urbain VIII pense répondre au désir de son temps en faisant corriger la prosodie ou la soi-disant prosodit- des hymnes ecclésiastiques. Singulière exigence du goût d'une époque ! C'est ainsi que les Barberini et tant d'autres refaisaient aux statues antiques ces

1. Gavanto, Thcsaur. sacrorum rituum, t. II. p. 75. '2. Maf. Barberini. Poëmata, Rome, 1631.

membres qui les défigurent plus que les mutilations séculaires de leur marbre! Que les Jésuites aient dépassé la mesure et que, sous prétexte de restaurer les hymnes selon les règles de la métrique et du beau langage, ils aient « déformé l'œuvre de l'antiquité chrétienne, c'est chose aujourd'hui avérée », écrit M. l'abbé Chevalier, et il cite en exemple deux hymnes restaurées ainsi par les Jésuites. Xous imprimons en italique les quelques mots conservés par eux dans le texte revisé1) :

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