‹ Histoire du Canada, à l'usage des écoles primaires et des maisons d'éducation [microforme]Chapitre 10 sur 31 · TROISIÈME ÉPOQUE · texte numérisé non relu

TROISIÈME ÉPOQUE

| Depuis l'établissement du Conseil Souverain jusqu’à la conquête (1663-1760). :

8%. Comment se fit la prise. de possession de la Nouvelle-France, au nom du roi, à la dissolution de la.compngnie des. Cent-Associés ?—La cour

envoya au Canada un haut commissaire royal, le sieur Gaudais-Dupont, qui prit possession de la Nouvelie-France, au nom du roi et.fit prêter serment de fidélité à tous les habitants de la colonie, Le commissaire devait aussi établir le Conseil souverain, et présider a'nsi

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pet? :: pu ‘à la formation de l'administration nouvelle, ‘Qui allait régir lé ‘Canada jusqu’à la Conquête,

85. Quels étaient la Composition et Les Pouvoirs du: Conseil Souverain ?—Le Conseil Souverain

intendant, d’un Breffier en chef'et de Plusieurs Conseillers HOMMES par Je SOuverneur et l'évêque. Ses PouYoirs étaient très-étendus : il avait Ja haute direction des affaires administralives, judicisires el commerciales. k

: Le conseil Souverain, composé d’abord de neuf membres. et plus tard de douze, fut créé par une or.

ET € $ ; Fr? Ê L Ê . 1) # routes, les finances, le Commerce et les approvisionne-

: 86. À quels excès ise porta le nouveny Jouver: neur, M de Mésy ?Sa Conduite despotique êt.

arbitrairé Je mit en lüt'e avec Loutes les auto: rités dela Colouie, |} destitua Plusieurs conseillers, qu’il fit l'épasser forcément en France;

chercha à intimider l’évêque par la violence, et remplaça M. de Maisonneuve, à Montréal, par un autre gouverneur.

De Mésy administra le Canada de 1663 à 1665. Son ardente piété l'avait fait nommer gouverneur par Mgr. de Laval, auquel le roi avait laissé le soin de’ trouver un successeur à d'Avaugour ; mais il changea de caractère en changeant de position. . Les modifications politiques, qui venaient d’avoir lieu, avaient restreint l’autorité des gouverneurs et diminué leurs revenus; de Mésy chercha à réagir contre cet état de chose, au mépris des autorités constituées. Les conseillers Bourdon et Villeray, hostiles à ses prétentions, furent: destitués, et embarqués pour la France sans aucune forme de procès. Mgr. de Laval, pour les

imêmes raisons, s’attira les colères du gouverneur. Celui-ci vint un jour, à la tête de ses troupes, investir l’église et la maison de l’évêque, et donna, parait-il, l’ordre de le saisir, ou de tirer sur lui. Mais les soldats, frappés de respect à la vue du prélat, lui présentèrent les armes, et le gouverneur dut se retirer confus et humilié.

La retraile forcée de M. de Maisonneuve (1664), qui, dut aller finir ses jours en France, fut une grande perte pour Montréal, qu'il avait constamment édifié par ses vertus, et défendu par son courage. Ainsi Québec et Montréal ont la gloire peu commune d’avoir eu pour fondateurs deux hommes, unissant aux éclatantes vertus qui font les saints, les nobles qualités qui font les héros.

C’est sous de Mésy, en 1664, que le Canada fut cédé à la compagnie des Indes Occidentales, avec à peu près les mêmes charges et les mêmes privilèges que ceux de l'ancienne compagnie des Cent-Associés. Mais cette compagnie disparut bieutôt, et son influence parait avoir èté à peu près nulle dans le pays.

87. Comment le roi réméd'ia-t-il aux désordres causés pur de Mésy ?— Le roi envoya au

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Canada le marquis de Tracy, avec le titre.de vice-roi, afin d'y rétablir l’ordre, et aussi de réduire les Iroquois. En mènre temps, ilnomma un nouveau gouverneur, M. de Courcelles, et choiïsit M. Talon pour être intendant.

M. de Tracy arriva à Québec, au mois de juin, 1665. Il débarqua au milieu des acclamations de la population, qui l’accompagna. jusqu’à la cathédrale, où l’évêque vint le recevoir à la tèté de son clergé. Les Sauvages accoururent de toutes parts, pour faire leurs harangues de bierivenue au vice-roi, qui, par le faste de son équipage, donnait à ces barbares une haute idée de la puissance de la France. M. de Tracy les reçut avec bonté, admira beaucoup leur éloquence, et leur promit d'humilier leurs ennemis, les Iroquois,

Le cause des troubles qui avaient agité la colonie, n’ex'itait plus; M. de Mésy venait de mourir, repentant et réconcilié avec l'églisé. {1 restait au viceroi la tâche plus difficile de réduire les Iroquois. L'arrivée d'a nouveau gouverneur, M. de Courcelles, de l’intendant Talon et de vingt-quatre compagnies du régiment de Carignan, allait lui permettre d’accomplir cette seconde partie de sa mission.

