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I. Les Bénédictins pionniers de la liturgie romaine

Les grands travaux de saint Grégoire, la place importante qu'il conquit à la papauté parmi les peuples germano-chrétiens, la gloire qui entoura bientôt sa personnalité aux yeux de la postérité reconnaissante, ont comme marqué toutçs les créations de ce grand homme du sceau impérissable d'une époque heureuse. Dans toutes les branches où il a ouvert la voie ou fait des innovations, on s'est imaginé qu'il avait réalisé l'idéal de la vie chrétienne*. Dans le champ de la science théologique et de l'hagio-

* De Rossi dit très bien à ce sujet, dans le Programma rédigé par lui di un concorso letterario in occasione del XIII csntenario deW elezione di S. Gregorio il Grande al sommo pontifîcato, Roma, 1891, p. 1 : Il Pontificato di Gregorio e le sue insigni doti di governo, di zelo apostolico e di eroiche virtù fnrono l'esemplare , al quale mirarono i successori di lui per longo corso di anni e di secoli. Cosi sut sepolcro di Bonifazio quarto fu scritto :

Gregorii semper monita atque exempla Magistri Vita, opère ac dignis moribus iste sequens;

e su quello di Onorio primo :

Sanctiloqui semper in te commenta Magistri

Emicuere...

Nam qui Gregorii tanti vestigia iusti

Dum sequeris cupiens et meritumque geris.

Voulait-on donner une grande louange à un pape, on l'appelait un véri-

graphie, la postérité s'est appuyée sur saint Grégoire; de même le développement actif de la liturgie romaine a paru avoir atteint avec lui provisoirement son terme. Elle était entrée désormais dans une période où le texte paraissait si bien codifié, où les lignes fondamentales du système du chant liturgique des Heures canoniales et de la Messe semblaient si bien établies, que l'ensemble portait en lui-même sa meilleure recommandation et possédait des avantages devant lesquels tous les autres rites restaient relégués dans l'ombre.

Les successeurs de saint Grégoire. — Dun côté, les successeurs sur le siège de Pierre du grand organisateur reconnurent la haute importance et la puissance civilisatrice des solennités liturgiques. Une preuve suffisante de ce fait est la fondation à Rome de nombreux monastères auprès des grandes basiliques, avec cette prescription expresse que leurs moines devaient célébrer l'office divin dans les basiliques attenantes ^ La mention fréquente et emphatique des cantilènes, que Ton retrouve désormais et pour longtemps dans les biographies des papes du Liber ponlifîcalis'^ , montre lïntérêt qu'éveillait le chant liturgique, et les progrès qu'il fit, après que saint Grégoire eut créé la Schola cantorum et l'eut pourvue d'une dotation. D'un autre côté, les nombreux pèlerins, prêtres ou laïques qui, à cette époque, arrivaient à Rome de toutes les parties de l'Europe , étaient si frappés des merveilles qu'ils voyaient dans la ville sainte, de la magnificence de l'office divin, qui semblait faire descendre le royaume du ciel sur terre, de l'éclat céleste de l'admirable chant grégorien, que souvent les papes reçurent les demandes des peuples et de leurs missionnaires de créer, dans les pays loin-

table successeur du grand Grégoire. Cela seul prouve suffisamment quelle grande influence cet homme a exercée sur le dé%'eloppement de l'Eglise et de la société chrétienne depuis le commencement du vn« jusqu'au milieu du ixe siècle. Il était et il est encore l'idéal d'un pape. Comme nous le montrerons ailleurs, si Dieu veut, le fait qu'un parti, dans le clei'gé séculier, au commencement du vu« siècle, se montra mécontent de quelques réformes et ordonnances de Grégoire et lutta longtemps contre lui , non sans succès, n'est nullement en contradiction avec ce que nous avons dit (Duchesne, Lib. pont., t. i, p. 320; t. ii, p. 43).

1 Cf. S. Greg., epist. iv, 18; x, 61 (P. L., t. lxxvii, col. 687, 1114;; Duchesne, loc. cit., t. i, p. 397, 410, 418, 506; Origines du culte chrétien, p. 437; BatifFol, loc. cit., p. 54-65.

2 De Rossi, Inscr. christ., t. n, p. 127.

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