De Rossi, Bulletino, 1883, p
3. L. P. t. II, p. 92 : « [Sergius II] papa scolam cantorum quae pridem orphanotropheum vocabatur, cum prae nimia vetustate emarcuerat et pêne in ruina posita atque contracta a priscis temporibus videretur, Dei annuente clemenlia, a fundamentis in meliorem, ut olim fuerat, statum noviter restauravit. » En réalité, comme le note Ms"- Duchesne (p. 102), la Scola cantorum est mentionnée dans une lettre du pape Paul I-- à Pépin le Bref (JafTé, 2371), et dans les ordines du viii" et du ixe siècles. Le pape Léon III (795-816), prenant soin d'un orphelin qui sera plus tard Sergius II, le confie à la Scola cantorum : « Tune praesul eum scolae cantorum ad erudiendum communes tradidit litteras et ut mellifluis instrueretur cantilaenae melodiis ». L'enfant dépasse vite « omnes scolae puerulos ». L. /-*. t. II, p. 86.
avant de Saint-Pierre, l'autre à proximité du patriarchium du Latran ^ 11 en était du moins ainsi au ix^ siècle, au moment où (a. 872) Jean Diacre écrivait la vie du pape saint Grégoire , auquel il attribue la fondation de la S cola cantorum.
On ne peut pas ne pas être frappé de ce fait : au siècle de saint Grégoire (f 604) remonte l'apparition simultanée à Rome de la cantilène et de l'école des chantres. La Scola cantorum a-t-elle été pour autant une institution de ce grand pape? — Jean Diacre l'affirme : « Dans la maison du Seigneur, comme un très sage Salomon, sachant la componction qu'inspire la douceur de la musique, saint Grégoire compila dans l'intérêt des chantres le recueil appelé antiphonaire, qui est d'une si grande utilité. Il institua également la Scola cantorum, qui maintenant encore exécute le chant sacré dans la sainte F^glise romaine suivant les enseignements reçus de lui. Il lui assigna diverses propriétés et lui fit bâtir deux demeures, l'une située au pied des degrés de la basilique de l'apôtre saint Pierre , l'autre dans le voisinage des édifices du palais patriarcal du Latran. On y montre encore aujourd'hui le lit sur lequel il se reposait en donnant ses leçons de chant ^ ; et le fouet dont il menaçait les en-
1. Voyez sur rétablissement proche du Latran la note de M^' Duchesne, t. II, p. 102. Le Liber diurniis contient une l'ormule concernant un fonds indûment soustrait à VOrphanotrophium, et on y lit : « Dumque necessitate victus arctatur locus, frequentia cessavit infantium, quibus deerat expensae providentia. Ne ergo cantorum deficeret ordo atque Dei Ecclesiae contumelia irrogaretur.. . »
2. Au VII* siècle, on conservait le lit sur lequel, croyait-on,
fidèles! A Alexandrie, les fidèles sont si impatients de s'y rassembler que, au cours du carême de 354, ils supplient leur évêque, saint Athanase, de leur ouvrir le Dominicum, encore que cette basilique ne soit pour lors ni consacrée ni même terminée, et saint Athanase est impuissant à résister à leur requête ^ .
Ne se retrouverait-on dans la maison du Seigneur qu'à de rares intervalles? Tant de jours, tant d'heures, ces grandes et saintes nefs resteraient-elles silencieuses et veuves de toute prière? N'y avait-il point des âmes prêtes à y entretenir la prière perpétuelle?
On ne pouvait plus compter sur le gros des fidèles. Les chrétiens, en devenant plus nombreux, n'étaient pas devenus plus fervents. Ils négligeaient maintenant même la synaxe liturgique du dimanche, à la grande tristesse de leurs pasteurs ^. Mais aussi, à mesure que l'Eglise en s'étendant s'était attiédie, il s'était formé dans son sein un groupement des âmes les plus zélées et les plus ferventes : des hommes et des femmes, vivant au milieu du monde et sans se dégager des obligations et des relations de la vie ordinaire, mais s'engageant par une sorte de vœu, par une profession publique, à être chastes toute leur vie, à jeûner toute la semaine, à prier tout le jour. On les appelait, en Syrie, « monazontes » et a parthenae » : c'étaient les vierges et les ascètes. Ils formaient comme
1. Athanas. Apolog. ad Constant. 14. Athanase dit des églises plus anciennes : xôiv èxxXv](jttov ôXîywv xat ppaxutaTwv oOdûv, elles étaient rares et très petites.
