‹ Histoire du Canada, à l'usage des écoles primaires et des maisons d'éducation [microforme] (volume 2)Chapitre 36 sur 39 · Quelle fut la conduite de Lerd Aylmer · texte numérisé non relu

Quelle fut la conduite de Lerd Aylmer

—Ce gouverneur se montra modéré et conciliant. ® Il travailla à l’apaisement des esprits, et chercha à gagner la confiance des représentants du peuple. Mais ses iouables eflorts

furent inutiles Aigrie par une longue série d’injustices criantes el de vexations odieuses, la Chambre repoussa tout compromis relativemont à la question des subsides, prit en considération l’état de la province, et finit par adopter 92 résolutions, où se trouvaient {ormulés tous les griefs de la colonie contre la métropole. Lorsque lord Gosford vint rem.

placer Ayimer, en 1835, la fermentation des esprits était telle, qu’elle faisait craindre une explosion révolutionnaire.

Lord Aylmer convoqua le parlement au mois de nvier 1831. Il fit à la Chambre unè communication mportante : l'Angleterre consentait à abandonner le contrôle de tous les revenus, excepté celui des domaines de la couronne, moyennant une liste civile de £19,000 votée pour la vie du roi. C'était une offre raisonnable que la prudence conseillait d'accepter; malheureusement, les membres la repoussèrent ; puis, recueillant les griefs et les abus qu’on déplorait, ils les formulèrent dans une pétition destinée à être envoyée à Londres. Lord Aylmer exprima à la Chambre le plaisir qu'il avait de voir ses plaintes exposées nettement, l’engagea à faire d'autre demandes, si elle en avait, et la conjura en même. temps de reposer en lui toute confiance, de lui ouvrir son cœur et de ne lui rien cacher. Il était impossible de pousser plus loin ls bienveillance et As) rh de conciliation. Mais déjà une influence regrettable prévalait dans l’Assemblée; un grand nombre de jeunes membres, enflammés d’un triotisme plus'ardent qu'éclairé, s'étaient ralliés à apineau, et voulaient la lutte parlementaire à ou trance contre l'Angleterre, sans songer qu'ils don. . naiïent par là à la politique une impulsion dangereuss, et qu'ils menaient le pays vers des abimes.

Après la session, l'élection d’un membre pour ls ville de Montréal créa des troubles sérieux, qui néceæs

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sièreut l'intervention de la forse armée ; les troupes anstuises tirèrent sur le peuple, le 21 mai 1832, et tuercut trois Canadiens. Cet incident malheureux sut suivi d'un fléau. Le choléra éclata pour la première fois en Canada, et fit d'épouvantables ravages, à Québec surtout, où il enleva plus de 3,000 pergonnes. d

L’agitation des esprits, à peine calmée par le terrible fléau, recommença dans l'automne, avec toute sa violence. La Chambre, en 1833-34, fit une longue enquête sur l'affaire du of mai, résolut de rompre avec le Conseil legislatif, qui avait porté contre elle de graves accusations en Angleterre, et, après de longs débats, adopta 92 résolutions, qui formulaient tous les griefs de la colonie contre la métropole, et finissaient par mettre lord Aylmer en accusation devant la Chambre des lords. Les 92 résolutions devinrent le drapeau pour ou contre lequel on devait désormais s'engager

combattre. C'est alors que Neilson, Cuvillier et Quesnel, effrayés des périls que renfermaient les résolutions de la Chambre, et craignant de tout perdre en voulant trop gagner, se séparèrent de Papineau et de son parti. Quelque temps après, Ayliner fut rappelé et remplacé par lord Gosford.

221. Queile mission l'Angleterre confia-t-elle à lord Gosford, en le nommant gouverneur du Canada ?—Lord Gosford fut chargé de prendre connaissance de l’état du pays, et d’en rendre le compte le plus détaillé possible. Il fit un rapport volumineux, avec l’aide de deux commissaires qui lui furent adjoints, 6: l’envoya à Londres. Ce rapport était hostile aux Canadiens et à la politique de la Chambre; il suuleva d'immenses colères ; les esprits déjà surrexeités s’échanfTèrent de plus en plus, et la 1évulle éclata en 1837,