88. Que fit M. de Tracy, pour. protéger la colonie contre les invasions des Jroguois P—I fit élever trois forts sur la rivière Richelieu, qui offrait à ces barbares la route ia plus facile pour envähir la colonie.

Le premier de ces forts fut érevé sur les ruines de l’ancien fort de Richelieu, et prit le nom de Sorel ; le second, appelé Chambly, fut construit au pied des rapides de ce nom ; le troisième, qu’on nomma Sainte- Thérèse, fut bâti trois lieues plus haut. Ces forts avaient le double avantage de fermer aux Iroquois la

route du Canada, et de créer de nouveaux centres de

colon.sation.

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89. Racontez l'expédition de M. de Tracy canure les /roquois?—M. de Tracy se mit à la

te de six cents soldats de Carignan, d’un gäl nombre de Canadiens et d’une centaine de Sauvages, et allaatt aquer les Agniers dans leur propre pays. Les ennemis prirent la fuite à son approche, el ne, lui laissèrent que leurs bourgades à brûler, et leur récolte de maïs à détruire. Mais ces désastres, qui amenèreént une famine cruelle, affaiblirent ‘Plus ces barbares que ne l’eut fait la perte d’une grande bataille, et servirent à assurer une paix dufable. ; | UNE Là : Intimidés par l'érection des trois forts sur la rivière. Richelieu, les Iroquois demandaient la paix, à l’excep- * tion des Agniers et des Onneyouts, qui cherchaient à mettre des entraves à tout accommodement. (C’est ce qui motiva l'expédition de M. de Tracy contre ces barbares. Cette expédition assura dix-huit années de paix à la colonie. La mission du vice-roi était heureusement accomplie; il repassa en France l'année suivante. (1667)... ;

90. Quels sont les faits les plus remarquahles du reste de l'administration de M. de Courcelles ? —Quatre faits principaux eurent lieu sous M.

de Courcelles, après le départ de M. de Tracy :: les progrès de la colonie, sous l’habile direction de’ l'intendant Talon ; la fondation du petit séminaire de Québec; le développement des missions, et la conversion des Iroquois; le commencement des grandes découvertes dans les pays de l’ouest. *

91. Que fit l’intendant Talon pour la colonie P — 11 s'efforça d'accroître sa population par

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l'immigration française, et de développer ses

ressources par la colonisation, l’industrie et

le commerce.

Talon administra le Canada de 1665 à 1672. Il est le plus remarquable des jntendants qu'ait eus la Nouvelle-France. Son activité et son esprit organisateur transformèrent le Canada dans l’espace 1e quelques annees. Il accéléra le mouvement d’immigration française à Lel point, que la colonie, qui n'avait que 3000 âmes en 1665, en comptait plus de 6000 en 1668. [1 fortifia les centres de colonisation déjà furmes, et en créa de nouveaux sur les bords de la rivièræ Richelieu. Il favorisa l'industrie, la culture du chanvre et du lin, et fit explorer les mines du pays, pen:iant qu’il travaillait à établir des relations commerciales avec les Antilles, et que de hardis voyageurs äliuieut par ses ordres commencer la série des grandes decou-

. vertes, du côté de l’ouest.

92. À quel régime la propriété était-clle soumise en Canada ?—Dès l’origine de la colonie, Ja propriété fut soumise au régime féodal ou seigneurial. Ce système, qui dura jusqu’en 185k, créait au sein de la population deux graudes classes de personnes, les seigneurs et les vasseaux, liés ensembies par des abli-. gations réciproques. Le roi accordait de grandes étend ues de terre appelées seigneuries, à ceux qu'il voulait récompenser, et qui par là devenaient se'yneurs. Ces seigneuries étaient partagées en fermes de 90 arpents, qu’on accordait aux colons, moyennant certaines redevances. Danc leurs rapports avec leurs seigneurs, les colons prensient le nom de vassuux Où de censituir'es,

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93. Que devint le régiment de Carignan ?— La plus grande partie des soldats et des officiers de ce régiment, qui comptait à peu près 1500 hommes, obtinrent leur congé, à condition de se fixer au Canada. Des concessions seigneuriales furent accordées aux officiers, et l’on créa à cet effet douze seigneuries autour des forts de la rivière Richelieu.

