Que fit Champlain au retour de sa pre
mière expédition P—1I1 se décida à passer en France, pour rendre compte au roi et à M. de Monts du succès de ses premiers travaux, et laissa à Québec, pour commander en sa pce,
le capitaine Chauvin, avec quinze hommes,
27. Quel fut le résultat de la seconde ex dition contre les Iroguois, en 1610?-Les sauvages alliés, aidés de Champlain et de quetques Français, attaquèrent un parti d’environ cent Iroquois, fortifiés près de Sorel, et prirent leur fort malgré une vive résistance.
28. Qu'est-ce qui engagea Champlain à repasser une seconde fois en France ?—Ce fut principalement la nouvelle de l'assassinat de Henri IV, protecteur de M. de Monts. Il laisse pour commandant à Québec le sieur Dupare, avec une garnison de seize hommes.
Ge fut pendant cet hiver (1610-11), que Champlain épousa une jeune fille calviniste nommée Hélène Boulé, qu'il instruisit lui-même, et qu'il eût le bonheur de
Le
ramener à la religion de ses pères. Plus tard, devenue veuve, Madame de Champlain embrassa la vie religieuse. é : 29, Où se fit la traite'en 1611 P—Elle se fit pour la première fois, au saut Saint-Louis, c'est-à-dire, au lieu où est aujourd’hui Montréal. En quittant les sauvages, l’année précédente, Champlain leur avait promis de venir au-devant d'eux jusqu'au Gränd-Saut, ou Saut Saint-Louis, afin de leur épargner les dangers occasionnés par les incursions des Iroquois. Il leur tint parole, et ent même sée d’y former un nouvel établissement : mais le mauvais état des affaires. de M. de Monts était, pour le moment, un obstacle insurmontable. Cette circonstance ajournait la fondation de Montréal à plus d’un quart. de siècle. :
80, M. de Monts abandonna-t-il complètement le Canada ?—M. de Monts ayant perdu, par la mort de Henri IV, son plus ferme appui, remit à, Champlain tous les intérêts auxquels il pouvait prétendre au Canada, et l’autorisa à contracter en son nom pour telle somme qu'il jugerait à propos.
31. À quels moyens Champlain eut-il recours pour assurer l'existence de sa colonie.?—I la'mit sous la protection d’un prince aussi remarquable par sa piété que par sa naissance, le comte de Soissons, qui, malheureusement, mourut peu de temps après (1612).
32. Quel fut le premier vice-roi de la Nouvelle- France?—Ce fut le prince de Condé, doni la protection fut rendue inutile par les troubles politiques où il se trouva engagé (1612-20).
33. À qui fut accordé le privilége de latraite $ —A une Compagnie formée par les soins de Champlain, et que éomposaït des principaux marchande de Rouen ct de Saint-Mâlo,
Les Rochelois ayaient été aussi invités à faire partie. de la nouvelle compagnie; mais ils négligèrent de le faire à temps, et eu furent exclus. La compagnie des marchands associés, formée en 1614, avec privilège. ronze ans, fut remplacée, en 1620, par celle de ontmorency.
3%. Quand les premiers Récellets arrivèrent-ils en Cunadaf—Ce fut en 1615 que Champlain amena de France quatre Récollots, les premiers missionnaires qui aient aunoncé l'évangile sur les bords du Saint-Laurent.
. Le vaisreau gui apportait les Récollets, mouilla à Tadoussac, le 25 mai 1615. Le Père Commissaire, Denis Jamay, destina pour Québec le P. Jean Dolbeau ef le l'rère Pacifique Duplessis. Champlain monta
avec eux par la première barque, pour y choisir lelieu
d'une chapelle à bâtir. Autant qu'on peut en juger,
cette chapelle fut placée en arrière de |’ abitation, au
fond d’une olie petite anse appelée le Cul-de-Sac. Ce
fut là, pendant plus de quatorze ans, la première église
paroissiale du pays. On. y dit la messe pour la pre-
mière fois, le 26 juin de cette année. Le P. Joseph
le Caron n’arrêta pas à Québec : il se rendit de suitô
au Saut Saint-Louis, impatient de commencer l’exer-
cice de son zèle parmi les sauvages, et il se décida à
monter avec eux jusqu’au pays des Hurons.
