Lettre de M. de Ghauvelin au duc de Saint-Aignan, 8 jan
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de Fleury s'était engagé à ce que M. de Vintimille introduirait dans son Bréviaire les corrections désirées par le Saint-Siège ^ On n'oublia pas à Rome cet engagement^, et, en 1743, six ans plus tard, Benoît XIV rappelait que Clément XII « exigea que M. l'Archevêque fît un mandement pour rétracter ce Bréviaire, qu'on corrigeât quelques antiennes et quelques répons, et qu'on retranchât les hymnes
vier 1737 : « Il est bien heureux que vous ayez pu prévenir ce que l'on se proposait de faire. Nous aurions eu double sujet de nous plaindre et de ce que l'on aurait fait, et de la manière furtive dont on se serait conduit... Le roi voit avec satisfaction toute l'attention que vous donnez à une affaire qui le touche d'autant plus qu'elle intéresse la paix de l'Église et le bien de la Religion. Sa Majesté en est si convaincue qu'elle vous autorise de nouveau, au cas que cela soit nécessaire, d'en parler dans les termes les plus forts et les plus décidés. Elle peut d'autant plus exiger le silence sur cette affaire, qu'elle veut bien, comme vous l'avez dit, se porter à disposer M. l'archevêque de Paris aux changements qui pourraient, en effet, être nécessaires. » — Mémoire ci-dessus.
1. Lettre de l'abbé Certain à M. de Ghauvelin, 28 mars 1737 : « Quoiqu'il y ait longtemps que la Congrégation a cette idée de faire mettre de nouveaux cartons par M. l'archevêque à son Bréviaire, comme j'ai eu l'honneur de vous le mander plus d'une fois, j'espère pourtant que nous tâcherons au moins d'obtenir que l'exécution en soit renvoyée à son successeur. Ce serait toujours beaucoup gagner, et pour ainsi dire gagner la partie, peut-être même aurons-nous mieux, mais je n'ose pas le promettre. » — Mémoire ci-dessus.
2. Benoît XIV fut élu le 16 août 1740. Dans l'entre-temps, l'affaire du Bréviaire parisien sommeilla à Rome, mais elle n'était pas close. Je lis dans une lettre de l'abbé Certain à M. Amelot, datée de 1739 {Corr. de Rome, t. 772, fol. 477) : « Le cardinal Firrao [le secrétaire d'État de Clément XII] crie beaucoup contre notre Bréviaire, mais il ne nous en est pas moins attaché. En criant ainsi il cherche à se faire un m.érite auprès des zélanti, mais cela n'empêchera pas que
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du sieur Coffîn appelant^ ». Mais, en réalité, l'archevêque ne consentit à rien. Quand la première édition du Bréviaire fut épuisée et qu'on parla d'en faire une nouvelle, le nonce s'ouvrit au cardinal de Fleury pour que « cette édition fût corrigée conformément aux remarques qui avaient été envoyées » de Rome. Cependant Benoît XIV fit savoir au nonce « de ne point insister sur le mandement de rétractation, ne voulant point que cette demande fît tort au reste, ni rebuter M. l'archevêque ». Mais il fit tenir au P. Vigier « tant l'écrit qui contenoit les corrections que Clément XII avoit demandées, que celui dans lequel on avoit marqué les choses de moindre importance (à corriger)... », sans lui dire que c'était le Saint-Siège qui parlait, « donnant seulement l'écrit en question pour l'ouvrage d'une personne zélée, et qui pouvoit fournir des lumières pour une bonne nouvelle édition de ce Bréviaire^ ». On était au commencement de 1743. La longanimité du Souverain Pontife ne servit de rien, et la seconde édition du
dans le moment précis où il faudra se décider pour ou contre le bréviaire dans le Congrès du Saint-Office, il ne se range finalement du côté de ses défenseurs et n'opine favorablement ».
1. Benoît XIV à Tencin, 18 janvier 1743 (Corr. de Rome, t. 791, f, 26). J'ai eu à ma disposition la correspondance inédite de Benoît XIV avec le cardinal de Tencin, conservée aux Archives du ministère des Affaires étrangères, à Paris : cotée Corr. de Rome, t. 789 et suiv. J'ai dressé et publié Vlnventaire des lettres inédites du pape Benoît XIV au cardinal de Tencin (Paris, Picard, 1894), et donné un aperçu de cette curieuse série de lettres dans la Revue du Clergé français, 15 mars 1895. Cf. Historisches lahrbuch, 1903, p. 517 et suiv.