‹ Histoire du Canada a l'usage dos maisons d'educationChapitre 16 sur 42 · FRONTENAC · texte numérisé non relu

FRONTENAC

occupaient les intervalles des batteries siipcrioures, ot toutes les issues otaiont ban-icadtcr'.

186. La flotte ennemie, qui avait été contrarico par les vents et par le manque de pilotes, parut enfin devant la ville le IG octobre. A mesure qu'elle avançait, les plus petits bâtiments se rangeaient le long de la côte de Beauport ; les autres tenaient le large. Tous jetèrent l'ancre vers les dix heures du matin, et, dans le moment, on a2)er(;ut une chaloupe qui débordait de l'amiral, et qui se dirigea ven la ville. On ne douta point qu'elle ne portât un trompette, pirce qu'elle avait un jmvillon blanc À son avant. M. de fVontenac envoya à sa rencontre un officier, qui le joignit à mi-cbcmin, lui lit bander les yeux, et le conduisit au f )i*t en le ])romenant exprès tout autour de la place, où les grandi mouvements qu'il entendit dans tous les quartiers lui persuadèrent que, loin d'être sans moyens de défense comme le croyait l'amiral, Québec était semé de canons et de retranchements. Sa surprise augmenta encore, lorsqu'on lui ôta le bandeau, et qu'il aperçut le gouverneur général, l'évcquo et l'intendant au milieu d'ime grande salle toute remplie d'officiers, dont la contenance noble et assurée acheva de le déconcerter. 11 présenta en tremblant sa sommation portant : c Que les ravages et les cruautés

< exercés par les français et par les sauvages contre c les sujets paisibles des colonies anglaises d'Am('- € rique, avaient obligé leurs très-excellentes majestcs

< Guillaume et Marie d'armer pour se rendre maltrcB

< du Canada, atin de pourvoir à la sûreté des provinces

< de leur obéissance, et qu'on eût à lui remettre dans c une hôure le fort avec toute sa garnison, la ville c avec tous ses habitants et leurs biens quelconques, i Dès qu'on eut achevé la lecture de cet écrit, le trompette tira de sa poche une montre, la présenta au gouverneur, et lui dit qu'il était dix heures, et qu'il ne pouvait attendre sa réponse que jusqu'à onze, l'ii cri d'indignation s'éleva du milieu des officiers

fntnçaisj qui voulaient qu'oTi tTînitât cet InFoIciit

1690J ' ' c'RONTENAC 2^ 113

oommo l'ciiv:.;,' i\iii couaire. M. do Frontenac, quoique pi(j[u î ;i i vif, témoigna plus do modération, et 86 contenta (lo lui répondre do vivo voix: c Que de roi Guillaume était un usurpateur, et que les c Français, en portant la guerre chez les colons c anglais, n'avaient fait que combattre des sujets c révoltés contre leur prince légitime (Jacques II) ; c qu'au reste il ne pouvait se fier h la parole de c !Phipps, après sa trahison envers M. de Manneval, c gouverneur de TAcadie, qu'il avait retenu prisonnier c coiitro le droit des gens. > Le trompette demanda çet^ibi réponse par écrit : < Je vais répondre à votre c.)âQiûtre par le bouche du canon, > dit lo comte ; c qu'il apprenne que ce n'est pas do la^eorto qu'on I lait çommer un homme comme moi. > "biis quo lo trompette fût arrivé à boni, on commença à tirer d'une les Imtteries de la basse ville. Du premier coup do 2anon, le pavillon.de l'amiral fut abattu, et, la m^réo l'ayant fait dériver, des canadiens allèrent lo prendre i la nage, malgré le feu qu'on faisait sur eux, , et /emportèrent à la vue de toute la flotte. Il fut porté )ur le champ à la cathédrale, où il resta jusqu'à la îonquête du pays.

187. Le lendemain (17 octobre), une barque anglaise )ien montée s'approcha de la rivière Saint-Charles, )Our examiner si l'on y pourrait faire une descente sur a rive gauche. Elle échoua assez loin de terre, et no alssa pas de faire un grand feu jusqu'au retour do la uarée ; mais on y répondit fort bien. Le 18 à midi, ►n aperçut presque toutes les chaloupes, chargées do oldats, tourner du même côté ; mais, comme on no K>uvait deviner en quel endroit précisément elles enteraient la descente, elles no trouvèrent personne K)ur la leur disputer ; 1500 hommes débarquèrent et e rangèrent en bon ordre sur lo rivage. M!, de Fronenac envoya pour les harceler un détachement des alliées de Montréal et des Trois-Eivières, auxquelles e joignirent quelques habitants de Beauport. Le ombat dura environ une heure. XiCi^ C^Tim\^\i»»^ ^^çè^ 'étaient pas plus do SOOy vo\Ugôa\eii.\» ^"û XQ^CkSt '^^

