CHAPITRE XXL
Div3rses faussetés du sieur Maimhourg: faU sification de rhistoire de Villegagnon : àt torignedu nom dti Ministre. .3talignité au sujet de ceux de Metz,
B pense mêm# que nous pourrions finir ici ce que nous avons à dire pour la réfutation des calomnies et des faussetés , que le sieur ATaimbourg avance contre nous dans s«n histoire du calvinisme. Car je m'imagine que vous serez de ifion avis^ et que vous ne ju« ' £ere2 pas y\M wV\ life^iwb^^vi^ ^iVlteç ch0rt:|30(
pour la ÉéfonnhHon , etc. 685
le sîeur Maimbourg dans tous les coins et recoins de son livre pour lui faire souffrir des affronts , et pour le couvrir d'une Jusle confusion partout où il a violé le respect qu^on doit à la vérité y il faudroit pour cela le suivre pas à pas et le démentir quasi à toutes les lignes* Mais par toutou Thonneur du calvinisme n'est pas fort intéressé, je consens quM se donne le plaisir de faire des conjectures mal fondées, des réflexions malignes et des récits fabuleux. Pcir exemple, je ne crois pas qu'il soit fort nécessaire de rectifier l'histoire qu'il nous à donnée du colloque de Poissy. 11 nous importe assez peu que ce soit l'amiral qui ait procuré cette assemblée dans la vue d'apporter uu grauvl avantage à son parti, ou I^ cardinal de Lorraine, qui l'ait souhaité pour avoir occasion d'étaler son éloquence, ou Catherine de IVlédîcis pour mortifier la-cour de Rome et le Triumvirat, dont elle n'étoit pas trop contente. Que le cardinal de Lorraine ait mieux^ harangué queThéodore de Bèze, nous nous en mettons fort peu en peine, le calvinisme n'en seroit ni moins bon ni moins innocent pour cela Les deux harangues sont imprimées , chacun en j.ige: nous dirons seulement que de plus habiles gens que le sieur ^Ma'mbourg n'ont pas jtigé comme lui du mérite de ce» ^eux pièces. Que Claude d'Esçetvce >â\v^\«^
$86 Apoîogiù
de concert avecIMonluc, évéque de Valence ,î et avec Pierre du Val évéque de Sées pour la ^ composition de ce formulaire , dont le« dépu* tés des deux partis étoient convenus : ou bien que cette connivence soit imputée au docteui par une imposture des ministres y c^est encore une affaire de 1res petite importance. S'il étoit fort nécessaire de faire voir que Claude d'Espence n'étoit pas plus aitachéaus intérêts et aux sentimens de Téglise romaine que 1 JVlonluc et Pierre du Val, cela ne seroit pas ^ fort mal aisé. Quand il seroit vrai que l'amiral auroit abandonné par deux fois le prince de Condé , une fois à la bataille de Dreux, ce qui auroit été cause de la prison du prince , et l une autrefois à la bataille de Jarnac , ce qui auroit causé sa mort, le calvinisme n'en seroit guères plus digne de haine. Car dans les meilleures religions il peut y avoir des lâches %l des impruclens , de méchans soldats et de mauvais capitaines. Mais cependant nous ce saurions nous empêcher de dire^ qu'un petit homme comme le sieur Maimbourg devoit avoir davange respecté la mémoire d'un hom- \ me qui a passé dans son siècle pour Tua des plus grands capitaines du monde , sachant mieux le métier de la guerre qu'aucun autrei et aussi brave qu'il y en eût alors. Les hia-
toriens qui se sont fait hoimeuf de x^vAst
pour la Réformaiion , etû* 58/
justice à tout le monde, nous l'ont ainsi dé* peint, lis nous ont dit qoMI etoit grand partout, mais plus grand dans les advcYsiHés, qu'il avoit des ressources inconcevables , et que ja<^ mais homme ne se posisèda mieux datis ntl combat. Ainsi ces fuites honteuses 'ou ces re^ traites imprudentes que notre historien împtitô à l'amiral sont purement de sa façon , et d6 celle des gens mal intefitionnés comme lui. Il fk'ut mettre cela avec les cruautés qu'il imputé au même amiral , et avec la prophétie qu'il fait faire au gardien des cordeliers d'Angouléme, (i) qui en mourant dit à Tamiral qii'«.ii jour on le traileroit comme on avoit traité Jézabel , laquelle Jéhu avoit fait poignarder «t jeter par la fenêtre: que lui aussi )»eroit poigtiardé, jeté sur le pavé et qu« son corps seroit déchiré plus cruellement que ne futceH lui de cette femme impie , c'est-à-dire quM fit proprement l'histoire de la saint Barthe^ lémi quatre ans avant qu'elle n'arrivât. S'il est vrai que l'amiral ait condamné ce moine à êtie petid.u , ce T>e fut pas un grand malheur pour lui, car il en fit uti mâftyr et il donna lieu à en (aire un prophète. Il est trai qtito les bons moines comme lui pouvôient prophétiser sur le massacre de cette jo>irnée saits avoir commerce avec le saint esprit ^ car il y
(m >ir ,mmTi r
(t) Livre 5 de riiititfire chi cAlviuiitae | i'm U^«
5&S apologie
avoît longtemps que ce projet etoît formé entr'eiix avant qu'il ne fut exécuté.
