‹ Histoire du Canada à l'usage des maisons d'éducationChapitre 50 sur 59 · DALHOUSIE · texte numérisé non relu

DALHOUSIE

fut rejeté par le conseil, comme inconstitulioniicl. Mécontent de ce qu'on ne répondait pas assez vite à fies vœux, lli c h mond prorogea le parlement, en adressant à la chambre de sévères reproches, contre lesquels elle protesta dans la session suivante. 11 tomba malade peu de temps après, et mourut dos suites de la morsure d'un renard, et fut enterré avec grande pompe dans la cathédrale anglicane de Québec, le 4 septembre 1819.

397. Dans l'espace de quelques mois, le pouvoir passa successivement par les mains de Monk, qui ne fit que dissoudre la chambre et ordonner de nouvelles élections; parcelles de Sir Peregrine Maitland; et enfin par celles du comte de Dalhousie, nommé gouverneur des colonies anglaises de l'Amérique du Kord.

398. Yers le même temps, l'Angleterre, convaincue de l'impossibilité de rendre le j^ays protestant, prit le sage parti de laisser les Canadiens suivre la religion de leurs pères. En 1819 (12 janvier), le pape Pie YII, de son consentement, érigea rég;lise de Québec en métropole, et conféra à Mgr Piessis le titre d'archevêque (1), à M. McDonald celui d 'évoque de Eégiopolis (Kingston), et à M. MacEachern celui d'évêque de Rose, pour le ]N"ouveau-Bruns\vick et les lies du Prince-Edouard et de la Madeleine.

399. Le comte de Dalhousie arriva à Québec le 18 juin 1820, et convoqua le parlement le 14 décembre suivant. Dans son discours d'ouverture, il manifesta des intentions pacifiques et bienveillantes; mais la chambre, persuadée que le seul moyen d'empêcher les abus, était de veiller de près à l'emploi des deniers publics, s'empressa do voter une liste civile annuelle et détaillée, que le conseil rejeta, comme il avait fait sous le duc de Eichmond. La division déjà

(1) Quoique V6vC';:[uc de Québec ait porto, depuis Mgr Plessi;^ lo titre d'archevôqv.c dans ses correspondances avec la cour do H'.'Uic, Mgr Signay est le premier qui l'ait prid pu)>Iiqucinent et ofliciellcuient en 1844, stprès ;.voir reçu le palliuni, lorsque le souverain pc.ntircc; t t'fiffi'' la province csch'si,ar.tiqi:c do Québec.

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profonde entre les deux branches de la k^gitlaturo îilla toujours croissant d'année en année jusqu'en 1827, si ce n'est pendant le voyage de I)alhou!<ic en Angleterre (1824-5), où elle parut s'appaiser un peu ; l'administrateur Burton demanda et oDtint un bill do subsides, où les deniers étaient accordés par chapitres non détaillés. Après son retour, le gouverneur refusa d'en sanctionner un semblable (182G), et annonça qu'il allait payer les dépenses du gouvernement sui* les fonds laissés à sa disposition par les anciennes lois ; pour ne pas donner à la chambre le temps de protester, il la prorogea dès le lendemain, et, quelque temps après, il en appela au j^euple par les élections générales.

-400, Le parti anglais, trouvant un appui dans la

population du Haut-Canada, avait réussi à faire intro-

iluire à la chambre des communes en Angleterre un

projet de loi pour réunir les deux provinces sous un

f<eui gouvernement. Ce bill donnait au Haut-Canada

"^jme représentation beaucoup ])lus nombreuse qu'au

-/- Bas-Canada ; ])roscrivait la langue française ; rcstrei-

-f gnait la liberté du culte, et les droits des représen-

-I- tants sur les deniers publics ; réduisait en un mot

le Canada français à la condition révoltante de

r Irlande.

401. A peine eut-on connaissance, en Canada, des dispositions tyranniques de ce bill, que toute la population s'empressa de protester énergiquement contre une mesure si contraire à tous ses intérêts ; on nomma partout des comités pour dresser des pétitions en forme ; le mouvement se communiqua même au Haut-Canada, qui, à la surprise d'un grand nombre, se prononça aussi contre l'union. Papineau et Neilson furent dclégués à Londres pour jjorter ces pétitions, et les a2)puyer de toute la force de leur éloquence. Cette unanimité imposante d'une part, et de l'autre les malvei>)ations et la banqueroute du receveur général Caldwell, engagèrent les ministres à laisser tomber un projet qui menaçait la colonie de tant de troubles. C'est alors que Dalhousie passa en Angle-

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