Même lettre
du Souverain Pontife ne servit de rien, et la seconde édition du bréviaire de M. de Vintirnille parut sans changement.
La raison qui fit que le Saint-Siège n'insista point pour obtenir la rétractation de M. de Vintirnille est que Benoît XIV, s'inspirant d'une tout autre vue que Clément XII son prédécesseur, pensait à entreprendre d -on tour une réformé du Bréviaire romain. Le cardinal de Fleury, dés le 14 février 1741, avait applaudi à cette pensée qui résolvait sans coup férir « l'affaire du bréviaire de 1 archevêque de Paris ». Le cardinal de Tencin, chargé d'affaires à Rome, y encourageait et Fleury et Benoît XIV de tout son crédit. Le 21 juillet 1741, il écrivait à Fleury : « Le pape a nommé une congrégation de prélats et de religieux pour travailler à la réformation du Bréviaire romain ». Et le 25 août : « Le pape est actuellement dans de très bons principes pour la réformation du Bréviaire romain, par exemple de n'admettre aucune légende douteuse... » Il est vrai qu'il ajoutait aussitôt : « Son projet sera-t-il exécuté? Je n'en répondrois pas. Il ne scait pas résister ni être en garde contre ceux qui l'environnent1. »
Ainsi la réforme tentée en Franee, tant en 1680 qu'en 1736 (je ne veux parler que de ces deux-là , provoquait à Rome l'étude d'une nouvelle et [dus profonde révision du Bréviaire romain. Nous avons à voir comment cette révision romaine fut conduite, et pourquoi elle n'aboutit point.
1. Beiu.it XIV à Fleury. \ mars 1741 {Corr. de Rome, t 787. f. 8). Tencin à Fleury, 21 juillet L741 [Corr. de Rome, t 78J .. Le même au même, -Ô août 17. ■'.. f. 331).
Les papiers de cette congrégation instituée par Benoît XIV pour la réforme du Bréviaire romain sont restés longtemps inconnus et inédits. Le premier à avoir exploité ces papiers est Mgr de Roskovâny : il les avait retrouvés en 1856 à la bibliothèque Gorsini, à Rome, où ils sont conservés depuis l'époque de Benoît XIV. C'est un volumineux dossier ayant pour titre : Âcta et scripta autographa in sacra congregatione particulari a Benedicto XIV deputata pro reformatione Breviarii romani a. 1741. in très tomos distributa etappendicem*. Il y aurait un vif intérêt à publier intégralement ce dossier, qui formerait dans son ensemble un excellent traité du Bréviaire. Mgr de Roskovâny n'a publié que l'historique des travaux de ladite congrégation, historique rédigé et mis en tête de tout le dossier par le secrétaire de la congrégation, Louis Valenti; du re>t<' du recueil, il n'a donné que quelques pièces choisies2. Depuis, un prélat français, Mgr Chaillol, a publié d'autres pièces importantes de ce même dossier3.
Nous allons analyser, en n'y ajoutant que des notes, les actes de la congrégation de Benoît XIV.
Le mémoire de Valenti4 est dédié au cardinal Néi Corsini. L auteur a pensé que la postérité lui saurait gré d'avoir rédigé l'histoire des propositions, des