99. Qu'est-ce qui engagea Champlain à suivre . les sauvages dans une troisième expédition contre les Iroquois?—Ce furent: 1° les intérêts.de la: Compagnie, dont le commerce avait été com-
promis par l’avidité de certains traiteurs, et
sans lequel, cependant, la colonie ne paraissait pas pouvoir se soutenir ; les intérêts de la religion, qui ne pouvait faire de progrès parmi: les indigènes, si l’on ne travaillait eflicacement à entretenir de bons rappo’ts avec eux, en faisant cause commune avec leurs ennemis.
36. Quel fut le succès de l'expédition de 1615 ? —Les Hurons et les éme levèrent une armée considérable, à laquelie se joignit Champlain ot quelques Français, et allèrent attaquer un des forts les plus considérables de la tribu des Tsonnontouans. Mais le manque de discipline dos sauvages, joint au désappointement de ne pas voir arriver un renfort promis par les Andastes, fit échouer l’entreprise. Ils firent leur retraite en bon ordre, emportant avec eux leurs blessés, au nombre desquels était Champlain. «
97, Que fit Champlain au retour de l'expédition de 1615?—Il.se vit contraint d’hiverner au pays des Hurons, tant parce que la saison était fort avancée, que parce que les sauvages tenaient à le garder parmi eux le plus longtemps possible. | |
Le temps que Champlain passa parmi les Hurons ne fut point un temps perdu pour la colonie. 11 employa l'hiver à étudier les mœurs et les coutumes des sauvages, et visita, de compagnie avec le P. le Caron,
‘la nation du Pétun, et celle des Cheveux-Relevés, afin d'amener ces peuples à fréquenter les Français et à lier amitié avec eux. ÆEnfin, dès que la navigation fut rouverte, au printemps de 1616, les Hurons s’assemblèrent pour descendre à la traite, et ramenèrent
Champlain avec le Père le Caron, sur le sort desquels
on commençait à avoir de sérieuses inquiétudes. La
réjouissance fut grande dans toute la colonie, quand
on les vit arriver sains et sanfs; la petite chapelle de
roi retentit de chants solennels d'actions de ces.
38. Que se passa-t-il de remarquable à Québec, en 1616 ?—On y tint une espèce de conseil des notables, pour aviser aux meilleurs moyens d’assurer le succès des missions et l’avancement de la colonie.
Les missionnaires, profitant des connaissances que chacun avait pu acquérir dans ses courses apostoliques, furent les principaux instigateurs de ce mouvement. Connaissant le zèle et l’expérience de Champlain, ils le prièrent d'assister à ce conseil avec six autres des personnes les mieux intentionnées. Les principales conclusions furent qu'il fallait avant tout obtenir: 1° un bon choix de colons, laboureurs et ärtisans; 2° la fondation d’un séminaire, pour l’instruction des enfants tant sauvages que français; 3° la liberté de la traite, si la compagnie se montrait hostile à ces projets. |
39. Quand arrivala première famille française on Canada? —Ce fut en 1617, que l’on vit arriver à Québec la famille de Louis Hébert, qui se composait de cinq personnes.
Ce courageux colon était apothicaire ; mais, outre | l'expérience de son art, il avait aussi le goût de | l'agriculture. Contraint d'abandonner Port-Royal, en \ 1607, il voulut tenter une seconde fois d'établir sa \ famille dans le Nouveau-Monde. Il arriva à Québec vers la fin de juin, avec sa femme, Marie Rollel, et ses jrois enfants, Anne, Guillemette et Guillaume. Il r a peu de familles anciennes, dans le pays, qui ne
descendent d'Hébert, ou qui ne soient alliées à ses descendants. ;
40. Quel fut l'état de la colonie sous la compagnie des marchands? (1614-21)—La colonie resta dans une extrême faiblesse, paroe que les marchands, trop préoccupés du commerce des fourrures, ne faisaient que le moins possible pour la colonisation. | TN HANTRT
La population de Québec variait de 50 à 60 pere sonnes, et encore sur ce nombre, il n’y avait que les: Récohets et la famille d'Hébert qui s'occupassent de cülture, Les’ quelques autres familles fixées dans le pays, Comme celle d'Abraham Martin et de Pierre Desportes, vivaient de la traite, de chasse et de pêche.
