‹ Histoire du Canada, à l'usage des écoles primaires et des maisons d'éducation [microforme] (volume 2)Chapitre 35 sur 39 · Parlez-nous de la campagne de · texte numérisé non relu

Parlez-nous de la campagne de

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l’année précédente, pour attaquer le Canada, Ils remportèrent plusieurs victoires navales sur les lacs Erié et Ontario, pendant que leurs armées de terres écrasaient les forces an:

laises à Moraviantown, et s’emparaient de oronto. Le Haut-Canada se trouvait en leur ouvoir ; il ne leur restait plus qu’à prendre ontréaf et Québec, pour compléter la con: quête de tout le Canada; et leurs plans très. bien combinés nous faisaient sraindre ce mal. heur, lorsque le pays fut sauvé par la victoire de Châteauguay.

Les Américains recommenceèrent les hostilités, au mois de janvier 1813. Harrison, qui commandait l’armée de l’ouest, résolut de diriger ses forces sur le Détroit et sur Malden, mais un de ses détachements fut battu et fait prisonnier à Frenchtown par le gé néral anglais Proctor, et il se vit bientôt lui-même attaqué par le général vainqueur, au fort Meigs, sur la rivière des Niamis. Le général Clay, qui vola à son secours pour le dégager, fut complètement défait et obligé de se retirer après avoir perdu la moitié de k ses troupes. Malgré ce succès, Proctor, trouvant le fort Meigs trop bien défendu, leva le siège et s | rabattit sur Sandusky, qu’il dût abandonner encore après avoir essuyé un échec.

Pendant ce temps, les flotilles anglaises. et améri RS caines s’observaient sur le lac Erié, et épiaient l'occasion de se surprendre. Enfin (le 10 septembre) l'amiral anglais Barclay engagea le combat avec le : commodore Perry, à Put-in-Bay. L'action dura quatre d heures avec des chances diverses; mais, à la fin, tout d les vaisseaux anglais furent forcés d'amener pavillon, C Barclay tomba couvert de blessures entre les main des vainqueurs.

Après ce désastre, Proctor comprit qu’il fallai

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svacuer le Détroit, Sandwich, Ambherstburg, et se replier vers le lac Ontario. Il opérait ce mouvement de retraite avec toute la célérité possible, lorsqu'il fut atteint par Harrison qui le poursuivait, obligé de combattre à Moraviantown, sur la rivière Thames, et si complètement défait, qu'il s’échappa à peine avec une poignée de soldats. C’est dans cette bataille que périt le fameux chef sauvage Técumseh, qui combattait pour les Anglais, et qui avait montré dans cette guerre le courage d’un héros.

Les Anglais ne furent pas plus heureux du côté du lac Ontario. Dearborn attaqua Toronto avec 1,700 hommes, et s’en empara, malgré les efforts que fit le vénéral Sheaffe pour délivrer la place. Dearborn marcha ensuite vers le fort Georges, défendu par le général Vincent. Celui-ci évacua le fort, et se retira 1 Queenstown, puis à Burlington, toujours suivi de urès par les Américains, mais il fut heureusement dégagé ner le colonel Harvey, qui accourut à son secours, tomba sur l'ennemi à l’improviste, et lui fit subir un sanglant échec.

Pendant ce temps, le général Prévost essaya de surprendre Sacketts-Harbour ; mais il ne réussit pas. Cet échec fut suivi d’un autre plus grand. Les flottes des deux nations, après s'être longtemps recherchées ou évitées, engagèrent enfin le combat (le 28 septembre)

| devant Toronto, :près une lutte de deux heures, le : commandant anglais, Sir James Yeo, fut complètement : battu par le commodore Chauncey.

Cette défaite mettait le Haut-Canada à la discrétion de l’ennemi. Après ce brillant succès, les Américains résolurent de réunir leur armée du centre à celle du nord, de les diriger toutes deux sur Montréal et sur Québec, et d'achever ainsi par la prise de ces deux villes la conquête de tout le Canada. Wilkinson, qui com-

| mandait la première, forte de 8 à 10,000 home,

s'embarqua à French Creek, au-dessous du Sacketts- Harbour, descendit le Saint-Laurent sur des berges,

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route sur la rive gauche du fleuve. Battu à Chystlers- Farm, il put néanmoins continuer sa marche vers Montréal, où l’armée du nord devait venir le rejoindre. Mais il s'arrêta à Cornwall et rebroussa chemin, en apprenant le résultat de la bataillé de Châteauguay,

