‹ Histoire du Canada, à l'usage des écoles primaires et des maisons d'éducation [microforme] (volume 2)Chapitre 19 sur 39 · Quand mourut M. de Frontenac P—M · texte numérisé non relu

Quand mourut M. de Frontenac P—M

de Frontenac mourut à Québec, en 1698, au milieu des regrets universels de la colonie, qu’il avait e1, quelque sorte retirée de l’abîme.

Le comte de Frontenac avait cet assemblage de qualités et de défauts qui le firent grand ou petit, selon les circonstances. Mais les défauts de son caractère tranchant, absolu, dominateur, se montrèrent peu dans sa seconde administration ; ses qualités prédominèrent, et ses taients rendirent au Canada les plus grands services. Il avait trouvé la colonie affaiblie, attaquée de toutes parts, méprisée de ses ennemis; il la laissa en paix, agrandie, respectée. Aussi c’est à juste titre qu’il a été regardé comme le sauveur de !a Nouvelle-France.

196 Qui succéda au comte de Frontenac P—

Ce fut le chevalier de Callières, qui était depuis longlemps gouverneur de Montréal,

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M. de Callières s'était toujours fait remarquer par sa probité et sa droiture, sa modération et sa sagesse, sa fermeté et son courage. Il avait acquis un grand empire sur l'esprit des sauvages, et il s’en servit pour mettre fin à la longue série des guerres avecles Iroquois. Le grand événement de son administration, qui durs quatre ans (1698-1703), est le traité de 1701.

127. Quel fut le but politique du chevalier de Callières ? — Le grand but politique de son administration fut la pacification des peuples sauvages qui se trouvaient en relations avec les Français. Malgré les intrigues anglaises, M. de Callières sut disposer habilement les Cinq-Cantons à entrer dans ses vues. En 1700, des ambassadeurs iroquois acceptèrent, à Montréal, les bases d’une paix durable, qui fut solennellement ratifiée l’année suivante.

Les Iroquois paraissaient montrer quelques dispositions pacifiques ; M. de Callières en profita pour les engager à déposer sérieusement les armes. A cet effet, il envoya dans les cantons trois députés, qu'il savait être très-aimés des Iroquois: c'était le Père Bruyas, Joncaire et Maricourt, frère de d’Iberville. Les députés furent accueillis avec joie, et introduits dans la cabane de conseil, à Onnoutagué ‘Pendant que les anciens délibéraient, un envoyé anglais vint de la part du gouverneur de la Nouvelle - York, leur signifier l'ordre de rompre avec les Français, et de se rendre à Albany pour y entendre la voix de leur père Corlar. L'orgueil iroquois ne pouvait supporter l’idée de recevoir des ordres de qui que ce iut,; cette démarche des Anglais les irrita et ne fit que favoriser l’objet de la députation française. Les cantons envoyèrent à Montréal dix-neufambassadeurs pour renverser la chaudière de guerre el planter l'arbre de la paix. Le à septembre 1700, les bases d’une paix générale furent acceptées

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128. Au milieu de quelles solennités se fit le traité de 1701 ?—Dans l’été de 1701, Montréal vit arriver les députés d’une fuule de naticns sauvages, qui venaient compléter l’œuvre d’une paix générale. On voulut donner le plus de solennités possible à la conclusion du traité. Une vaste enceinte fut préparée dans le voisinage de Montréal. Treize cents sauvages y prirent place dans un très-bel ordre; c'étaient les représentants de presque toutes les nations barbares de l'Amérique du Nord, depuis le golfe Saint-Laurent jusqu’au bas Mississipi. La variété bizarre de leurs costumes, et la diversité de leurs idiômes furent un grand amusement pour les Canadiens et les Français. Trente-huit députés signèrent le traité ; puis on apporta le grand calumet de la paix, qui circula parmi tous les dignitaires de cette vaste assemblée. Un Te Deum solennel vint clore la cérémonie. Il y eut festin, salves d’artillerie et, le soir, illumination et feu de joie.

Le traité de 1701 mit fin pour toujours aux fureurs troquoises, qui avaient tenu si longtemps dans l’effroi pos tous les peuples de l'Amérique du Nord.

otre colonie devait en ressentir particulièrement les heureux effets; il termina pour elle cette terrible guerre de cent ans commencée sous Champlain, et si féconde en maux de tout genre.

129. Quelie fut la fin de Kondiaronk ?—Le Rat, ou Kondiaronk, mourut d’une maladie

provisoirement ; on fixa à l’année suivante la ratle

subite pendant la conclusion de la paix de Montréal. Sa mort fut une perte irréparable pour la nation huronne.

Kondiaronk, dont la sagacité perverse avait causé tant de troubles et de difficultés sous M. de Denonville, s'était reconcilié avec les Français. Il contribua plus ue personne à l’heureuse paix de Montréal, Atteint

‘une maladie subite, au milieu d’une des séances préparatoires à la conclusion de ce traité, il fut conduit à l’Hôtel-Dieu de Montréal, et mourut la nuit suivante, muni de tous les secours de la religion. Brave au combat, prudent dans le conseil, prêt à tous les sacrifices pour le bien de sa nation, d’une éloquence irrésistible, parlant sa langue avec une grâce et une élégance étonnantes, Kondiaronk n'avait de sauvage que lenom. Selon Charlevoix, personne n'eut peutêtre jamais plus d’esprit que lui. Le comte de Frontenac l’invitait souvent à sa table, pour jouir de sa causerie {ine et spirituelle. Ses funérailles furent entourées de toutes les pompes militaires, et sa tombe porta l'inscription ü'un grand homme; on n’y grava que ces mots: Cüi-gêl le Ral, chef huron. |

130. Quand mourut M. de Callières ? — Le chevalier de Callières mourut à Québec, en 1703, au moment où la guerre de la succession d’Espagne allait embraser l’Europe, et faire de la Nouvelle-France l’un des théâtres de cette lutte générale. Il eut pour successeur té marquis de Vaudreuil, gouverneur de Montréal. à

M. de Vaudreui)l se recommandait par son expérience et son courage, par la noblesse et l’amabilité de ses manières. La guerre allait recommencer avec la Nouvelle-Angleterre ; il continua les préparatifs de son prédécesseur pour faire face à la tempête. Il réussit à maintenir la paix entre les nations Sauvages;

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