‘41. Que se fit-il de plus remarquable suus cette compagnie ?—La construction du couvent des’ Récoliets (1619-20), l'arrivée de la famille de Champlain, et la fondation du fort Saint.
Louis (1620).
Les Récollets, qui jusque-là avaient été logés près de la chapelle de Québec, choisirent pour l’emplacement de leur couvent un endroit solitaire, agréablement situé sur le bord de la petite rivière, à laqueile Cartier avait donné le nom de Sainte-Croix, et que les Mon. tagnais appelaient Cabirecouba. Les ‘Récollets la nommèrent rivière Saint-Charles, én mémoire d'un de leurs bienfaiteurs, Charles de Boues, grand-vicaire de Pontoise. Ce couvent est devenu plus tard l'Hôpital. Général, abat |
Dans le même temps (1620), Champlain, ayant obtenu. | quelques secours de la compagnie, et persuadé que le | pays allait prendre une nouvelle face, amena avec lui. | sa, famille à Québec, répara les logements, et construisit, | sur le.côteau qui couronnait l'habitation, un petit fort |
| qu'il appela fort Saint-Louis, et qui bientôt par sa
r'si'ion fut en état de faire respecter les volontés du vics-roi, contre les’ prétentions, ou la mauvaise volonté ces marchands.
42. Que devint la compagnie des marchands, en 1621 ?—Lo vice-roi, M. de Montmorency, successeur du prince de Condé, la remplaça par une nouvellé compagnie, qu'il confia aux sieurs Guillaume et Emery de Caen.
La nouvelle compagnie, formée par M. de Montmorency, eût de graves difficultés avec l’ancienne, et c'est alors que l’on reconnut la sagesse de la conduite de Champlain, qui tenait tout en respect sous le canon du petit tort Saint-Louis. Cependant, les personnes qui avaient à cœur le bien de la colonie, gémissaient profondément sur les maux qui résultarent ée ces divisions, et voulurent y apporter remède. Le 18 août 1621, il y eut une assemblée de tous les notables, où l’on formula les. représentations à faire à Sa Majesté et au vice-rdi, Cette mission délicate fut confiée au P. Georges le Buillif. religieux aussi distingué par les qualités de son esprit, que par l'éclat de sa naissance. . Le Père n'obtint pas tout ce qu’il demandait, mais ses démarches, du moins, eurent un bon effet: la paix se fit entre les deux partis, et la confiance commença à renaitre. En 1623, le vice-roi concéda quelque étendue de terre à Hébert et aux Récollets, et les missions prirent un nouvel essor,
k3. En quelle année les nremiers Jésuites arrivèrent-ils en Canada ?—Ce fut en 1625, que les Jésuites vinrent au secours des Récollets, qui eux-mêmes en avaient fait la demande.
Les pee Jésuites. qui arrivèrent à Québec, en 1625, furent les PP. Charles Lallemant, Ennemond Massé et Jean de Brébeuf.. Ces religieux, contre lesqueis on avait excité quelques préjugés, furent bien
— 29 me
accueilis par les Récollets, qui les logèrent en attendent qu'ils pussent se bâtir convenablement. Lis se fixèrent en un endroit agréablement situé, qu'on appelait alors le fort Jacques-Cartier, sur la rive nord de la rivière Saint-Charles, et auquel ils donnèrent le nom de Notre-Dame-des-Anges.
br. Qui était vice-roi du Canada, lors de d'arrivée des Jésuites P—Lo vice-roi du Canada était alors le due de Ventadour, à qui M. de Montmorency céda sa charge et ses privilèges d'autant plus volontiers, qu'il était ennuyé des -racasseries que lui suscitait la mauvaise volonté des marchands associés.
