L. P. t. II, p. 43 et suiv
LES ORIGINES DÉ l'oFFICE ROMAIN. 79
Saints-Étienne-et-Silvestre, en 791, monastère qui n'est annexé à aucune basilique, il semble bien, à en juger par la bulle d'érection du monastère, que le pape ne nomme point l'abbé et que la communauté se gouverne elle-même ^ Au contraire, chaque fois qu'il est question de monastères basilicaux, comme ceux du Vatican ou du Latran, il est spécifié que l'abbé est choisi et investi par le pape. Il y a plus : cet abbé à la nomination du pape n'est point un moine de profession, c'est, si l'on peut dire, un prélat de la carrière. Dans les dernières années du viii^ siècle, sous Léon 111, la charge d'abbé du monastère de Saint- Etienne-Majeur, un des quatre monastères annexés à Saint-Pierre, devient vacante. Qui le pape nomme- t-il? Un clerc romain élevé dans le patriarchium du Latran, déjà prêtre : il s'appelle Pascal, c'est un prédicateur éloquent, il sera pape à la mort d'Etienne IV (817) : « ... ei monasterium beati Stephani priini martyris qui appellatur Maiorem, iuxia hasilicam beaii Pétri principis apostolorum, ad regendum commisit'^. » Enfin ces moines eux-mêmes, ces moines que gouverne un abbé séculier, ces moines ne sont pas proprement des moines : Etienne III (768-772), venu de Sicile à Rome tout jeune, a été placé par le pape Grégoire III (731-741) dans le monastère attaché à Saint- Chrysogone, et là il est devenu clerc et moine [illicque clericus atque monachus est effectus). En étant moine, nul doute qu'il ne soit davantage