‹ Histoire du Canada a l'usage dos maisons d'educationChapitre 2 sur 42 · CHAPITRE PnEMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PnEMIER

Pfvinifn TO]r*eH lui gflUa 4u Lnbritdar «t da Tcrra-Ntuf* : Cabal, Uwpu- CDTIWf'al, Jau> [Hall, Ibomw Aub»rI.~I>éi:auTeiW du CuiiLdii ; JM[)Ub> CuiUor «I Kobetrul.

1. A iwine lo grnie do Christophe Colomb ttvaît- Ipévéfo i'exietenee d'un nouveau mouds (UD2), ' Im pâuploa du vitiux conlineut furont fiaiais

iKiô d'une aaifartiente de dioouverloa. Les uns

^tendaient y twntvur loa pkbesBCs fabuleuses de la ('li)ae«t desluleq : )oa suItob y voyaient un double J ■iioyen ol de fi'illnslrcp wftp dca conqui'toa flioilos, et 1 lo oonrertir à U fjt do nombrvuHea pou|>lAd<33 in- |

Mwurvr i\ tpurs conrounea do» Avantagosqui jusqua \A ttTnient éW abandonn*'» n l'induBtrio de quelques âTonluriore. IXa l'amii* UDT. lovriiition Jean Cabot ot Bon lils S.'Ui'ntion veuait'nt, avec une commùuion <ln roi d'AtiffUterw» llouri VII, ruconna.lro lo« wtus j cta Labnulxi-mL-del.i dti ottiquaiite-.Hiuc'ioe dugro de f

t JACaUXS CABTIER. [1S88

nommé Gaspar de Corteréal, abordait aux côtes de Terre-Neuve, et même pénétrait dans rintérieur du Kolfe SaintrLaurent En 1506, Jean Denis, de Hon^ fleur, publiait une carte des côtes de Terre-Neuve et des environs. Enfin, deux ans plus tard, Thomas Aubert, pilote de Dieppe, remontait le fleuve Saint- Laurent, et emmenait en France un sauvage du Canada. Il parait certain cependant que, lorsque ces premiers voyageurs traversèrent Tocean Atlantique, il y avait déjà longtemps que les côtes de Terre-Neuve étaient connues des Basques et des Bretons, puisqu'ils 7 trouvèrent des noms et des mots qui appartenaient à la langue de ces peuples. On va même jusqu'à soutenir, avec assez de fondement, que les navigateurs basques, attirés surtout par les immenses prolits que leur assurait la pèche de la baleine, fréquentaient ces parages plus de cent ans avant que Colomb eût découvert ks Indes Occidentales.

2. Quoiqu'il en soit, les premières expéditions entreprises au nom du roi de France, furent celles de Jean Véraszani, florentin qui était au service de

\F^nçois I. Ce capitaine fût chargé, dans l'automn^ de 1523, de la double mission d'attaquer les vaisseaux ^pagnols, et d'aller à la découverte des terres neuves au-delà de l'océan. Ce ne fut que le lî janvier qu'il put faire voile pour l'Amérique, dont il rangea les côtes depuis la Floride jusqu'à la hauteur de Terre- Neuve, c Cette terre, dit-il, fût reconnue par les Bretons dans les temps passés ; elle est sous le cinquantième de^é de latitude. >

3. La guerre allumée entre François I et Charles- Quint i\it cause que, pendant dix ans, la France ne songea guère à l'Amérique. Enfin, piqués d'émulation au récit des succès des Espagnols dans le nouveau monde, et des richesses qu'ils on retiraient, les Français reprirent le dessein d'y établir une colonie. Cette

' fois, l'on choisit un habile navigateur de Saint^Malo, nommé Jacques Cartier, que François I revêtit d*une commission l'autorisant à prendre possession de tous 9spajra qu'il pourrait découvrir^ wxi^'^yff^T^ V7%^

4. A peine Cartier avait-il reçu ses lettres do commis 8 ion, qne les ternmeuviers, craignant de voir diminuer les énormes profits que leur rapportait la pèche de la morue et lo trafic des pelleteries, enscit«rent contre une entropriae si généreuse tous les obstacles que pat leur inspirer l'esprit do lucre et de j&lousie, jusqu'à faire cacher les pilotes et les mariniers destinés au voyage. De 8ort« que lo brave capitaine fut obligé d'atfresser une Bupplique à la cour de Saintr Kalo, qui mit arrêt Bor tous les vaisseaux du port, jusqu'à ce que celpî de Cartier fiât convenablement équipé. Enfin, le 20 avril 1534, après que les capitaines, mmtres et compagnons eurent fait serment de bien et loyalement se comporter au service du roi, Cartier mît à la voile avec deux bâtiments d'environ ■oizant» tonneaux, montés de soixante-un hommes d'équipage. Il eut les vents si favorables, qu'au bout de vingt jours il abordait au cap de Bonneviate, dans l'ilo de Terre-Neuve.

