CHAPITRE IV
dredi à la place du Confitemini : les psaumes xxi-xxv. Ils étaient peut-être dits avant saint Grégoire aux Matines du dimanche, qui auraient eu alors vingt-quatre psaumes.
Symbole de saint Âthanase. — Déjà, au commencement du viu* siècle, le Symbole Quicumque, appelé Athanasianum, paraît avoir été récité à Prime, puisqu'on le voit, dans le psautier d'Utrecht, faisant partie de rOflîce canonial. Saint Boniface avait déjà ordonné en Allemagne, avant le milieu du vin" siècle, sa récitation quotidienne ou du moins hebdomadaire ; c'est pourquoi on l'appelait dans ce pays Canticum BonifaliiK Angilbert , abbé de Centule ou Saint-Riquier (789), faisait chanter les trois symboles œcuméniques [Apostolicum, Nicœno-Constantinopolitanum, Athanasianum) aux Litanix maiores, et Théodulphe, abbé de Fleury, faisait réciter tous les jours à Prime V Athanasianum; cette dernière coutume existait aussi ailleurs"-^. On voit
1 P. G., t. XXVIII, col. 1593 (cf. la notice de Montfaucon, col. 1575).
2 Cf. dom Morin, Les origines du symbole Quicumque , dans la Science catholique (15 juillet 1891), p. 673 sq., où il montre que ce symbole date de la fin du v^ siècle et peut-être a pour auteur le pape Anastase II (496-498). Aux manuscrits qui y sont cités, qui désignent le pape Anastase, ajoutez encore le Cod. 530 {Helmstadiensis, 4 93) de Wolfenbiittel (xi« siècle), fol. 68. Voir aussi dom Plaine, art. dans la Science catholique, sept. 1891, p. 940 sq. [Tous les critiques admettent aujourd'hui que saint Athanase n'en est pas l'auteur. Il y est fait si formellement allusion aux erreurs de Nestorius et d'Eutychès, qu'il faut chercher la date de sa rédaction après les conciles d'Ephèse et de Chalcédoine, 431 et 451. On a mis en avant les noms d'écrivains du v» ou même du vi« siècle : Vigile de Tapse, Nicetius de Trêves, Vincent de Lérins, Nicetas, Hilaire d'Arles, Honorât d'Arles, etc.; mais ce sont de pures conjectures de savants et la discussion ne paraît pas encore close. Cf., parmi les remarquables travaux récemment parus sur cette question : Ommaney, Athanasian Creed, an examination of récent théories respecting ils date and origin, London, 1875, et A critical dissertation on the Athanasian Creed, Oxford, 1897 ; A. E. Burn, Tlie Athanasian Creed and ils early Commentaries, dans les Textsand Studies de Cambridge, t. iv, p. 1, 1896 (l'auteur a depuis refondu ce premier ti-avail et en a fait les ch. vi et vu de son livre An introduction to the Creeds and to the Te Deum, London, 1899); du même, art. intitulé Some neios mss. of the Athanasian Creed, dans le Guardian du 15 déc. 1897, p. 2007; Loofs, art. Athanasianum, dans la Realencyclopadie f. protest. Théologie und Kirche, 3» édit., t. ii, p. 177-194; Ferd. Kattenbusch, Das apostolische Symbol., Leipzig, 1894-1900; du même, articles dans la Theolog. Literaturzeitung de 1897, col. 138-146 et 538-540; P. Lejay, dans la Revue critique du 18 oct. 1897, p. 224-227; dom Morin, Revue bénédictine , 1895, p. 389, et 1898, p. 101, et surtout 1901, Le symbole d' Athanase et son premier témoin : saint Césaire d'Arles, p. 337-363, où il ne semble pas éloigné de reconnaître l'auteur du Quicumque dans le
par de nombreux témoignages* que le Symbolum Alhanasîanum était récité le dimanche à Prime, à partir du ix" siècle.
Comme nous avons indiqué la distributio psalmoruni romaine du ix'^ siècle, on peut déjà remarquer ici que les grands jours de fête y sont prévus et que même, pour la plupart d'entre eux , il y a un office double. En général, cette distribution des psaumes concorde avec celle du premier Ordo romaniis de Mabillon [Muséum ilal., t. i, p. 2) et avec celle qu'ont publiée Martène et Muratori; il \\y a d'ajouté par Vezzosi ou Tommasi [loc. cit., p. Lxix) aux indications des Codices des ix^ et x^ siècles que ce qui est nécessaire pour la. Festum corporis Christi. 11 l'emprunte à un Codex postérieur.
Les Preces. — Les Preces feriales des Laudes et des A'êpres ou Capitella de psalmis , quatorze versets des psaumes, se retrouvent ici comme continuation des supplicationes et ohsecrationes ordonnées dans la primitive Eglise par saint Paul , sous la forme de quatorze versets avec Kyrie et Miserere, de même que dans les autres livres liturgiques du moyen âge ; nous l'avons déjà indiqué dans un travail spécial^. Elles demeurent
saint évcque Ccsaire. Cf. aussi rexcellont article de M. Tixerout, P. S., S. Athanase (Symbole de S.), dans \e Dictionnaire de théologie de Mangeiiot, Paris, 1903, t. i, col. 1728 sq. Tr.l
1 Ilincmari capitula synodica, a. 852 (P. L., t. cxxv, col. 773). Cf. Amalarius, De off. eccl., lib. IV, c. ii; De ordine antiph. (P. L., loc. cit., col. 1169 sq., 1255 sq.). Grancolas, loc. cit., t. i, p. 35; et particulièrement D. Martène, Eccl. rit., lib. IV, c. viii, n. 1; Mon. rit., lib. I, c. iv, n. 10, donnent d'autres témoignag-es.
2 BeitrÏKje zur ErkUirung von Litania und Missœ in der « Regel des hl. Benedikt », dans les Sludien und Millheilungen aus dem Benediktinerorden, etc., Raigern, 1886, 4>^ fasc. — Comme manuscrits où se trouvent ces Preces feriales des Laudes et des Vêpres, sous une forme plus développée, ou aussi pour les autres tieures, sous une forme écourtéc, nous devons mentionner les suivants : Cod. S. Galli 340, un du vui» au commencement du ixe siècle, fol. 60 (p. 119, commençant par Pater noster et Oremus pro omni gradn pnepositorum) ; Clm. 17 OiJ de la bibliothèque municipale de Munich, x« siècle, fol. 59 sq. (pour toutes les Heures). Cf. aussi Cod. Sangall 20, du ix" siècle; Cod. Turic. S3 (Zurich, bibliothèque cantonale, autrefois monastère de Rheinau , x" siècle, p. 115; Breviarium magnum Einsidlense , bibliothèque du monastère, Cod. 83, fol. 459; ibid., Cod. II'J, p. 320; Cod. 106 (ou 96) de la bibliothèque du chapitre de Vérone, vin» ou ix« siècle, fol. 11. Dans ce codex, le Symbolum Quicumque est marqué au martyrologe, preuve qu'il était récité à Prime, bien que nous sachions par la vie de Rathier (P. L., t. cxxxv, col. 515, 588 sq.) qu'étant évêque de Vérone au x» siècle, il avait encore de la difficulté à le faire adopter par ses chanoines. Enfin Clm. S 271 de la bibliothèque