Ii'Hi8tc»ire de Villegagnon mérite peut être vin peu plu8 de réflexion, (i » Elle est maligne, fausse et niée hamment tournée. Villegagnon u avoir fdit 1 honnête houinie auprès de l^amirali qui n'aimoit pa» les niuUionnêtes gens , il le crut homme d'assez bonne foi pour lui confier un secret > et lui faire part du dessein quM avoit de préparer aux réforn.és une retraite dans le nouveau monde de l'Aaiérique, puisqu'on ne vouloit pas leur permettre de vivre eii celui ci. L'Amiral sous un prétexte de gloire et d'intérêt, persuada à Henri II, d'envoyer une peuplade dans ces pays nouvel: Icment découverts, afin d'en rapporter de» richesses^ à Timitution des Espagnols et des ï;ortugaÎ8. II choisit Villegagnon qui lui pro- )>ût de laisser vivre les protestans en ce pays reculé, dans la liberté entière de leur conscience et de l'exercice de leur religion. JEn effet Ictnt qu'il crut avoir besoin de l'amiral pour l'établissement de sa colonie, il en usa ainsi , il dissiniula quelque temps , jusqu'à ce que l'amiral lui eût envoyé plusieurs navires chargés , outre ceux qu*ii avoit emmené». Mais quand il se icrut assez fort pour n'avoir besoin i^e personne , ilmit fin a la- comédie, il per*
M) ILsttHie du ^\ iD^m^ I VLn . 1^ l'aJD^ '.$$(;[.
pour la Rèformntion , etc. 589
s^ciita les réformés cruellement, il pendit, il noya , il précipita dann la mer fous c^xw qui ne voulurent pas suivre son apostasie. Il enferma les autres dans une prison mouvante ^ c'étoit un vieux vaisseau pourri, dégarni de vivres e1 de ntunitions, dans lequel il renvoya ce qu'il put y faire tenir de réformés. Il est vrai que ce furent eux qui s'en voulur rent revenir, et qui aimèrent mieux s'embarquer dans ce mauvais vaisseau sur le plus infidèle de tous les éléniend, que de demeurer plus long temps exposés à la fureur de ce tiy gre plus impitoyable et plus infidèle que la ner. Maïs il est vrai aussi que Villegagnon donna bon ordre qu'ils n'eussent parf le quart des vivres qu'il leur fuiloit pour un si long voyage, afin qu'ils mourussent de faim dans cette pri.son. Et pour les perdre plus sûre^p ment, ils les chargea de lettres renfermées dans un petit coffre couvert de toile cirée | par lesquelles il donnoit avis qu'on arréiât ces pauvres gens comme hérétiques^ en quelque lieu de France qu'ils arrivassent. C'étoit afin que si par miracle ils échappoient à la faim et à Teau» ils pusseut périr par le feu. Voilà la débonnaireté de ce Villegagnon que le sieur IVJaimbourg élevé si haut. Ce malheureux re« venu en France, publia des merveilles de sa conversion , des divisions et àxh liéi:4^\^^ ^^^
SqO Âpolngîé
protestans qui lui avoient ouvert les yeux et fait reconnoîlre la vérité. II débita entr'aulres qu'un des ministres qu'on lui avoit envoyés, s'étoit découvert pis qu'Arrien , et qu'il avoit prêché qu'il ne falloit pas adorer Jésus Christ; C'est là ce Villegagnon dont monsieur Maimbourg fait un honnête homme et un bon converti. Il dit pourtant, qu^il se défit aisément de tous l*^s prtestans gui ne P(tu/ureni pas suivre son exemple. Dieu sait comment il s'ea défit y et c'est assez avouer qu'il leur fut un cruel bourreau.
