‹ Histoire du Bréviaire romain (volume 3)Chapitre 24 sur 223 · Je reviendrai plus loin à ce détail important · texte numérisé non relu

Je reviendrai plus loin à ce détail important

mais encore des laïcs, hommes et femmes, qui veulent faire vigile qui volunt maturius vigilare . De ce momentlit au lever du soleil, on psalmodie psalmi responduntur ; à la fin de chaque psaume, on prononce une oraison. Ces oraisons sont dites par les prêtres et les diacres qui, tous les jours, au nombre de deux ou trois, sont désignés pour venir présider l'office des monazontes . — Mais, au moment où le jour point, on commence à dire les matutlnos ymnos. L évèque arrive à ce moment avec ses clercs, et, debout derrière la balustrade, il dit une oraison pro omnibus, puis pro catecltumenis, puis pro fîdelibus. Il se retire ensuite, et chacun vient lui baiser la main et se faire bénir par lui. L'assemblée est congédiée au jour venu,y<7/?2 luce. »

Voici pour sexte et none :

« A la sixième heure, les fidèles se retrouvent semblablement dans la basilique de l'Anastasis : on dit les psaumes et les antiphones. L' évèque est averti, il arrive et, sans s'asseoir, debout devant la balustrade, comme le matin, il prononce de même l'oraison. Il se retire ensuite et chacun vient lui baiser la main. A la neuvième heure a lieu le même office qu'à la sixième. » — Sainte Silvia ne parle point de réunion psalmodique à tierce, cette heure, dans une basilique comme l'Anastasis, étant réservée sans doute au service eucharistique.

C'était là le service quotidien introduit avec les ascètes et les vierges dans la publicité des basiliques. \ • ut-on voir maintenant comment il s'y combinait avec L'antique usage de la vigile ? Sainte Silvia va nous l'apprendre.

« Le septième jour, c'est-à-dire le dimanche, avant le chant des coqs, la multitude, aussi nombreuse qu »lle le serait à Pâques, se réunit à l'Anastasis, mais

hors l'église. Il y a là des luminaires suspendus pour éclairer la réunion. Les fidèles arrivent longtemps à l'avance, craignant d'arriver passé le chant du coq. Ils s'asseoient. On chante des psaumes antiphonés, chaque psaume suivi d'une oraison dite par un prêtre ou par un diacre, car il y a toujours des prêtres et des diacres pour présider là les vigiles. La coutume veut qu'avant le premier chant du coq on n'ouvre pas les portes de la basilique. Mais sitôt qu'il a retenti, l'évêque arrive : les portes s'ouvrent, la foule entre ; la basilique étincelle de mille lumières. Le peuple entré, un prêtre dit un psaume auquel l'assemblée répond; après le psaume, une oraison. Puis un diacre dit un second psaume, suivi d'une oraison. Puis un clerc quelconque un troisième psaume suivi d'une troisième oraison. A la suite, la commémoraison [ou prière pour tous, et pour les fidèles, et pour les catéchumènes, comme plus haut]. Ces trois psaumes et ces trois oraisons achevés, les encensoirs sont apportés; la basilique s'emplit de leur parfum. C'est le moment où l'évêque prend l'évangile en main et fait la lecture. Après quoi, il bénit les fidèles, l'office est fini. L'évêque se retire; les fidèles aussi retournent chez eux et vont dormir. — Mais les monazontes restent dans la basilique pour chanter, jusqu'au jour, des psaumes antiphonés, chaque psaume suivi d'une oraison dite par quelque prêtre ou diacre. Il reste aussi quelques laïcs, hommes ou femmes, ceux qui veulent. »

Dans cette description si détaillée et si vivante, on distingue nettement la superposition des deux liturgies : la liturgie de la totalité des fidèles, ou vigile dominicale au chant du coq , la liturgie des ascètes et des vierges, ou vigile quotidienne du chant du coq au lever du

soleil ; ces deux liturgies se juxtaposent le dimanche de telle sorte que l'une est obligatoire et suivie par tout le clergé et par tous les fidèles, et que l'autre, qui cependant suit la première, reste facultative, et ne retient que les plus fervents pour y prendre part et quelques clercs pour la présider1. Tel était l'usage liturgique à Jérusalem. Si nous mettons à part la célébration en public de tierce, de sexte et de none, exercice que je ne vois pas généralisé, on peut dire que tel était aussi l'usage liturgique des Eglises de l'Orient grec et des Gaules. « Huius celebritatis devotio... non solum in eadem ecclesia — l'Eglise de Milan — verum per omnes pêne Occidentis provincias manet », dit le biographe de saint Ambroise2.

La quotidienneté des vigiles n'était point la seule innovation due à l'influence des ascètes et des vierges de Syrie. On leur devait une transformation profonde de la psalmodie ecclésiastique.

Ce qu'était le chant antique des psaumes, le psalmus responsorius, on l'a vu plus haut : mais on ne saurait trop répéter la formule qu'en donne saint Augustin d'après saint Athanase : « Tarn modico flexu vocis faciebat sonare leetorem psalmi, ut pronuncianti vicinior esset quam canenti. » Or, si un pareil chant pouvait suffire à fixer l'attention d'une assemblée très restreinte et très serrée, et à remplir la capacité d'une petite église, il n'en allait pas de même d'une grande foule ni d'une

1. Comparez à la description de sainte Silvia celle que présente la Vie de sainte Mélanie et qui se rapports à l'usage de Jérusalem postérieur d'une trentaine d'années au pèlerinage de Silvia : Analecta Bollandiana, 1889. p. 29.

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