RosKOVANY, p. 575. Analecta, p
forme du Bréviaire. Nous avons énuméré, toujours d'après Valenti, les suppressions et les réductions de fêtes votées par la congrégation. 11 nous reste, pour donner une idée complète de l'œuvre, à énumérer, aussi sommairement que possible, les corrections proposées par la congrégation au texte même des offices qu'elle maintenait.
Les corrections apportées au propre du temps étaient peu nombreuses et ne portaient que sur le lectionnaire. Le passage de saint Grégoire, au troisième nocturne du premier dimanche de l'avent, où saint Grégoire découvre dans les calamités de son temps les signes avant-coureurs de la fin du monde, est remplacé par un autre morceau de la même homélie, où saint Grégoire exprime simplement la joie que doit causer aux fidèles la fin du monde considérée comme l'avènement béni du Christ. — Le morceau écourté et déplaisant de saint Jérôme, qui sert de leçons au second nocturne du second dimanche de Pavent, est remplacé par un très beau et très théologique passage de saint Fulgence. — Le jour de la vigile de Noël, l'homélie de saint Jérôme, d'une si choquante lourdeur d'expression, est remplacée par une délicate élévation de saint Jean Chrysostome sur le même sujet, Cum esset desponsata Mater lesu. — L'homélie du jeudi après les Gendres, tirée de saint Augustin, et difficile à comprendre, est remplacée par une homélie du même saint Augus-
tin d'un sujet moins subtil et d'un style plus limpide. — A l'homélie du mercredi des Quatre-Temps de carême, qui est de saint Ambroise, est substitué un texte de saint Jean Chrysostome, plus explicite et mieux approprié. — Le vendredi qui suit, au développement de saint Augustin sur le symbolisme du nombre quarante, on substitue un autre passage, plus à notre portée, du même Augustin. — Le vendredi après le quatrième dimanche de carême, à la place de l'homélie de saint Augustin sur Lazare, homélie où est affirmée l'identité de Marie-Madeleine et de Marie \ on proposa un passage de saint Fulgence, où il n'est point question de Marie, et très beau d'ailleurs : « ... lesus lacrymas fudit... Plorabat, sed non utique plorabat ut ludaei putahant, quia Lazai^um satis amahat. Sed ideo plorabat, quia iterum eum ad huius vitae misei-ias j^evocabat », etc. — Le mercredi après le dimanche de la Passion, l'homélie de saint Augustin est mieux coupée, commençant à Hiems erat, et une fois supprimé le préambule sur les Encaenia. — Le jeudi suivant, suppression de l'homélie où saint Grégoire identifie Marie et Marie-Madeleine; substitution d'un autre passage de la même homélie, où il n'est plus ques-
1. La congrégation, au sujet de la fête de sainte Madeleine, exprime ainsi son sentiment : « In celeberrima quaestione, quam hic attingere non est necesse, visum est congregationi non esse recedendum a veteri traditione Romanae Ecclesiae. » Analecta, p. 908. A Rome, en effet, on avait toujours cru, avec la tradition latine tout entière, à l'identité de Marie de Béthanie, de Marie de Magdala et de la pénitente anonyme de Naïm. En France, l'opinion contraire était, au xvii' siècle, générale r voyez l'opuscule de Bossuet Sur les trois Madeleines.
404 IIISTOinE DtJ BRÉVIAIRE ROMAIN.
tion de Marie. — Le jeudi de roctave de Pâques, encore l'identité de Marie et de Marie-Madeleine, dans une homélie de saint Grégoire : on lui substitue une homélie de saint Augustin. — Le mardi dans l'octave de l'Ascension, suppression du sermon de saint Maxime sur Jésus comparé à l'aigle ; à la place un sermon da saint Bernard, sans qu'on voie clairement la raison de cette correction. — Enfin, le douzième dimanche après la Pentecôte, à la place de l'homélie trop générale de Bède, une homélie de saint Ambroise sur le 'bon Samaritain, vrai sujet de l'évangile du jour. — Ce sont là les amendements introduits par la congrégation dans le lectionnaire du temps ' . Le propre des saints subissait de plus graves modifications.
El d'abord l'antiphonaire et le responsoral.
Les antiennes et les répons de saint André, empruntés aux actes apocryphes de cet apôtre, étaient pour ce fait supprimés. On remplaçait les antiennes par des antiennes nouvelles, empruntées au texte du Nouveau Testament. Les répons seraient ceux du commun des apôtres. — On donnait à l'office de saint Thomas apôtre des antiennes propres, au lieu de celles du commun que le Bréviaire lui attribue, et ces antiennes propres étaient empruntées au texte de l'Evangile de saint Jean, « ad maiorem sancti apostoli celehritatem ». — La première antienne des laudes de l'office de l'apôtre saint Jean était remplacée par une antienne nouvelle, plus conforme, assurait-on, au texte