311. Racontes la bataille de C'éteauguay ?— Au mois d'octobre, le général Hampton, qui avait passé l'été dans les environs du lac Champlain, se mit en mouvement pour opérer sa jonction avec Wilkinson. Son armée était forte de 7,000 hommes. Le colonel de Salaberry se porta à sa rencontre avec 300 Canadiens pour arrêter sa marche; il remonta la rivière de Châteauguay, et s'arrêta à une excellente position défensive, coupée de ravins profonds, et par où l’ennemi devait passer. Il y établit quatre lignes de défense, au moyc: d’abattis d’arbres ; Îles trois premières étaient à deux cents pas l’une de l’autre; la quatrième,

lacée à un demi mille en arrière, aboutissait à un gué qu’il fallait à tout prix défendre. Ces travaux, qui avaient l’avantage de suppléer à l’infériorité numérique des Canadiens, étaient à peine terminés, lorsque Hampton parut (le 26 octobre) et se mit en devoir de les attaquer. Au moment de l’action, un officier américain, d’une haute stature, s’e ança entre les deux armées prêtes au combat, et cria en français: «Braves Canadiens, rendez - vous, nous ne voulons pas vous faire de mal.» Un coup de fusil, qui le renversa par terre, fut la réponse à cette sommation, et le commencement de la bataille. “On combattit des deux côtés avec

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uue ardeur extrême. Mais les Amérvains, maigre leur supériorité numérique, n# purent jamais entamer les abattis d'arbres, uerrière lesquels de Salaberry combattait avec ses braves ; et, après quatre heures d’une lutte acharnée, Hampton se vit contraint de battre eu retraite. Ainsi trois cents Canadiens triomphèrent de 7,000 hommes. Cette éclatante victoire rompit le plan d’invasion le mieux combiné, qu’eût encore formé la république américaine pour la conquête du Canada.

La victoire de Châteauguay eut toutes les consé quences d'une grande bataille: Wilkinson se retira ; l'ennemi évacua le Haut-Canada, et les Anglais, qui reprirent aussitôt l'offensive, lui infigèrent des pertes sérieuses du côté de Niagare. Ainsi finit la cempagne : de 1813.

219. Donnez un a de la de | 1814 ?—Les hostiles -soiidonieent de bonne heure en 1814. Après un échec essuyé 1 près du lac Champlain, les Américains diri gèrent tous leurs efforts contre le Haut-Canada, où fut livrée la sanglante bataille de Lundy’s D Lane, gagnée par les Anglais. La guerre continua avec des chances diverses, et laissa à la fin de l’année les deux nations belligé- ‘rantes dans l& même situation, qu’au com- 2 mencement de la campagne.

la fin de mars, Wilkinson se perte au moulin de ‘Laoolle, près du lac Champlain, et l’assaillit avec des LIsrces supérieures ; mais il fut repoussé. Cet échec ‘a à l'ennemi l’idée d'attaquer le Bas-Canada; c'est ser le Haut-Canada qu'il voulut concentrer ses efforts.

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Pendant qu'il dirigeait toutes ses troupes vers le las Ontario. le général anglais Drummond, parti de Kingston, traversa ce lac, et parut inopinément devant Oswégo, qu'il prit et incendia (le 6 mai), les Amrericains prirent leur revanche à Chippewa, où les Anglais essuyèrent une sanglante défaite. Mais ces derniers, renforcés par les troupes de Drummond, attaquèrent les vainqueurs à Lundy's Lane, et les défirent complètement après une lutte acharnée. L’en. nemi, battu, se retira précipitamment au fort Erié, où il se retrancha. L’actif Drummond y courut aussitôt, donua l’assaut au fort, et était sur le point de s’en emparer, lorsqu'une SPRrS terrible jeta une terreur panique parmi ses soldats, qui prirent la fuite ou posèrent les armes.

L'Angleterre n'ayant plus besoin de ses forces en Europe, envoya 14,000 hommes au Canada, avec l'ordre d’envahir les Etats-Unis par le lac Champlain. En même temps, sa flotte allait bloquer tous les

rts américains, depuis la Nouvelle-Ecosse jusqu'au

exique.