Lor ! Gosford arriva dans l'été de 1835, avec le titre de commissaire royal, et accompagné de deux adjoints, Gray et Gipps, chargés comme lui de faire enquête sur l’état du pays. Le gouverneur se montra affable et poli, et parut s’efforcer de gagner la bienveillance des Canadiens. Dans un long discours oil adressa à la Chambre, il appuya sur beaucoup de réformes de détail, chercha à calmer les défiances des membres, et déclara que sur toutes les questions politiques qui préoccupaient si fortement l'opinion, les commissaires feraient leur rapport à Londres. Mais ce rapport fut défavorable à la cause ‘canadienne: il condamnait complètement les réformes que la Chambre réclamait avec tant de persistance; el les suggestions hostiles qu'il contenait furent adoptées dans les communes anglaises, A cette nouvelle, l’indignation en Canada ne connut plus de bornes; les agitateurs parcoururent le pays pour soulever le peuple; les assemblées publiques se multiplièrent; des manifestes menaçants furent répandus dans les campagnes; on forma des associations secrètes ; on organisa la résistance armée ; on alla jusqu’à pendre le gouverneur en effigie. Mgr 4 Lartigue, évêque de Montréal, publia un mandement q pour calmer les esprits, et le gouverneur effrayé fit venir en toute hâte des troupes du Nouveau-Brunswick. Cependant la masse de la population était indifférente ou hostile au mouvement insurrectionnel fr qu'on préparait. Les troubles éclatèrent à Montréal | le 7 novembre 1837, entre les Fils de la liberté et les HR ; © fut le commencement de la révolte, .

. 222. Que se passat-4 à Chambly, à Saint Denis et à Saint-Charles ?—La révolie: éclatée à Montréal, le 7 novembre, se propagea rapidement sur la rive droite du fl:uve. Près de Chambly, un détachement de cavalerie anglaise fut mis en déroute. Le colonel Gore, parti

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de Sorer, avec un corns de troupe la cavalerie, se dirigea sur Saint-Charlos 4 fut arrêté à Saint-Denis, le 22 novembre par une troupe d’insurgés, dont la plu art n'avaient pour toute arme que des hiaiciés et des bâtons. Le brave Dr. Nelson, qui les commandait, engagea résolument la bataille , le combat dura six heures, et se termina par la défaite des Anglais, qui perdirent dans leur fuite une partie de leurs munitions et de leurs | bagages. Quelques jours après, se livrait la bataille de Saint-Charles. Les insurgés | avaient formé un camp, qu’entuuraient & | faibles retranchements formés d’arbres ren- | versés. Le colonel Wetherall marcha contre | eux avec 800 soldats et 2 pièces de canon; il : les enveloppa complètement avant de les attaquer, et ne leur laissa ainsi d'autre alternative | que de vaincre ou de mourir. Les rebelles | manquant d'armes et de munitions, se défendirent cependant avec courage; mais les fragiles retranchements qui les couvraient no } purent résister à l'artillerie, et le cam fut | emporté d'assaut. Plus de 100 Canadiens tour | véreut la mort dans cette action. |

A la suite de ces combats, le district 0

fut mis sous la loi martiale, pendant Le ec s’assemblait de toutes parts pour protester Contre 18 révolte, et assurer l'Angleterre le sa fidélité. L’inrar rection était vaincue sur la rive droite du fleur » : il pne restait plus qu’à triompher des rebelles sur la rive | gauche, dans le comté des Deux-Montagnes, où ils s'étaient réunis en troupes nombreuses. |

293. Racontez le combat de Saint-Eustache —Sir Juhn Colborne marcha vers le comté des Deux-Montagnes, avec 2,000 hommes, et 4 pièces de canon. Environ 250 Canadiens com. mandés par l’intrépide Dr. Chénier, s’étaien retranchés à Saint-Eustache, dans le couvent 4 l’église du village, résolus de tenir tête aux forces dix fois plus nombreuses de l'ennemi, Là encore les insurgés manquaient d'armes:

ils s’en plaignirent à leur chef: «Soyez tran: quille, leur répondit l’héroïque Chénier, il y en aura de tués, vous prendrez leurs fusils,»

Colborne cerna complètement le village, « son artillerie ouvrit un feu terrible contre les . positions des Canadiens. Après une canon nade de deux heures, le général anglais or.

