‹ Histoire du Bréviaire romainChapitre 153 sur 218 · GUÉRANGER, t. II, p · texte numérisé non relu

GUÉRANGER, t. II, p

3. Tillemont, Histoire ecclésiastique, t. V (1702), p. 188. Il s'agit des actes fabuleux de saint Georges. La phrase de Tillemont débute ainsi : « On peut donc juger que c'est avec beaucoup de raison que le Bréviaire Romain et les autres où il y a moins de fautes, se contentent de faire la feste de saint

Le Bréviaire de M. de Harlay parut en .1680. On avait changé le texte de nombre de répons et d'antiennes, nos reviseurs ne voulant qu'aucun texte de répons ou d'antiennes fût pris hors de la sainte Écriture. Plus de quarante légendes de saints avaient été retranchées comme manquant d'autorité, et remplacées par des textes homilétiques des saints Pères. D'autres avaient été retouchées : saint Denis l'Aréopagite n'était plus le premier évêque de Paris ; sainte Marie-Madeleine n'était plus la sœur de Marthe; saint Lazare n'était plus évêque; le récit, par saint Jean Damascène, de l'Assomption de Marie était retranché... Assurément, il manquait aux liturgistes parisiens de 1680 la compétence canonique pour remanier ainsi le texte d'un Bréviaire publié et privilégié par le Saint-Siège K II leur manquait aussi cette éducation spéciale qui leur eût inspiré d'étudier la liturgie dans ses sources, au lieu de la traiter a priori. Ils avaient pour eux une solide érudition historique , un sens judicieux des devoirs et des franchises de la critique. Et à qui eût trouvé excessive la maxime citée plus haut de Tillemont, ils auraient pu répondre : « L'on rend un service beaucoup plus considérable à la vérité et à l'Église, en ensevelissant dans le silence des choses qui ne sont pas tout à fait certaines, que lorsqu'on en avance de fausses, même parmi d'autres qui sont vraies : car il arrive que la

George, sans oser rien insérer de sa vie dans l'office divin, d'où l'on doit bannir « etc.

1. Baeumer, t. II, p. 331, est moins sévère : « On ne peut disconvenir, dit-il, que de Harlay fut dans son droit. »

moindre fausseté qu'un lecteur trouve dans une pièce le fait douter des autres choses les plus vraies, et il no veut plus s'assurer de rien dès qu'il s'est vu une fois trompé par quelque mensonge. » Ces paroles ne sont point de Tillemont, encore moins de Laùnoy, mais du cardinal Baronius^

Ce qui compromit la réforme de Ilarlay, ce fut qu'on crut pouvoir la dépasser, et, abandonnant le programme de Pie V, reprendre celui de Quignonez^ .

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