Si nous avions dessein de ne rien laisser échapper à notre historien , nous tournerions en ridicule l'origine qu'il donne au nom de ministre. II a trouvé que ce nom est venu de Poitiers où il y avoit un lieu appelé luminiS' irerie j dans lequel on enseignoit le droit. Je fie sais s'il fut jamais rien dit de plus imper* tinent. Nos pasteurs ont renoncé au nom de prêtres que Ton avoit souillé par l'abus et par ridée de sacrificateur du corps de Jésus Christ qu'on y avoit attachée. Nous avons retenu celui de pasteurs qui est un nom généi^al , et ce* lui de ministres j dont nous faisons gloire malgré toutes les méchantes plaisanteries que les papes font là-dessus , malgré la peine que les prêtres de France se sont donnés , pour le fair fo flétrir pai^arrêt du qoaseil , et malgré Tidca
pour la Rêformatiori , etc. Sgî
de mépris que leurs écrivains y ont allachée ^ qui croient nous faire bien du chagrin quand ils appellent nos pasteurs ministres : leminis» tre tel y le minitre tlit. Encore une fois nous nous faisons un honneur d'être les ministres et les serviteurs de Jésus Christ. C'est un lion^ neur que nous avons commun avec St Paul , qui dit, que chacun nous tienne comme mi* nistres de Jésus Christ, Cî*est delà que noui avons emprunté ce nom. Mais une révélatioa est venue au sieur Maimbourg que nous avons renoncé au plaisir de pouvoir tirer de récrîf ture sainte notre nom de ministres, pour Taller prendre dans l'école de Poitiers appelée Jà jiîinistrerie. On est bien heureux d'avoir des historiens qui travaillent sur de si bcms mé*moires e| qui nous apprennent de si belles choses. Il y a- une multitude de menus fatras dans cette histoire qu'on pourroit réfuter si l'on avoit dessein de fatiguer le public par des volumes sans bornes.
Peut être trouveroît-on aussi certaines choées plus itnportantes et que le sieur Maim»bourg mérileroit bien qu'on ne lui pardonnât pas. Par exemple, cette passion aveugle qu'il a de louer les princes de Guise, François de J^orrûine> et le cardinal son frère. lia une si grande envie qu'on les regarde comme des héf ros ; ^u'il s'inscrit en faux çQAtrq toa^ U;^ ^^-
Sg« Apohfffié
toriens et confre la notorrété publique, pool les justifier, l'ont le inonde sait et avoue que le cardinal d^e Lorraine fut Tauteur de la condamnation du princeTle Condé qui fut cod« damné a perdre la tête sur un écbafaud. Ofl ne doute print que le duc de G uise sans qui il ne se fai^c)il rien, n'eut part à ce conseil, quoique peut-être il n'en fut pas le preuiier auteur.
