‹ Histoire du Canada a l'usage dos maisons d'educationChapitre 20 sur 42 · La p^ix d'TJtrecht termina la gueiTCu,louiB · texte numérisé non relu

La p^ix d'TJtrecht termina la gueiTCu,louiB

J^iy^i^ccepta les conditions que lui dicta rAnglêlerre, l-

et lui céda l'Acadic, Terre-Xeuvo, la baie (l'IludsQji, le

pajy;s'dcs Iroquois, ne se rô.servant qucv^loXîap-BrfttOTi,

iT^B" Saint-Jean (diiPrince-Edouard) otjxîa. îles adja-

fçeBtjgb^ d'est ain;:ii que la Friijice, en livrant à une

iPM*§saçce jaloii^e tout le littoj-alide ses .colonies,

pr^p^ra incqntestablejnent la perte du Canada- ^

...:.,.^ v-^-'-v- -- ■ ■ ■ ^ -■ - .. ■ -__ —^, — , — ^ ^'. .il

.,. .. ,.w, CHAPITRE IX. • '

. QliéitioiL des limîtos do TAcadie — EnlèTement du baron de 81^ j ■ CasUn — Massacre du P. Rasle — ^FoiKlation de lioaûboiori^ - , ' Concession de l'ile Saint-Jean et de Miscou — Progrès (1*4^ colonie — Naufrage du Cfuxuieau — Mort de M« de YaudreuiL ,

. 214. L'un des articles du traité d*Utrecht plortait que des commissaires seraient nommés pour le règle- ^

• ment dés limites cnti-e les colonies fran<;aises et

• anglaises. Suivant les Français, l' Acadie, ou Nouvelle- Ecosse, 'se bornait à la presqu'île ; les Anglais voulaient comprendre sous ce nom d'abord la presqu'île, puis toutes les terres arrosées par les rivières SaintrJean et Sainte-Croix, le Ponobscot et le Kénébec. Ils commcncèi-ent même à établir des comptoirs, à bâtir des forts sur ce territoire, sans s'inquiéter beaucoup d'en avoir l'agrément des naturels du pays. A la tin, les Abénaquis ouvrirent les yeux sur ces empiétements, et, Ionique le gouverneur de la Nouvelle-Angleterre informa le.s chefs de cotte nation, que, par le dernier traité, le roi des Fran(;ais avait donné A la reine d'AncrIeterre Port-Eoval avec toutes les teiTcs adjacentes, l'un d'entre eux rô])ondit, cque c le roi de France pouvait dis])oser de ce qui lui c appartenait ; mais que, pour lui, il avait Ma terre où c Dieu l'avait placé, et que, tant qu'il resterait un e enfant de sa nation, il combattrait pour la con-

e server, 3 Le général ai\g\iv\^ w^\w^\%\.«t^v.\y^^t.l«a régala même avant de le» cong^i^ï» ^X-^ft^ >^Xi«ïiaR^

la^^)],

VAUDRBUTI/. 133

opcrivlulee, se rassnrorent Hur le» dispositions des Qglai: ; cependant ceux-ci, en attendant que la .estion deu limites fut dôcidôc, n*cn continuèrent B moins à s'emparer du pays à gf^j/l^ mée.

215. Ce qui mit à bout la patietSMPwK Abénaquis* j renlcvcmentdu baron de Saint-Castin, allié à cette tien, et la mort du Pure Easle, contre lequel les bglaiH ouToyèront 1100 hommes. Ce généreux 68iounaii*e alla sans crainte se présenter à ses enmis, dans rcspéi-anco d'attirer sur lui seul toute ir attention, et de procurer ainsi le salut de son (upeau. Kn effet, à peine eut-il paru, que les Anglais ussèrent un grand cri, qui fut suivi d'une grêle de >usqiiotadey dont il tomlm mort, avec quelques san- ^8. qui avaient voulu lui faire un rempart de leur :îP*, La gueiTe continua encore quelque temps tre lus «auvages ot les Anglais; mais elle n'eut kulro résultat que? do rendre invincible leur aversioft iiproque ; le ressentiment des Abénaquîs • dura tant que cette nation. La France n'était point trée dans ce démêlé, pour no donner aucun prétexte • rompiHî la bonne intelligence qu'il avait tant ûté de rôtablir entre les deux couronnes ; on cessa îmo do négocier le règlement des limites de Lcadie ; et il y a tout lieu do croire que le massacre . P. Easle fut désavoué par l'AngleteiTC, puisque la ■ance n'en ut aucune poursuite.

