Analecta juris pontificii, t. XXIV
'i. Louis Valenti Gonzaga était neveu du cardinal Silvio Valonti I ■<>nzaga, secrétaire d'Etat de Benoit XIV. Il fut fait lui-même cardinal en 1759.
discussions et des résolutions étudiées par la congrégation pontificale du Bréviaire dont il a été le secrétaire; . et qu'il n'y avait point de bibliothèque qui lui parût un dépôt plus honorable pour son manuscrit que la bibliothèque du cardinal Corsini. Ceci est la dédicace '. Une courte préface la suit.
Valenti, citant Thomassin, rappelle que l'office divin, dans ses éléments essentiels, heures, psalmodie, lectures, remonte à l'origine même de l'Eglise. Mais que, si cela est vrai du chant des psaumes, de la lecture de l'Ecriture sainte, et, dans une certaine mesure, de l'usage des oraisons que nous appelons collectes, on ne saurait en dire autant de nombre d'autres éléments de l'office divin. Sans parler, en effet, de la diversité qui existe entre 1 office divin des Grecs et celui des Latins, il est bien évident que ni les actes des saints ni les sermons des Pères ne remontent à l'Eglise des premiers jours, non plus que l'usage d'honorer Dieu de préférence dans ses saints, alors que bien plutôt l'usage existait seul d'honorer Dieu directement, comme on le fait encore à l'office dominical et à l'office férial. Ces diversités n'ont rien qui nous doive surprendre, l'Eglise, comme l'épouse biblique, devant être varietatibus circumamicta. Mais il importe que l'ordre règne dans la diversité, <-t que la liturgie ne soit pas livrée au bon plaisir particulier, en sorte qu'en une même province ou dans un même diocèse, il n'y ait point uniformité d'office, ou encore que l'office consacre des sermons non authentiques des saints Pères, ou, sous le nom d'actes des saints, des fable>. Unité et dignité de l'office divin : telle a été la préoccupation des anciens
l. Roskovàny, p. 532. Anaiecta, p. 506.
conciles, mais surtout des pontifes romains comme Innocent Ier, comme Grégoire VII, et plus nouvellement Pie V, Clément VIII. Urbain VIII. Ces derniers ont mis tous leurs soins et une infinie sollicitude à ce que 1 office divin fût ramené à l'ancien usage et à ce que rien de cet ancien office ne fût abandonné, ordonnant que l'on reproduisît ce qui avait été supprimé et que Ton réformât ce qui s'était corrompu. Le pape Benoît XIV, glorieusement régnant, a pour le culte divin le même zèle que ses prédécesseurs ; et, frappé des plaintes que lui ont exprimées quelques personnes considérables, émues, disaient-elles, de voir le Bréviaire romain déchu sur plus d'un point de son antique simplicité et de son éclat, étant d'ailleurs luimême sensible plus qu'aucun autre à ces taches et désireux plus qu'aucun autre de les effacer. Benoît XIV a décidé, à l'origine même de son pontificat, de mettre la main à une réforme et à une correction du Bréviaire, et de confier à quelques excellents connaisseurs de l'antiquité ecclésiastique le soin de répondre à ce désir. Bien souvent, poursuit Valenti , Benoît XIV daigna m'en entretenir et me demander mon sentiment dans ce grave dessein. Enfin il se résolut à choisir plusieurs prélats instruits et plusieurs théologiens, qui, réuni- en congrégation, étudieraient le projet. Ces prélats étaient : le secrétaira de la Propagande, Philippe-Marie Monti ' j le secrétaire du
1. Monti j 1754 \ prélat académicien, venait de publier des Elogia cardinalium pietate doctrina et rébus pro Ecclesia gestis illustrium
741 . Antonelli '-'- 17t>7. érudit lourd : on lui doit une consciencieuse édition princeps du commentaire grec sur les psanm qu il croyait être de saint Athanase (1746), et que Migne a reproduit; il donnera en 1750 un Vêtus missale romanum praefationibus
Sacré Collège, Nicolas Antonelli ; un chapelain du pape, Dominique Giorgi. Et ces théologiens: Thomas Sergio, consulteur de l'Inquisition; le somasque François Baldini, consulteur des Rites ; Antoine-André Galli, chanoine régulier de Saint-Jean-de-Latran ; Antoine-Marie Azzoguidi, des Mineurs conventuels. Le pape voulut que Valenti fût secrétaire de la congrégation *.
En principe, assure Valenti, les membres de la congrégation étaient à peu prés unanimes à reconnaître la nécessité d'une réforme du Bréviaire romain. Restait à fixer au préalable la nature de cette réforme. — Le pape Benoît XIV avait reçu deux mémoires concernant le Bréviaire, l'un en français, l'autre en italien. L'auteur français exprimait le regret qu'il y eût, dans le texte du Bréviaire, plus d'une assertion historique qui avait échappé à la diligence des correcteurs anciens, et dont la critique avait surpris l'erreur; dans la distribution des psaumes, tels psaumes qui revenaient sans c< sse, tels autres qui n'étaient jamais récités, et les plu> longs qui s'accumulaient aux offices du dimanche et des fêtes : dans les antiennes, trop de texte< qui n'offraient aucun sens à l'esprit ou qui s'accordaient mal avec les offices où on les exécutait : parmi les fêtes des saints récent- trop de doubles, alors que les fêtes de saints anciens et insignes étaient de rite semi-double on simple, et que la fréquence des fêtes doubles empêchait
etnotis illustratum. Giorgi — L747), savant de l'école de Muratori. était en train de publier son grand ouvrage. De liturgia romani pontificis in solemnî celebratione mîttarum (1731-1744). Baldini (y 1767), un antiquaire, publiera en 1743. une édition estimée des Numismate imperatorum romanorum de Vaillant. Azzoguidi 1770), s'intéressait aux œuvres inédites de saint Antoine de Padoue, dont il écrivait la vie.