CHAPITRE IV
prière pour le travail ; puis une bénédiction et une lecture de la sainte règle [Caput Regulœ, d'où le nom du lieu Capitulum), ou bien les jours de fête un sermon ou une homélie sur l'évangile ou le mystère de la fête, improvisé par le supérieur, ou une lecture tirée d'un Père, remplacée plus tard par la lectio hrevis.
Antiennes à la sainte Vierge. — Nous ne trouvons pas mentionnées nos antiennes finales actuelles à la sainte Vierge, dans les livres liturgiques que nous possédons de cette période du vn^ au xi^ siècle, bien que leur texte existât déjà en partie, par exemple , VAve Regîna cxlorum et le Regina cseli. UAlma et le Salve Regina datent au moins du xi^ siècle (Hermann Contract, moine de Reichenau -{- 1054). Le Regina cseli seul était déjà chanté à Rome pour Pâques , non à la fin de l'office , mais comme antienne de sancta Maria, aux Vêpres*. La pratique actuelle ne semble dater que du xin^ siècle, où elle existait dans la chapelle de saint Louis, roi de France, mais seulement pour Compiles^. Au xvi^ siècle, l'antienne finale à la sainte Vierge fut employée à la place de VOfficium parviwi R. M. V. à toutes les heures.
Petit Office de la sainte Vierge. — Il n'est pas aisé de préciser le moment où l'on commença à ajouter le petit Office de la sainte Vierge à l'office du jour. Le cardinal Bona ^ et Thomassin'* sont
1 D'après l'indication du Codex, dans Tommasi-Vezzosi, t. iv, p. 100.
2 Volebat rex S. Ludovicus ut pueri... et propinqui semper ad Completorium assistèrent cuni ipso; in cuius fine specialis antiphona heatse Mariée alla voce cantabatur. Thomassin, Vet. et nov. Eccl. discipl., 1. 1, lib. Il, c. Lxxxvii, n. 2. II est possible que le chant existât depuis déjà longtemps, peut-être depuis le xn« siècle, au temps de saint Bernard, car le biographe de saint Louis ne dit pas qu'il introduisit cet usage. Hermann Contract est sans nul doute l'auteur du Salve Regina, du texte aussi bien que de la plus ancienne mélodie. Cf. W. Brambach, Die verloren geglauble Historia de sancta Afra Martyre und das Salve Regina des Hermannus Contractus, Karlsruhe, 1892. [A. Gastoué, Le Salve Regina, ses origines et sonhistoire, dans VEcho de N.-D. d'Avioth (Meuse), 1902, nov.-déc; 1903, janv., févr., mars; P. Wagner, Das Salve Regina (Gregor. Rundschau, 1903, n. 5, 6); P. Wagner, Fine hisher noch nicht verôffentlichte Légende iiber die Entstehung des Salve Regina {Theol. Rev., 1903, n. 7, p. 101-105, 214-215).]
3 De divina psalmodia, c. xii, § 2, Opéra, Antverpiœ, 1723 : E Latio autem testem habeo Petrum Diaconum Cassinensem... Hic in regulam S. Renedicti commentariam composuit , etc.
< Loc. cit., c. Lxxxvi, n. 8 : Confirmât cardinalis Bona, De div. psalmod., c. xn, Romse servari commentarium manu scriptum Pétri Damiani (sic) in regulam S. Renedicti. Confusion de noms qui repose évidemment sur
d'avis (et pour cela ils s'appuient sur un manuscrit de Pierre Diacre) que Grégoire II a composé cet office (f 731) et que Zacharie (-j-752), qui avait séjourné quelque temps au Mont- Cassin, le rendit obligatoire aux moines avec VOfficium de S. Benedicto, comme supplément de l'office du jour. Mais, d'après le témoignage authentique du Liher pontificalis \ le pape saint Grégoire III (-|- 741), lors d'un synode romain, aurait imposé aux moines bénédictins des monastères situés près de Saint- Pierre , qui célébraient l'office solennel dans cette basilique , l'obligation de chanter chaque jour après le principal office « trois psaumes et l'Évangile ». Il est bien possible qu'il faille aller chercher là la source de l'indication fournie par Pierre Diacre. Nous verrons dans le chapitre suivant comment saint Pierre Damien corrigea cet office et l'augmenta, et comment il pénétra dans l'office romain. Mentionnons encore que déjà le saint évêque d'Augsbourg, Ulrich (-f- 973), récitait quotidiennement l'office de la sainte Vierge après le cursus quotidianus^. Saint Pierre Damien (-j- 1072) n'a donc pas créé cet office, il l'a amélioré et réorganisé.
On trouve également au début de cette période , dans les anciens Sacramentaires ^, de nombreux types d'oraisons que, d'après le Concilium Agathense, can. 30*, l'on récitait à la fin
une erreur. Sur l'autorité de Pierre Diacre , cf. Wattenbach, Deutschlands Geschichtsquellen, 1885, t. i; puis A. de Nuce, Chron. Cass., app., p. 19, et Bihl. Cass., t. iv ( Florilegium), p. 5.
1 Ed. Duchesne, Vita S. Gregorii III, t. i, p. 422, lig. 25 : ...in oratorio, qiiod a me constructum est in honore Salvatoris , S. Dei Genilricis... Sanctorumqne Apostolorum,... ut tria illa monasteria , quœ secus basilicam Apostoli sunt constituta... omnibus diehus , dum Vesperas expleverint,... très psalmos et evanc/elia matulina Deo canant.
2 Cursus scilicet cottidianus cum malriculariis ( id est clericis ecclesiœ matriculx sive cathedralis) in choro eiusdem matriculx ab eo caute obser vabatur... Insuper autem unum cursum in honore sanclse Mariée Genitricis Dei, et alterum de sancta Cruce . tertium de omnibus sanctis et alios psalmos plurimos... omni die explere solitus erat, nisi si eum impediret aliqua inevitabilis nécessitas, Gerhardi, Vita S. Udalrici, c. m, dans Mon. Germ. SS., t. iv, p. 389, lig. 36 sq. (cf. Mabillon, Acta SS. 0. S. B., ve siècle, p. 427, et BoUand., Acta Sanclorum. iulii, t. i, 4 jul., avec la prsefatio et les notœ).
3 Une énumération nous entraînerait trop loin. Nous nous contentons de renvoyer à ces Sacramentaires dans P. L., t. Lxxvni, dans Pamelius, Liturgieon latinum, et dans Tommasi, t. v; également à The Pontifical of Effbert, Archbishop of York, p. 732-766, Durham, 1853, p. 80 sq.
* Mabillon, De cursu Gall., n. 61 (P. L., t. lxxii, col. 408).