Le général Prévost se mit à la tête de l’armée, pour exécuter l’ordre d’invasion donné par les ministres anglais. Il franchit la frontière à Odelletown, et atteignit Plattsburg (le 6 mai). Le succès de cette expédition dépendait en grande partie des services e pouvait rendre la flotte sur le lac Charplain. alheureusement, celle-ci fut attaquée et anéantie le commodore McDonough. Après cet échec, ,

vost battit précipitymment en retraite. L HLRE PIRE 1 rt sé, 13. Qu'est-ce qui mit fin à la guerre P-.Ce fut la paix de Gand, conclue le 24 décembre 1814. Ce traité stipula la restitution reciprogue des conquêtes faites pendant 'a guerre.

La paix de Gand laissa indécise la question des frontières entre le Maine et le Nouveau-Brunswick. Cette question reçut une solution temporaire en 1818.

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#t fut délinitivement résolue à l'avantage de nos vek sins, par le compromis d’Ashburton, en 1846.

914. Pourquoi le gouverneur Sir peu Prévost fut-il rappelé en Angleterre P — Pour

répondre aux accusations portées contre lui, touchant l’expédition de Plattsburg. Il eut pour successeur sir John Sherbrooke (1816).

Prévost n'avait toujours montré aux Canadiens que bienveillance et sympathie; c'était plus qu’il ne fallait our mériter les colères de l'élément protestant. Aussi e parti anglais cherche-t-il l’occasion de le perdre dans l’esprit des ministres, et de le faire rappeler en: Angleterre, Le résultat malheureux de l'expédition de Pittsburg, dont on voulut ‘le rendre responsable, ne fut au fond que le prétexte dont ses ennemis se

” servirent, pour Courir le véritable motif des haines

qu'ils lui portaient. Les Canadiens n’ignoraient pas que ce gouverneur était victime de son esprit d'équité et de ses sympathies à leur égard; ils ne manquèrent pas, dans cette circonstance, de lui donner des marques de leur estime et de leur amour : la chambre le loua de l'énergie, du zèle et de l’habileté dont il avait fait preuve dans les situations difficiles où il s'était trouvé, et les villes de Québec et de Montréal lui présentèrent les adresses les plus flatteuses. Le général Drum-

mond remplaça temporairement Prévost (1815), jusqu'à l'errivée de Sherbrooke.

215 n'est-ce i caractérise l’histoire du Canada, depuis la fin de la guerre de 1819 jusqu’à l’insurrection de 1837 P—Ce qui caraclérise cette période, c’est, l’ardeur des luttes parlementaires. La chambre d’assemblée réclamait comme un droit la votation de toutes les sommes nécessaires au gouvernement pour le service public; c’est ce qu’on appela la

uestion des subsides. Maïs les gouverneurs et e conseil execulif refusèrent ohstinément aux représentants du peuple l'exercice de ce droit; de là l’origine de ces luttes ardentes, qui, commencées dans les chambres, finirent sur les champs de bataille en 18387.

C'est un principe de droit constitutionnel que le vote des deniers publics appartienne aux représentants du peuple. Ce principe fut reconnu dens la constitution de 1791, et dès la session parlementaire de 1782, l'assemblée du peuple déclara que la votation des sommes nécessaires au gouvernement lui appartenait. Ce ne fut qu'en 1810, que ce droit méconnu trouva de nombreux défenseurs, à la tête desquels brillait M. Bédard. Assoupie pendant la guerre de 1812, la question des subsides se posa avec éciat dans les chambres, au retour de la paix. Dès lors, elle

rime toutés les autres questions; elle domine tous es évènements, qui s’y rattachent ou comme épisodes ou comme conséquences. Malgré ph | et les détours de la politique anglaise, elle se maintint pendant un quart de siècle, et les ten.yètes qu'elle souleva dans les régions politiques allèrent expirer sur les champs de batailles de 1837. .

«Dans ce long duel, engagé entre le chambre d'une

rt, et les gouverneurs et le conseil exécutif de ’autre, les Canadiens-Français eurent de valeureux champions dans les Papineau, les Bédard, les Viger, les Bourdages, les Nelson, les Cuvillier, les Quesnel, les Morin, et plusieurs autres. M, L. J. Papineau, &ppelé à la chambre d'assemblée en 1815, à l’âge de 26 ans, remplit ce poste important pendant presque toute la période comprise entre 1815 et 1837 9e l’aveu de tous, M. Papineau a été le plus grand srateur populaire et parlementaire du Canada, et son sloquence hors ligne a exercé sur nos destinées une

nfiuence immense.»—{/fisiotre pepuliaire du Canada.)

