De Rossi, Bulletino, 1S83. p
même d'un âge plutôt mûr : si le lecteur de Sainte-Pudentienne a vingt-quatre ans, celui de Fasciola a quarante-six ans. Au vne siècle, au contraire, les lecteurs sont des enfants : le lecteur de Sainte-Cécile a douze ans. Entre le ive et le vne siècle, le lectorat romain s'est transformé, et il s'est transformé parce que le chant romain lui aussi s'est transformé. On a rompu avec cette antique et sévère méthode de chant psalmodique, qu'une inscription damasienne, nous l'avons vu, qualifiait de « modulamen placidum ». La psalmodie chorale h enfin conquis droit de cité romaine. Et voilà pourquoi les clercs à la voix grave et virile ont cédé la place à des chœurs de voix souples et fraîches d'enfants, ainsi que cela se pratiquait depuis longtemps partout dans la catholicité, et par exemple en Afrique, témoin les douze petits clercs carthaginois infantuli clcrici... strenui atque aptl modulis cantilcnac , dont N ictor de Vite nous raconte le touchant martyre'. C'est à des enfants que revenaient le principal rôle dans le chant liturgique, et de rendre ces notes tremblantes, filées ou saccadées [tr émulas, pel tinnulas, sive coUisibiles vel secabiles voccs) où se complaisait l'art nouveau. L'épitaphe du pape Deusdedil 015-618 rapporte qu'il avait débuté dans la carrière cléricale par le lectorat :
Hic vir àb exortu Pétri est nutritus ovili;
et que l'office de lecteur avait consisté pour lui à chanter dans les vigiles :
excubians Christi cantibus hymnisonis.