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IV. PRIERES INITIALES ET PRIERES FINALES

L'Office commençait par le verset Deus in adiulorium et le Gloria Patri. Mais, d'après Chrodegang ^ ou ses commentateurs, le psaume lxix, qui commence par Deus in adiutorium, devait être récité en entier au moins une fois à Matines, non au chœur, mais en se rendant du dortoir à l'église. On avait déjà dit, au lever du lit, le verset Domine labia mea aperies. Ceci est évidemment copié sur une ordonnance de la règle bénédictine, d'après laquelle (c. ix et xlih) le psaume m, Domine c/uid multiplicati sunt, doit être dit avant l'Invitatoire , afin de permettre aux retardataires d'arriver à temps et pour chasser, en implorant le secours divin, les tentations des « oppresseurs » *. Pour les

1 On trouve quelques Codices du viii^ ou ix^ siècle au xu« qui contiennent de semblables leçons, souvent avec collectes (d'où leur nom de collectaires), dans les grandes bibliothèques, par exemple à Salzbourg (Muséum, Cod., îx« siècle), à Saint-Pierre [Cod. a. V. -24, xn« siècle), à Munich {Clm. S27I , xii^ siècle, provenant de Michaelbeuern), à Zurich (biblioth. cantonale, Cod. LXXXII , xi'' siècle:, de Farfa; enfin le Pontifical et le Rituel de Durham, déjà cités.

2 On le voit par Guigo, Consuetud. Carthiisian., c. iv (P. L., t. cliu, col. 642 sq.).

3 Reg., c. XIV.

* Les plus anciens manuscrits de la règle de saint Renoît ne prescrivent pas au ch. ix, comme nous le remarquons à cette occasion, que le verset Deus in adiutorium doit être récité aux Matines avant le Domine labia mea, comme on le trouve dans les manuscrits postérieurs, dans presque toutes les éditions imprimées de cette règle et aussi au Rréviaire monastique; on commençait les Matines, aux vi^, vu^ et vin^ siècles, par le Domine labia mea, aussi bien dans l'office bénédictin que dans l'office romain. Cf. les Codices du vii^ et du vin^ siècle indiqués par le P. Edmond

autres heures, on suit Tordonnance de saint Benoît et de saint Grégoire le Grand, d'après laquelle on ne récite que le premier verset du psaume lxix, Deus in adiulorium, avec Gloria. On terminait toutes les heures par Kyrie eleison, les Preces ou Capitella et Pater noster et une oraison, puis on récitait l'antienne De sancta Cruce , de sancta Maria et de Sancto cuius veneratio m prsesenii Ecclesia colilur, c'est-à-dire les suffrages, et enfin Benedicamus Domino. Souvent on ajoutait l'Office de tous les saints et VOfficium defunctorum, et fréquemment, à partir des X* et XI* siècles, VOfficium parvum B. M. V., et peut-être aussi les sept psaumes de la Pénitence et les quinze psaumes graduels, ou du moins une série de psaumes et de prières pour les bienfaiteurs, les défunts, la paix et divers besoins ^

L'ordonnance de Prime est, à partir du vn« siècle, en tout cas du vni^ au xi^ siècle, presque partout la même^. Cette heure se compose déjà d'une hymne avec psaumes et de la conclusion habituelle, plus le Confileor , le Martyrologe, Pretiosa, Sancta Maria, un triple Deus in adiulorium, Respice et l'Oraison Diriger e comme

Schmidt, Régula, S. P. Benedicti, Ratisbonœ, 1880, p. 23, auxquels on peut ajouter le Cod. 52 de la bibliothèque du chapitre de Vérone. La rè'gle commence ainsi au fol. 100 : Incipit Régula a sancto Benedicto Romense édita. Le ch. ix, qui nous concerne, porte, fol. 128 : Quanti psalmi dicendi sunt nocturnis horis. Hiemis tempore imprimis versum dicendum : Domine, labia mea aperies, et os meum annuntiabit laudem tuam, oui suhiungendus est tertius psalmus cum gloria.

' Collectiones, Collectée, Capilella ou Capitula de psalmis, sont le Kyrie eleison, Pater noster. Miserere et quatorze versets avec l'oraison qui les suit pour les besoins généraux de l'Eglise, unis fréquemment depuis le vn« siècle à l'oraison du jour, de même qu'aujourd'hui encore au Bréviaire romain les preces feriales des Laudes et des Vêpres. Cf. à ce sujet notre article Litanise et Misses, dans les Studien, 1886, où nous montrons que ces prières sont d'institution apostolique (I Tim., c. ii) et se rencontrent dans tous les siècles, à partir des apôtres, comme partie intégrante de la liturgie. Comme pièce justificative pour les indications du texte p. 406 sq., on peut voir le Rituale Dunelmense , loc. cit., Durham, 18 iO, où se trouvent les rites romains du vn<^ au x« siècle, p. 172-179. Les Collectiones ad Vigilias et l'oraison à la fin de Matines, ibid., p. 87; puis Y Antipfionar. Benctiorense (P. L., t. lxxh, col. 595-599) et Muratori, loc. cit.; S. Dunstan, De regim. mon. (P. L., t. cxxxn, col. 481); Udalric, Cons. Clan., lib. I, c. n (P. L., t. gxlix, col. 645).

2 Rituale Dunelmense , p. 166-172; Chrodegang, Reg., c. xvni; Dunstan, loc. cit., p. 482. Puis les us des différents ordres, désignés plus loin avec détail, jusqu'aux statuts des Augustins du xn« siècle, dans Amort, Vêtus discipl. canon., Venetiis, 1747, p. 932 sq.

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