Clément. Stromal. vu, 7 (éd. Staehlin, t. II, p
de ces heures, en sonnant aux horloges publiques, devait rappeler aux fidèles qu'il ne fallait point laisser leur cœur se distraire des mystères de la foi : « Très istas horas ut insigniores in rehus humanis, quae diem distrihuunt, quae publiée résonant, ita et solemniores fuisse in orationibus dinnis [intellegamus] ^ »
Ce qui n'était pour les fidèles du m® siècle que la matière d'un conseil ^ était devenu pour les ascètes et les vierges du iv^ une règle. Ascètes et vierges priaient à tierce, à sexte et à none, comme ils priaient à vêpres ou à laudes : la psalmodie, et la psalmodie en commun, les réunissait à chacune de ces différentes heu-
Cyprian. De clomin. oratione, 34. Ces thèmes ont été repris souvent, voyez les textes chez von der Goltz, p. 101-113.
1. Tertull. De ieiiin. 10, — Saint Epiphane {Haer. XXIX, 9) témoigne que les Juifs de son temps avaient une prière le matin au point du jour, le soir à la tombée de la nuit, et encore au milieu du jour. Cette départition de la prière est celle qu'indique déjà le psaume liv, 18 : « Vespere et mane et meridie narrabo et annuntiabo, et exaudiet vocem meam ». Le texte cxviii, 164 : « Septies in die laudem dixi tibi », n'exprimait qu'un nombre symbolique. Cf. IV Reg. v, 10 et Prov. XXIV, 16. Gassian. Institut, coenob. m, 4 : « Qui typus licet ex occasione videatur inventus et recenti memoria... statutus appareat », etc. Il n'en aura pas moins une influence sensible sur la distribution des heures de l'office canonique.
2. Tertull. De oratione, 25 : « Non erit otiosa extrinsecus observatio etiam horarum quarumdam. Istarum dico communium, quae diu inter spatia signant, tertia, sexta, nona... Elsi simpliciter se habeant sine uUius observationis praecepto, bonum tamen sit aliquam constituere praesumptionem, qua et orandi admonitionem constringat et quasi lege ad taie munus extorqueat a negotiis interdum... Exceptis utique legitimis orationibus, quae sine ulla admonitione debentur ingressu lucis et noctis. »
res, comme elle les réunissait au chant du coq ou à l'heure du lucernaire ^ .
Il restait un progrès à accomplir, et que, l'Église offrant l'hospitalité de ses nefs à ces ascètes et à ces vierges, le clergé prît la direction de ces exercices à l'origine surérogatoires et privés. Cette évolution s'accomplit vers le milieu du iv® siècle. Sozomène nous apprend d'un évêque de Syrie, Zenon, évêque de Maiuma, lequel mourut centenaire vers 380, que jamais il n'avait manqué d'assister aux services « des psaumes du matin et des psaumes du soir ^ ». C'est la plus ancienne attestation de la quotidienneté d'un exercice psalmodique public du matin, au chant du coq, et du soir, au coucher du soleil. Pareille attestation dans un document d'origine syrienne, le second livre des Constitutions apostoliques : on fait un devoir à l'évêque d'inviter et avec instance son peuple à être assidu à l'église « à l'aurore et le soir de chaque jour ». Donc chaque jour le peuple se réunira dans les églises à l'aurore et le soir, pour psalmodier et prier : le matin on dira le psaume (lxii) Deus deus meus ad te de luce vigilo^ le soir le psaume (cxl) Domine clamaçi ad te^.
1. Pseudo-Athanas. 12 (p. 46). Gregor. Nyss. Vita Macrinae (P. G. XLVI, p. 976). Augustin. Civ. Dei, xxii, 8 (éd. Hoffmann, t. II, p, 599).