CHAPITRE V
11 n'est pas question de Nonc, et rarement seulement de A'êpres ; ce dernier office est indiqué comme office de nuit, parce qu'il se faisait durant la premièi^e veille de la nuit. C'est VOfficium serotinum, dont il est question dans le Liber I mirac; de gloria marlyrum^ . Dans le passage du7)e mirac. sancti Juliani cité page 229, note 2, Grég-oire nomme l'office des Vêpres : gralia vesperlina.
Il ressort des Actes de la conférence faite devant le roi Gondebaud (-{- 516)^ qu'on avait, dans les long^ues vigiles ou ravvuxia, quatre espèces de leçons^ : 1° du Pentateuque ; 2° des Prophètes, après quelques psaumes ; 3° de l'Evangile, après d'autres psaumes; enfin 4" de l'apôtre saint Paul ; peut-être par cette dernière leçon faut -il entendre le capitule des Laudes, sinon cela correspond à la règle de saint Benoît, qui ordonne à la fin du troisième nocturne des leçons tirées des Épîtres des Apôtres, puis l'Evangile (c. ix et x).
Il y a encore d'autres passages dans lesquels l'office ou le Cursus divinus, partagé en heures du jour et en heures de la nuit, paraît être d'un usage constant ; mais ce qui précède peut suffire ''.
Jetons encore un regard rapide sur l'ouvrage de Grégoire de Tours : De cursu slellarum , découvert récemment, pour lui emprunter ce qui peut être de quelque intérêt pour notre ti^avail^^.
^ Apud Biirdegalensem aiitem urhem anus qiisedain gravala senio, sed fide mentis intecjrœ snhlevata, ciii mos erat in sanctorum basilicis inisso oleo lychnos {Monum. German. : lignos) accendere , ut hoc negotium ageret, nocte Dominica heati Pétri apostoli basilicam ingressa est... Quod opus dum ageret, et nox adveniens mundum tenehris operuisset, accedentes clerici, dictis psalmorum capitulis obserato cryptse ostio , discesserunt (P. L., loc. cit., col. 736; Monum. German., t. i, p. 509).
2 P. L., loc. cit., col. 1155. Cf. Hist. Francor., lib. II, c. .\xxii (P. L., loc. cit., col. 277; Monum. German., t. i, p. 93).
3 Cum lector secundum morem inciperet lectionem a Moyse (Exod., vu), deinde cum post psalmos decantatos recitaret ex prophetis (Is., vi), cum.qne adhuc psalmi essent decantati et legeret ex Evangelio (Matth., xi), denique cum lectio fieret ex Apostolo {Ad Rom., c. ii; P. L., loc. cit., col. 1155).
^ Cf. De gloria Confess., c, xi.vii, et Mirac. S. lui., c. .\x (P. L., t. lxxi, index, col. 1226, 1262, aux mots cursus et officium).
s Krusch, dans les Monum. German., t. i, p. 857-872. Son titre est : De cursu stellarum ratio, qualiter ad officium implendum debeat observari; Grégoire le cite lui-même dans Icpilogue au lib. X, c. xxxi, de VHist. Franc. {Monum. German., loc. cit., p. 449) : De cursibus etiam
II traite d'abord des sept merveilles du monde, puis du mouvement du soleil et de la lune et de leurs coucher.s et levers, variables suivant les saisons. Il décrit ensuite avec détail quelques étoiles et quelques constellations, leur marche et le temps de leur apparition dans le ciel, pour calculer par ce moyen Theure à laquelle on doit commencer Toffice de la nuit aux différentes époques de Tannée, et combien de psaumes on doit réciter. Suivant Theurc à laquelle le prêtre se lève, il peut réciter, outre les douze prescrits (en décembre trente), encore cinquante, soixante, quatre-vingts psaumes. En juin, juillet et août, si on se lève à la deuxième ou troisième heure de la nuit et si l'on veut réciter les Matines à rheure convenable, on ne peut dire, aux Vigiles, que cinq, six ou sept psaumes ; mais davantage si on se lève à minuit. Si on veillait toute la nuit, on pourrait réciter le psautier en entier'. Il suit de là qu'il y avait grande liberté pour les Vigiles et qu'un minimum seul était prescrit, non seulement quant au nombre de psaumes, mais aussi quant aux leçons, comme nous le voyons par les règles de saint Césaire et de saint Benoît. On chercherait en vain des indications plus précises sur le contenu el
ecclesiasticis unuin librum condidi. Il fut découvert par Haase et étlitc. d'après un codex de Bamberg-, à Breslau (1853), plus tard (1882) par Omont, d'après un code.x de Paris {Bibl. de l'École des chartes, 1882. p. 50 sq.); un codex du viii» ou ix« siècle se trouve à Vienne, un autre au Vatican (Krusch, loc. cil., p. 856 sq.).
1 Meuse Fehruario, qiiando oritur slella illa quant inler slellas superiores diximus clariorem, si nocturnos incipias, mediam esse intelligas noctem. Cum slella ad horam diei quarlam advenerit, si signum ad matutinus commoveatur, duodecim psalinos poteris explicare. — Meuse Martio cum quadragensima advenerit , et maturius consuryere debes. Quando slella est in hora seconda diei si surqas, dicis nocturnus et galli canto, quse dupliciter, ut superius diximus, hoc est in directis sexaginta psalmos. Quibus expeditis, psallis in antiphanis viginti psalmos, et stilla illa venit ad horam quintam diei. — Meuse autem Aprile, si adhuc quadragesima est, similiter observabis qiiœ prœterita. Si tardius consurgere volueris, observabis stellain quam, etc. Quœ cum orta fuerit, si signum commoveatur ad matutinus , octo psalmos poteris in antiphanis expedire.
— Mense Maio cum orta fuerit, nocturnos celebrabis cum galli canlu , expeditisque et reliquis cursibus , cum ad horam tertiam venerit si matutinus incipias septem psalmos in antiphanis explicabis. — Mense lunio... quinque psalmos poteris decantare. — Mense vero lulio... si tota nocte vigilis, si média nocte consurgas ,... si signum sonet sex psalmos expedis.
— Mense Augusto... cum ad hora tertia diei venerit si matutinus incipiasseptem psalmos in antiphanis explicabis. Quodsi nocte tota vigilare volueris, totum psalterium decantabis (Krusch, loc. cit., p. 871 sq.).