Lit. diurnus., III
vigilial proprement dit. Le Liber diurnus ne mentionne pas, il est vrai, cet office de laudes; mais saint Benoît, qui, d'accord avec l'usage monastique et clérical de la grécité et de la latinité, prescrit les laudes matinales au lever du soleil, à l'issue de l'office vigilial nocturne, saint Benoît nous a donné à entendre que tel était aussi l'usage de l'Eglise romaine.
3° Par contre, le Liber diurnus ne dit pas un mot de l'office de vêpres. La décrétale citée par Gratien n'en parle pas davantage. Or on se rappelle si les conciles espagnols et les conciles franks du vie siècle, d'accord avec le droit byzantin contemporain, distinguaient nettement les vespertina des matutîna officia, les missae i'espertinae des missae maîutinac. A Rome, à pareille époque, rien de cette distinction : à Rome, rien qu'une vigile nocturne.
4° L'office vigilial, de Pâques au 24 septembre où les nuits sont le plus courtes, compte trois leçons, trois répons, trois antiennes ; du 24 septembre à Pâques où les nuits sont le plus longues, il compte quatre leçons ; tous les dimanches, uniformément, il compte neuf leçons. Il semble que le nombre des antiennes doive être dans les trois hypothèses égal au nombre des leçons, de même que le nombre des répons; mais dans quel rapport est le nombre des antiennes avec le nombre des psaumes? En d'autres termes, combien chante-t-on de psaumes à un office de trois leçons, à un office de quatre leçons, à un office de neuf leçons? Je ne le saurais dire.
5° Les leçons, au nombre soit de trois, soif de quatre, soit de neuf, doivent <tiv empruntées à l'Ecriture sainte. Il est certain cependant que, du temp^ de saint Grégoire, elles étaient empruntées aussi à des
LES ORIGINES DE LORDO PSALLEXDI ROMAIN 49
textes extracanoniques. « On nous a rapporté, écrit-il, que notre révérendissime frère et coévêque Marinianus fait lire aux vigiles notre commentaire sur Job ; cela nous a déplu, car cette œuvre n'est point faite pour le peuple... Dites-lui de faire lire aux vigiles notre commentaire sur les psaumes, qui est plus capable de former aux bonnes mœurs les esprits des séculiers1. » On le voit, du reste, cet ordo, le plus ancien que nous possédions de l'office romain, est peu explicite. Il fournit cependant de précieux éléments de comparaison, qui nous suffiront à montrer plus loin comment ce qui doit être l'office canonique romain définitif s'est constitué, et sur un autre plan, passé le début <lu vnc siècle.
Nous avons dit que les vigiles stationales étaient l'office des clercs régionnaires, tandis que les vigiles fériales étaient l'office du prêtre et des clercs attachés ;i chaque titre ou église paroissiale. Il faut faire parmi ces clercs inférieurs une place exceptionnelle aux lecteurs. Ils appartenaient aux titres, non aux région-. Des inscriptions du ive siècle mentionnent un lectok tituli pallacix.ve Saint-Marc , un lector tituli i \sciolae [Saints-Nérée-et-Aehillée , un lector de pudentiana. Dans une inscription du vu siècle, on relève la mention d'un lector tituli sanctae caeciliai:'-. Il y a à remarquer ce détail important que. au ive siècle, les lecteurs sont à Rome des hommes faits
1. Gregor., EpistuL, XII. 24 : « Commenta psalmonun legi ad vigilias faciat. •