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216. Qu'y eut-l de remarquable, depuis le départ de Prévost jusqu’à l'arrivée de Dalhousie ? —D'énormes abus s'étaient introduits duns le cépartement des terres et dans celui des postes. Les efforts tentés pour supprimer ces désordres, et le caractère de gravité extrême que prit dans les chambres la question des subsides, furent les faits les plus remarquubles de cet espace de temps.

Le général Drummond, qui gouverna temporairement le pays, voulut distribuer des terres aux soldats et aux miliciens, pour les recompengser de leur zèle et de leur dévouement pendant la guerre, C’est alors que se révélèrent dans toute leur étendue,: des abus déjà signalés par Presçott, et qui n'avaient fait que s'accroitre, plus de trois millions d'acres de terre avaient été distribués entre un certain nombre de favoris, qui n'avaient d’autres vues que de spéculer sur le domaine public. Dans le département des postes, les malversations étaient telles, que le général Drummond demanda la destitution de Heriot, qui en était le chef. Ces désordres prouvaient, jusqu'à l’évidence la nécessité d'imposer un contrôle eflicace aux fonctionnaires de l’administration, ainsi que la justice des réclamations de la chambre à ce sujet.

Sherbrooke arriva au Canada, en 1816. C'était un homme sage, modéré, conciliant, équitable. 1l conmença son administration par un acte de générosité, en faisant distribuer des vivres dans la partie inférieure du district de Québec, où les moissons avaient été complètement détruites par des gelées hâtives. Après avoir pris connaissance de l’état des affaires, il suggéra au gouvernement impérial plusieurs mesures importantes, entre autres de reconnaitre officiellement le titre de l’évêque catholique de Québec; et, sur sa recommandation, Mgr Plessis fut nommé membre du Conseil législatif.

La grande question des subsides commençait à

ssionner vivement les esprits; Sherbrooke, effrayé des difficultés d’une position qui le mettait forcément en lutte avec la chambre, demanda son rappel en Angleterre (1818). 11 fut remplacé par le duc de Richmond, un des grands personnages de la Grande- Bretagne, qu'on envoyait au Canada pour refaire une fortune qu’il avait dépensée par son luxe et ses extravagances.

Richmond prorogea le parlement à propos de la question des subsides, et se rendit impopulaire per les paroles de reproche et de censure qu’il adressa aux représentants du peuple. II mourut presque subitement peu de temps après (1819). C’est sous son administration que, l'Eglise de Québec fut érigée en métropole par le pape Pie VII; Mgr Plessis reçut le titre d’archevêque, et les évêques suffragants furent : M.McDonald, dans le Haut-Canada, et M. MacEachern, dans le Nouveau-Brunswick.

Le comte de Dalhousie, successeur de Richmond, arriva à Québec, en 1820. Son administration, qui dura huit ans, offre deux faits remarquables : le projet d'union en 1822, et la crise de 1827-28. |

217. Parlez-nous du projet d'union des Canadas, en 1822? —Le parti anglais qui désirait la ruine de notre nationalité, était toujours à l'œuvre, et poursuivait son but avec um per.

sévérance que rien ne pouvait rebuter. En 1822, il complota l’union des deux Canadas et fut bien près de réussir. 1l parvint à introduire dans la chambre des communes, en Angleterre, un projet d'union qui tendait à réduire le Canada frauçais à la condition humiliante de l’Irlande ; heuieusement, ce bill fut arrêté à sa seconde lecture, puis complètement abandonné.

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— 135 — Vs 2. |: 4 ni !

: Le bureau colonial à Londres avait laissé entrevoir Ci je projet de l'union politique des deux Canadas, dès is 1807. Ajourné pendant la guerre américaine, ce | !} 4 projet fut repris après la conclusion de la paix, pré- ja! ä : paré dans l’ombre, et présenté à la chambre des com- fi

À munes, en 1822, à l'insu des Canadiens. C'était un Lu véritable complot, tramé contre nos intérêts les plus ||

chers : en effet, ce bill donnait au Haut-Canada une || représentation beaucoup plus nombreuse qu'au Bas- Canada, diminuait les libertés religieuses, et restreignait les droits des représentants du peuple sur les deniers publics ; il assurait la prépondérance complète ds l’élément anglais sur la population canadienne- française. Ce bill était sur le point de passer presque

inaperçu, lorsque MacIntosh, Burdett et quelques | autres membres en eurent connaissance, et réussirent ||. à l'arrêter à sa seconde lecture. Grande fut l'émotion, en Canada, à la nouvelle de ce projet d'union; l’agita. tion se répandit d’un bout du pays à l’autre; de toutes parts s'élevèrent d’énergiques protestations. On tint des assemblées, on organisa des comités, on dressa des pétitions qui st couvrirent de plus de 60,000 | signatures; et MM. Papineau et Neilson furent délégués à Londres pour porter ces pétitions, et les appuyer | au besoin de toute la force de leur éloquence. Le a projet d’union tomba devant ces protestations unani- di: mes de tout un peurple. Ainsi finit cet odieux attentat, |! contre notre natioralité.