donna l’assaut. «L’incendie, dit Garneau, 4 déclarait dans le même temps dans les édifices occupés par les rebelles. La fusillade et y flammes les obligèrent de tout abandonner, excepté l’église qui fut bientôt cernée à sa tour par les troupes et par l'incendie qui ap prochait. Chénier voulut en vain s’y défendre encore, les flammes marchant comme un tor rent l’obligèrent d’en sortir. Il réunit alon quelques-uns de ses gens, sauta avec eux px les fenêtres, et chercha à se faire jour «a milieu des assaillants; mais atteint par un balle dans le cimetière, il tomba et expi presque aussitôt. Ge ne fut plus alors qu'un scène de carnage. On ne fit quartier à per sonne, et le reste in village fut abandonnéa pillage et aux flammes.»

L'insurrection était maintenant étouffée dans la vince de Québec; mais le Haut-Canada se remuait son tour ; on y levait l’étendard de la révolte.

224. Quels furent les troubles du Haut-Canada}? Pendant que le calme se rétablissait dans la province de Québec, le parti réformiste du Haut-Canada levait l’étendard de l'insurrection, D sous M. MacKenzie, qui se réfugia à Navy

nt- Eustache le comte des mmes, et 8 adiens comier, S’étaient le couvent el nir tête aux de l'ennemi,

ent d'armes; D Island, à deux milles au-dessus de Niagara, aSoyez trax M avec un corps d’Américains et de rebelles. hénier, il y en M Mais MacKenzie ne put se maintenir dans son

itle; il en fut délogé après un bombardement de plusieurs jours, et il se sauva aux Etats- A Unis. ù

| Des bandes d’Américains et de rebelles rodèrent

tout l'hiver sur les frontières du Haut et du Bas- Canada ; mais tout resta tranquille dans l’intérieur

eurs fusils.

le village, € ble contre le g une Can01- ‘al anglais or it Garneau, &

ans les édifice Edu pays. Les bandes envahissantes furent chaque sillade et le fois repoussées, jusqu'à ce qu’enfin le gouvernement abandonner, Bees Etats-Unis intervint, pour faire respecter les lois

de la neutralité.

cernée à Sol endie qui àp a s’y défendr omme un (or | réunit alon avec eux pit aire jour &l teint par uit nba et expin s alors qu'un uartier à per abandonneäl

225. Que fit l'Angleterre à la vue des troubles hu avaient éclaté en Canada ?—L’Angleterre uspendit la constitution de 1791, et sir John olborne reçut l'ordre de former un Conseil pécral, pour l'expédition des affaires les plus pressantes, Ce conseil se composa de 23 membres, dont 11 canadiens-français.

Lord Gosford avait demandé et obtenu son rappel, passa en Angleterre au commencement de l'année B38, et fut remplacé par lord Durham, chars aussi > faire enquête sur les affaires du Canala !'u des remiers actes du gouverneur fut de congedier le

consail de Colborne, qui administrait le pays depny le départ de Gosford, et d’en former un autre de son choix, composé en grande partie des personnes de sa suite.

296. Quel est le fait le plus saillant du jo vernement de lord Durham ?— Le fait le plus remarquable de l’administration de ce gouverneur, fut l’amnistie presque générale qu'il accorda aux prisonniers politiques, arrêté pendant les derniers troubles ; il n’en except que vingt-quatre, qui furent exilés aux Ber mudes. Cette arunistie causa une grande joie en Canada; mais elle fut désavouée en ‘ Angleterre. Lord Durham fut si blessé de « désaveu, qu'il donna aussitôt sa démission, « s’embarqua pour l’Europe (te 1er novembr 1838). Sir John Colborne prit les rênes de l'administration, et les conserva jusqu’à l'ar rivée de lord Sydenham (1839).

227. Que firent les réfugiés politiques ou Etats-Unis, après le départ de lord Durham - Ils organisèrent un nouveau mouvement ir surrectionnel dans les deux Canadas. D4 soulèvements partiels eurent lieu sur plusieur points, à Terrebonne, à Châteauguay, à Rou ville, à Varennes, pendant que le Dr. Nelson pénétrait dans le pays, à la tête d’un corn d’Américains et d’émigrés politiques. & Col borne proclama alors la loi martiale, 4 marcha avec 7 à 8,000 hommes vers le pan insurgé Tout était rentré dans l’ordre, lon qu'il y arriva Îl n’eut qu’à promener parti

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Boolonies de Amérique du Nord, comme le

le fer et la flamme, et ne laissa que des ruines

fumantes sur son passage.