216. Le traité d'Utrecht (1713) n'avait laissé à la lanœ que le Cap-Breton. MM. Baudot furent les •emiers n comprendre l'importance do cette possslQn. Dès l'année 1706, ils avaient envoyé à la lur un. mémoire, dans lequel, entre autres choses, ils i^ient observer au ministre : c Que le commerce dos pelleteries no pouvait être assez général pour entretenir et enrichir une colonie entière ; que les habitants de la Nouvelle-France, pour avoir fait leur principale occupation de courir les boia et les lacs, s'étaient accoutumés à une vie de iauiéantveAk i^u'ils avaient hien de la pcmo à cj;iW»\«t^ ^w^«^ lewrB oonrsea ne leur produiB\Bften\'ÇT^wsaLô'\J^'Oi^^^^^'%

1S4 VATOltBUXL» [IflSJB

f par le peu de valeur du castor. Les AnglaÎB avaifit < tenu une conduite bien différente : ils avaient cot f tivé leurs terres, établi des manufactures, constrdt € des naYireii|MM|^aient regardé les pelleteries q[M € comme un h S fm SS îre sur lequel ils comptaient pe«.i Après avoir exposé l'état où se trouva la NouvelW* I^noe jus(|u'à Vannée 1708, par rapport à son em^ meroe et a ses produits, MM. Baudot proposèrtst de former un établissement au Oap-Breton, pour U protection des pêcheries et du commerce de U Nouvelle-France.

217. Avant la cession de Plaisance et de rAoa4ie i la couronne d'Angleterre, ce projet pouvait ne pas paraître réalisable, surtout à cause des dépensas nécessaires a une pareille entreprise ; mais, après le traité d'XTtrecht, la France comprit qu'elle n'avait plus d'autre mo}'cn de garder les entrées du Canada, On commença par donner au Cup-Breton le nom dlle Boyale ; on délibéra ensuite sur le choix du port où il convenait d'établir le quartier général, et oU fiifc longtemps partagé entre le port Sainte-Anne, nommé aussi port Dauphin, et le havre à TAnglais. Le premier do ces deux ports, l'un des plus sûrs et des plus beaux du nouveau monde, n'était pas fkeile à aborder ; tandis que le havre à rAuj^laia n'avidt pas cet inconvénient : c'est ce qui lui nt donner la préférence. On le nomma Louisbourg, et l'on en ilt une place fbrte, à laquelle on dépensa trente millicms de livres* Une somme aussi considérable efl^ya le gouvernement ; et l'on fit la fkuto de laisser les fortifications inachevées, outre qu'on eut le tort de ne jamais y laisseï* de garnison suffisante. Le gouveruement de l'île Boyale fut modelé sur celui du Canada ; et le commandant, oommo celui de la Louisiane, était subordonné au gouverneur général de la Nouvelle-France. On avait d'abord compté de transporter dans l'ilo Boyale tous les fhinçais établis «n Acadie ; on y avait même invité les Abénaquis, qui j^ armèrent en effet une bourgaÀ«\ mai\%\fi% A<iadieiis n^Jugèmut pas à propos 4e \a\wB«t \ftw^^)^«^ ^wtt^p^

TAumvit. tSB

J<^PbH*itqjAl, dt Beauséjow ot des Mines, pour un 9qI WvEQoup pliid ingriit. Dt aorta qn^il n'y oui Saèi^ qu9 de^ J^biUiats de Terro-X^uvo qui comment Umit i Y^nir m fixer à Louisbourg^ au port Touiuugo OQ au port I)AupbiD.