5. La multitude des glaces qu'il y trouva, et la contrariété des vents, furent cause qu'il s'écoula un mois avant qu'il pbt passer lo détroit de Belle-Isle. Eufin, le 9 juin, il entra dans le golfe, et vint mouiller l'ancre dans le havre de Brest (aujourd'hui le Vieux-Fort) ;

Elis, après y avoir feît cbanter la messe le jour d a Saint-Bamabé, 11 juin, il continua avec ses barques l'exploration de la côto du Labrador jusqu'à la baie de Cbécatica, < laquelle, dit-il, je pense l'un des bons havres du monde, et icolui fut nommé le havre Jacques-Cartier. > De retour à ses vaisseaux, le capilAine malonin se décida à aller reconnaître les terres que l'on découvrait du côté du sud. Il emlora «uceesaiveraent la côte occidentale de Terre-Neuve jusqu'à une petite distance du cap de Raye, les ilos aux Oiseaux, celles de Brion et do la Madeleine ; puis, cinglant vers l'ouest, il arriva, le 3 juillet, à l'entrée ** ine baie profonde à laquelle il donne, la Ytain. >iA %iM<&*l0tm, i oftase de» graniw t\isis«ï* ^V

4 JACQUES 0AaTi£a>, [1534

y éprouva. Ayant mis ses vaisseaux dans lo port 8aint-^Iartin (aujouj-d'Imi Pprt-Daniol), il^ pénétra, avec une de ses barques, jusqu'au fond do la baie, pour s'assurer s'il n'y avait i>oint de passage A l'ouest ; puis, après avoir échangé, avec les naturels du pa^-s, quelques petites marcliandises pour des pelleteries, il poursuivi t son expédition, se promettant d<'jA beaucoup des bonnes dis}x>sitions de ces peuples. . « Xous connûmes, dit-il, que ce sont gens faciles à convertir à notre sainte foi, qui vont de lieu en autre, vivant et prenant du poisson au temps de i>êcherio pour vivre.>

6. Bientôt la violence des vents for^a les deux vaisseaux à chercher un refu/jjo dajis la baie de Gaspé. Là, Cai'tier fit planter, sui* la ix>inte de l'entrée du bassin, une croix de trente pieds de haut, soua le croisillon de laquelle on mit un écusson en Ix^sae à trois fleui'd de lis, avec cette inscription : Yive h Eoi DE France.. L'ouvrage terminé, les Français s'agenouillèrent devant la croix, la saluant respectueusement et nxontrant ensuite le ciel à ces barbares, pour leur faire entendre que c'est de ce signe que tous les hommes doivent attendre leur salut. Lonc:temps, les sauvages contemplèrent avec admiration cet ou\Tage myBt<?rieux. Lorsque les Français furent retournés à leurs vaisseaux, le chef de cette peuplade, yètu d'une yicille; peau d'ours noir, se rendit au[>rèi^ des navires avec trois de ses fils- et son frère, sans toutefois approcher- d'aussi près qu'il avait coutume do faire, et fit une longue harangue, montrant la croix qu'on, avait* plantée, puis toute la terre dos enviwnsi comme pour dire qu'elle était toute à Jiui, et qu'on no devait pas y planter cette croix sans s^ permission. Cartier. l'iKloucjt par quelques petits présents, et le congédia satisfait, gardant avec l^i doux de ses fils poui* les emmener en France.