\ La compagnie qu'avait formée M. de Montmorency, - en 1621, fut continuée jusqu’à la création de la com- TN de la Nouvelle-France, ou des Cent-Associés (1627).
h5. Que fit Champlain à son retour à Québec, en 1626?—Champlain, revenu au Canada, en 1626, fit agrandir le fort Saint-Louis, et fonda une habitation au cap Tourmente, pour la nourriture et l’entretien des bestiaux.
&G. À quelle occasion se formu la compagnie des C'ent- Associés P—L'état de faiblesse, dans lequel les compagnies de marchands avaient laissé la colonie, engagea le cardinal de Richelieu (1627) à former la « Compagnie de la Nouvelle- France,» désignée ordinairement sous le nom de «Compagnie des Cent-Associés.»
Les Sieurs de Caen, comme tous les marchands qui les avaient précédés, avaient trop d'intérêt au trafic des pelleteries pour encourager la colonisation: aussi - n'y avait-il à cette époque qu'une vingtaine d'arpents
défrichés dans tout le pays. Ce déplorable état de choses engagea le cardinal de Richelieu à remettre en d’autres mains 18 sort dela Nouvelle-France. : 11 forma une puissante na AG de cent associés, qui fut appelée «Compagnie de la Nouvelle-France» Le roi concéda à cette compagnie le Canada avec privilêge exclusif de traite et dé pêche, et beaucoup d’autres faveurs. La compagnie, de son côté, promettait d'y envoyer, dès l’année suivante (1628), deux ou trois
cents ouvriers de tous métiers, et d'y établir avant
nee ans une population catholique de 1600 âmes. alheureusement, la guerre vint mettre obstacle à ses
premiers efforts.
&7. Quels obstacles la compagnie des Cent- Associés rencontra-t:elle dès son début ? -Les premiers vaisseaux qu’elle envoya (1628), furent pris par les Anglais; l'établissement du cap Tourmente fut détruit, et la colonie se trouva réduite à la dernière extrémité.
pi Lit or efforts de la nouvelle compagnie furent sans résultats, Un Français huguenot nommé David Kerth, réfugié en Angleterre, s'était avancé dans le fleuve Saint-Laurent, avec six vaisseaux jusqu’au port de Tadoussac. Après avoir pris le premier vaisseau français qui apportait des provisions, il envoya une chaloupe se saisir de l'habitation du cap Tourmente, et fit sommer Champlain de lui rendre le fort de Québec. Champlain, qui comptait sur l’arrivée d’amples secours, fit une réponse si fière que l'ennemi jugea à propos de ne pas aller plus loin; il se retira après
Ste brûlé tout ce qu'il y avait à Tadoussac, Kerth n'était pas encore rendu au golfe, qu'il rencontra l’estadre française envoyée par la compagnie. M. de Roquemont, qui la commandait, risqua le combat, et
ph du cou succomber.
p toute la ressource d’une colonie prête |
48. Racontez la prise de Québec en 1629 ?— Québec, en proie à la plus cruélle famine, vit revenir Kerth moins comme un ennemi, que comme un libérateur. Champlain'et Pontgravé obtinrent une capitulation honorable, qui fut signée, le 19 juillet, et ratifiée à Tadoussac, le 19 août suivant, par l'amiral David
Le 19 juillet 1629, parurent derrière la Pointe. Lévis trois vaisseaux englais. Sur le flot, on vit s’avancer une chaloupe avec pavillon blanc. L'oficier qui la commandait, vint remettre à Champlain une lettre de Louis et de Thomas Kerth, frères de l'amiral] David Kerth, demeuré à Tadoussac. C'etait une somration en termes fort polis, promettant une composition honnête et raisonnable. Dans l'extrême nécessité où l'on se trouvait, sans vivres, sans munitions, sans éspoir de secours, on ne pouvait faire autre chose que de rendre la place. Le soir, l'officier revint demander les articles de la capitulation. qui lui furent aussitôt remis. Il fut convenu: que les Anglais repasseraient en France tous ceux qui voudraient y retourner; que les officiers sortiraient avec leurs armes, leurs habits
j'l. et les pelleteries qui pouvaient leur appartenir, les
soldats étant limités à leurs habits et à une robe de castor, et les religieux devant se contenter de leurs robes et de leurs livres. Tout le reste devait demeurer dans la place. Le lendemain, Louis Kerth mouillé dans la rade, et prit possession du fort. Le vice-amira}, Thomas Kerth, partit pour Tadoussac avec Champlain et une partie des Français qui devaient passer en France, lorsqu'il rencontra le Vaisseau du sieur de || Caen, qui venait ravitailler Québec. Cette rencontre
| faillit lui faire pere le fruit de sa conquête, De Caën || fut contraint de se rendre, à la vue de deux attres
| | vaisseaux anglais, qui s’avançaieut pour décider lé | combat. Champlain fut bien reçu par l'amiral, qui ratifla la capitulation signée par ses frères.
