‹ Histoire du Bréviaire romain (volume 3)Chapitre 192 sur 223 · Roskovanv, p. 538. Analecta, p · texte numérisé non relu

Roskovanv, p. 538. Analecta, p

psaumes fériaux à l'office des saints (im petit nombre de fêtes de saints excepté), de façon à réciter en une semaine tout le psautier. D'autres cependant, et ce fut leur opinion qui prévalut, observèrent que l'Eglise romaine avait été toujours et devait être tenace dans ses traditions propres; qu'il convenait de se défier des nouveautés ; que la distribution romaine des psaumes était antique et ne pouvait être abandonnée légèrement; qu'il s'agissait, au demeurant, non d'une refonte, mais d'une simple correction du Bréviaire romain; et que, la question du psautier réservée, on devait d'abord discuter le calendrier. Cette proposition fut adoptée à l'unanimité ' .

Puis donc qu'il s'agissait d'une simple correction, il importait de savoir quelle avait été l'idée maîtresse de la réforme du Bréviaire par Pie V, et de s'y tenir. Valenti soumit à la congrégation un document retrouvé par lui2 et qui exprimait nettement quelle avait été la pensée de Pie Y. Au xvie siècle, l'office férial entraînait la récitation de l'office de la sainte Vierge, de l'office des morts; plus, en carême, des psaumes pénitentiaux et graduels accompagnés des litanies; et enfin, à toutes les heures en tout temps, des prcccs feriales. Pour se soustraire à l'écrasante longueur d'un tel office férial, on en était venu à assimiler les fêtes simples aux fêtes semi-doubles et doubles, c'est-à-dire à leur donner un office de neuf leçons, avec faculté de les transférer si besoin était, l'office de neuf leçons n'entraînant plus que

l. Roskovany. p. 640. Analecta, p. 510.

'1. Noua ayons mentionné déjà ce document. Valenti nona i d

a conservé le texte italien original, Manumentum V. Voyez plus haut, p. 240.

la récitation de l'office de la sainte Vierge. Mais, dès lors, plus d'office férial en carême, en dépit de la lettre du vieux droit canonique : presque plus de leçons de l'Ecriture sainte, en dépit des prescriptions du pape Gélase : plus de récitation hebdomadaire du psautier intégral, et. à la place, la répétition quotidienne des mêmes psaumes du commun des saints, en dépit de l'autorité du pape saint Grégoire le Grand qui voulait qu'un clerc ne pût être promu à l'épiscopat, s'il ne savait tout le psautier par cœur. Voilà pourquoi Pie \ avait supprimé ce privilège abusif des fêtes simples, les ramenant à l'observance du nocturne férial, les réduisant à une mémoire en cas de concurrence d'une fête supérieure, mais les allégeant de la récitation des psaumes pénitentiaux et graduels, de l'office des morts et le carême et l'avent exceptas i des preces feriales, et enfin leur imposant au moins deux leçons sur tr tirées de l'Ecriture sainte. Or. à comparer le Brt-viaire de Pie \ et le Bréviaire actuel, on constatait que le nombre des fêtes doubles et semi-doubles avait été, depuis 1568, porté de 138 à 228, en sorte que. le nombre de- - mobiles annuelles étant de 36. il restait à peiue 00 jours à l'office dominical et férial ; encore ces 90 jours étaient-ils pour la plupart escomptés par les fêtes concédées aux Eglises, diocèses et religions diverses ! La situation était donc en 1741 redevenue ce qu'elle était avant 1508, où les pontifes romains avaient entrepris la réforme du Bréviaire, et la faute en était tout entière au calendrier. Il fallait donc, quelle que fût la dévotion particulière de chacun des consulterons envers les saints, il fallait en venir à rayer nombre de noms du calendrier, et à réduire nombre de fêtes au rang de fêtes simples, puisque le feslum simplex seul

n'entraverait pas la récitation hebdomadaire du psautier •.

Le 11 août 1741, la congrégation, d'accord sur le principe de cette réduction, en essayait l'application aux fêtes de Notre Seigneur. Noël, l'Epiphanie, Pâques, la Pentecôte étaient hors de cause. On hésita sur la question

de savoir s'il ne convenait pas de restituer à la fête de la Circoncision son vieux nom d' Octava Bomini, que lui donne le sacramentaire grégorien ; mais on passa outre. La fête de la Transfiguration était bien récent e, puisque le sacramentaire grégorienne la connaît point; mais elle était universellement reçue, soit chez les Grecs, soit chez les Latins ; on la conserverait. Même résolution sur la fête de la Trinité, à condition de réviser avec soin les antiennes et les répons de son office. La fête du Corpus Christi fut mise hors de cause. La fête de l'Invention et celle de l'Exaltation de la Croix soulevèrent les discussions les plus vives : les uns voulaient supprimer radicalement l'Invention de la Croix du calendrier, d autres unir l'Invention à L'Exaltation en une seule fête, le 14 septembre, d'autres maintenir les deux fêtes en l'état. On pût croire un instant que la fête du 3 mai serait condamnée à disparaître; puis finalement on se résolut à ne rien modifier. Mais la fête du Saint-Nom de Jésus ne trouva pas grâce devant la congrégation'2; elle était récente : la congrégation en demanda la suppression. La discussion de ces divers résolutions prit fin le 21 novembre \

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