7. Dos que le, vent fut bon, les vaisseaux sortirent de la baie de llonguédo (ou Gai^pé), et Ci^tier remonta le fleuve jusque vor& la ])ointe des Monts. Là, voyant

JcÀ' cvur/m te contraires j etcraigiuiut de trops/expoôeï'> M violence d^/s veut^ d'i^at, îi crut» ^«nq^sc w^im^x;^^

Î5355 jioQtnss cJa&tiïr. , 5

retour, et, de l'avis de tons les compagnons, il Ht voile pour la Bretagne, où il arriva heureusement le 5 septembre, plein de l'espérance qu'on pourrait facilement former dans ces nouveaux pays des établissements également utile» à la religion et à l'état.

8. Le rapport avantageux que Cartier fit sur ccis contrées, et l'espérance de gagner les indigènes au christianisme, engageront le roi à lui donner une commission plus ample et un armement plus considérable. Le 16 mai 1585, jour do la Pentecôte, Cartier entendit la messe, ot communia avec toute sa troupe, parmi laquelle se trouvaient un assez grand noîiiure de gentilshommes qui l'accompagnaient en qualité do volontaires. La messe finie, ils allèrent recevoir, au milieu ' du chœur, la bénédiction de Vévèque, qui les y attendait revêtu do ses habits pontificaux, ot,le mercredi suivant, 19 mai, ils niirent a la voile. Cartier montait un navire d'environ cent vingt tormeaux, nommé la Grande- Hermine, Los deux autres vaisseaux étaient beaucoup ])lus petits ; la Petite-Hermine était de soixante tonneaux, et VEmerillon n'était que de quarante.

9. Lu traversée fut longue et orageuse ; les trois navires, sjparés les uns des autres par do furieuses tompMes, ne purent se rejoindix) que le 26 juillet au hAvro de Blanc-Sablon, où Cartier avait marqu3 le rendez-vous. La flotille alors se remit en route, et fuiivit la côte septentrionale du golfe, pour achevi;r 1.' i d/'couvertes commençâmes l'année précédente.

1 0. Lq 10 ao â t, des vents contrai res jetc'rent les trois v:iî->s(jaux dans une belle et grande baie (la baie do S'iiiile-Creneviève), à laquelle Cartier, en l'honneur (l'i saint dont on célèbre 1-a fête ce jour-l;i, donna le iioîîi de Saint-Laurent, (.^e nom, suivant Charlevoix, se Siérait étendu à tout le golfe, dont cette baie fait partie, puis enfin à la Crrande Rivière de Canada.

11. Solon toutes les apparences, Cartier, dans son premior voyage, avait pris rile d'Antioosti pour la terre ferme. Cette fois, \1 rcçoivxvût Qjjsftk ^i' (ïXjôIxî^ ^K^fc It^j et, comme on en doublait \8^ -çwAfcX*^ V^tsx ^

JAOQtJES OARTIEK. [1{(

'Assomption dp la Sainte Vierge, il la nomma ilo d l'Assomption ; mais le nom primitif a prèT&la Là, les deux sauvages qu'on avait pris h Gftap l'année précédente commencèrent à bo P6connartr( et à pouvoir donner aux Français des renseignement plus précis. Ils affirmèrent qu'on était K l'en) Douchure dn grand fleuve d'IIocholaga, et que c'étai le chemin de Canada leur pays. Cependant, avant d passer outre, Cartier voulut s'assurer par lui-mèm ai, dans la partie de la côte nord qu'il n'avait poin explorée, il n'y aurait point quelque passage ai nord-ouest. Il fit donc virer do bord, et vint mouille aux Sept-Iles (qu'il appela les iles Bondes), où le vaisseaux demeurèrent à l'ancre pendant que Cartia alla avec ses barques explorer le reste de la côt jusqu'à la baie de Sainte-Geneviève, d'où l'on étaî

Earti. Les brumes et les venta contraires retinren *8 vaisseaux aux Sopt-ILes pendant quelques jours Enfin, l'on remonta le fleuve, et, le premier di iptembro, Cartier put reconnaître l'entrée do cetti se rivière dont lui avaient tant parlé Tai ny et Domagaya, la rivière du Saguenay. H ] àt là quatre canots de sauvages venus de Canadi 'ibec) pour y faire la pèche et la chasse au loup marin. I>eux de ces canots se risquèrent n abordet les navires étrangers, mais non sans une grand* peur ; do sorte que l'un d'eux s'évada aussitôt, tandti que l'autre ajjprocha assez près, pour que l'un dei sauvages de Cartier pût se faire entendre et lof engager à venir à bord en toute sûreté.