114 ^ ÏRONTENxVC 2*^ [im

rocher, à travers les marécages et les broussailles, toul autour des Anglais, qui s% tenaient serrés en bataillor et faisaient un feu continuel, mais presque saiu effet. Vers le soleil couchant, un bataillon do ti'oujK» réglées eut ordre de couvrir la retraite des miliciens "Le môme soir, les quatre plus gros vaisseaux d< Tescadre vinrent mouiller devant la ville, qui k salua la première. Le feu continua jusqu'à huit heure* du soir. Le lendemain la cannonade recommença; mais les Anglais ne faisaient pa.^ si grand feu que \t veille. Au bout do quelque temps, le contre-amira se trouva tellement incommodé par les batteries di Saut-au-Matelot, qu'il crut devoir s'éloigner. L'amira ne tarda pas à le suivre ; il était percé à Teau ei plusieurs endroits, ses manœuvres étaient coupées son gi*and mât fracassé, et un grand nombre de sei l^ns tués ou blessés. Le contre-amiral et les deu: autres vaisseaux avaient aussi beaucoup souliert C'était Sainte-Hélène qui avait pointé presque ton les canons de la principale batterie, et aucun de se coups ne porta à faux.

188. Pendant cette canonade, les troupes débarquée près de Beauport étaient restées tranquilles dans lou: camp, et l'on se contenta de les observer. Le 20, de; qu'il fit jour, elles se rangèrent en bataille, et paruren vouloir marcher vers la ville ; mais M. de Longuei et de Sainte-Hélène, à la tète de 200 volontaires, leu coupèrent le chemin, et firent sur eux des décharge si continuelles et si à propos, qu'ils les contraigniren de gagner un petit bois, ou ils les laissèrent, pourfair leur retraite en bon ordre. Les Canadiens eurent, dan cette seconde action, deux hommes de tués, et quatr» de blessés ; du nombre de ceux-ci furent les doux com mandants. Sainte-Hélène mourut de sa blessure quel ques jours après, au grand regret de toute la colonie qui perdait en lui un des hommes les plus bravei qu'elle ait jamais eus. Pendant l'action, M. d( ftrontenac, à la tète de trois bataillons, s'était avance ^n bord de h Petite-Eivière, c^u'il ii'<i\it -çaa besoin di pûàeèr. La nuit suivante, Y aitÙTa\^\,ijç>T\tôt %Ki2.iviss

W)] raoNTENAC 2^ 115

iq pièces d'artillerie, avec lesquelles ils s'avancèrent DB le dessein do battre la ville en brèche. Jls furent icontrés par des détachements qui ^o .s^'paraient à int nommé pour les attirer dans des embuscades, is se réunissaient pour combattre en reculant à tits pas. Enfin, rendus à une maison palissîulce, les nadiens firent un feu si meurtrier, qu'ils arrêtèrent ite l'armée. Dans ce moment, les ennemis firent ler leurs pièces de campagne ; mais on leur répondît audement de la batterie qui était à la porte de la tito-Ilivir-re ; tandis que l'artillerie anglaise fit si a d'effet, qu'il n'y eut qu'un jeune écolier de tué,

un sauvage ble.-.;sé. A la nuit cl.) e, ils s'éloièrenten jurant contre les FraiK;ais, qui se battaient, Aient-ils, derrière des haies et des buissons à la mièro des sauvages. La nuit du 21 au 22 fut trèsscure, et il plut iwaucouj) ; ils en profitèrent pour camper, et regagnèrent leurs chaloupes sans se tmer même le temps d'emjiorter leur canon. Le , la flotte leva l'ancre, et se laissa dériver à la irée. Phipps avait perdu autour de Québec près de ) hommes, et, pour comble de disgrâce, il perdit 2ore presque toute sa flotte en redescendant le fleuve. 189. Le général Winthrop, à la tète d'une armée de )0 hommes, anglais, y*oquois et mahingans, devait aqner le gouvernement de Montréal, pendant que flotte anglaise ferait le sirge de Québec. Cette itative eut encore moins de succès que la première. 9 Iroquois attendaient depuis plu^^ieurs jours les glaîs et les Mahingans, qui arrivèrent enfin au idez-vons avec une armée att'aiblie par les i*avages la petite vérole. Dans leur mécontentement, ils brochèrent à leurs alliés de n'ôti-e venus que pour

empoisonner. En eftet, plusieurs furent bientôt aques de la même maladie, et il en mourut jusqu'à K II n'en fallut pas davantage pour débander Lte l'armée, et faire échouer l'entreprise.

