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III. HYMNES

Les hymnes à Rome. — Avec le Psallerium per hehdomadam, et en quelque sorte comme son complément, apparaissent déjà à notre époque un certain nombre d'hymnes liturgiques^. Un épisode intéressant de la première moitié du ix^ siècle offre une preuve nouvelle de leur emploi dans l'Office romain. Sigebert de Gembloux rapporte, dans sa chronique, que l'empereur Louis le Débonnaire, en 835, avait, sur la demande du pape Grégoii^e IV [monenle Gregorio) et avec l'assentiment des évoques de l'empire, établi la fête de tous les Saints"-', déjà usitée à Rome depuis 200 ans, dans tout l'empire, c'est-à-dire en Gaule, en Germanie et dans le nord de l'Espagne. En mémoire du jour de la réconciliation de l'empereur avec ses fils, elle fut fixée au V^ novembre (ce qui, d'après d'autres auteurs, avait été déjà réglé pour Rome par Grégoire III), et l'on fit de ce jour un jour de fête civile. A cette occasion (sinon quelques années plus tard) on ajouta à l'hymne de l'office de la fête , composée par l'abbé Helisachar, la strophe : Genleni auferte perfidam Credenlium

municipale de Munich, de date quelque peu postérieure, et Cod. I, ir (-i»), bibliothèque du prince Wallerstein , à Maihingen , fin du x« ou commencement du xi« siècle. Cf. aussi Y Antiphonaire de Bangor, cité plus haut, p. 239 sq.

1 Cf. l'article Hyinnus, dans le Kirchenlexicon de Wetzer et Welte (2* édit.), t. VI. A la littérature qui y est donnée, on peut ajouter les publications de Dreves; Chevalier, Repertor. hymn., Paris, 1891, et Poésie liturgique au moyen âge, Lyon, 1892. Cf. Pimont, Les hymnes du Bréviaire rom., Paris, 1874, t. i, préf. ; \V. Meyer, Anfang und Ursprung der lateinischen und griechischen rhytmischen Dichtung ,Mùnchen, 1885; Danko, Velus hymnarium ecclesiaslicum Hungariœ, Budapestum, 1893.

* Elle fut établie, comme nous l'avons remarqué jilushaut, parle pape Boniface IV (608-615), sous ce titre : Dedicalio Eccl. S. Mariée et omnium martyrum, 13 maii: mais vraisemblablement elle était déjà auparavant célébrée sous un autre nom (Bickell, dans Tûb. Quartalschr., 1866.).

de finihus, Ut Christi laudes débitas Persolvamus alacriler. Ces paroles ne visent pas, comme Daniel le pense, les Albigeois, mais les Normands et les Sarrasins. Les Normands dévastèrent dans plusieurs invasions le nord et Touest des Gaules, tandis que les Sarrasins exercèrent leurs déprédations dans le sud de l'Italie, surprirent et dévastèrent Tabbaye du Mont-Cassin; ils s'avancèrent même jusqu'à Rome et saccagèrent l'église de Saint-Pierre, qui se trouvait encore en dehors des murs de la ville».

A Rome, les hymnes ne formaient pas alors (vin* et commencement du ixe siècle) une partie intégrante de l'Office. Aussi Amalaire de Metz, qui se rattache volontiers à l'Office romain, parle, dans l'explication qu'il en donne, d'une façon qui fait conclure à l'absence d'hymnes ; par contre , on voit par la règle de saint Renoît qu'elles étaient en usage chez les moines. Mais à partir du milieu du ix*^ siècle, elles durent aussi être introduites dans l'Office des églises de l'empire franc, et bientôt après à Rome, car dans le supplément à Amalaire, L. IV de eccles. off., c. xLviiT^, on lit : Sicut nios est monachis... sic nos solemus eos imitari in Ambrosianis hymnis. Qu'Amalaire ou un autre en soit l'auteur, peu importe, puisque le fragment est, dans tous les cas, du milieu du ix'^ siècle. Walafrid Strabon s'exprime d'une façon analogue et semble indiquer qu'à Rome aussi on chantait des hymnes^. Si l'on ne trouve pas ces dernières mentionnées dans l'Office, ce n'est pas une preuve qu'elles n'y fussent pas employées, puisque souvent on les chantait séparément, ou elles se trouvaient dans des livres particuliers et n'étaient pas considérées comme une partie nécessaire de l'Office. Au témoignage de Rhaban Maur, elles étaient partout en usage dans la deuxième moitié du ix® siècle : Ciiius celehritalis devotio (se. hymnos cantandi) dehinc per iotius Occidentis ecclesias observatur*.

1 Sigebert Gemblac, ad ann. 835 (P. L., t. clx, col. 159); Ado Viennens., Martyroloff., l*'^ nov. (P. L., t. cxxni, col. 174); Martène, De Ant. Eccl. rit., lib. IV, c. xxxiv; Tosti, Storia délia Badia di Monte Cassino , Napoli, 1842, t. i, p. 43-45; Mone, Latein. Hymnen des Mittelalters, Freiburg, 1853-1855, t. m, p. 27.

2 Mabillon, Vêlera Analecta, Paris, 1723, p. 99.

3 De rébus eccles., c. xxv (P. L., t. cxiv, col. 956), édit. Knôpfler, Monachii, 1890, c. xxvi, p. 77.

■4 Hrab. Maurus, De cler. instit., lib. II, c. xlix (P. L., t. cvii, col. 362).

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