12. Le 6 de septembre, Cartier mouillait près d'un« lie qu'il nomma île aux Coudres parce qu'il y Irouvn quantité de condres francs. Le 7 au. soir, il jetail l'ancre environ huit lieues plus haut, entre la côt* du nord et une autre belle et grande île (l'il* d'Orléans), qu'il nomma île do Baechus, parce qu'il y trouva pour la première fois la vigne sauvage. Il Tenait d entrerdans ce qu'il B.pj»i]ie province de Canada ' ' embrassait tous les environs de Québec. Sur le( da fauve, on voyait ^^ et le. qiicLqueH cdl^nei

j^^ui ei

1535] JAOQrEâ OÀRTIER. T

d'i'eorces, des sauvages demi-nns occupés à fairo la it.the do l'anguillo et-d'autres poi^sond.

13. Cartier lit connaistianco art^t* ces »*auvai^s par lo luôven do Taignoa;^ny %*t' do l>tima*;aya. <[ii'il avait rri-. dans son premier voyait», à IIoiii^uçhK) (oulraspO). i>:{.':UÔt les navires furont eutcwirôs <le oanots, qui ajiporcaicnt du piûs^ou, du- maÏH et don tuelons on al'onilanco. Le Iciidoinaiii. on vit arriver WbfAthiuma^ f"c>t-:\-dire, le grand <*.hof, (j^ui ►* 'appelait iXinnaoona. I),nize grands oanots raoeom])ai;naienl. 11 v\\ lit router dix t'n arrière ; puis, fti'avançanl aveo les deux aiitri*'*, il adressa à Caitior une longue hanintfue dt' l)ît»nvoiiue ; er, quand il ap]»rit le lK)n traitoinent que ses «ieux c >mpatnotes avaient éprouvé en France, il ]>ria le e:ipitaino français de lui d«>nnorses l>Fas à l>:user. ]>oiir lui t -moii^nor sa reeounaissanov. Cariior. aj>K's leur avoir fait à tous quelques ])etits pri^ents, descendit dans le eanot do Ûonnarona, y lit ap]M>rtor du \nï\n et <l i vin, ])Our le traiter lui et sa suite : apr ■>* »pn>i on 63 s'q»ara avec beaucoup do sati:>iacti(>n de pan et d'autri', et le chef emmena ave(; lui les deux interpr'te? Tai^noaicny et Domagaya.

14. L!>rsque l'a^mbanna se tut n^tiiv, Cai'tiv"* lU appareiller s<»s barques pour cîierclior un lieti pn)j)iv à rnivernaiîc de ses vaisseaux. Il côtova l'do d'Orltans, et t trouva, au bout d'icolle ik»-, un aiVouro d'eau lud et c dîdectablo pour mettre navii'os ; auquel, dit-il, y a c un dôtivit du dît lleuve fort courant et ]rt*<)f(>nd. laru:<^ « d'environ ini tiers de lieue, le travers dii<piel y a uîio c terre double, de bonne hauteur, toute labourée, au^si c bonne terre- quMl &i>it ])ossiblo de voir. Et là est la c ville et dcmeurance du seiî'neur Donnacona et do c nos doux homme* qu'avions pris le ]>reînier voyage; c laquelle deraoiH;ance se nommo Sitidamné. » Au pied de cetto terre double ou à deux versants, Bur laquelle était situ»? Stavlaconé, ser]xmtait u7io petite rivière à laquelle Cartier donna le nom do Sainte-Croix (aujourd'hui la rivière Saint-Charles), parce qu'il y arriva lo 1-1 septembre, y>vw ^. I'EjrsAt iàtîon do la sainte Croix. 11 y lit ciVCx^iT XîVi (AraMe, ^*v

^^^^ JACQOT9 OU

In Petite Hermine, et laissa 1« gallion danB 1» rad«,l pour remonter jueqa'Â la bourgade d'Hocholaga. i