218. Qu'est-ce qui amena la crise de 1897 ?—- Le refus du gouverneur à laisser aux membres de l’Assemblée le vote et le contrôle des dé- :. penses publiques amena la crise politique de 1827. Le parlement fut prorogé ou dissout à plusieurs reprises; l’agitation qui en fut la suite, et l’irritation des esprits, devinrent à un tel point, *que l'Angleterre crut prudent de rappeler le gouverneur (1828). =

Après l’insuccès du projet d'union, Dalhousie “tait ‘passé en Angleterre. Sir Francis Burton le re. p'aça pendant son absence. Le pays reprit un peu de calme sous cet admimistrateur, qui chercha à éviter tout conflit avec la chambre, et laissa les représentants du peuple voter les subsides par chapitres non détaillés (1825). Mais cette conduite de l’administrateur fut blâmée par l'Angleterre. Aussi le comte de Dalhousie, au retour de son voyage d'Europe (1826), refusa de sanctionner le bill des subsides, tel que le voulaient les membres, et pour ne pas donner à la chambre le temps de protester, il la prorogea avec un langage insuitant. Quelques temps après, le gouverneur en appela au peuple par des élections générales.

MM. Papineau, Cuvillier, Quesnel, publièrent une adresse au peup!e, pour l’engager à réélire les membres de la majorité. Bientôt le pays fut dans une extrême agitatior. La violence des discours prononcés dans les assemblées publiques, la fougue et les emportements des journaux, la destitution ou la retraite de plusieurs officiers de milice, l’appel à la révolte par un journal des Etats-Unis que rédigeaient des réfugiés canadiens, tous se réunissait pour remuer profondément les esprits, et répandre partout l'agitation et le trouble.

A la réunion de la nouvelle chambre, en 1827, M. Papineau fut élu président. Dalhousie désapprouva cette élection, et enjoignit d'en faire une autre. Les membres avaient prévu ce coup; ils déclarèrent que le choix du président devait être fait librement, et que l'approbation du gouverneur n'était qu'une simple formalité d'usage, M. Papineau fut donc maintenu président "* Dalhousie prorogea alors le parlement, et les assemblées publiques recommencèrent plus nombreuses et plus tumultueuses que jamais. On résolut d'envoyer à Londres des pétitions, pour demander le rappel du gouverneur et une enquête sur les affaires de la province. MM. Neilson, Viger et Cuvillier furent députés en Angleterre pour porter ces requêtes. qui s'étaient couvertes de plus de 80,000 signatures “Dalhousie fut rappelé, et remplacé par Sir James Kemj:.

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219. Quelle fut la conduite de Sir James Kempt ?—Kempt s’appliqua à calmer les esprits soulevés par les violences de son prédécesseur, Il reconnut M. Papineau comme président de la Chambre, fit abandonner les procès politiques ordonnés par le comte de Dalhousie, et mit un frein aux emportements de la presse officielle. Après deux ans d’administration, (1828-1830), il demanda son rappel, et fut remplacé par lord Aylmer.

Jin vertu de ses instructions particulières, Kempt devait informer la Chambre que la disposition du revenu public lui était abandonnée, à l'exception du salaire du gouverneur et des juges. La Chambre accepta provisoirement cette offre, et vota libéralement les sommes que réclamaient les besoins du pays: plus de £200,000 furent affectés aux améliorations publiques.

Cependant une réforme importante avait été demandée à Londres : c'était de modifier la composition des sonseils législatif et exécutif, dont au moins les trois-quarts d& …embres étaient dépendants du gouvernement, Consulté sur ce point, Kempt répondit aux ministres qu'il n'était pas expédient de faire des changements notables. A cette nouvelle, les habitants de plusieurs comtés tinrent une grande assemblée, et censurèrent fortement la dépêche du gouverneur. (Celui-ci, effrayé des difficultés qui rt alors l’assaillir, demanda et obtint son rappel [1830.)

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