94. Quelles furent les conséquences religieuses de la paix de. 1666 ?— La paix de 1666, qui fut si favorable aux progrès de la colonie, fut aussi féonde en résultats religieux. Elle ARE aux missionnaires. d'exercer librement

\ijeur zèle, et d'étendre de tous côtés le champ de leurs travaux apostoliques. On vit bientôt de grandes et florissantes missions sur les ‘bords des grands lacs, où affluaient les nombreuses tribus de la famille algonquine refoulées vers le nord et vers l’ouest, par les guerres précédentes. Cinq missions furent fondées dans le pays des Iroquois, et commencèrent la conversion de ce peuple.

Le voisinage des Hollandais fut funeste aux missions iroquoises, perce qu'ils vendaient des boissons enivrantes aux Sauvages. Aussi, en 1669, plusieurs familles iroquoises, effrayées de l’ivrognerie et de là corruption qui dévoraient leur pays, s’exilèrent volontairement, et vinrent s'établir vis-à-vis UÜe Montréal, à la Prairie de la Magdeleine, avant de se tixer définitivement au saut Saint-Louis. D’autres familles suivirent leur exemple, trainant toutes après elles les nombreux captifs faits dans les guerres précadentes. Elles formèrent bientôt une bourgade populeuse, qui compta jusqu’à vingt-deux nations diflérentes, et qui

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vivait en paix sous l'autorité dé deux chefs, l'un réposé à la. guerre, l'autre chargé de veiller aux ntérêts de l’ordre et de la morale. Ces Iroquois du Saut, de même que les Hurons établis près de Québec, dévinrént l'admiration de toute la Nouvelle-France par la vivacité de leur foiet.l'héroïsme de leurs vertus]

95. Par qui fut fondé le séminaire de Québec ? —Le petit sémiräire de Québec fut fondé par Mgr. de Laval, en 1668. |

En 1663, Mgr. de Laval avait érigé un grand séminaire pour les étudiants en théologie. Cinq ans plus tard, le 9 octobre 1668, eut lieu l'ouverture solennelle d’un petit séminaire, destiné à répandre l'éducation classique, et à conduire jusqu'en théologie les enfants jugés propres à l’état ecclésiastique. De plus, Mgr. de

aval établit à Saint-Joachim un pensionnat, où les enfants de ià campagne étaient formés à l'agriculture, ou apprenaient des métiers. |

96. Comment l’intendant Talon prit-il posses. : sion, au nom de la France, des pays de l'auest ?-— Il se servit d’un célèbre voyageur, du nom de Nicolas Perrot, qui visita les tribus Sauvages du nord et de l’ouest, et réussit à réunir, au saut. Sainte-Marie, les députés de nas R nations différentes (1671). Le P. Allouez fit. un discours en algonquin; on planta une:

croix avec les armes de France, et tous les.

Sauvages se pläcèrent solénnellement sous la, protection: du Grand Ononthio, c'est-à-dire, du roi des Français, tnt à ot 1

L'année suivante (1672), M. dé Courcelles et l'inten… dant Talon repassèrent : en France, pour ne plus. revenir au Canada, De Courcelles était un ofticier plein d'activité, de:mérite.et d'expérience. Sa prudence

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et sa fermeté affermirent la paix de 1666. 11 est peutêtre le gouverneur Ca sut prendre le plus d'ascendant sur l'esprit indiscipliné des sauvages.

97. Qui succéda à M. de Courcelles P—Ce fut le comte de Frontenac, lieutenant-général des armées du roi.

Le comte de Frontenac gouverna d’abord le Canada de 1672 à 1682, et ensuite de 1689 à 1698. C'était un homme d’une naissance illustre, de beaucoup d'esprit et de grandeur d'âme, Son courage et sa fermeté étaient à toute épreuve; mais il était fier, impérieux, susceptible de préventions, et capable de tout sacrifier à ses haines personnelles. Sa première administration \ et remplie de luttes et de querelles mesquines avec les autorités de la colonie.

98, Dans quel but fut élevé le fort Cataracouy ou Frontenac ?—Ce fort fut bâti pour tenir les Iroquois en respect, et AU faciliter les communications entre le anada et les pays de l'ouest. Il était situé sur l'emplacement actuel de la ville de Kingston. R

ds la prise de possession des contrées de l’ouest, M. de Courcelles avait résolu d’ériger un fort à l'entrée du lac Ontario. Son rappel én France (1672) ne lui permit pas de réaliser son projet. M. de Frontenac s’em-

ressa de le mettre à exécution; le nouveau fort reçut e nom de Frontenac.

