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CHAPITRE V

rinvention et l'Exaltation de la sainte Croix, dont la dernière date du iv" siècle. La première, célébrée le 3 mai, est de date plus récente, du ixe ou plus tôt du viiie siècle'.

De crainte de fatiguer nos lecteurs et de dépasser les limites de cet essai historique, nous renonçons à entrer dans des détails sur les fêtes des Martyrs et des Saints en usage dans différents diocèses*.

Fêtes de la sainte Vierge. — La très sainte Vierge avait quatre fêtes principales, qui s'établirent successivement au commencement de cette période. La plus ancienne est la fête de la Purification, dont nous trouvons les premières traces en 386, puisque, d'après le récit d'Ethéria^, elle était célébrée à cette époque à Jérusalem par un office propre, non pas au 2 février, mais au 15, quarante jours après rÉpiphanie (6 janvier), la Noël orientale. Elle fut introduite en Occident, comme on le pense le plus communément, au ve siècle par le pape Gélase, et fut jointe à une procession aux flambeaux, pour supplanter la fête païenne des Lupercalia ou Amburhalia^. Les antiennes des Vêpres et des Laudes trahissent une origine grecque à l'époque du concile d'Éphèse ou peu après. Dans le Responsorial d'Amalaire^, les antiennes sont encore pour la plupart du Commun des Vierges, mais les répons sont propres.

Le Liber pontiflcalis , dans la vie du pape Sergius 1°'' (687-701), où

* Détails clans Binterim (p. 368-372), et particulièrement daias Krieg (dans la Real-Encyklopàdie de Kraus, t. i, p. 595), Tixeront {Les origines de l'Église d'Edesse, Paris, 1888, p. 161-191 : L'invention de la vraie Croix) et L. Duchesne {Le Liber pontiflcalis, Vita Sergii pnp. [f 701], t. I, p. 374, 378, note 29), également Duchesne {Orig. du culte chrétien, Pai-is. 1889, p. 263 sq.). D'après lui les livres liturgiques gallicans ou gélasicus l'auraient introduite d'abord, soit au vi«, au vii« ou au vni« siècle, comme translation arbitraire de la fête de VExaltatio , que Grégoire fit célébrer le 14 septembre. A l'époque de la fusion des rites et des calendriers romain et gallican , sous Charlemagne et Louis le Débonnaire , on aurait maintenu les deux fêtes.

2 Nous renvoyons à Nie. ailles , Kalendar. manuale utriusque Ecclesise, Œniponte , 1879, p. 376 sq. ; De sanctis Kalendarium Breviarii romani relatis, ibid., index et passim de Orient. Les fêtes des papes et de divers saints locaux de Rome ne furent adoptées que par Grégoire VII, d'après le Micrologus; et l'adoption de VO/ficium curix ronianse se fit par les Franciscains au xni« siècle. Une série d'autres fêtes de saints. De sanctis non pnecipuis, étaient célébrées d'une façon analogue à nos simplicia , d'après Hildemar, op. cit.; cf. L. Duchesne, Origines du culte chrétien, Paris, 1889, p. 247 sq., 258 sq. Sur la fête de la Croix depuis la dédicace des basiliques constantiniennes élevées sur le Calvaire et le Saint-Sépulcre (335), cf. p. 263 sq.

» Cf. plus haut, p. 272, n. 4.

* Cf. les notes à Thymne de Paulin d'Aquilée, dans P. L , t. civ, col. 492-494.

5 P. L., loc. cit., col. 78, 745.

il est aussi fait mention de la fête de la Croix , nous donne la plus ancienne indication authentique de rexistence de celte fête à Rome, ainsi que de celles de l'Annonciation, de la Dormition et de la Nativité de Marie. 11 y est rapporté que le pape {capax in officio cantilenx) avait ordonné de chanter VAynus Dci à la Messe et de faire une procession aux quatre fêtes de la Vierge qui existaient déjà'. Les répons et les chants de la procession, en grec et en latin, doivent aussi, si la supposition de Pamelius^ est fondée, avoir été composés par le pape Sergius lui-même. [Notons ici l'hypothèse du R. P. S. Vailhé, de l'Assomption, relative à la Fêle de la Présenlution de Marie au Temple, dans les Echos d'Orient, avril 1902, p. 221- 224. Le R. P. Bouvy, son confrère, attribuait lorigine de cette fête au ixe siècle ou à la fin du viii^; le P. Vailhé la croit plus ancienne, et de la fin du vue siècle, peut-être du ive, si une homélie de saint Jean Chrysostome, encore inédite, était sûrement authentique. — Cf. aussi Bouvy, dans la Rev. auf/iiatinienne, déc. 1902, p. 581-594. -Tr.]

Saint Boniface introduisit, comme on sait, en Allemagne plusieurs fêtes de la Vierge, telles que l'Assomption et la Nativité^. Tandis que la fête de l'Annonciation était souvent, mais en particulier à partir du iv^ concile de Tolède, fixée pour toute l'Espagne au 18 décembre, afin d'éviter une coïncidence avec le Carême ou la Passion {Expectalio partus B. M. F.), la fête de la Dormition de Marie avait jadis sa place au mois de janvier : Die 18 lan. Dormitio vel DepositioB. M. V.\

1 Diehus Adnuntialionis Domini, Dormitionis et Nativitatis sanctse Dei Genitricis semperque Virginis Mariœ ac sancti Symeonis , quod Ypopanti Grseci appellant , lelania exeat a sancto Hadriano et ad sanctam Mariam populus concurrat (Lih. pont., éd. Duchesne, t. i, p. 3"1, 376, 381, nota 43 et 44 ).

* Loc. cit., t. H, p. 78.

3 Cf. Hergenrôther, Kirchengeschichte , t. ii, p. 573 et 636, et t. m, p. 205, et les sources qu"il cite, et Binterini, op. cit.

^ Mabillon, Lit. gnlL, p. 104 (P. L., t. lxxii, col. 171); Pamelius, loc. cit., t. I, p. 445 : Missa de Exceptato (sic); Duchesne, loc. cit., t. i, p. 381, n. 43; Muratori, Opère minori, t. xiii, part. 3, p. 673; cf. plus haut, p. 272, n. 5. Sur la solennité Mediante die festo, sur la fêle Natale Pétri de cathedra (22 févr.), sur l'origine de la procession de saint Marc [Lilanise maiores, 23 avril) pour supplanter les fêtes païennes Cara cognatio et Rohigalia, et sur les processions pour la conservation des fruits des champs, cf. Duchesne {Orig. chrét., p. 266 sq.), dom Germain Morin (dans le Messager des Fidèles, aujourd'hui Revue bénédictine , 1889, p. 199 sq.) et mon article dans le Katholik, janvier 1890. Les litanies et les processions des Rogations, qui furent établies au \<^ siècle par saint Mamert de Vienne, furent introduites à Rome par Léon III, comme on Va montré ci -dessus.

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