21ât. Vue autre grandâ iie restait à la France dauM le V j{olf<d. P««K>un!^ n'avait euooi*e songé a a'établir djuia I l'îto Saint Jaan (du Princo-Ëdouaitl). Eu 1719, U ! oqmte de SMint-Picrre se mit à la tète d'uuo eouipajifoio pour eolonijiQi! oette île. - Le.itii iui acooixia les lied Saint-Jean et Miseou en iVauc-aleu noble, iqaia sans jn«tice, avec charge de porter foi etjiommage au ûhàteau de I/>ui»lK>urg. L'anuéu suivante. M. du Saint-Pierre obtint aux mêmes .titre»i les ileH do la MaU«»leiMe.$t iea îlot; .Raniéoa, tant ]i(>ur la cultui*e iloa^^tei^^îit et rexi>l6itatîon des bois, que pt)ur la pêche 4e la morne, du Ibup-mai'in et do hi vaohc marine. hou <JL\vi^iOn!) qui n'eievèreut entre Ick tu^sociés rii-eut inan^ner eet-te anti^priHC. et Tile Saint-Jean no fut coioniiii'e que quelques années: plus t:ii\!.

il^. Le Canada no s'était jamais vu ])llîspai^iillo. ni plusï ilorÎMant, M. de Vnudreuil. par vinir^-et-iin an.s d*une administration pleine ilt* vliru^'m'. «1-' sagesse et do prtj voyance, ne contribua pas ])i'u à cet t- i:it de prospérité. Le.Moiu qu'il eut de maiiilenir ic>s cantons iroquoiâ dnnv la neutralité, assura le ivpos aux i'anadiena, et leur permit de se livivr à la culiiuv de leura teiTe^. U fit faire lui-même tie irrands ]»i*ogrcs à ri\^ricnUure, par des défrichements consiilt rableM, et il aut donner an commerce toute l'extension com^ patible avêe les réglementa et les i^e»«trirtions qui en e^iVravaient la marche et le pmgivii. Le.^ lortiticatiouH de Québec, que H3{. de Beaneourt et JA'\as.seur avaient d^jà augmentée!! en 1710, furent re])ri;^es en 1T20| 9ur lea plans de M. Chaust»egi*os de Lcrv. qui fieront jwgé^ prt'férablep à celui des deux premien* ingénieurs.

220. M. de Yandreuil. redoutant toujours lo voisinatro des colonies anglaises, écrivait à ^.vi(i^v>\\Vvi\Yikx\x^\w* oa 1714: i Le Canada n'a act\ie\\\i\vv\;\\V v^^-^ W^N

tu rAviaamu [1*!

€ habitants en état «de porter les armes, depuis Yê c de quatorze ans jusqu'à soixante, et les vingt-h' c compagnies des troupes de la marine que le roi c entretient, ne font en tout que 628 soldats. Ce p c do monde est répandu dans une étendue de C€ c lienes. Les colonies anglaises ont 60,000 bomn c ea état de porter les armes, et on ne peut doul c qu'à la première rupture, elles ne fassent un gi*a c effort pour s'emparer du Canada. > Dans son déi d'augmenter la population du pays, il alla jusqt

E reposer que le roi y fît passer cent cinquan ommes, que l'on prendrait parmi ceux qui toos 1 ans étaient condamnés aux galères, et que l'on d tribuerait aux habitants de la colonie. «•

221. Enfin, en 1725, on songea un peu à encoura^ l'émigration. Le vaisseau du roi le Chameau, char d'environ 250 passagers, mit à la voile pour le Oanac Il portait M. de Chazel, qui venait relever Tintenda Bégon, M. de Louvigny, nommé gouverneur de Tro Eivières, plusieurs autres oflSciers de la colonie, d

Erètfes séculiers, des récollets et des jésuites. M eurcuscment, une tempête le jeta à la côte près Louisbourg, où il se brisa dans la nuit du 25 aoi Tout l'cquipage périt, et, le lendemain, la cote pai toute couverte de débris et de cadavres.

