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lettre même des offices, et réviser les homélies, l»'gend' hymnes el répons des offices que l'on conservait ? Il parut plus sage de soumettre à Benoît XIV le travail fait, ce travail «'tant la base de toute la réforme à faire, laquelle serait vaine si le souverain pontife n'approuvait pas, ou même désapprouvait, la méthode et les résolutions premières de la congrégation. Sur 1 avis unanime des consultent-. Valent! mit le nouveau calendrier sous les yeux de Benoît XIV ' .
Le pape, assure Valenti, reçut le mémoire avec bienveillance, et demanda à l'examiner : il le garda ainsi par devers lui plusieurs mois, ce qui ne doit point surprendre de la part d'un pape occupé par bien d'autres soucis de sa charge apostolique, et désireux de peser avec toute la maturité nécessaire les inconvénients que pouvait entraîner la diminution du sanctoral 2. Sur
1. Rosko.vàny. p. ÏA'yl. Analecta, p. ' I calendrieret l'exposé des motifs est donné par Roskovàny. pp. 583-614.
-. En réalité le projet de la congrégation dut surprendre le pape. Voici une curieuse lettre où Benoit XIV exprime son opinion privée sur la question. Elle est du 7 juin 1743 et adressée au cardinal de Tencin : « Nous accusons la lettre de Votre Kininence du 20 inay. Il y est question du projet d'un nouveau Bréviaire romain. Nous avons vu avec le plu- sensible plaisir le- espérances que Votre Eminence non- fait entrevoir que si nous donnions un nouveau Bréviaire romain, il pourroil peut-être être reçu en Fran< du moins dans les diocèses où le Bréviaire romain esl en usage. Voici en général le plan que nous nous sommes proposé de suivre dan- la composition d.- ce Bréviaire. La critique étanl devenue si pointilleuse, et les faits que no- bons ancêtres regardoient connue indubitables étanl aujourd'hui révoqué- en doute, nous ne voyons d'autre moyen de nous mettre à l'abri de cette critique que c«lui de composer un Bréviaire dans lequel tout soit tire de l'Ecriture sainte, laquelle, comme le -;ut Votre Eminen* contient beaucoup de eho — sur le- mystères dont l'Eglise célèbre la tète, sur les saints apôtres et sur la sainte Vierge. On suppléera par les écrits non contestés des premiers Pères à ce que l'Ecriture
ces entrefaites une personne, dont Valenti ne dit pas le nom, émit l'opinion qu'il serait plus expédient de conserver toutes les fêtes sanctorales du calendrier romain, mais de les ramener toutes à n'être plus que des fêtes simples, pour sauvegarder ainsi l'office férial. Valenti s'empressa de soumettre cette opinion à Benoît XIV, qui désira savoir pourquoi les consulteurs ne l'avaient point adoptée. Les consulteurs répondirent par écrit qu'il leur avait paru nécessaire d'éliminer certaines fêtes de saints, et que, quant au projet lui-même, il se heurtait à l'usage immémorial de l'Eglise et entraînerait avec lui mille difficultés * .
Cependant on pressait le pape de se décider. C'était le cardinal de Tencin. C'était le nonce à Paris, Crescenzi, rappelé à Rome pour y recevoir le chapeau2. C'était Valenti lui-même qui rappelait assidûment au pape l'intérêt de l'œuvre commencée, et que Benoît XIV était seul capable de la mener à bonne fin. Le pape céda
sainte ne fournirent pas. Quant aux autres saints qui ont place aujourd'hui dans le Bréviaire, on se contentera d'en faire une simple commémoraison. Tout ce qu'on pourra dire, c'est que c'est là une nouveauté qui va à diminuer le culte rendu jusqu'à présent à ces saints; et il est vrai que le retranchement des légendes fera crier ceux qui tiennent les faits qui y sont contenus pour si certains qu'ils seraient prêts à se faire martyriser pour en soutenir la vérité. Mais cette critique nous parait bien moins importante que celle par laquelle on nous reprocheroit de faire lire au nom de l'Eglise des faits ou apocrifes ou douteux. Or avec quelque attention et quelque habileté que le nouveau Bréviaire fût composé, cette critique serait inévitable » (Corr. de Borne, t. 792, t. 21).
1. Roskovâny, p. 5<J2. Analecta, p. 525. Cette consultation est reproduite par Roskoràny, pp. 614-619.
2. Crescenzi n'était que l'écho du cardinal de Fleuiv et du cardina] de Tencin. Il fut fait cardinal au consistoire du 9 sept. 1743. (( C'est un bon ecclésiastique, disait de lui Benoit XIV à Tencin ; il est vrai qu il n'est pas fait pour commenter Aristote. »
enfin, et nomma une congrégation cardinalice pour examiner le calendrier présenté par les consulteur- Les cardinaux nommés par Benoît XIV étaient les Eminentissimes Gentili, Valenti, Monti, Tamburini et Besozzi '. L'abbé Valenti serait le secrétaire de la congrégation cardinalice2.
