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CHAPITRE IV

4. Mais tandis que le dimanche et les cinq premiers jours de la semaine, durant le Carême, c'était Thymne célèbre : Audi bénigne conditor qui retentissait à Vêpres , aux premières Vêpres du dimanche, c'est-à-dire le samedi, on en disait une autre : Sic (ou/am) ter qualernis labitur Horisdies advesperam. Aux Matines et aux Laudes des jours de férié étaient prescrites les hymnes ayant trait au jeûne : Ex more docli mystico et lam Chrisfe sol iustitiœ ou Summe largilor preemii et Clarum decus ieiunii de saint Grégoire; les dimanches, où on ne jeûnait pas, on chantait en quelques lieux, par exemple en Angleterre, les hymnes des Dominicœ per annum. Pendant le temps de la Passion, outre les hymnes de la Croix, on en chantait une autre, que Ton attribue, quoique sans raison suffisante, ce semble, à saint Grégoire le Grand : Rex Christe factor omnium et aussi Magnse (ou Magno) salutis gaudio^. Pendant l'Avent on chantait les mêmes qu'aujourd'hui : Conditor ahne, Verbum supernum et Vox clara. Ce n'est que la veille de Noël que retentissait le Veni Redemptor gentium de saint Ambroise*. Tandis que, pour les fêtes des saints, il y avait un grand nombre d'hymnes propres qui ne sont plus en usage, les hymnes du temps de Pâques et de la Pentecôte, comme celles des Matines , Vêpres et Laudes des fériés de l'année, étaient, à l'exception des modifications prosodiques introduites au XVII® siècle, celles que nous avons encore aujourd'hui^.

Les Capitula. — Lupossible d'exactement déterminer les Capitula, lectiones brèves, des petites Heures à cette époque. Ils étaient dits par cœur, et par conséquent la plupart du temps n'étaient pas écrits. La règle générale était de les emprunter à

récitait à Tierce : lam surgit hora tertia; à Sexte : lam sexta sensim volvitur, dont on trouve les textes dans tous les recueils d'hymnes. Cf. Surtees Society (an. 1851), t. xxui, p. 59-61 : Cotidie in Quadrages.;T>reves, Hymn. Moiss., p. 43 sq.

1 D'après Dunstan (De regim., loc. cit., p. 486) et l'hymnaire dans Tommasi-Vezzosi, t. ii, p. 351 sq., 360, 362, 365, et en particulier les notes de la pag^e 362 a, 364 a; Anglosaxon Hymns , loc. cit., p. 64-67; Dreves, loc. cit., p. 42 sq.

2 Dans le Cod. vatic. reg. XI, elle est désignée, avec la strophe initiale Intende qui régis Israël, comme Hymnus natalis Domini dicendus.

3 L'hymne Veni Creator Spiritus, qui apparaît seulement à partir de la moitié du ix« siècle, n'a pas, dans les anciens Codices, la doxologie employée aujourd'hui : Deo Patri sit gloria, etc., mais à sa place la strophe : Per te sciamus da Patrem; Siinsi dans \e Magnum Brev. Èinsidl., Cad. 83 de la bibliothèque du mon. d'Einsiedeln et le Cod. 109 de Vérone

l'Apôtre (Epîtres de saint Paul) ou aux prophètes; aux Laudes on récitait un passage de FApocalypse , comme aujourd'hui encore. C'est ce que Ton peut conclure de la Règle de saint Benoît, ch. xii et xiii, et de la Régula Magistri, c. xxxiv- XXXVII*. D'après cette dernière, une leclio Evangelii suivait toujours la lectio Aposloli. On trouve encore un grand nombre de ces leçons dans le Rituel de Durham^ qui, on le sait, suit les us romains, et date du vu® et du viii^ siècle. Elles sont toutes empruntées aux prophètes et à l'apôtre saint Paul, et pour les fêtes des saints à l'Epître du formulaire de la Messe correspondante. Que l'on voie par exemple le Commune sanclorum^ , où se trouvent déjà un grand nombre d'antiennes et de répons encore en usage aujourd'hui. Rien donc n'empêche de supposer que, à part ceux des dimanches pendant Tannée, après l'Epiphanie et la Pentecôte, les Capitula des Laudes, Vêpres, Tierce, Sexte et None, aux fêtes de Notre-Seigneur, des Saints, et aux dimanches privilégiés, étaient empruntés à l'Epître de la Messe; mais qu'aux jours de férié durant l'année et à certains dimanches, c'étaient ceux qui sont aujourd'hui employés. A Compiles , on disait la plupart du temps comme actuellement encore : Tu

(xe siècle). — A l'office de la Férie, le Cad. vatic. reg. XI a pour l'office de nuit ou du matin, à l'exception du samedi :

Ferla II : Splendor paternœ glorise;

Feria, III : yEterne lucis conditor;

Feria IV : Fulgentis auctor setheris, ou : Deus seterni luminis;

Feria V : Christe rex cseli;

Feria VI : Dies luci reddita.

Mais, dans les Codices de Saint -Paul et de Saint -Gall, apparaissent déjà les hymnes que nous avons aujourd'hui :

Feria II . ad Vigilias : Somno refectis artubus;

Feria II, ad Laudes : Splendor paternœ glorise;

Feria II , ad Vesperas : Immense cseli conditor;

Feria III , ad Vigilias : Consors paterni luminis;

Feria III , ad Laudes : Aies diei uuntius;

Feria III, ad Vesperas : Telluris ingens conditor;

et ainsi de suite pour les autres jours, comme au bréviaire de Pie V, avant la correction d'Urbain VIII. Seulement, aux Vêpres du samedi, on a l'hymne : Deus Creator omnium, Polique rector vestiens, qui se termine par ces mots : Fove precantes Trinitas. Amen; puis l'hymne : 0 lux beata Trinitas, pour l'été.

1 P. L., t. Lxxxviii, col. 1004-1006.

2 Rituale Dunelmense, London, Edinburgh et Durham, 1840, p. 1-44.

3 Ibid., p. 81-83.

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