15. Le lendemain, IT de septembre, DonnaconaJ voulut renouveler plus solennellement la bonne! réception qu'il avait déjii faite aux Français quelques^ jours auparavant. Il s'avanga avec tout son ueapIoB jusqu'à une petite distance den yaÎBseaux ; là, les sauvages préludèrent par des dansoa et des chanta de leur façon, après lesquels, Donnacona, rangen tous ses gens d'un côté, et traça sur le sable on cercle, où il fit mettre le capibiino français, et att Bvàte ; puis il commença une grande harangue, tenant par la main une jeune fille d'environ dix ann. Quand

il eut fini de parler, il présenta la jeune fille k Cartier, et les sauvages poussèrent trois cris, en signe d'approbation. Donnacona lui fit encore présent de deux jeunes garçons l'un après l'antre, et à chaque fois !«• assistants répétèrent tes mêmes acclamations. Cartier, fit monter les enfanta sur les vaisseaux, et présenta en retour deux épéea, deux grands bassins d'airain. l'un tont uni, et l'antre ciselé. Donnacona, fort satiBfnit, commanda A tous ses gêna de chanter et didanser ; puis il témoigna au capitaine qu'il serait bien aise, lui et les siens, d'entendre ces bronzoR tonnants dont on lui avait fait si grande fête. Cartier fit tirer à boulet une douzaine do berges ; t De quoi, (dît-il, ils furent tous si étonnés, qu'ils pensaient f que le ciel fût chu sur eux, et se prirent à hurler t et à Tinehor si très-fort, qu'il semblait qu'enfer j' ( fTit vide. >

16, Cependant, on ne tarda pas à s'apercevoir que les deux interprctea, Taignoagny surtout, avaient cnangè de dispositions depuis leur arrivée. Donnacona, jaloux sans doute de garder pour lui senl tous les avantages que pouvait lui promettre l'amitié des Français, fit tous ses efforts pour détourner Cai'tier do monter jusqu'à lu grande bourgade d'IIochclnga. Il lui fit représenter < que l.i rivière était mauvaise, et que leur dien Cudouagnj- imnonçait qn'il y avait tant da nei^^es et déglaces, que tons mourraient dnu

ISIS] M0Q1TI8 oumn,

.'■ voy^«. Peu Boucieux da cea menaçanteB prétlic- ! lioiut, Cartier lui fit réponse, c que Cadonagnj' ne ' (SSTùt ce qu'il tliaait, et que Jéeus tea saurait bien e garder du froid, s'ils loi voulaient croire. > Cependant Taignoagny et Domagaj-a poraiatèront à reiuMr ili> 80 joindre a I expédition, et (Wtier se vit contraint lîc partir sans interprète. Il ee mit en routa pour Hochclaga le 19 do septembre, avec le galion et doux liîirqnos, laissant les doux autres vaisseaux dan.'» la rifc'iôpe Saint-Cliarles. A quinse lieues environ de l.'^nEvdft, Cartier s'arrêta à un endroit nommé Achelaï, '>ii In rapidité du courant, resserré entre dos rochers, l'i^ndait ta navigation daugorouse. Grand nombre de snnvagea vinrent ù bord visiter les Français, et, entre antres, un de» capitaines du lieu, qui o&Vit à Cartier tlt^x do ses eniantA. et voulut aussi lui faire entendre qBo j)Iu8 haut la navigation devenait plus difficile. , l'arvt-'nu «u lac Saint-Pierre (1), Cartier, ne trouvant J iiliiH a^sez de profondeur, so vit contraint do laisser I 1.1 VEmmUon. Il fit donc appareiller et approvi-j stunner lus deux barques, ot continua sa routo avec li's sieurs de Pontbriand, de ta Pomraorayo, Jean (îonyon et vingt-huit mariniers, y compris les deux ijilotos Jalobert, son beau-frère, et Guillaume le Breton. Il arriva à Kochelaga le 2 octobre.

11. Le.* habitants de cette bourgade, au nombre de jilundo mille, vinrent au devant des Français jusqu'au piod du courant Sainte-Marie, que les barques ne purent remonter. Tous à l'envi leur apportaient du poisson en abondance, et du maïs. Cartier, voyant le bon cœur de ces sauvages, mit pied à terre, et, faisant placer toutes les femmes d'un côté et les hommes de l'autre, leur fit à (oiw quelques présents. Vers le Boir, lorsque les Français se furent retirés daus leurs barques, cea bonnes gens demeurèrent louto la nuit sur la rive à danser et à entretenir des feux de joie. Le lendemain, de grand matin, Cartier, accom-

(!) L* l&B Salnt-Pkam, qai D'>T«It pu tnean tt uib k MtU > '— .•ppeWlK!d'Angoiil«q»a(in«lott»i «notai ïVo» \wA. — =-

—wpéi Tbint.