L90. Les colonies anglaises continuaient toujours à royer de temps à autre des dc\.a^\L^TDL«\\\k y^nsx myerloB iToq^uois du côté do îion^xfeîX, K:»l o^rcste-

il6 FRONTENAC 2^ - [1691

inencementd*août (1691), M. de Callîères eut nouvello qu'un de ces partis avait été vu sur la rivière Eiclielieu. C'était une petite troupe d'environ trois cents hommes, anglais, mahingans, Bokoquis et agniers, sous les ordres du major Schuyler. Le gouverneur de Montréal assembla sept à huit cents hommes, et les mena camper à la Prairie de la Madeleine. Un matin, une heure avant le jour, la sentinelle aperçut des gens qui se glissaient le long de la hauteur sur laquelle était le fort. C'étaient des ennemis, qui, profilant de la pluie et de l'obscurité, se logèrent dans le quartier des milices, que Ton avait laissé dégarni cette n\iit-là. M. de Callières était retenu au lit par une groj^se fièvre. Au bruit de la sentinelle, M. ac Suin1-Cn*que, ancien ca])itaine qui commandait en l'absence du chevalier de Callières, arriva le premier avec son tataillon à la vue du quai^tier des milices, et, soupçonnant que les ennemis pouvaient s'en être enijjarés, il s'arrêta pour s'en éclaircir. Dans le moment, on fit sur lui une décharge de mousqueterie, dont il fut liesse à mort, avec ])lusieurs des siens. Le second bataillon arriva dans l'instant, conduil par M. de 1.» Chassaigne, et donna tête baissée sur l*ennemi, qui céda après une assez vigoureuse résistance. Un ])etit détachement les suivît ; malheureusement, il iÂjnM dans une embuscade, et tous ceux qui le comi)osuient furent tués. Les confédéi-és continuèrent la retraite, dans une contenance qui sentait beaucoup moins le^^ vaincus que les vainqueurs ; lorsqu'ils i^encontivi'ent 31. de Yarennes, qui était parti de Ohambly au pi*cmier t)ruît du combat. Les ennemis l'attaquèrent avec Tbeaucoupde confiance et de résolution. 11 se trouvait; en cet endroit, deux grands arbres renversés, l^c \a; i^nnes, avec autant de sang froid que s'il eut cominarti*' un exercice, se fait un retranchement de ces arbres place 6a troupe derrière, et lui fait mettre vciitiHî « terre, pour essuyer le premier feu des ennemi^faisant alors relever ses gens, il les partage en trois landes, fait une décharge générale ; cuis, avec une jprésence d'esprit et une "pron^tlvXxxâL^ va^cï^iiiV^ il

iédS] wMurmtAc 2^ UT

idi srango «n iKitaillei et charge l'ennemi avec tant do vigueur, qu'il lo fait plier partout. Les conf '(iérés .^e rallièrent néanmoins jusqu'à deux fois; mais, apns une heure et demie de oom bat, ils furent contrainli de »c débander, et la déroute fut cntiùre. Lo jeune et vaillant LoBer Duohêne se ditjtiugua à la t>to i'nm Canadiens, et fut blessé à mort.

CHAPITEE VL

ÀtUqne 40 Plaisance — ^Prige du fort Sainte- Annopnr les An;^'.!!: baie d'Uudson^Exploits de d'ïberr'.Ile— £fxpéditk>n ao J

Frontenae œotrft let Iroquoii-^Paix de l\yi<w3;ek Alu.t du M. de Frontenac.

191. Dans lo même temps que M. de Yarcnnos soutenait si bien la gloire des armes fran(;ai.se8 i\ Montréal, les sauvages de l'Acadio étendaient Icr.iravages chez les habitants du Maine, de la Nouvellc- Hamshire et du Massachuaots, qu*îls réduisirent à n'oser plus cultiver leurs terres. Les expéditions dirigées de ce côté, tout en assurant aux armes françaises im certain ascendant sur les tribus indiennes, avaient aussi pour résultat inévitable, de causer une extrême irritation dans toutes les provinee.; anglaises. Aussi ne fut-on pas longtcmj)s sans voir paraître de nouvelles flottes, qui vinrent ko ktei* presque en même temps sur tous les établissements français de TAeadie, de Terre-y eu vc et do la baie d'Hudsou. Vers la mi-sepfembro 1()02, iin<^ escadre anglaise de cinq vaisseaux, dont trois pouvaient être de 60 canons, vint attac^uer l^laîsanee, dans l'île de TeiTC-Xeuve. Le gouverneur, M. de Brouillan, avec un mauvais fort, sans munitions, et une garnison de 50 hommes, se conduisit avec tant de prudence et do bravoure, qu'il resta mai ire do la place. A la baie d'IIudson, les Anglais eurent, Tannoe suivante, quelque avantage assez facile, il est vrai, car le fort Sainte-Anne dont ils s'emparèrent n'rtait gardé que par ti'ois français, avixc^e\ô ^^^w4a.w\. q^'^k.