h9 Le Canada fut-il longtemps au pouvoir des Anglais ?—Le Canada fut près de trois ans au pouvoir des Anglais, et fut restitué à la France par le traité de Saint-Germain-en-Laye (29 mars 1632).
Louis Kerth demeura commandant au fort de Québec, pendant près de trois ans, et s’eflorça constamment d’adoucir le sort des Français restés au Canada. Les familles Couillard, Hébert, Martin, Desportes, Pivert, formant le quart de Ja population, s'étaient décidées, de l’avis même de Champlain, à rester, au moins pour quelque temps, avec les Anglais, etelles n’eurent qu'à se féliciter du bon traitement qu'on leur fit. Enfin, le 13 juillet 1632, Québec fut remis entre les mains d’Emery de Caen et du sieur Duplessis-Bochard. De Caen eut la traite encore pour une année, à cause des pertes énormes que lui occasionnèrent les désastres de la guerre.
50. Quel fut le premier soin de Champlain, lorsqu’en 1633, 1l fut nommé gouverneur-général de la Nouvelle-France ?—Ce fut de remédier aux désordres causés par la licence et la cupidité des traiteurs, et de favoriser de tout son pouvoir le zèle des missionnaires.
Un des premiers soins de Champlain, à son retour en 1633, fut de détourner les sauvages de descendre traiter avec les Anglais, qui continuaient leur trafic, malgré les dispositions du traité. Pour mieux y réussir, il se hâta de fortifier le petit ilôt de Richelieu, à la tête du rapide du même nom. Ce poste suflisait pour commander le passage. Puis il assembla les principaux chefs sauvages, pour les engager à emmener avec eux ‘‘ des robes noires, qui leur apprendraient à connaitre celui qui a tout fait,” Aussitôt la traite finie, Champlain fit Construire la chapelle de Notre-Dame-
de-Recouvrance, sur le terrain , en'partie la basilique de Québec.
51. Quel était en général le caractère des per. sonnes que l’on choisit pour peupler le Canada P—. On n’envoya au Canada que des familles ‘de mœurs irréprochables, et l’on vit bientôt fleurir, dans cette-pariie de l'Amérique, une génération vraiment digne des premiers siècies de l'Eglise. rai
52. Quand et par qui fut fondée l'habitation des Trois-Rivières P—L'habitation des Trois- Rivières fut fondée en 1634, par Champlain, qui. y envoya le sieur de la Violette, à la tête de quelques aûtres Français.
Champlain, conformément au désir de la compagnie des Cent-Associés, envoya de Québec une barque, sous. la conduite de la Violette, pour fonder une habitation au lieu appelé les Trois-Rivières par les Français, et Metaberoutin par les sauvages. La Violette y mit pied à terre, le 4 juillet 1634, avec quelques Français, la plupart artisans. Les PP. Le Jeune et Buteux y etäbiirent une résidence sous le titre de la Conception.
53. Quand le collège des Jésuites à Québec futfondé ? —Le cotlege des Jésuites à Québec fut fondé en 1635, par la libéralité du marquis de Gamache.
