De eccl. off. iv
4. Anonym. iv, 1 (plus loin, p. 174) : « Ibidem pro invicem capitulo dicto orant. Statim ibi redeunt et prior cum ipsis et ib legunt regulam sancti Benedicti... »
l'office romain du temps de charlemagne. 133
Amalaire c'est là un usage né dans les monastères ^ La description du commun du temps est achevée. Ai-je besoin de faire remarquer, en terminant, combien l'on y distinguait encore la juxtaposition des cycles? Le vieux cycle ecclésiastique des vigiles nocturnes (vêpres^, nocturnes, laudes), le cycle surérogatoire des 'prières piurnes (tierce, sexte, none), le cycle tout monastique des exercices conventuels (prime et complics)?
Le cycle des fêtes du temps commençait à l'Avent. L'usage de solenniser les quatre dimanches qui précèdent le grand anniversaire de Noël, usage d'origine gallicane mais ancien, s'était introduit à Rome dès avant le temps de saint Grégoire, encore que postérieurement à saint Léon^. Ces quatre dimanches étaient des solennités stationales : le premier, station
1. De eccl. off. iv, 2 : « ... Mus inolevit ut per monasteria Deo devota legatur lectio in capitule. »
2. Par vêpres, il faut entendre les premières vêpres. Car toute fête commence aux vêpres de la veille, et en règle doit finir aux vêpres du jour en les excluant : donc point de secondes vêpres. Voyez Theodulph. Capitula ad preshijteros (P. L. GV, 198) : « Gonveniendum est sabbato die cum luminaribus cuilibet chrisliano ad ecclesiam, conveniendum est ad vigilias sive ad matutinum officium. Goncurrendum est etiam cum oblationibus ad missarum solemnia. » Et c'est tout pour le dimanche, à la fin du viir siècle (a. 797). De là la formule empruntée au 15" canon de Laodicée : « A vespera ad vesperam dies dominica servetur. »
3. Dom Gabrol, art. « Avent », du Dictionn. iVarchéol. clirét. t. I, p. 3223-6.
134 HISTOIRE DU BnÉVIAIRE ROMAIN.
à Sainte-Marie-Majeure ; le second, à Sainte-Croix-en- Jérusalem; le troisième, le plus solennel, le dimanche Gaudete, à Saint-Pierre ^ L'office de ces dimanches était pour la psalmodie l'office dominical du commun. Les leçons étaient, les trois premières, de l'Ecriture occurrente (Isaïe); les cinq suivantes, des expositions tirées des saints Pères; la neuvième, une homélie sur l'évangile de la messe stationale. Les répons devaient donner à l'office sa physionomie propre ; et cela est si vrai que tout l'office tirait son nom de l'incipit du premier répons; pour désigner l'office du premier dimanche de l'Avent, on disait : l'office Aspiciens a longe. Amalaire ne dit pas autrement^.
Je regrette infiniment, n'étant point musicien, de jouir mal de la mélodie de ces compositions responsorales, et d'en être réduit à les juger comme nous jugeons des parties chorales des tragédies antiques. Mais, à ce simple critérium, comme il reste encore de beautés à ces répons du propre du temps, humbles centons qui arrivent à parler un langage dramatique et éclatant, et à ranimer dans le sanctuaire des basiliques comme le dialogue du chœur de la tragédie antique! Ainsi cet admirable répons du premier dimanche de l'Avent, le répons Aspiciens a longe ^ où, prêtant à Isaïe un rôle qui rappelle une scène célèbre des Perses d'Eschyle, la liturgie fait adresser au chœur par le préchantre ces paroles énigmatiques :
1. Le quatrième n'eut pas de station avant le xii^ siècle. TOMASI, t. IV, p. 30.