Le 2 mars 1744, elle se réunit au Quirinal. Les cardinaux ne firent aucune objection au projet de calendrier présenté par les consulteurs, et témoignèrent plutôt de leur approbation. Cependant leur décision se trouva différée par des considérations préalables. Monti, cardinal depuis septembre 1743, était le même qui avait été consulteur de la congrégation préparatoire : ce qui lui donnait une grande autorité sur ses collègues de la congrégation cardinalice. Le cardinal Monti proposa de faire part du projet de réforme au cardinal de Tencin , à Paris, et d'attendre son avis. On savait, en effet. Tencin très partisan d'une réforme ; c'était un prélat actif et influent, et il y avait lieu d'espérer que si l'on s'assurait son concours et son approbation, la réforme romaine du Bréviaire pourrait être reçue en France, et, une fois reçue en France, serait reçue volontiers par les autres nations dévouées au Saint-Siège. D'autres cardinaux firent observer que la réforme entreprise n'était pas encore assez avancée pour être ainsi communiquer au dehors, et le cardinal Tamburini3, faisant
1. Silvio Valenti était secrétaire d'Etat, l'homme do la confiai* de Benoit XIV, et la méritant par l'ouverture de *on esprit et l'aménité de son caractère. Nous connaissons Monti.
"2. Roskovany. p. 553. Analecta. p. 526.
3. Le cardinal Tamburini. de la promotion de 1743, est jugé ainsi par l'abbé de Canillac : « Un théologien dont on vante ici le savoir, mais cpji dans un autre pays serait en cela un homme fort médiocre. » Corr. de Home, t. T'.t'J. t. 2i3.)
tienne cette observation, ajouta qu'il conviendrait de déterminer sans retard la distribution des psaumes que l'on voulait adopter : la distribution du psautier n'étaitelle pas, en effet, le point essentiel de la réforme ? Réciterait-on intégralement le psautier chaque semaine? Combien de psaumes réciterait-on chaque jour? Les psaumes quotidiens serviraient-ils aux fête? de> saints ? Y aurait-il des fêtes de saints qui comporteraient une psalmodie à part ? Voilà ce qu'il fallait faire étudier incontinent par les consulteurs. L'avis de Tamburini prévalut. Entre temps, comme la congrégation prélatice avait perdu deux de ses membres, Monti étant devenu cardinal et Azzoguidi étant depuis longtemps absent de Rome, Benoit XIV nomma deux nouveaux consulteur-, le procureur général des Célestins, Orlandi. et !<• Père Giuli, de la Compagnie de Jésus, alor> professeur de droit canonique et, depuis, examinateur des évèques 8 mai- 17 i4 f.
Le 19 mars, il y eut réunion des consulteurs pour discuter la question de la distribution du psautier. Plusieurs Eglises de PVance avaient, en ces dernières années, adopté une méthode nouvelle de distribution, encore que non uniforme, et cette nouveauté avait en
1. Roskovany, p. 56!. Aitalecta. p. 527. Benoit XIV à Tencin, 5 mars 17+'» : « Il s est tenu une Congrégation sur le projet d un nouveau bréviaire romain, en présence de quelques cardinaux; il s'< m étoit déjà tenu plus de vingt entre les seuls consulteui-. Notre Eminence peut bien se figurer qu'on a beaucoup discouru et peu conclu; mais nuih commencer"!!-, aussitôt que nous pourrons faire tenir devant non- < es Congrégations, et même nous nous entendrons là-dessus avec M. L'Archeyèque de Bourg*- 1 ambas- >nrdu roi] quand il sera arrivé, d autant plu» qu'il pourioit l)i>ii amener avec lui quelque habile docteur de Sorbonne. a (orr. de Rome, t. 796, f. 21.)
Italie ses partisans. De divers côtés, le bruit -'étant répandu que La congrégation discutait cette question, •on avait fait parvenir à Valenti différents projets d'une distribution analogue, prétendant tous à rendre la psalmodie et plus facile et mieux ordonnée. Les eonsulteurs furent unanimes à s'en tenir à leur décision première 14 juillet 1741 , et à affirmer, une lois de plus, que la distribution romaine du psautier était antique et ne devait pas être abandonnée. Pour donner plu- de poids à leur opinion, qui s'appuyait sur le témoignage d'Amalaire et de Grégoire VII, ils recoururent aux trésors manuscrits des bibliothèques romaines : Antonelli fouilla les archives Latéranes : Giorgi. la bibliothèque Yaticane; Orlandi, la Vallicellane ; Giuli. la bibliothèque du Collège Romain et celle de la Pénitencerie ; ainsi des autres. Le 29 avril, les recherches étaient achevées, qui confirmaient pleinement l'opinion de la congrégation, et Galli, les résumant en un mémoire, put conclure qu'aucune des distributions admises maintenant en France ou proposées ailleurs ne pouvait être préférée à L'antique distribution romaine'. Le 17 juin, le mémoire de Galli fut lu aux consulteurs et approuvé par eux tous. On décida du même coup que les tètes doubles mineures, qui tomberaient un dimanche, seraient transférées; mais, sur la question de -avoir si les fêtes semi-doubles, qui tomberaient un jour empêché, seraienl transférées ou réduit''- à une simple mémoire, il y eut partage égal des voix2.
Il fallait se hâter. Le bruit s'étail répandu, <»n ne sait
1. Cette dissertation du Père Orlandi, De non immutanJo ceteri j^almodiae ritu. a été insérée par Valenti parmi ses pièces justificatives, Monumentum XXIII : elle est inédite.