118 raoNTBifAo V [Id94-Sft

rhonneur d'opposer une troupe de quarante hommes. Mais ils curent bientôt affaire à quelqu'un qui' leur fit payer cher ces premiers succès. Ibenillo, accompagné de Sérigny et do Châteauguay ses deux frères, et de 120 canadiens, leur enleva le îoYt Nelson, en 1694. Dans Tété de 1696, il s'empara encore d'un vaisseau de 24 canons sans perdre un seul homme, prit et ruina le fort de Pemquid, délogea les Anglais do presque tous les postes do Terre-Neuve, et fit, avec tme poignée de braves canadiens, six ou sept cents prisonniers. Mais un des plus brillants exploits de d'Iberville, fut l'expédition qu'il fit Tété suivant dans la baio d'IIudson. Les tempêtes et les glaces ayant brisé un do ses vaisseaux et dispersé les autres, il mouilla l'ancre, le 4 septembre au soir, dans le port Nelson. Le lendemain, vers les six heures du matin, parurent trois vaisseaux, qui louvoyaient pour entrer dans la rade. Comme ils ne répondaient pas aux signaux dont il était convenu avec les siens, il ne douta plus que ce ne fussent les ennemis, et se prépara à les attaquer, quoiqu'il n'eût qu'à peine 50 hommes, contre trois navires, dont deux étaient de 32 canons et lo troisième plus fort que lui. On se cannona vivement pondant plus de trois heures. Alors d'Iberville, qui avait conservé le vent, arrive tout court sur les deux frégates, et leur envoie plusieurs bordées de fort

Î)rès, à dessein de les désemparer. Dans ce moment,' e troisième, qui avait en batterie 26 canons sur chaque bord, et 230 hommes d'équipage, l'approchait à vue d'œil. Il va à sa rencontre, tout son canon pointé à couler bas, fait drosser son navire, et lui envoie sa bordée. Elle porta si juste, que le vaisseau anglais fit tout au plus sa longueur de chemin, et coula à l'instant. D'Jberville tourne de boni sur lo champ, et fond sur celui des deux autres qui était lo plus à portée d'entrer dans la rivière ; lorsque lo commandant anglais baissa pavillon, et se rendit Jjo troisi( me s'évada, et les brumes le firent perdro (le vue. Quelques jours après, le retour des trois vaisisouux q^uo Jes places lui avaient éeaacté^^ Iq mit en

i6M-9T] ï*R0STS2iAG 2^ lit

état d^attaquer le fort Bourbon, ou Nelson. Le 10 de septembre, il débarqua à une demi-lieue du fort, dreasa Boa batteries, et commença Tattaque ; dès le 13, il était maître de la place.

"^ 192. Quoique la cour eût donné Tordre d'évacuer le&pays d'en haut, à cause de la difficulté de garder un territoire aussi immense, M. de Frontenac prit sur lui de désobéir à une instruction dont la conséquence eût été de livi*er aux Anglais la vallée du Mississipî et les grands lacs. Il crut qu'il était plus que jamais nécessaire de frapper un grand coup, et d'humilier profondément la iiorté deslroquois. Le 7 juillet 1696, il partait de l'Ile Pcrrot, à la tê(c de plus de 2000 hommes, et débarquait, le 28, à l'entrée de la rivière Chouaguen, ou Oswégo. L'armée fut partagée on deux corps : l'un suivit la rive droite sous les ordres de MM. do Callières et de Eamczay ; et l'autre, commandé par M. do Fi-ontenac lui-mèmo et M. de Yaudrcuil, marchait sur la rive gauche. On ne trouva à Onnontagué que les restes fumants do la bourgade, et les corps de doux prisonniers français l'écemment massacrés. De là, M. de Fi*ontcnac marcha à Onneyout, où il fallut so contenter de brûler le fort et dévaster le pays. Il restait à faire subir le même sort aux autres cantons, lorsque M. de Frontenac, contre •l'avis do ses principaux officiers, se décida A reprendre la routo do Montréal, crai^^nant sans doute d'exposer trop longtemps son armée, au milieu d'ennemis insaisissables, et à si peu de distance des Anglais. 193. M. de Frontenac poursuivait toujours le double rojot et de ruiner les cinq c^^ntons, et do s'attacher es nations de l'Ouest ; lorsqu'il rei; ut de la cour l'oi-dre mystérieux de tenir ses troupes et ses milices prêtes à marcher pour une expédition dont on se réservait le secret. L arrivée de M. des Ursins, qui mouilladevart Québec le 7 do septembre, vint expliquer le mystère. Cet officier remit au gouverneur une lettre du marquis de ^esmond qui lui apprenait que le ministre de la marine, M. do Pontchartrain, avait &TTtv.Qi V^ ^^^ de s'emparer de toute la UouvcAWiiJ^^^^^iW^ ^^

120 FBONTBNAO 2^ [iM

marquis do Nosmond partit on offot pour rAn^ériqne avec dix vaisseaux do ligiro, uno galioto ot doux brûlots ; il devait trouver, à l'on trio do la rivière Pénobseot, le comte de Frontenac avec 1500 hommes, qui s'embarqueraient pour Boston. Cette ville priseï on se proposât de ravager, , toute la côte jusqu'aux limites de V^cadie. S'il. restait assez de temps, on devait.^aller prendre New-York, ot revenir on Canada

S^l^Hudson et le lac Champlain. Le manque de lligence et les vents contraires rendirent tout cet armement complètement inutile.