It) jfAciOtlES <3ARTIER. fl536

pQ,gné Sçs gentilî^îiQraniçs pt de. vingt marinier.^, partit avec trqis hbmine4 du p'^ys, qui scrvdieiit de guides. Après avoir tr?iyvi*a>i un<i «xaguiUque forât de diénes, nos voyageurs arrivèreut.dîiUti des Qji'aiaps. cultivés et tout c.ouvert;i do.jnaï^, au milieu desquels était aitué B^ochelaga.

18. Cette bourgiide ét^it éutoiuro^ d'^ne forte palitisade circulaire de la b^ûteur deuvirou deux lances, et formée d'un triple rang de pieux, dojit ceu;x du milieu étO'icnt plantés di'oits, et Iti^ autres croisés par le

\ haut, le tout fortement entreUcé de racines et de branches. Une î^eule porte, fermtvnt à barres, donnait entrée dans la bom*gaJç. Au-<lessus de cette porte et sur plusieurs points de la palis;iade, était pratiquée une espèce de galerie, munie d'échelles, et garnie de pierres pour la défense do la place! La bourgade renfermait une cinquantaine de gra^dos cabanes, longues d'environ cinquante pas, sur douze ou quinze, de lar- \ ^eur, et couverte^ de grandes écorces bien cousues ^" ensemble. I>'intérieur de ces cabanes ' étai't de plusieurs pièces, dont chacune ' était ocQupoe par une famille, et siu contre était ménagée une. salle comvjmuuç, où se.ftur.aiont et s'entretenaient les fo<ix. Il y \ avait môniQ, à la partie 8,upérieuï.*o, des greniers » destinés à recevoir leurs provisions de maïs.

19. On conduisit les çtrangers dans une espèce de place publique j de forme, carrée et de la grandeur d'envi]j*on xm jet de pierre,- ou on les reyut au milieu des démouotratioiw de la joie, la plus coixliale ; a^u'os les preniiêr^ sa-luts de biéuvenué,. les femmes et les filles se retireront, et " les homme;^ s'assirent par tiîrrç autour d*e,ux. Bientôt ui)rès„ Ton vit paraître Fagouhani^i^, ou seigue.ur du Ueu, porté, solennellement sur une. gi:ytJAde peau dcx perJt, par neuf ou dix homnio,^, (|ui viureut le déposer sur de»s nattes, auprès du cap^t^vlnç fruuçai^. C'était un homme d'^cnviron cinqiiiiiite ans, tpiit perçliis de ses membres. Il n'avait pani> marque de -dirilinction ^Hine : simple listvrro rouge db poM'tlo porfe-épio^fli^, Xtit tëpUJlt li^u ^e dludùme. Pour faire honneura 'ê^Ôii 'tio\.é, \\ ova\.

JAOQtntB OAHTIKR,

te couronna do doBSus sa tèt«, et la mit sur celld h Cuticr. Le uapituine de son côté donna au chef | Ft( à ceux ^lù l'entouraient divera petits otjots, dont ■ \ lia parurent tous fort contente. Quand loa Français 1 voulurent prendre congé do leurs hôtes, len femmes I se mirent au devant d'eux, leur offrant des mets 1 qn'ellea avaient elles-mêmes apprêtas. Mais, comme les sauvages no mettaient point de sel duus leurs aliments, on leur ât entendra qu'on n'avait nul P' hesoinde manger. Flnaieursdeshabitantsd'IIochelaga . voulurent aceompogner les Français jusque sur la montagne, qui était à environ un quart de lieue de i;i bourgade. Cartier donna à cette montagne le nom 'la Mont-Royal (Montréal), qui est devenu plus tard 'lui de la ville et de l'île tout entière.

