DÉVELOPPEMENT DE L'OFFICE PAR LES MOINES D'OCCIDENT
Avant de parler des règles de saint Colomban et de saint Benoît , les promoteurs du mouvement monastique du vi' siècle , nous donnerons au préalable quelques indications générales '.
Comme nous l'avons montré plus haut, les moines d'Egypte et ceux de Palestine, de Mésopotamie et de Syrie (Orient) représentent dans l'ascèse deux tendances très distinctes, qui trouvent leur expression dans leurs usages rituels, dans le nombre des psaumes, des prières, des leçons, etc., qu'ils récitaient. On voit par les Conférences de Cassien que les Egyptiens, du moins, avaient parfaitement et clairement conscience de celte divergence. Grâce à l'influence de Cassien , ces deux tendances parvinrent , dans les monastères soumis à ses amis et à ses admirateurs, à une certaine fusion, que l'on retrouA'e dans les rares vestiges qui nous restent de la vie monastique en Gaule et de sa discipline au vic siècle. L'esprit clairvoyant de Cassien reconnaissait que les austérités des Egyptiens ne pouvaient, si elles n'étaient
1 La controverse soulevée dans ces derniers temps sur saint Colomban, pour savoir si la règ'le qui porte son nom est de lui ou ne lui appartient pas, si elle est un recueil antérieur ou postérieur des observances et des exhortations qu'elle renferme, ne touche pas à notre question. Il importe peu que la règjle soit vraiment d'un autre abbé ou d'un autre moine irlandais, puisqu'il est très sûr que saint Colomban a été le principal propag^ateur des idées monastiques irlandaises et que la règle qui porte son nom représente la pratique des monastères irlandais de cette époque. [Cf., sur saint Colomban et la propagation de la liturgie de l'Eglise romaine, l'importante dissertation de M. Tablié Malnory, Quid Luxovienses moncichi ad regiilnm monasterioram nique ad commiinein Ecclesix profectuin contulerint , Paris, 1894, p. 20. Tr.^