194. La paix de liyswyck, qui fut conclue à la fin de l'année 1697, mit pour un moment un terme auJ¥ hostilités et aux grands projets que l'on avait Jpjirhiés pour lîi conquête de New- York. Ce traité, J ai ssait lo8 deux puissances avec les mêmes possessions qu'avant la guerre, excepté que la France garda la baie d'Hudson. On ne régla rien sur ce qui concernait le pays des Iroquois, parce que ces sauvages protestèrent de leur indépendance, et qu'apparemment on no voulut, ni de part ni d'autre, s'en faire des ennemis. Quant aux limites de l'Acadie et de la Nouvello- Angleterre, la question demeura pendante, et la ]mx ne dura pas assez longtemps pour que cette afiairo pût se consommer.

195. M. de Frontenac ne survécut que d'une année a la paix de Riswyck. Il mourut le 28 novembre 1698, dans la soixante-dix-huitiême annc e de son âge, après avoir glorieusement soutenu et augmenté une colonie ouverte et attaquée de toutes parts, et qu'il avait trouvée sur le ponrhant de sa ruine.

19G. M. de Frontenac conserva jusque*danfs ?<a vieillesse la fermeté et la vigueur de ses ])Iu.s Ix^IIck années. Il avait un grand fond de religion, vi il en donna des marques publiques jusqu'à sa mort. Mnis on avait de la peine à concilier la piété dont il fîiisait profession, avec la conduite qu'il tenait à l'éginxl des j^ersonncs contre lesquelles il s'était laissé prc'îvem'r, où Vacreté de son humeur alYabiVovY^déiticntitun j)CU la noblesse et l'élévatiou de ^ou gwcôiÇA^îc^,

1699-1700] DK CALLlI^ES. Wl

as:

CHAPITIiE VII. .

IL àm CalUèras gouTvrnear — ^Traitd de paix do 170l>-Mort de Kundimrook— Les Xroquois demandent des miesionnaircs — Mort de M. dfl OftUièrai.

197. Il n'était pus aisé do pn'-voir sur qui le choix de sa majesté tomberait pour remplir le vide que laissait la mort du comte de rrontoiiac. M. de Champigny et M. do Calliol^3.s ctîïiont tons* les deux bien dignes d'occuper une place aussi importante : le pi-emier, à une rare vertu, joignait un zôle et' uno. expérience dos affaires qui lui avaient îissuré Tani omet l'estime de tous les Camuliens ; le second, avec les mêmes avantages, avait encore celui de pouvoir se montrer à la tète des ti-oupes, qui avaient ])lus d'une fois admiré sa conduite et son intrépitlitr. }1. de Calllcres ne fut peut-être i*edevable de son ôl -vation qu'à la diligence de son envoya, qui t*ut renihi à Versailles avant celui de l'intendant. Le i2:)uveriiemont do Montréal fut donné au chevalier de Vaudreuil, que son activité, sa bonne mine, ses mani'ivs nobles, la confiance des gens de guerre, i-entlaient tr^•^'-propro à occuper un poste de cette importance.

198. M. de Callici-es n'oublia rien j)onr cultiver une bonne intelligence avec les iroquois, qui, do leur c.'>ti'', montraient des disiK)sitions très-thvorables, nrili^rj les intrigues du chevalier de Kellomont, goiivornour général de la Nouvelle-Angleterre. Aprv's avoir bien reçu les députés des cinq cantons, il les renvoya accompagnés du P. Bruyas, de .Al. de Maricourt et M. do Joncairo. Les ambassadeurs tVan(;iiis liirent reçus H Onnontagué avec de grandes d'nïv)ns( rat ions de joie, et introduits dans la cabane du conseil, où ils trouvèrent les députés de tous les cantons .supérieui-s. Ils exposèrent librement les conditions auxquelles Ononthio voulait traiter avec eux, et furent (coûtés avec beaucoup d'attention. Le Vond^wvavw,, ^v\v\vNvvi\vi,>^ anciens délibéraient entre eux «wr vi^ c^'CVa ^«wsv^