222. La mort du marquis de Yaudreuil mit le coml à toutes CCS pertes. Ce gouverneur mourut à Québ le 10 octobre de la même année (^1725), après la pi heureuse comme la plus longue auministration. JtL Longueuil, gouverneur de Monù*éal, prit les rênes l'administration, en attendant * que la coâr pût poun^oir. En annonçant au ministre la mort de ] de Vaudi'euil, il lui rappelait que ses deux préc ce8seui*s étaient passés du gouvernement de Montre au gouvernement général. Il ignorait, sans doui (|uo des représentations avaient déjà été faites po cnij)fehcr do nommer un canadien à cotte pla îinpoi'tantc.

n26U2r] BBAUHARNAltf. IStl

CIIAPITKK X.

IL dt Baanhamiiif guaTernoiir — ^M. Dupaj intendant — '.luri de Mgr^ de SjUpt-Valier — Diffienltéi entre le ehapitro et lo eoniey^^ Ubèqnart iatendant — Kzpéditioa de Lî^noriii entSUb les

puMBta à la Cberelure— -La Vcrendrye déoourre 1er 'montagneg Aoehenae»— Prise do Loaisbourg.

223. Nommé gouverneur général de la Xouvellc- France le 11 juin 1726, M. de Beuuharnaiii arriva à Qaf'ibec vers la fin d*aoùt, avee le nouvel intendant M. Dupuy, qui venait remplacer M. Bégon. M. l)upuy était un homme instruit et accoutumé aux ailaires, mais extrêmement prétentieux. « Il n'est pas aisé, € disait en parlant de lui M. de Beauharnais, «le vi^Te c avec un nomme d*une hauteur qui passe l'imagic nation. C'est un homme absolument lior.s de sa c sphi'i'e. 9 En effet, sans la modération du gouverneur, on aurait vu se renouveler les scènes scandaleuses das mauvais jours de M. de Frontenac.

224. Doux ans s'étaient à peine écoulés depuis la mort de M. de Vaudreuil, que le Canada eut en(*ore A déplorer la perte de son second évèque, Mgr do Saint- .Valier, qui mourut dans la nuit du 25 au 26 décembre 1727, à F Hôpital-Général de Québec. La mort de ce prélat fut suivie de difficultés fort graves entre Tarchidiacre M. de Lotbinière et le chapiti*e. L'intendant ayant cru devoir prendre la défense de l'archidiacre, il s'ensuivit une querelle très-vive entre lui et le conseil d'une part, et le gouverneur do l'autre. Les chose^â s'envenimèrent au point, f£uc M. do Beauharnais crut devoir se rendre au conseil, et adresser à tous les membres des roprochc.i assez vifs, de ce que, sans le consulter, on s'était ni r? d'intcr\'^enir dans des matières aussi délicates que celles dont on s'occupait; et, au nom du roi, il défendit aux officiers du conseil de rendre aucun arrêt snrloBujeten question, josqulà <ie c^>\^Vs\.^^J«c^^^

138 MAUOARNAIS. [1^^^

majesté d*cii ordonner. La lutte ne se termina qti*«f '^ mois de septembre 1728, lorsque le roi eut fait connaître sa volonté, et décharge M. Dupuy de ses fonctions d'intendant.

225. Le sieur Dupuy partit au mois d'octobre, et M. d'Aigremont fut chargé de le remplacer comme commissaire ordonnateur, en attendant qu'un autre fat nommé à cette place, M. d' Aigrement no jouit pas longtemps de son élévation ; il mourut pou après, universellement regretté. M. Hocquart exerça après lui les fonctions d'intendant, sans en avoir le tltro, qu'il ne reçut qu'en 1731.

