‹ Histoire du Bréviaire romainChapitre 152 sur 218 · On joindra à l'œuvre de Dom Guéranger la monographie · texte numérisé non relu

On joindra à l'œuvre de Dom Guéranger la monographie

J'ai dit plus haut comment le Bréviaire romain de saint Pie V avait été reçu en France, et notamment à Paris. En 1643, l'archevêque de Paris, Jean-François de Gondy, avait fait reviser le Bréviaire parisien de 1584, pour le rendre le plus conforme qu'il se pouvait au Bréviaire romain : bonne preuve que le Bréviaire romain était tenu en France comme le Bréviaire sinon obligatoire, au moins modèle. C'est au cours déjà avancé du règne de Louis XIV, concurremment avec les disputes de la régale, que se firent jour les premiers projets de réforme liturgique, projets où il n'est pas permis de ne point voir l'intention de se soustraire à la discipline romaine et d'affirmer l'indépendance de l'Eglise gallicane, mais où l'on aurait tort aussi de ne point reconnaître les scrupules que les progrès de la critique sacrée devaient nécessairement provoquer dans le clergé. Ce que Baronius et Bellarmin avaient été à Rome, en 1600, des érudits comme Thomassin, Mabillon et tant d'autres, l'étaient pour le clergé de France, aux environs de 1682. Tel est, quoi qu'on veuille, le rôle historique des élites.

A Paris, dès 1670, sous l'influence de ces deux préoccupations, on avait commencé de travailler à une revision du bréviaire romain-parisien. Commencée par ordre de l'archevêque Hardouin de Péréfîxe (f 1671), elle fut terminée sous l'archevêque François

de Marcel, Livres liturgiques du diocèse de Langres (Paris 1892), et celle de Collette, Histoire du Bréviaire de Rouen (Rouen 1902). — Sur les Allemands, et notamment sur les deux fameux Bréviaires de Cologne (1780) et de Munster (1784), voyez Baeumer, t. II, p. 338-371. Sur le Bréviaire de Pistoie (1787), ibid. p. 336-338.

de Harlay (en 1680)'. Ilarlay et ses théologiens se proposaient de retrancher du Bréviaire « les choses superflues ou peu convenables à la dignité de l'Eglise, d'en faire disparaître ce qu'on y avait introduit de superstitieux, pour n'y laisser que des choses conformes à la dignité de l'Église et aux instructions de l'antiquité... ; de retrancher quelques homélies faussement attribuées aux Pères, les choses erronées ou incertaines dans les actes des saints, enfin généralement toutes les choses moins conformes à la piété ^ ». Harlay reprenait presque les termes de la bulle Quod a nobis de saint Pie V, mais il en accentuait la décision dans le sens de Tillemont écrivant : « On doit bannir de l'office divin tout ce qui n'a pas une autorité, ou certaine ou au moins assez bien appuyée, pour estre lu avec un respect et une piété raisonnable, et ne donner pas sujet aux hérétiques de se railler de notre dévotion^. »

1. Breviarium parisiense fil. et Rev. in Christo Patris DD. Francisci de Harlay, Dei et sanctae Sedis Apostolicae gratia Parisiensis Archipiscopi..., ac venerabilis eiusdem Ecclesiae Capituli consensii editum. Paris 1680. — En 1688, on donna subrepticement à Paris une édition en français du Bréviaire romain. Elle fut condamnée par Harlay en personne. Bibliothèque Sainte-Geneviève, manuscrit 1307, fol. 23, « Sentence rendue en Tofficialité de Paris, portant condamnation du Bréviaire romain en langue françoise » (10 avril 1688); fol. 27, « Ordonnance de M»' l'archeYésque de Paris » (23 mai).

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