‹ Histoire du Bréviaire romainChapitre 53 sur 218 · Amalar. De eccl. off. iv, 7. De oi'd. antiph · texte numérisé non relu

Amalar. De eccl. off. iv, 7. De oi'd. antiph

d'où son nom de Psalterium gallicanum^ . Ce psautier gallican évincera peu à peu le psautier romain en Italie et finalement à Rome. Mais, au viii'' siècle, Rome ne pratiquait encore que son vieux Psalterium romanum^ et c'est à lui qu'est emprunté le texte des antiennes et des répons, des graduels aussi et autres pièces de la messe, qui est pris au psautier.

Antiphoner un psaume c'est, au vin^ siècle comme au IV®, le chanter à deux chœurs alternant, un verset l'un, un verset l'autre : ainsi les liturgistes comme Amalaire peuvent définir V antiphona comme la définissait saint Isidore. Cependant au viii*^ V antiphona est quelque chose de plus^ Elle désigne une courte

1. Walafrid. Strab. De rch. eccl. 25 : « Psalmos autem, cum secundum LXX interprètes Romani adhuc habeant, Galli et Germanorum aliqui secundum emendationem quam Hieronymus pater de LXX editione composuit, psalterium cantant. Quam Gregorius turonensis episcopus a patribus romanis mutuatam in Galliarum dicitur ecclesias transtulisse. » Cf. le fragment de Bernon de Reichenau, P. L. GXLII, 1174, — On ne doit pas prendre à la lettre l'assertion de Walafrid concernant Grégoire de Tours. L'histoire du texte de la Bible à l'époque mérovingienne est « celle de la pénétration de la France par les textes espagnols, anglo-saxons et irlandais ». S. Berger, Histoire de la Vulgate (Paris 1893), p. 61. — Saint Jérôme a donné une troisième version du psautier, celle-ci d'après l'hébreu, qui n'est pas entrée dans l'usage liturgique.

2. L'antienne, avec ce sens nouveau, apparaît pour la première fois, au vi" siècle, dans saint Benoît {Regul. 9), et à la même époque dans un sermon de saint Césaire d'Arles : « Quam multi rustici et quam multae mulieres rusticanae cantica diabolica, amatoria et turpia memoriter retinent et ore décantant!... Quanlo celerius et melius quicumque rusticus vel quaecumque mulier rusticana, quanto utilius poterat et symbolum discere, et orationem dominicam, et aliquas antiphonas, et psalmos L"™ vel XG"™, et parare et tenere et fre-

L OFFICE RO^FAIN DU TEMPS DE CHARLEMAGNE. 'lll

irase musicale écrite sur des paroles qui ne sont pas Nécessairement prises au psaume, ni même au psauier : le psaume se chante sur le ton de cette courte phrase, qui est chantée en tête du psaume, qui est

jpétée à la fin du psaume, et qui est répétée au cours

lême du psaume. On voit qu'il s'est produit là une confusion du psalmus responsorius et de la psalmodie intiphonée ancienne, cette dernière ayant incorporé refrain qui constituait le psalmus responsorius et lyant donné à ce refrain fort improprement le nom

'antienne^. — L'usage de répéter l'antienne après ïhaque verset du psaume, bien qu'il se soit perdu de >onne heure, a laissé maintes traces. Ainsi, à la fm lu ix^ siècle, les chanoines de Saint-Martin de Tours répétaient encore l'antienne après chaque verset de ►saume, au moins aux nocturnes de la fête de saint

[artin : « ... unamquamque antiphoiiam per singa- \os psalmorum versus repetendo canehant, » est-il [it dans la vie de saint Odon de Cluny^. Par contre,

ruentius dicere! » Pseudo-Augustin. Sermo GGCIII, 3 {P, L. :XXIX, 2325).

1. Voyez Dom Leclergq, art. « Antienne y>, du Dict. arch. ïhrét. t. I, p. 2292. F. -A. Geyaert, La mélopée antique dans

chant de l'Église latine (Gand 1895), p. 83, cité par Dom L.

2. lOANN. MONACH. Vita Odonis, 10 {P. L. GXXXIII, 48) : Quia eiusdem officii antiphonae, uti omnibus patet, brèves

3unt, et eius temporis noctes longiores, volentes officium ad lucem usque protendere, unamquamque antiphonam per sinilos psalmorum versus repetendo canebant. Fiebat namque Jis labor improbus. » Le biographe d'Odon atteste la conserrvation de l'usage ancien au moins pour le jour de la solennité de saint Martin; mais la raison d'être de cet usage lui a échappé, et l'exphcation qu'il en donne est un contresens. Cf. Dom Leglercq, art. cit. p. 2309 et suiv.

au commencement de ce même siècle , un clerc de Ratisbonne se plaint que ses confrères chantent l'office sans dévotion, exécutent les psaumes à la course, et, pour revenir plus tôt à leurs affaires, suppriment la répétition des antiennes, ignorant la raison d'être de ces répétitions instituées par les saints docteurs pour la consolation des âmes : « Nesciunt quia sancti doctores et eruditores Ecclesiae instituerunt modulationem in antiphonarum i>el responsorioram repetitione honestissima, quatenus hac dulcedine animus ardentius accenderetur \ » — A Rome, la coutume avait prévalu vite de supprimer ces répétitions. Mais la rubrique écrite ne sera point supprimée. Au XII® siècle, pour des solennités comme Noël, elle porte encore que, au nocturne, les antiennes doivent être répétées, au commencement du psaume, puis au cours du psaume aux endroits marqués, puis à la fin du psaume, puis après le Gloria Patri, enfin après le SicuteraV^, J'emprunte cette rubrique à l'antipho-

1. Benedictio Dei, praef. (P. L. GXXIX, 1399). Cf. Amalar. De ord. antiph. 3 : « Et ex senis antiphonis, quas vicissim chori per singulos versus repelunt... »

2. ToMASi, t. IV, p. 37 : « In nocte natalis Domini, ad omnes antiphonas vigiliae, chorus choro respondet, et sic omnes antiphonas cantamus ante psalmos, et infra psalmum ubi inveniuntur, et in fine psalmi, et post Gloria Patrie et post Sicut erat. Sed chorus, cuius est versus infra psalmum, qui est antiphona, incipit antiphonam, aller respondet : et qui incepit, finit eam. Si duae antiphonae notantur sub uno psalmo, prima antiphona cantatur in principio et in fine psalmi, et post Gloria, et post Sicut erat; secunda antiphona cantatur infra psalmum tantum, ubi invenitur. » Cf. Id. p. 21, pour le Benedictiis du premier dimanche de l'A vent : « Hoc die antiphonamus » : suivent quatre antiennes.

^^Hrnaire de Saint-Pierre. On peut voir là un premier in- ^^P dice que l'office romain, en devenant l'office des églises franques, s'était écourté et appauvri.

Les cinq psaumes antiphonés de vêpres une fois achevés, le président du chœur récitait une leçon brève tirée de l'Ecriture sainte : « Sequitur lectio breçis a pastore prolata » , dit Amalaire ^ . La règle de saint Benoît marque ici une leçon, sans la qualifier de brève, et la fait suivre d'un répons, d'un hymne, d'un verset^. L'office romain, au contraire, la fait guivre seulement d'un verset, comme Vespertina oratio ascendat ad te domine etc., ou Dirigatur oratio mea sicut incensum etc. ^ ; ce verset, au lieu d'être chanté, était récité comme la leçon''*. Sitôt le verset dit^, le Magnificat était chanté avec ses antiennes.

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