Cofltre cette notoriété le sieur Maîmbourg prononce que Messieurs de Guise n'avoient point de pari à cela. Pour nous venger de cette hardiesse il se contredit grossièrement , car il avoue que les Guises ^ous François II| avoient eu un pouvoir ab^otu, ( i ) et qu'il» disposoient de tout ; ii y a bien de Papparence que Ton coupât la tête à un prince du sang à la vue de toute lu cour sans que ceux qui étoient maîtres de cette cour n'eussent part à I cette^rande action. Avec la même vérité et la même bonne foi il avance que François II n'avoit pas dessein de faire exécuter Tarrêt prononcé contre le prince de Condé , se conten* tant de s* assurer de lapersonrie da p-ince , et d^ai^oir fût voir par C' tte condamnation ,quUl avoit mérité la mort. Si quelques^una , dit il, 1 ont dit qu'on avoit dessein d'exécuter ranét, C'est si$r une simple conjecture sans aucune
pour ta Rêfornttition , etc^ 69S
preuve. C^est avoir bien renoncé à la pudeur que d'avancer de semblables faits ^ pendant que tout le monde saitquç le bourreau d'Or-^léans accompagné de trente ou quarante au^ très , éloit déjà tout prêt pour faire cette exécution a l'entrée des.états d'Orléans, avec ce!** le de tous les grands du royaume, protestans. L'on pourroit assurément trouver beaucoup de choses semblables dans cette histoire dont il seroità propos d'avertir ceux qui ne Teulent pas être trompés. Mais nous' les pas-* sons fort volontiers pour n'employer notr6 temps qu'à des affaires importantes. Nous ne saurions pourtant lui passer ce qu'il avancea^ vec tant de hardiesse sur la parole de Monluc /notre grand et notre cruel persécuteur. ( 1 ) C^est que nos huguenots s^ érigeaient hautes ment en républicains , ne voulant plus recon*
notire cVautorité royale , et disant avec uns extrême insoleufie gu\ls donneroient des ver-^ ges à cet enfant qui osoit se dire leur rôi et qu'ails lui feraient apprendre un métier à ga* \gner sa pie. C'est Monluc qui le dit j cela nous suffit pour prouver quecela n'tst pas. Ce brutal et farouche lion poussoit la cruauté au* delà de touteborne ,il falloit qu'il ditquelque chose pour excuser sa conduite. Il ne trouve rien de plus prêt et de plus commode pour au-
■6g4 jtpologie
toriser ses cruautés qoe de nous imputer mille extravagances criminelles. Par exemple il xi'estrien de plus notoirement faux que ce qu'il dit que les ministres et les surveillant auoieià { i') (Ils nerfs fte bœuj qu'ils appelaient dît Johannots desquels ils nïaliraitoient et batioient les pauvres paysans s'ils ri^a'loient au prêche, he sieurMaimbourga trouvé cetteim pertinence trop grossière pour l'adopter. Si l'on en croit ce cruel, quand le prince deCondé voulut surprendre Toulouse dans sa pre* wière guerre ,il avoitété arrêté par un Syno" de , que s* ils pouvoient venir à bout de leur entreprise^ ils détruiraient entièrement la diti pille , et prendraient les ruines qui leur seraient nécessaires afin d^ac^grandir leur ville de Mantauban plus qu^elle n^esi^ C'est à pea près comme si l'on accusoit les huguenots de vouloir raser Paris , pour en porter les ruines l à Charenton. Cet homme qui s'est ntélé d'é* | crire ses actions et de se faire auteur sur la fia \ de ses jours y en beaucoup de lieux n'a pas^de sens commun et ne veut pas le laisser aux autres. Il veut faire des huguenots des fous et des méchanstels que lui même étoit^ dans la vue de justifier sa conduite à leur égard. |
Il ne reste phis qu'un endroit sur lequel )e t serois tenté de dire quelque chose. C'iest celui
pour la Sêjormatii n y etc. rSgS
où il parle de la ville de Metz et de la manière dont le calvinisme ytest^ntré ; il D'y arieti de .plus malin dans tout cet ouvragie. Il rapporte que Gaspard de Heu étant élevé i la dignité xle maître, échevin de cette ville , ce méchard homme y comme il l'appelle , eut intelligence Avec les princes allemands , et conspira contre ]a ville. La conclusion de cette prétenilue conspiration , c'est que par les menées de ce Gaspard de Heu il y eut une conférence entre quelques députés de la ville, et les princes allemands confédérés. Dans cette conférence il fut arrêté , qu*on recev-roit désormais d<iw Met!^ un ministre qui auroit toute liberté de prêcher sa doctrine , laquelle il serait pe.rm^ ^à tout le monde d'embrasser. Ne voilà .t 'il p^« un horrible attentat à une ville libre impériar le et indépendante , d'avoir donné liberté de conscience à ses habitans ? Cela ne méritoit-il pas bien qu'il préparât les esprits à lire la découverte d'une lâche trahison , dommeil fait et qu'il appelât celui qui conduîsoit cette affaire, ///î/Wf^c/ia//^ Ao/72//i^, et le traité qui fut fait avec les protestans d'Allemagne un infâme traité ? Mais ce n'est pas là ce qu'ily adeplus dangereux dans cette histoire. Il rapporte que les habitans catholiques rometinsdela ville de Metz se pourvurent par devant l'empereur Charles Quint ; contre le Irailé c^\\^\^-^.'^N3fei^
