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si controversée de ce saint est demeurée intacte. D'autres corrections qui furent adoptées étaient discutables. Exemples : Baronius fit dire à la légende de saint André que les ossements de l'apôtre ont été transportés à Constantinople sous le règne de Constance; le Bréviaire de Pie V disait Constantin, et Urbain VIII a fait judicieusement rétablir cette leçon. Dans le Bréviaire de Pie V, saint Hippolyte était donné comme prêtre ; Baronius le fait qualifier d'évéque de Porto. La légende de saint Jacques le Majeur, dans le Bréviaire de Pie V, disait sans insister que l'apôtre avait « parcouru l'Espagne et y avait prêché l'Évangile, puis était revenu à Jérusalem » ; Bellarmin demandait que cette assertion fût effacée du Bréviaire, comme ne reposant sur aucun témoignage digne de foi. Baronius passe outre aux représentations de Bellarmin, et fait insérer la phrase suivante : « Mox Hispaniam adiisse, et ihi aliquos ad fidem convertisse, Ecclesiarum illiiis provinciae traditio est; ex quorum numéro septem postea episcopi a beato Petro ordinati in Hispaniam primi directi sunt » ; phrase dont Urbain VIII devait supprimer le membre « Ecclesiarum illius provinciae traditio », cédant aux instantes réclamations du clergé espagnol. Dans le Bréviaire de Pie V on admettait l'identité du Denis évêque d'Athènes et du Denis évêque de Paris ; Bellarmin voulait que l'on distinguât les deux personnages, faisant du second un évêque du temps de Dèce, ainsi que l'entendent Grégoire de Tours et Sulpice Sévère ; Baronius fait maintenir les termes adoptés sous Pie V. Baronius corrige les légendes des anciens papes ; mais
ce n'est que pour préciser la chronologie de leurs pontificats, si incertaine cependant ^
Combien de détails qui .< ne pouvaient être supportés sans offense » sont maintenus ! Bellarmin n'admettait pas l'authenticité des Fausses Décrétales, et l'on sait que les Fausses Décrétales sont entrées dans la rédaction des légendes des anciens papes au Bréviaire : Baronius repousse toute correction sur ce chapitre. Baronius lui-même reconnaissait le caractère apocryphe d'actes des apôtres, tels que ceux de saint Thomas; il invoque cependant leur autorité, « licet adnumersntur inter apocrypha », dit-il 2. Baronius reconnaissait le caractère corrompu de certains actes de
1. Dans le ras, Vatican, lat. 6242, papiers ayant trait à la réforme de Clément VIII et provenant, au moins en parlie, (le Bandini, on trouve fol. 20-24 des Duhia in lectionibus Breviarii, dont nous ne relèverons que les deux suivants : « Dio 9 octobris, dicitur Dionysius Areop. Parisiorum episco]»us fuisse, quod valde dubium est, ut facile possera ostendei-e si opus esset. » — « Die 25 julii, Jacobus dicitur in Hispania Evangelium praedicasse. At id valde dubium est. Nam nullus probatus autor eius rei testis foriasse proferetur. Narrât id quidem Isidorus in libro de sanctis Patribus ulriusquo Tcstamenti (si tamen Isidorus eius libri auctor est), vorum in e:i narratione multa absurda et falsa continenlur... Dcni(|U(' Innoc. [le pape Innocent P', Jaffé, 311]... disertis vorbis affirmât nullum apostolorum in Hispania praedicasse. »
2. De même, l'autobiographie de Bellarmin nous apprend que Baronius tenait (avec raison) pour apocryphe l'épîtrc encyclique des prêtres d'Achaïe sur le martyre de saint André : Baronius céda aux représentations de Bellarmin qui la lenail (bien à tort) pour authentique : « A card. Baronio dissensit in quadam congregatione super reformatione Breviarii de passione sancti Andreae, an esset vere scripta a presbyferi.s Achajae, negabat Baronius; sed cum audisset sententiarn N. [Bellarmini] et rationes eius, publiée dixit, se amisisse eau-
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martyrs : « Acta sancti Donati depravata esse nulla dubitatio est » ; et ailleurs, parlant de sainte Catherine : « Multa eius historia habel quae çeritati répugnant. » Il ne croit pourtant point qu'il faille faire autre chose que les amender.
