‹ Histoire du Canada à l'usage des maisons d'éducationChapitre 51 sur 59 · DALHOUSIE · texte numérisé non relu

DALHOUSIE

terre, pour s'entendre avec le bureau colonial sur ce qu'il y avait à faire après la déconvenue du prOjel d'union. < ' ■ -

402. La dissolution du parlement avait produit une agitation extraordinaire, qui fut encore augmentée par la publication d'une adresse au peuple, pour l'cii-

. gager à réélire des membres de la majorité. Le:-< auteurs de cet écrit étaient }.i\t. Papineau, Ilonôy, Cuvillier, Quesnel et autres. 11 se tint des assemblées publiques partout dans les ville;^^ et les canq;a- ^nes, pour blâmer ou approuver la conduite du gouverneur. L'exjûration des lois de milice, qui })er7viii de remettre en vigueur d'ancienne-^ ()rdonHaîu:e.>, augmenta encore le feu des discordes. Des ofucier:; de milice furent destitués, ou renvoyèrent leun. comm'ssions; quelques-uns même allèrent jusqu'à excitei' les miliciens à la désobéissance, et réussiront auprès d'un certain nombre. Un joui-nal, VArni da Peuple, publié dans les Etats-Unis par des réfugiés canadiens, fomentait encore l'excitation générale: aussi, les élections ne purent se faire sans être l'occasion de graves désordres. La chambre se réunit le 20 novembre 1827. Le lendemain, elle se rendit au conseil, et informa le gouverneur qu'elle avait élu pour président JM. Papineau. Le président du conseil répondit que son excellence désapprouvait cette élection, et enjoignait à la chambre d'en faire une autre, poiu- la soumettre à son aj^probation le vendredi suivant (23 novembre). Le coup n'était pas inattendu. On décida que le choix du président devait être fait librement; que l'approbation du gouverneur, de même que la présentation, était une simple formalité d'usage; M. Paj)ineau fut reconduit au fauteuil, et les membres de la minorité se retirèreni. Le soir même, le parlement était prorogé.

403. Les assemblées publiques recommencèrent plus nombreuses et plus agitées que jamais. Troi.s membres, MM. ISxdlsou, I).-B. Yiger et Cuvillier, furent cbargés d'aller porter en Angleterre des requêtes couvertes de plus de 80,000 signatures, oh

1828] KEMPT. liU

l'on demandait le rajjpel du comte Dailioiisi'\ et une enquête nur les affaires de la province.

404. Les débats de la chambre des communes versèrent le blâme et la louange tour à tour sur les deux partis, et le comité charge de prendre les informations, donna un rapjoort favorable dans son ensemule à la chambre d'assemblée. Pour faciliter le rétablissement de la concorde, Dalhousie fut nommé au gouvernement des Indes, et Sir James Kempt, lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Ecosse, fut mis à la tête de celui du Canada (1).

405. Les adversaires les plus violents du comte Dalhousie ne lui ont jamais refusé une grande aménité de caractère dans la vie privée, un amour exti-aordinaire du travail, et des vues élevées pour le progrès de l'éducation, du commerce et de ragricultnro. La Société Littéraire et Historique de Québec fut établie sous ses auspices, et l'ancienne capitale du Canada lui doit le monument érigé à la mémoire de Wolfe et de Montcalm.

406. Sir James Kempt trouva les esprits un peu calmés par le rapport du comité de la chambre^ des communes, et par le rappel de Dalhousie. C(yiformément à ses instructions, il observa une stricte impartialité entre la chambre et le conseil législatif. Kn donnant lui-même l'exemple de la modération, il sut l'inspirer à la presse d'abord, puis aux membres du conseil et de la chambre. Il reconnut sans difficikv-c M. Papmeau pour président de l'assemblée. Le nombre des députés fut porté de 50 à 84. A l'exception du salaire du gouverneur et des juges, il laissa à la chambre le libre emploi des deniers mis à la disposition de la couronne par le parlement impérial. La chambre, tout en protestant contre l'intei^vention du j^arlement impérial dans les finances de la colcnie,

(1) Kempt arriva à Québec le 2 septembre 1828 sur la corvetto the Challenger, et Dalhousie s'embarqua le lendemain sur le mênie vaisseau. A son départ, il fut escorté simplement par Sir James Kempt» )c commandant et les officiers d'état-major do garnison, ses aidcs-decamp, et un ou deux meseieurs*

Page 1