99. À qui revient l'honneur de la découverte du Mississipi ?—Le Mississipi fut découvert par Jolliet et le Père Marquette, en 1673.

Sur la recommendation de l’intendant Talon, un bourgeois de Québec, nommé Louis Jolliet, fut chargé par le comte de Frontenac, d’aller à la decouverte du Mississipi, ou des Grandes ÆEaux, dont on connaissait

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vaguement l'existence par les récits d'un intrépide voyageur, du nom de Nicolet, qui avait pénétré fort: avant dans l'ouest, dès 1639. Jolliet se rendit d'âbord à Michillimakinac, où il s’associa le Père À ètte, Les deux voyageurs se mirent en route le 17 mai 1673. Ils descendirent jusqu’au fond dé la’ Grandé baie des Puânts (aujourd'hui Green Bay, baie Verte), remontèrent la rivière des Outagamis, prirent celle de Wisconsin, et, le 17 juin, atteignirent heureusement le Mississipi, auquel ils donnèrent le nom de. rivière dé la Conception, Ils suivirent le cours du grand fleuve jusqu'à l'Arkansas. Ils n'osèrent pas s'aventurer plus loin; la crainte de tomber entre les mains des ‘espagnols leur fit rebroussér chemin. Ils. avaient fait plus de 350 lieues sur le Mississipi, et' avaient acquis la certitude que ce fleuve se déchargeait dans le golfe du Mexique.

:400. Qui compléta la découverte du Mississi ? —Ce fut un jeune français, du nom de Cavelier

de la Salle, qui parvint à descendre le Missis-

sipi jusqu'à son embouchure, en 1682, et donna le nom de Louisiane à l'immense pays.

arrosé par. ce fleuve et par ses nombreux affluents. AT bn

. Gayelier de la Salle était arrivé au Canada, en. 1667, ayec la noble ambition.de s’illustrer par quelque grande découverte. C'était un homme ardent, intrépide, et. d’une énergie qui défiait tous les obstacles, . Après, avoir cherché à découvrir la: rivière Ohio, il conçut le projet de poursuivre les découvertes de, Jolliet. Il. obtint, en 1677, la seigneurie et. le fort .Cataracouy,. établi un poste à Niagara, lança sur, les grands lacs. les premiers vaisseaux à voiles qu'on y ait vus, bâlit. lé fort des Miamis et celui dé Crèvecœur, sur les térres.. des Illinois. Il parvint ainsi à relier le Canada au Mississipi par une.chaine de postes fortifiés, destinés à

l'alliance française les nations de l’ouest, et à servir de. base d'opérations dans le. voyage qu'il allait entreendre vers le goMe. du Mexique. Les hostilités des et À excités par les Anglais, lesrevers, les déceptions, les obstacles de tout genre, rien ne put. rebuter la Salle. Au mois de janvier 1682, il se mit en route, vers le Mississipi, avec une, vingtaine de français, descendit le cours de ce fleuve et atteignit heureusement son embouchure, le 9 avril de la même année. Les hardis voyageurs chantèrent le Te Deum sur le rivage, au pied d’une croix dé bois, décorée des armés de France, et la Salle prit solennellement possession pays découverts, auxquels il donna le nom de Louifiane.

MO. Pourquoi le comte de Frontenac fut-il rappelé en France ?—Pour mettre fin aux discordes intestines et au malaise général, qu’il avait eréés par la fougue dé son caractère et: ses abus d'autorité. : CRE

Le comte de Frontenac renouvela les scènes qu’on avait déplorées sous M. de Mésy. Il se mit en guerre ouverte avec toutes les autorités de la colonie: avec l’intendant, pour des divergences d'opinions ‘et des questions de préséance au conseil; avec les conseillers, dont il exila plusieurs; avec le gouverneur de Montréal, M. Perrot, qu'il fit mettre aux arrêts, pour refus d'obéissance à ses ordres ; avec Mgr. de Laval, au sujet du commerce de l’eau-de-vie avec les sauvages. Leroi essaya inutilement d’adoucir par ses avis cette naturé fière et incapable de souplesse. Lé comte de Frontenac fut rappelé en France, en 1682, et remplacé par M. de la Barré, Vieillard faiblé et infirme, qui ne fit que compromettre les intérêts de la

colonie.