189 tt% cAiiifi&ncu [1101

draient aux ambassadours, nn jeune anelaûs tanivn d'Orange, ot leur dit de la part du chevalier de Bellomont, qu'ils se doiinaeeent bien de garde d'écouter les Français, et qu'il les attendait dans dix ou douze Jour» à Orange, où il leur forait savt^F ses volontés. Cotte manière impcriQUW choqua le conseil. Le chef des Onnontagués, ïéganissorenfl; fort affectionné à la nation française, par.^a> au mm de tous les cantons, et, s'adrea^ant d'abord aux ambassadeiirs français, les assura que toute la nation était disposée à obéir à Ononthio, et que des députés de chaque canton allaient partir ince^aaiainQn]; pour recevoir ses oixlres. Puis, se tournant yâi*s rai^glaU: c Je ne fais rien en cachette, lui dit-il : tu duras i c mon frère Corlar que je vais desc<tindrç à Québec, c pour me rendre aux ordres de mou pèx'e Onouthio, c qui a planté l'arbre de la paix; jirai ensuite à ( Orange, pour savoir ce que mon frère me veut, i Le P. Bruyas les releva, et invita les ancienne couclu^*e au plus tôt une si grande att'aire. Dix-neuf députés se rendirent en etfet à Montréal, et signèi*entf le 8 (septembre 1700, un traité provisoire, qui fg.t ratifié le 4 août de l'année suivante dan.s une. assam' blée encore plus considérable.

199. Après plusieurs conférences partieuUèi'es, oi il fallut entendre tous les orateurs des nations alliées, il. de (■allièros voulut terminer lea xiégft dations par une séance solennelle et iiaposautdt On prépara, dans une plaine uuprès de Montréal, une vaste enceinte, dans laquelle on réserv^u \Ui espacée pour les dames et tout le beau monde de lA ville. Les soldats se rangèrent tout autom*, et 13(H) sauvages y furent placés dans mi très-bel o^-dre. 3t de Champigny, le chevalier de Yaudreuil et les prift' cipaux officiers environnaient le gouverneur général, qui était placé de manière à pouvoir être vu et entendu de toute l'assemblée, et qui parla le pxe* mier. Il dit en peu de mots : c Que, comme la paix Uo Vannée précédente n'avait ét^ lignée que dM CHitMQima ft des Hurox\tt, W «.vivX n^M^ ^V\i^ ^

SI cAittksis. 133 1

ibter Ub députée de toDt«a le» nations, poar leur r Bo)6nnel)«nient la hach« des mnina, et dtcla'"©*" â toas ceux qui to reconnaissaient pour leur père, ^

Îil'ila devaient oublier loul le paaaô et i-emetti-e tou« 'HM intérétfl entre si-s mains ; qu'il leur rendrait une exacte justice ; que c'était la guerre qui lenr avait causé Iturs plus grands malheurs, et que, quand Us auraient une fois gonté les iloueeurs de lu paix, ils luî SBumient gré de tout ce qu'il venait de ftilro powr la leur profurer. » Tous applaudirent ofec de

ranil«s acclamation» ; ensuite on distribua doa colliers tons les cheA, qui se levèrent les uns après lei antres, et, marchant gravement revêtus de lon^uea ro^K de peaux, donnèwnt leurs captîfn au gouverneur g^Arsl, en présentant des colliers dont ils lui expUqirtwmt le oens avec beaucoup plus d'esprit et de politesse qu'on n'en nt(^n*}aitd'orBteursBauvageB. I* g^éràl teiir dit i\ ami tour dea cboees fort gi'ucteu«s, et, à mesure qu'on lui présentait de» eaptift, il les remettait entre tes mùft den députés ii-uquoitt. L'orateur des cantons, qflVa\'ai( point encure inirti*, ne dit que deux mots dont le sens était, que toutes (es nations eon naîtraient bientôt combien elles avaient «n tort de se défiur des Iroquois ; que les pluii înenV ilulea se eonvaincraient enfin de leur sincérité et àé leur respeu-t pour leur père commun. I* traité ftit Mgné de trente-huit députés (1) ; puis on apporta le

rnd calumet. M. de Catlières y ihma le premier, de Chanipigny y fuma après lui, ensuite M. de Vandreul!, et tous les eheft chacun A leur tour; après qnoionehantale TeVeiim. Enfinparurent les grandes èhaudièresdn festin, ot"! l'on avait fiiît bouillir troî.i bwvft. Le canon de la ville annoni;» l'heureuse nonvelK', et le soir il y eut illumination et tint de joie.

20Ô. Kondiaronk, qui contribua plus qu'aucun autre i ce grand événement, mourut deux jours avant que

— , — , les HnroM, 110 eosVir ■, 'ta» toftawço-V

■[/ iwOuCMaaii, aaUiTie.