5g6 jtpolx^gié 1
fuit par les échevlns de l'année précédentejél \ que par édit de l'empereur le ministre (il d chassé et tout exercice de la religion Téfo^i a méeinterdit ,ce qui fut ponctuellement exé*i ^ cuté.. C'est en cet état que cette ville se trou-l c voit , dit il ^ quand le roi Henri IIs'eDémpanI l l'an \bbo. li n'y avoit nul exercice de religion I j protestante; or il promit par la capitulatioal u de laisser les choses en l'état où elles étoient, 1 e par conséquent il ne s^engagea pointa y toIé- i 1 rer le calvinisme , qui dans ce temps làn'jétoit pas toléré. Les rois ses successeurs n'ont continué de posséder Metz que sous les oiémes conditions; d'où enlin il conclut qoe quand il plaira au roi à présent régnant^ il pourra ôter toute liberté de religion et de conscience aux huguenots de ^^Xzsans qu^ili s'en puissent plaindre raisonnablement. Je ne sais s'il y a rien de plus malin et en même temps de plus extravagant. L'an 1 55a, Henri { II prit possession de Metz sous certaines con* ditions pour lui et pour ses successeurs. Alors il n'y avoit en France aucune liberté de conscience ni-pour ceux de Metz ni pour an* cune ville du royaume; depuis ce temps-là i il a plu aux rois successeurs de Henri U, de donner des édita de pacification dans lesquels ont été compris tous les sujets du roi sani l /exception deji BoxxN^^vii.^ %>at\^v&. Ç^ux.de Mcti !
pour la Rêforfnation , etc. Sgf
jouissent tout au moins du bénéfice tfe redit de Nantes, qui a été fait près de cinquante ans après la prise de possession de Henri II ^ y a t il quelque chose qui les prive du bénéfice de inédit général, pendant qu'il subsistera? Et y a t il une ombre de bons sens à dire que parce que Henri II prit la ville de Metz dans un temps où les calvinistes n'y avoieiit pïus exercice de leurs religion, Henri IV. n'ait pà le leur accorder ? Il faut avouer que ces Mes* sieurs se jouent misérablemetut des édits de nos rois, qui avoient été faits en notre faveur. Je me souviens d'avoir vu Tun de ces auteurs qui ont expliqué et renversé Tédit de Nantes parleurs gloses, qui dit sur un article, où il est parlé des pays de Vohéissance du roi^ que le privilège accordé par l'article ne r^-^ garcje que les pays d'obéissance , c'est-à-dire selon sa glose, les pays conquis comme Metr^ et non les pays de l'ancien domaine de nos rois : selon cette glose c'est principalement pour Metz que les édits de pacification , et principalement celui de Nantes , ont été faits. Voici présentement^la carte bien changée ; Metse n'pst plus des pays de Fobéisisance du roi , et par conséquent ne peut avoir de part aux privilèges de ces édits; il faut regarder cette ville en l'état où elle étoit avant qu'oa
çu( accordé en France aucune Ubçrté de cQOi^^
o^8 Apologie
cîence : sî l'on vouloit faire le factum de TégUse de Metz et étaler tous les droits et leJ concessions particulières de nos rois en faveur des huguenots , on pourroit encore réfulei plus fortement cette maligne conclusion prise sans forme et sans autorité, contre les prêtes* tans «le cette ville. Mais ce n'est pas ]à notre affaire ; et c'est assez pour faire voir que le sieur Maimbourg dans la vue de nous nuire, foule aux pieds la réputation de son bon sens j aussi bien que celle de sa bonne foi.
Je m'imagine, Monsieur, qu'enfîn vous me croyez au bout de mes écritures et vous devo« lectures, car voilà pensez vous , tout ce que j'avois à répondre au livre du P. Maimbourg. Vous serez donc bien trompé quand au premier ordinaire vous verrez de nouveaas cahiers , pour votre imprimeur, nous prendrons le sieur Maimbourg par un côté qu'il ne prévoyoit pas , et peut-être le mettrons- nous en état de se défendre , aussi bien qu'il nous/ amis*
Fin- bB' i>a Sjsconpe PAiiTiB^