2. Ghrysostom. Homil. IV in Annam, 1. Ilomil. de bapt. (]hristi et de epiph. 1.
HISTOIRE DU BRÉVIAIRE ROMAm. 2
une confrérie sans hiérarchie et sans lien, un tiers état entre la cléricature et la laïcité, n'ayant, je parle des ascètes, aucun des pouvoirs des clercs, et rien que des devoirs plus stricts que les laïcs. Ils n'étaient pas des cénobites, ils étaient déjà des réguliers. Ces ascètes et ces vierges, nous les trouvons constitués de cette sorte dans toutes les grandes Eglises d'Orient de la première moitié du iv'' siècle, à Alexandrie, à Jérusalem, à Antioche, à Edesse.
Or, à ces ascètes, à ces vierges, leur règle faisait un devoir de prier tous les jours, de ne point se contenter des vigiles solennelles de l'Eglise, mais de célébrer entre eux des vigiles quotidiennes. Leur vie devait être une vigile perpétuelle. Dans ce traité De la virginité qui porte le nom de saint Athanase et qui est en réalité une œuvre ascétique, peut-être cappadocienne des environs de 370, il est prescrit aux vierges de se lever chaque nuit pour un office, purement privé celui-ci, et qui n'est que l'office vigilial rendu quotidien ^ Un peu plus tard, saint Jean Chrysostome écrit des ascètes d'Antioche : « A peine le coq a-t-il chanté, ils se lèvent. A peine sont-ils levés, ils entonnent les psaumes de David, et avec quelle suave harmonie! 11 n'y a ni harpe, ni flûte, ni tel autre insrument de musique qui donne un chant pareil à celui que l'on entend monter, dans le silence et dans la so-
1. Pseudo-Athanas. De virginilat. 20 (p. 55). Ceiofiice consiste à réciter debout autant de psaumes qu'on peut, chaque psaume étant accompagné d'une prière à genoux (xaxà tl^aXjjLov z\)Xh xat -^w^vl^aioL éTciTeXeîaôto). Après ctiaque trois psaumes, un alléluia.
litude, des lèvres de ces saints. De même quand ils chantent avec les anges, oui, avec les anges, le Laudate Dominum de caelis, tandis que nous, hommes du siècle, nous reposons encore ou qu'à demi éveillés nous ne songeons qu'à nos misérables desseins. Au point du jour seulement ils se reposent, et encore à peine le soleil a-t-il paru, ils se remettent à la prière et exécutent leurs laudes matinales ^ ».
Saint Jean Chrysostome, et aussi le pseudo-Athanase auteur du traité De la virginité ^ poursuivent en disant que ce n'est pas seulement chaque matin, au chant du coq et à l'aurore, que les ascètes et les vierges se livrent ainsi entre eux à la psalmodie, mais encore, et quotidiennement, à la troisième, à la sixième et à la neuvième heure du jour ^. Aussi bien était-ce une vieille coutume chrétienne que de consacrer par quelque prière tierce, sexte et none. La piété chrétienne avait rattaché des souvenirs chrétiens à ces trois moments, qui divisaient le jour en trois étapes : à la troisième heure (neuf heures du matin), le souvenir de la condamnation du Sauveur; à la sixième (midi), le souvenir de sa crucifixion; à la neuvième (trois heures), le souvenir de sa mort^. Et chacune
1. Ghrysostom. Homil. XIV in I Tim. 4. J'ai résumé brièvement un long développement de saint Jean Chrysostome, qui est curieux à lire dans son texte et en entier. P. G. LXII, 575-577.
2. Chrysostome [homil. cit. 4) énumère exactement : 1° la psalmodie au chant du coq, 2" la psalmodie au lever du jour, ejxat éwôivat, 3° tierce, 4" sexte, 5" none, 6" la psalmodie du soir, sO^al sauepivat.