J24 DK CALLlteBS. P'^^

la paix fut signée. Co digne ehel", toujours applauc-ï' ^ lorsqu'il jniilait on public, no Ijriliait pas moins clax^ ^ les conversations parîieuliv rcs, et on prenait souvent "* plaisir à ragacci* jK)iir entendre ses reparties, qi^-^ étaient toujours vives. ]»loines de selct ordinairemon sans réplique. Il était en cela le seul homme eapabl de tenir tête au er)mto de Frontenac, qui rii\\itai souvent à sa table, ])our proférer cotte satisfaction ses officiers. Sa mort eauNU une atHiction. généi-al^ Son corps fut quelque temps exposé sur un lit parade, en habit d'otïïcier. ses armes à ses côtés, iMire^^^ qu'il avait dans les troupes fran<;aiso8 le rang et^l ^ paie de capitaine. On lui lit des fiméraillea magniliques. M. do Saint-C>)urs, premier capitaine, marchai d'abord à la tête de (iO soldats sous les armes^ Venaient ensuite, quatre à quatre, seize guerpiçr^^^ huj'ons, vêtus de longues robes de castor, le visi peint en noir, et le fusil sous le bnis. .Le clcrg suivait, et six chefs de guerre ]K)rtaient le qereueil qui était couvert d'un poyhî semé de fleurs, sur leque il y avait un cha])eau avcS^lin plumet, un haussc-co et une épéo. JiCs frères et les enfants du défun étaient derrière, accompagnés de tous les chefs dei nations, et le gouverneur de la ville, M. do Yaudreuil-^ qui menait ^ladame l'intendante, fermait la marche.

201. L'année suivante, les cantons envoyèrent^ encore à M. de Calliêres une députation solennelle^ pour remercier leur père de leur avoir donné la paix. Mais ce qui lui fit concevoir de plus grandes espérances que cette paix serait durable, c'est la demande qu'ils lui firent de leur accortler des missionnaires. Le général chargea M. do Mari court de les conduire, / et ils y furent très-bien reçus. Il était d'une grande importance, pour la tranquillité de la colonie, comme pour le bien de la religion, qu'il y eût parmi ces barbares des persoinies revêtues d'un caractère capable de leur imposer, dont la présence les assurât des dispositions des Français à leur égard, et déjouât les intrignea dea Anglais, qui ï\e T>ovwîi\eT\\. ç;\\ài:Q« nuire de ce côté qu'avec lo secowrft ao cel\« i\«i\Kcw\*

Assembler les députés de toutes les nations,' pour kur Itter Bolennellement la hache des mains, et déclav^r à tons ceux qui lo reconnaissaient ])our leur père,

Îit'ilB devaient oublier tout le passé et remettre touH bnxB intérêts entre ses mains ; qu'il leur rendrait Une exacte justice ; que c'était la guerre qui leur avait causé leurs plus grands malheurs, et que, quand ils auraient une fois goûté les douceurs de la paix, ils lui sauraient gré de tout ce qu'il venait de fhiro |Kmr la leur propurer. i Tous applaudirent avec de

Pandes acclamations ; ensuite on distribua des colliers tous les cheft, qui se levèrent les uns après les atitres, et, marchant gravement revêtus de longue» robes de ||)eaux, donnèrent leurs captifs au gouverneur général, en présentant des colliers dont ils lui expUqiièrent le sens avec beaucoup plus d'esprît et de politesse qu'on n*cn ntt(^ndait d'orateurs sauvages. Le général leur dit à sou tour des choses fort gracieusen, et, à ?nesure qu'on lui présentait des captifk, il les remettait entre les maÎM des députes ii-oquoin. li'orateur des cantons, qif#avait point encore ])arlt'», ne dit que deux mots dont le sens était, que toutes les nations connaîtraient bientôt combien elles avaient eu tort de 9e défier des Iroquoîs ; que les plus incn'»dules se convaincraient enfin de leur sincérité et de leur respect pour leur père commun. Le traité Ait signé de trente-nuit députés (1) ; puis on apporta le grand calumet. M. de Callières y ftima le premier, M. de CCampigny y fiima après lui, ensuite M. de Vaudreuil, et tous les chefs chacun à leur tour: après quoi on chanta le Te Deîfm. Enfin parurent les çrandes chaudières du festin, où l'on avait fait bouillir trois bœuilb. Le canon de la ville annon(;a l'heureuse nouvelle, et le soir il y eut illumination et fbu de joie.

200. Kondiaronk, qui contribua plus qu'aucun autre à ce grand événement, mourut deux Joiurs avant que

Q) Chauve nation Mtit pour li^ataro una max^ua rartioali^rai Uê Cmenta^ttéi at les Tfonaontouans, une araigoét ; 1m Qoyof^aiM^ nn calumet; IqbOw Quia, nm {qui^Yl^ a.\ w^^^ \f\%c\% %a. \&^^^âw^%

