‹ Histoire du Canada à l'usage des maisons d'éducationChapitre 53 sur 59 · AYLMER · texte numérisé non relu

AYLMER

du pays et T augmentation de ses richesses. Cependant la chambre, par suite de l'irritation où étaient depuis longtemps les esprits, ne voulut point raccej)ter, et demanda au gourerneur copie des dépèches ([U'il avait écrites à ce sujet. Lord Aylmer répondit qu'il regrettait de ne pas avoir la liberté de les communiquer. La chambre, blessée de ce refus, ordonna un appel nominal j^our prendre en considération l'état de la province, et il fut résolu d'en appeler au gouvernement impérial. Aylmer, qui était un homme très-sensible, parut fort afïecté de ce nouvel appel à la métropole, et il pria la chambre de formuler franchement un résumé complet de toutes les plaintes que l'on avait à faire, afin que l'Angleterre pût connaître toute l'étendue du mal, et y porter remède. Il était difficile, ce semble, de pousser plus loin l'esprit de conciliation. Mais déjà une influence funeste poussait insensiblement les représentants du peuple au-delà des bornes de la prudence. L^n grand nombre de jeunes gens, emjîortés par un zèle outré du bien public, s'opposèrent opiniâtrement à tout compromis, à toute transaction qui eût pu comporter le moindre abandon des droits populaires. On ne j^ut is'entendre ni sur la question des terres réservées au clergé protestant, ni sur celle des terres de la couronne.

409. Après la session, l'élection d'un membre pour la ville de Montréal, donna lieu à des troubles sérieux, où trois canadiens furent tués par les troupes anglaises, le 21 mai 1832. Quelques jours a])rès, le choléra, qui éclata pour la première fois en Canada, et qui fit des ravages épouvantables, surtout à Québec, où il enleva le dixième de la population, calma à peine les esprits l'espace de quelques mois. Dans l'automne, se tinrent des assemblées publiques, où l'on discuta les questions politiques les plus propres à augmenter l'agitation. Lord Goderich, ministre des colonies, eut beau mettre en pratique quelquesunes des suggestions de Sir James Kempt pour la réforme des abus, nommer do nouveaux conseillers

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