Le marquis de Gamache avait, dès 1626, mis à la disposition de son fils ainé, Réné Rohault, qui voulait se faire jésuite, la somme de s'x mille écus d’or, pour fonder un collége en la Nouvelle-France La prise de Québec retarda cette fondation de quelques années. Au mois de décembre 1635, les Jésuites firent l’ouver- Lure de ce col'ége. Cette fondation eut l'effet d'engager plusieurs familles honorubles de Normandie à passer
qu occupe aujourd'hui
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au Canada, où elles pouvaient désormais procurer à leurs enfants une éducation chrétienne et convenable à leurrang.
54. Quand mourut Chagplain ?—Champlain mourut à Québec, le 25 décembre 1635. .
Le jour de Noël 1635 fut un jour de deuil pour toute la Nouvelle-France, et en particulier pour Québec, qui perdit en Champläin son fondateur et son véritable père. Jamais homme ne fut plus universellement regretté, ni ne méritait plus de l'être. Champlain avait un grand sens, des vues fort droites, et personne ne sut mieux que lui prendre un parti dans les affaires les plus épineuses, et mener à bonne tin une entreprise jugée nécessaire au bien de la religion ou de l'etat, Mais ce qui met le comble à tant d'excellentes qualilés, c’est que, dans sa conduite, comme dans ses écrits, il se montra toujours vraiment chrétien, zélé pour le. service de Dieu et l'avancement de la foi.
55. Qui succéda à Champlain ?—Champlain eut pour successeur M. de Montmagny, aussi distingué par sa bravoure qüe par sa sagesse et ses vertus.
Charles Huault de Moutmagny, chevalier de Malte, était digne de. succéder au fondateur de Québec. Il sut toujours allier une grande sagesse et une piété sincère à un zèle et à une fermeté rares. Le vaisseau qui le portait, jeta l’ancre devant Québec, dans la nuit du il juin 1636. Le lendemain matin, toute la population vint le recevoir sur lé rivage, et le suivit jusqu'à l'église de Notre-Dame-de-Récouvrance, où l'on chanta solennellèment le 7e Deum. M. de Châteaufort, qui avait rempli les fonctions de gouverneur, depuis la mort de Champlain; lui remit ensuite les clefs du fort, qui retentit des salves de l'artillerie.
56. Quel nom les Sauvages donnérent-ils a MM. de Montmagny ?—Les Sauvages l'appelèrent
Ononthio, parce qu’on leur dit que son nom signifiait Grande Montagne (Mons Magnus) ; ils continuèrent ensuite à désigner par ce mot tous les gouverneurs de la Nouvelle-France.
Le roi de France était le Grand-Ononthio.
57. Quel élait l'état de la colonie, durant les premières années qui suivirent la. mort de C'hamplain ?—La colonisation commença à se développer sensiblement, et l'Evangile fit de rapides progrès parmi les nations indigènes.
Quelques années après le mort de Champlain, on comptait déjà à Québec un bon nombre dés meilleures familles françaises. En 1641, le C p-Rouge et presque toute la côte de Beaupré, étaient déjà habités et en
artie défrichés; tandis que les missionnaires poussaient leurs courses égangéliques jusqu'au pays des Hurons, pour fonder”Chez ces peuples lointains des établissements permanents.
58. Que fit pour le Canada M. de Sillery P— Noël Brûlart de Sillery fonda, en 163 , À quelques milles au-dessus de Québec, un établissement destiné à recevoir les Montagnais et les Algonquins, qui voudraient quitter la vie nomade et embrasser la foi. Cet établissement prit le nom de Sillery.
59. Qu'y eut-il de remarquable au Canada, en 1639 ?—Ce fut l’arrivée des religieuses Ursulines et de celles de l’Hôtel-Dieu de Québec.
I] manquait au pays deux. établissements : une école pour l'instruction des filles, et un hôpital pour les malades. Le premier fut l’œuvre de Madame de la Peltrie, jeune veuve de condition, qui sacrilia tous sos biens pour fonder, en Canada, un couvent d'Ursu-