Jeâ Agoion, xm ourt ; les HnTom, x«i «QhS^ot \ \^% l^feûwaç&*^ "«

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126 TÀCIAtuU.. t\!l9^

moment où Iûa députés das cinq cantons étaient veniu) plouror la mort do M. de Caillerez, pour Bondei* leurra dit>po6itiQn8y affermir le traité do paix signé avut' euxy ou au moins les engager à demeurer neutres, c Los Européens, dit Tcganissorens, chef de« Onnonc tagués» ont Tesprit mal fait : ils font la paix c entre eux, et un rien leur fait reprendre la hache c Nous autres, nous n'en usons pas de même ; il nou« c faut de grandes raisons pour rompre un traité que c nous avons signé. 9 II déclara ensuite que sou canton ne prendrait point parti dans une guerra qu'il n'approuvait ni d'une part ni de Ti^utre. M. do Vaudreuil lui fit comprendre qu'il ne demandait jki;-. mieux, et» pour ôter aux Iroquois tout prétexte do rompi*e une neutralité si avantageuse à la colonio. il résolut de ne point envoyer de troupes contra les Anglais du côte de IS^ew-York. Le gouverneur de la Kouvello-Angletorre fut moins heureux avec les AbénaquiSy qu'il ne put engager à demeurer neutres. A tout moment, les établissements anglais étaient impitoyablement ravagés par des partis do fran(,uis, de canadiens et de sauvages. Il se fit en même t«m})H une guerre de flibustiers sur les cotes de Terre-Neuve, où l'on ne s'occupait que de brûler, de piller et do faire des prisonniers sur les Anglais, dont on raina pour quelque temps le commerce dans cette lie.

204. lies Anglais se dédomn^agcront un peu en 1104, par la prise du vaisseau la Seine qni portait à Québec Aigr de Saint-Val icr, second tvèquedupays, ur. grand nombre d'ccclosiastiquos, plusieurs riclies pa^-ticulici^, et une cargOTSon ct«ti.iiLO à un million de livres toux'nois. Le chevalier de Maupoou, qui coiPTiandiût ce navire, ayant ajxisr u do loin quelques bâtÎP'ents qui lui parurent des barques, leur donna la eho^^ije, et fut bien surpris de se lr»)uvcr au miiioii d'une %tto virginienne, oompos'c doc-ent cin-ïiiu:: voiles, et de quatre vaisseaux de <;uerro qui l'c- c< :tajcnt. Il n'v'tait plus en son pouvoir «invite»* 1. combat, paroo qu'il * tait ^ou^^ Xo \qvA. Ov«iô <iWAouiiix. J7 se dé&fidit pogdattt4»l4^W^ «^^XM^Vx^V^'i^t^^

VaudrettilI 12t

îui a peu d'exemples. Algr de Saiiit-Valior r(*venait d'un des nombreux voyages qu'il entreijrit dans l'espoir do trouver en Finance quelques nouveaux secours pour son église et pour les communautés religieuses du Canada, dont deux furent fondées et dotées par ses soins, PIlôpital-Général de (Québec (1694), et les rrsulines des Trois-Iîiviéres (1(>97). Le prélat f\it détenu huit ans prisonnier en Angleterre, et ce fut une bien cruelle épreuve pour son zèle vraiment apostolique.

205. La prise de la Seine, qui était une perte bien sensible à toute la colonie, procura un véritable avantage au Canada. On ne s'y était point encore avisé d'y faire do la toile ; la nécessité tit ouvrir les yeux sur cette négligence. Ce fut M. Eaudot, pore, qui proposa, l'année suivante, au conseil du roi de permettre aux habitants d'employer dans le pays ce qu'ils en récolteraient. La réponse du ministre fut que le roi était charmé d'apprendre que ses sujets du Canada recoimussent enfin la faute qu'ils avaient faite, de négliger la culture de leui*s terres, pour ne s'attacher qu'au commerce des pelleteries ; que, pour les manufactures, quoiqu'il ne convint pas au royaume qu'elles fussent en Amérique, parce qu'elles pourraient causer quelque préjudice à celles de Franco, néanmoins sa majesté ne défendait pas qu'il s'y en établit quelques-unes pour le soulagement dos classes pauvres. On profita de cette pei-mission ; le lin et le chanvre réussirent au-delà de ce ([u'on avait espéré, et l'on commen<;a à fabriquer des toiles et des droguets, dont la colonie retira de grands avantages. 20(5. MM. Eaudot, pore etiils, avaient, l'année précédente (1705), succédé, dans l'intendance du Canada, à M. de Beauharnois, qui lui-mrme remplissait cette charge depuis trois ans (1702-5). M. Eaudot fils, qui avait d<':jîV exercé à Dunkerque l'emploi de conimissaîi'c ordonnateur, se chargea de la marine. La justice, la police et les finances furent le partage du père. Ayant reconnu qu.» les habitautvi ^<i y\i\\v!\.\^\vV. BOXLVont en procès, au ^fraud préiudiviCi d<6 \t^. vi\3Wû:£Vi.

des torrcg, il réHolut de i poai-rait, cea procédures r commodor liii-mOnie les pw.'i ati-dol» de bcs âsp'^riLnce&.

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