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VI. Structure des Heures

La structure de Toffice aux fêtes du Seigneur et des saints est demeurée presque absolument la même du ix" siècle à nos jours. On avait donc , depuis les travaux de compilation ou de réforme d'Amalaire, d'Hélisachar et dWgobard, du moins aux principales fêtes, à peu près les mêmes antiennes, les mêmes psaumes et les mêmes répons ^ .

Office de Pâques. — La semaine de Pâques présentait une exception. Pour la fête de Pâques et les jours saints, l'ordonnance actuelle, il est vrai, existait déjà, à l'exception de la longueur des leçons ^, ce que prouvent les conciles cités plus haut du temps de Charlemagne et de Louis le Débonnaire et le statut de saint Sturmio de Fulda ^. Mais aux Matines, abrégées à cause de la cérémonie du baptême, on ne récitait pas comme à présent les mêmes psaumes chaque jour de l'Octave; mais on en disait trois chaque jour, currente psalierio, du premier au dix-huitième ou au vingt-quatrième. Le dimanche, comme aujourd'hui, c'étaient les psaumes i, ii et m; le lundi, les psaumes iv : Ciun invocarem, v : Verha mea, et vi : Domine ne in furore^. Aux premières Vêpres des grandes fêtes, on prenait souvent, d'après Amalaire et Mabillon {loc. cj7.), les psaumes de la férié du samedi.

Fêtes. — Voici une autre particularité dans la célébration des fêtes à cette époque. Aux jours de fête, qui la plupart du temps se célébraient non pas le dimanche, mais un des jours sur semaine, comme Noël, l'Epiphanie, saint Pierre et saint Paul, saint Laurent, l'Assomption, on récitait double Matines : Je Feria et de Festo , de même que, d'après Hildemar^, on chantait deux Messes : Missa de Dominica et Missa de Sancto, les

1 Gela l'essort des manuscrits déjà cités des bibliothèques de Paris et de Munich ( n. 4364, Alani serin.) et des Officia Ecclesiœ romanse, imprimés dans P. L., t. lxxvih, d'après le codex de Compiègiie (cf. t. cv) et Tommasi [Opéra, t. ii et iv).

2 Cf. Alani Hoiniliar. (dans le codex de Munich, manuscr. 4 564).

3 Dans Ilergolt , op. cit., et P. L., t. l.yxu.

^ Mabillon, Musœiim ilal., t. ii, p. i, 28; Tommasi, Opéra, éd. Vezzosi, t. u, p. Lxvni.

5 Loc. cit., p. 29J.

dimanches où tombait une fête de saint K Le premier de ces deux offices était une espèce de Vigile, se composant parfois uniquement des psaumes de la férié et de trois leçons. Il ny avait pas dinvitatoire^. Un des deux offices de Noël fut plus tard transporté avec quelques modifications au l^r janvier comme Officium de heata Maria ou De Çircumcisione vel Oclavas Domini, et un des deux de l'Epiphanie, au 13 janvier^. C'est ainsi qu'on s'explique comment cet office festival n'a pas d'invitatoire; c'est le premier de ces deux offices traditionnels (le ps. xciv trouve place aux Nocturnes). D'après Amalaire'', ce n'est que de son temps, c'est-àdire dans le courant du ix^ siècle, qu'on commença à distribuer, et d'abord en Gaule, ces offices doubles sur d'autres jours. A Rome, où les chanoines de Saint-Pierre devaient d'abord assister à leur propre office de nuit, puis le matin suivre le pape dans une autre basilique, pour y célébrer avec lui l'office papal, il semble qu'on ait désiré conserver ces offices plus longftemps.

Office du chœur, — Mais si l'ordonnance de l'office et la distribution du texte des prières étaient à peu de chose près notre ordonnance actuelle, l'exécution des Heures au chœur et à l'église prenait un temps bien plus considérable qu'aujourd'hui. Gela tenait et à la longueur plus considérable des leçons, et au chant des antiennes. Si les psaumes n'étaient plus toujours récités par un chantre et les antiennes ou les dernières parties du verset répétées par tous après chaque verset ^, l'usage subsistait pourtant presque partout d'intercaler ou de répéter, du moins aux grandes fêtes, dans tous les psaumes, mais surtout dans les cantiques Magnificat et Benedictus , une antienne après chaque verset ou après deux ou trois versets. Gest ce qui explique qu'on trouve fréquemment aux jours de dimanches ou de fêtes, dans les anciens Antiphonaires et Responsoriaux, toute une série d'antiennes, six.

1 Cf. aussi Hôynck, Auyshuryer Liturgie, p. 81. Cf. la double messe pour les Ferise maiores : Carême. Quatre -Temps et Vigiles, dans lesquelles tombe une fête de saint.

2 Types de ces offices pour Noël, l'Epiphanie, SS. Pierre et Paul, dans Tommasi, Opéra, t. n . p. 37-40, 121; Mabillon, Mus. ital., t. ii, p. 130, n. 27.

3 Duchesne, Origines, p. 253, 262.

■i De ordin. Antipfi., c. .\ix (P. L., t. cv, col. 1275).

s Cf. le chant des répons aux Vêpres de Pâques dans VOrdo rom. 1 {P. L., t. Lxxvin, 965) et dans le Responsorial d'Amalaire {P. L., t. lxxvui, col. 770).

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