20. Voyant qu'il était impossible de franchir le :iiit Saint-Louis, les Français se hâtèrent de reprendre

le chemin do Canada, dans la crainte qu'il ne fiit :vrrivé malheur au galion ; le lendemain, ils trouvèrent VEmerillon sain et sauf comme ils l'avaient laissé, au lac Saint-Pierre, et, lojouTfluivant, 5 octobre, on se remit en routo. Le T, Cartier mouilla par le travers d'une rivière remarquable venant du nord, à laquelle il donna le nom de Fouea (les Trois-Eîvi ères), et, pendant que les barques remontaient la rivière pour on faire l'exploration, il fit plantor une belle grande croix sur la pointe ta plus avancée d'une des îles qui partagent l'embouchure en plusieurs chenaux. Le 11 octobre, V^TnertUon rentrait dans le havre de Sainte-Croix. '- "

21. Ceux des Français qui étaient demeurés à Canada, s'étaient occupés à construire devant les vaisseaux une espèce de rotranchomeut garni de

Sièces d'artillerie, do manière à pouvoir au besoin se éfendre contre toutes les forces au pays ; précaution "on jugea nécessaire, parce qu'il fallait passer l'hiver -- '- — "'nage d'une bourgade fort pauplée, où n chef dont ou avait plus d'une raison «e dé&er.

fPùndant l'hiver, les Français B\ïKi^\.\»aafiH«-"î^

12 ' JfÀOQTIBS OABTIEIt. flSStf

fiotiirrir do3 rigueurs du froid, auf^uel Ha n'étaient pas accoutumôa, et d*uno espace do fîcorbut, qui en fit mourir vingt-cinq, et réduisit lej autres à un tel état do faiblesse et (rabattement, qu'on avait perilu l'espoir do i-ovoir la Finance, lorsque Domagaya enseigna à Cartier un iHîniMe qui l'avait guéri lui-même, et qui ramona dans le fort la eîanté et la vie.

■ 23. i)vis que le solei 1 du printemps eut fait dispîrraitro les glaces qui retenaient les vaisseaux captifs au fond du havre de Sainte-Croix, Ton se pr/para au dv'jkirt. Lo 3 de mai, jour de Tlnvention de la sainte Ci\)ix, (^artier fit planter sur lo bord de la rivière une grande cn)ix d'environ trente-cinq pieds de haut, sous k croisillon de laquelle on mit les armes de Frjince, avec ces mots : Francise ks prunus T>èi (/ratia Fraîicorum rex régnât. Donnacona, qui ne venait plus si souvent au fort, parce qu'il craignait sans doute qu'on ne l'onleviit, se décida pourtant à faire une visite au capitaine ; mais il se fit acèompagner d'une nombreuse escorte, et encore n'oaart-il monter sur le vaisseau. Cartier, d'un auti^e côté, savait que depuis pou toutes les cabanes de Stadaconé étaient pleines de sauvages, qui s'y tenaient cachés, et les dissimulations de Taignoagny ne laissaient plus guère de doute sur les dispositions et du chef ot de tout son peuple. Il résolut donc de prévenir les coups, ot lit saisir l'agouhanna, avec Taignoagny et i)6magaya. Tous les autres prirent la fuite. Cet oxp'dient servait admirablement les intentions de Cartier ; car il osp,!'rait que l'agouhanna piquerait la curiosité -du roi. tant par l'éminenco de sa condition, que par le;i merveilles qu'il rîK'ontait dos pays qu'il avait visités et surtout (lu ix)yaume du »Saguenay. La nuit suivante, on entendit, sur la rive opi>osée, les gens de TXmnacona crier à ])luMeurs reprises : Afjouhanna / A(}uuhnnna ! comme pour demantler à parler à leur chef. Cartier cependant attendit jus<j[u'au jour. Faisant alors monter Donnacona sur lo pont, il leur lit dire qu'on ne Tomme nait que poui' le présenter au roi des Français, afin qa^î} lui contât lui-même toûtoa le» "bôawt^% <SlV3l^^^-^,

2M1] JÀ09U1^ CUJlTIXBr-r.BOBX&yAL. 13

et qu'on le ramènerait dans di^ ou douze lunes,

c'est-à-dire, Tannée suivante. Les . sauvages se rvsi-

^èrent à son dvjpart, et présentJ^rent à Cartier viu;^t-

quatre collienj àémgny (1), pour l'engager à bien

traiter leur chef, auquel ils apix)rtùrent les vivres

dont il avait besoin pour pass^u» la mer. Donnacoua,

(le son côté, envoya a ses femmes et à ses enfants les

présents que le capitaine lui avait faits. Entiu, le 6

mai, Cartier remit à la voile, avec deux vaisseaux

seulement, laissant le troisième faute de bras pour le

manœu\Ter.