Dans le Haut-Canada, les Américains et les réfugiés débarquèrent à Prescott; mais ils furent attaqués par des forces considérables,/complètement cernés, et forcés de se rendre. La frontière fut inquiétée tout l'hiver

ar des partis de rebelles, qui cherchèrent à enlever Windsor et le Détroit; mais il ne se fit rien d'impor. tant.

228. Quel fut le sort des prisonniers politiques P —Les prisons étaient remplies de détenus politiques, impliqués dans les troubles qui

| venaient d’avoir lieu. Colborne fit passer tous

ces prisonniers devant des cours martiales ; : 89 furent condamnés à mort, 47 à la dépor-

| tation dans les îles de l’Océanie, et leurs biens

| furent confisqués. Treize montèrent sur l’échafaud ; ces malheureuses victimes d’un patriotisme plus généreux qu'éclairé, subirent leur

D sort avec fermeté, et avec cette dignité caline

qui distingue les martyrs d’une grande cause.

| 9229. À quelles mesures s'arrêta l'Angleterre, après l'insurrection ?—On attendait avec anxiété, en Canada, les décisions auxquelless’arréterait l'Angleterre, après tout ce qui venait de se Ppasser. Le gouvernement impérial adopta les suggestions fournies par lord Durham, dans un long rapport qu'il avait fait sur la situation du Canada. Ce rapport n’était qu'un plaidoyer en faveur de l’anglifieation ; il représentai, l’union fédérale de tontes les

meilleur moyen d’étouffer les difficultés exis tantes ; en attendant, il recommandait l'union législative des deux provinces du Canada, en donnant à chacune un égal nombre (le représentants. (Cette dernière suggestion {ut adoptée, malgré les protestations de lord Gosford et du duc de Wellington, et malgré les pétitions du clergé catholique et des Cana.

diens. Le bill d'union reçut la sanction royale, le 23 juillet 1840.

230. Quelles étaient les principales dispositions de l'acte d’union P—L’acte d'union, qui plaçait les deux provinces du Canada sous un seul gouvernement, fixait le nombre des représenlants à 8h, c'est-à-dire, à #2 pour chaque province ; il accordait à la Chambre le contrôle des revenus publics, mais avec certaines réserves; il portait que la langue anglaise serait la seule langue parlementaire ; enfin, il déclarait qu'il faudrait les deux tiers des membres Sc la Chambre législative pour chan:

ger la division électorale, ou le chiffre de la représentation.

L'acte d'union mit fin à la constitution de 1791, « passée, dit Garneau, pour soustraire à la domination des Canadiens-français la petite population anglaise du Haut-Canada, et révoquée plus tard pour metttre ces mêmes Canadiens sous la domination de la popu lation anglaise, devenue où devenant plus nombreuses

L'union des deux provinces a duré vingt-sept ans; elle a fait place à ls confédération, inaugurée le 1e juillet 1 À

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TROISIÈME ÉPOQUE Depuis l’Union jasqu’à la Confédération 1840-1867.

à La ui fut le premier geuverneur sous dose " quels son! les principaux cveneet VE dd te 0 Th bar e enha::

Le ti le premier uteMTeuE sous a Sa pt re ts Les élections généie en lieu au mois de mars 1841 et : premier parlement s’ouvrit à Ki

u mois de juin. nine

LES Rp mémorable session, on établit ds de : municipal dans le Haut-Canada Tr usant d’amender l'acte des municip. scie 0 au Bas Canada par le con- Fe va 08 Fe s’occupa de l'éducation a -S , des douanes, des cours monésad: à me imposa quelques taxes. Le ma Travaux publics fut créé, et pour pee me Por exécuter certains travaux d'uan Li ique, et pour consolider la dette fab s on vota une mesure pour faci- SRE mprunt d'un million et demie

se se termina au mois de septembre, par la mort de Lord Sydenham L cé

T e out en reconnaissant les grands talents et l’ao-

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