102. Quel fut le résultat de l'expédition de M. de la Barre contre les Iroquois ?—Cotte expédi-

tion eut un résultat malheureux, Le gouverneur accepta sans combattre. une paix humiliante, qui ne fit qu'augmenter l’insolence et l’audace des froquois. fe ie |

Après s'être éclairé sur l’état des affaires de la colonie, M. de la Barre reconnut qu’il fallait faire la guerre aux Cing-Cantons, pour les forcer à cesser leurs hostilités contre les Illinois, alliés de la France. Mais il perdit du temps, se laissa amuser par des députations iroquoises, et la guerre, résolue en 1682, ne fut commencée qu’en 1684. Le gouverneur s’avança jusqu’au lac Ontario avèc 130 soldats, 700 miliciens et 200 sauvages. Mais les délais, les lenteurs qui avaient caractérisé cette expédition, devaient tout. compromettre ; les vivres se gâtèrent, la famine éclata, les malaäies sévirent. Dans celte situation, M. de la Barre orut devoir accepter une paix honteuse, par laquelle il abandonnait les Illinoïs:à la vengeance des Iroquois, et s’engageait à décamper dès le lendemain.

103. Que fit le roi à la nouvalle dela ‘paix conclue avec les [roquois ?—Il désavoua le traité, En même temps, il rappela M de la Barre (1685), et le remplaça par le marquis de : Denonville, colonel d’un régiment de dragons, et distingué par’ sa bravoure.

Le marquis de Denonviile arriva au Canada, en 1685, avec l’ordre de soutenir les alliés de la France, et d’humilier les Iroquois. Il comprit bientôt à la fierté et à l’arrogance de ce peuple, qu’il était impossible de l'avoir pour ami, et qu'il: fallait de toute nécessité le soumettre, ou le tenir en respect par:la terreur des armes, De plus, les Cinq-Cantons avaïent l'appui des Anglais, qui avaient fondé dés colonies florissantes sur les côtes orientales de l'Amérique du Nord, et qui convoitaient tous les pays situés au-des-. sous des grands lacs et du fleuve Saint-Laurent, y

compris l’Acadie. Le colonel Dongan, gouverneur... de "a Nouvelle-York, intriguait sans cesse auprès d'eux, lés soulevaient contre nous, leur féurnibsaient !: dés'armes, et les engagenit à détruire notre commerce dans l’ouest Ainsi, avant de, nous faire la: guerre : par leurs armées, les Anglais tâchaient de nous écra-

ser, en déchaînant contre nous les bandes iroquoises.

104. Quels furent les exploits des Canadiens et des Fronçuis, à la baie d’Hudson?—Les An-, lais. s'étaient .emparés, de plusieurs, postes. rançais, à la baie d'Hudson. M. de Denonville résolut de les en chasser. Il y envoya 70 Cana: . diens et 30 soldats, sous le commandement du dhévalier de Troie et de trois frères célèbres, d'{berville, de Sainte-Hélène et de Maricourt. Cette petite troupe. d'élite partit de:Montréal vers la fin de l'hiver (1686), gagna la baie d'Hudson par l'Outaouais et le lac'Abittibi, et atteignit heureusement Îles forts anglais, après une, marche de deux cents lieues. Rien:ne put résister à son'courage, ! Les forts Monsipi : et-Rupert furent : pris d'assaut ; celui ide Quit:: chitchouane n'ose faire de résistance; plu- : sieurs navires de guerre furent capturés. C’est:

dans cette expédition. que d’Iberville, avee deux.canots.d’écorce. montés. par neuf Cana- : diens, eut l’audace d'attaquer un:vaisseau de : 123-canons, et le: bonheur de'l'entéver'à labor: dage. Cés brillants ‘exploits Välurent aux.

Français toute la partie. méridionale: de. la buie d'Hudson, : : LP À ME M D'Iberville, le héros de. cette époque, était natif de Montréal. Il avait huit frères qui combattirent avec

‘des bourgades.

gloire pour la patrie ; mais il.les ‘éclipsa par ses hauts.

faits: L'expédition de 1686 à.Ja baie d'Hudson est ‘à commencement dé'84 brillante’ carrière, dans laquell il se montra uh' dés plus braves officiérs et: des’ plus:

intrépides marins que la France ait eus: Pendant

vingt ans, il combattit sur terre et sur mer, et fut toujours:victorieux. : Il fonda la Louisiane en 1701, et

dition entreprise contre les Anglais,

mourut en 1706, à 14 Havane, au: milieu d’une expé- :

105. De ‘quel acte ‘odieux ‘le gouverneur se ’ rendit-il coupable, avant de commencer la guerre

contre les! Iroquois ?—I\' attira sous divers pré-

textes les principaux: chefs de cetté nation à

Catare-ouy, les fit saisir, enchainer, et'enfin emb&r: *: pour la France, où lés galères les attend... Cette perfidie ne fit qu'exaspérer

les Iroquois, et prépara.de terribles vengeances.

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