Au total le correctoriiun dressé par Baronius et adopté par la congrégation clémentine se réduisait à de minimes modifications ^ et bien peu en rapport même avec les prémisses énoncées par Baronius dans son projet de correction. Mais tel qu'il était, il fixait un point de droit de grande importance, que Clément VIII a consacré implicitement en ne reproduisant point dans sa bulle préface les termes si strictement prohibitifs de la bulle Quod a nobis de Pie V : c'est à savoir que le texte du Bréviaire romain était un texte perfectible. Et s'il était perfectible, c'est donc qu'il renfermait, dans son économie traditionnelle et définitive, des éléments caducs et provisoires, que le temps avait révélés ou aurait à révéler.
Un autre amendement apporté par Clément VIII à l'œuvre de Pie V consista, non seulement à introduire ou à rétablir des fêtes dans le Bréviaire romain (saint Romuald, 7 février; saint Stanislas, 7 mai; saint Lucius, pape, 4 mars ; sainte Catherine de Sienne, 30 avril ; saint Jean Gualbert, 12 juillet; saint Eusèbe, 16 dé-
sam ot placcre sibi senleiiiiam N. magis quam suam. » Sclbsthio graphie, p. 46.
1. Les correclions proposées par Baronius sont conservées dans le ms. Q 33 et G 83 de la Bibliothèque Vallicellane. Los corrections de Bellarmin, dans le ms. G. 90 de la même bibliothèque. Bergel, p. 362 et suiv.
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cembre), mais à relever le rite de fêtes amoindries par Pie V ^ La fête de l'Invention de la Croix devint double de seconde classe. Au rite double majeur furent élevées les fêtes de la Transfiguration, de l'Exaltation de la Croix, de sainte Marie-aux-Neiges, de la Visitation, de la Présentation, de la Conception, de l'apparition de saint Michel, des deux chaires de saint Pierre, de saint Pierre-aux-Liens, de la conversion de saint Paul, de saint Jean à la porte latine, de saint Barnabe. Au rite semi-double, on éleva des fêtes simples: saint Timothée, saint Polycarpe, saints Nérée et Achillée, saint Grégoire le Thaumaturge. En 1568, on avait eu en vue de diminuer le sanctoral pour remettre le temporal en usage et en honneur; en 1602, on allait à rendre au sanctoral la prépondérance sur le temporal. Et l'exemple donné par Clément VIII, dans ce sens, allait être suivi à l'envi par ses successeurs.
Léon X, Clément VII, Paul IV, Pie V, Clément VIII : voilà depuis le commencement du xvi** siècle cinq réformes du vieux Bréviaire de la cour romaine. Ajoutons-en une sixième, celle d'Urbain VIII -.
Celle-ci, comme les autres, a été provoquée par les doléances de plusieurs hommes pieux et doctes qui se
1. En revanche, on supprima la fête des Stigmates de saini François, que Paul V s'empressa de rétablir.
2. ScHOBER, p. 57. Breviarium Romanum ex décréta Sacrosancti Concilii Tridentini reslitutum, PU V Pont. Max. iussu editum, et démentis VIII aiictoritate recognitnm, Rome 1602.
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plaignent que le Bréviaire romain renferme des éléments reprochables : « Piorum doctorumque virorum iudicia et vota conquerentium in eo contineri non paucay quae swe a nitore institutionis excidisseni, sive in choata potius quam perfecta forent ah aliis, certe a nobis supremam jnaniun imponi desiderarent ^ . »
Urbain VIII institue une congrégation pour répondre à ces desiderata^. Elle est présidée par le cardinal Ludovic Gaëtani, et se compose de neuf consulteurs, dont plusieurs célèbres : Tércnce Alciati, jésuite, qui prépare l'histoire du concile de Trente publiée après sa mort par le cardinal Pallavicini ; le cistercien Hilarion Rancati, l'ordonnateur de la bibliothèque Sessorienne; Luc Wadding, l'historiographe des Frères Mineurs , dont il était ; Barthélémy Gavanti, barnabite, le meilleur liturgiste du temps.