24. On ne peut douter que l'intention de Cartier ne fut de revenir bientvH, comme il l'avait promis aux habitants de Cantkla ; mais la guerre que François I avait à soutenir contre Charlcs-(iuint, ne permettait guère que l'on s'occupAt s !'rieusement de d. -couvertes lointaines ; aussi s'ècoula-t-il plus de quatre ans avant •jue François I pat envoyer au Canada une troisième expédition, poui* com*;l-:ter les d '/couvertes dèjA commencées, et y jeter les premiers fondements d'une colonie. Eatin, lo calme étant rendu à son royaume, il accorda à Jean-François de la Koque sieur de Eoberval, gentilhomme de Picardie, des letti'es patentes en date du 15 janvier 1540 ("2), par lesquelles il le déclare son lieutenant-g.'niTal aans les pays de Canada, Hochelaga, Saguenay et autres lieux circonvoisins. La conduite de l'expédition fut confîoe à Cartier, avec le titre do capitaine g 'néral et de maître pilote des vaisseaux. Au printemps, lorsque M. de lloborval arriva à Saint-Malo, il trouva les vai.sseaux en rade, vergues hautes et prêts à faire voile j mais, n'ayant pu recevoir à temps les poudres et munitions qu'il attendait do la Champagne et de la Xormanlio. il fit la revue de tous les équipages, et donna à Cartier

(\ \ C'oPt ce q'i'on a app*»M pins ta- d porceiaîne. CVt.iIt la plus précieuse do leur mo n-«ie. fiilo se composait do grains f.iits do la nacre do ccrtams coquill.ivços mnritkë, en Ih'ii et di&piM'<8 en largos bandits, qu't>n appelait colliers. IjOS colliers no so donnaient q :o dins les grandes circonstannt^s ; les transactions ordinaires se réglaient par br.inchen on par bm^^n de ces • rains eniilés.

(2) Ou, sniraot notre manière de oompUi,l« Vi *)«KsfvKt\^^%

14 MOQum OASTISB— «OBVETAÏ.

ploin pouvoir de partir et de prendre les devants. Los cinq navires, bien fournis de «rovisions pour deux ans, (quittèrent le port de Saînt-Malo le 23 mai 1641, et eurent les venta si contraires, qu'ils n'arrivèrent uu hiuT» de Sainte-Croix que le 23 ao&t,

23. Agona, qai avùt suctédé à Donnacona, vînt rondi'o visite A Cartier, avec un grand nombre des habitants de Canada. Quand il apprit que Donnocona n'était plus vivant, il n'en parut pas fort attristé ; et c'était HttTis douta, remarque Cartier, c parce qu'il demeurait seigneur et chef du pays par la mort du dit Donnacona.1 ApK-s lui avoir témoigné la joie qu'il avait de son retour, le chef ota de dessus sa tête une espèce de couronne en cuir jaune, enrichie d'énoejnj, fa plaça Hur la tète du capitaine, et lui mit aux feras ses riches bracelets. Cartier, lui ayant rendu sa coui-onne, lui fit quelque:! présents, et le chef parut s'en retonriuT fort content.

2G. Ciirtier, qui avait quelque raison de se c! ''fierdc.i habitants de Stfldaconé, crut qu'il était prudent de choisir un autre lieu plus facile à furtiticr que le hj'ivre do Sainte-Croix, et remonta jusqu'à la riviôrc du Cap-Bouge, à l'embouchure do laquelle il lit planter son artillerie sur le rivage, pour protéger le-i trois navires qu'il voulait garder dans le pays. Quelques jours après, il renvoya les deux autres en Francv, faisant savoir an roi qu'on n'avait encore aucune nouvelle de M, de Hoberval,

27. Pendant que ses gens, sous les ordres du vicomte de Beaupré, s'occupèrent à feire quelques défrichements et à fortifier la place, que l'on a])pela Chark'bourg-Royal, Cartier remonta le fleuve avec deu\ barques, espérant toujours trouver un passage ]>our : rendre au Saguenay. ïlais, n'ayant pu franchir Y rapides du saut Saint-Louis, il renonça i) t>on «litiprise, après s'être fait néanmoins conduire pnr t«rre aussi loin que possible par quatre joum^ : ;i&Qa Uu iiays, qui entre autres choses lui firent cutu:. Ire t que la rivière n'était pas navigable pour se rendre an wna^: > Durant l'hiver, \e3 B&a^8>^«», i\\û.wi<^>«,ti\

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