22(). La tranquillité dont jouissait le Canada depuis la paix d'Utrecht, fut un instant troublée par lo« courses et les pillages des Outagamis, ou Benards. M. de Eeauharnais, poussé à bout, jura de les exterminer. Il donna à X. de Lignens 450 canadiens, avec sept ou huit cents sauvages. Cette petite armée partit de Montréal au commencement du mois de juin 1728, et, prenant la route de l'Outaouais, arriva à Chicago vers la mi-aoùt. Ils y trouvèrent, rangés sur le rivage et prêts à s'op]K)ser à leur descente, les Malhomines, ou Fol les- Avoines, que les Outagamis avaient entraînés dans leur alliance.

227. A peine les Canadiens eurent-ils mis pied à terre, qu'ils chargent les Malhomines en poussant de grands cris, et, après une résistance assez vivo, les enfoncent et les mettent en déroute. Le biniit de cette défaite répandit la terreur parmi les tribus indiennes, et les Outagamis les premiers prirent la fuite. Ligneris se mit en devoir de les poursuivre ; il remonta la rivirre des Outagiimis jusqu'à sa source, et s'avança jusqu'à leur dernier fort, sur une rivière qui tombe clans le Wisconsin. Mais on ne put les atteindre ; il fallut se contenter de détruire leurs bourgades, avec les dépôts de maïs qui s'y trouvaient, et do ravager la campagne, afin do leur ôtcr tout moyen de subsistance. Cette expédition, si peu satîs- /hjsante qu'elle fat, eut co-pendaut le bout effet de rendre pour xm temps la ;s^^ ^ ^^^ c/osw^sK^^a^ ^

^"729-31] ' liSAUUAJiSf j]j. 139

^'assorer lus e /lumunications entre le Cuiin ia et la liOaisianc.

228. AprùslamortdeMgrdeSaint-Valier. le nouvel êvêque, it. de Mornay, ne pouvant se rcn Ire dans son diocèse à cause de son grand âge et de ses infirmitcSy le roi lui fit nommer pour son coadjuteur M. Dosquet, qui fut sacré sous le titre d'cvf'que de Samos. M. Dosquet s'embarqua sur Y Eléphant, vaisseau du roi, commandé par le fils de feu M. de Yandreuil. Il était accompagné de !M. de la Tour (1), nommé doyen du chapitre de Québec. Sur le point d'arriver, V Eléphant donna sur un écueil en face du cap Brûlé, à une douzaine de lieues de Québec, et se perdit ; on put cependant sauver Téquipagc et les passagers avec une partie de la charge.

229. Il y avait déjà quelques années (1723) que le gouverneur de la Nouvel le- Angleterre, 31. Burnet, aviût établi un comptoir à Chouaguen, ou Oswégo, et il l'avait même protégé par un fort à Teutn^e dd la rivière du même nom. Les Anglais aui-aient voulu, comme le sieur Joncaire, avoir leur cabane i\ Tsonnontonan, et en avaient fait la demande à ce canton ; mais les Tsonnontouans répondirent : c Xotre terre est en paix ; les Français et vous n'y pourriez pas demeurer ensemble sans la troubler : que Joncaire y ait sa cabane, à la bonne heure ; il est enfant de la nation, il jouit de son droit. > M. de Vaudreuil avait cru devoir appeler l'attention du ministre sur ces tentatives d'empiétement des Anglais. Le marquis de Beauhamais, animé des mêmes craintes, demanda aux Tsonnontouans de lui permettre de protôger par un fort en pierre le poste important de Niagai-a, t J)e peur, leur aisait-il, que les Anglais ne s'en ]>révalent pour vous asservir. » Lorsqu'il voulut faire ses

{plaintes à M. Bumet d'avoir fortifié Oswégo, celui-ci ni reprocha à son tour la construction du fort de

(1^ L'abbé de la Tour eit auteur d'un ouvrage intitulé : " M énioir«« •■r w Tîfl de llgr de LaTal» " dont il n'a para qu« \a ^t«uk\«t ^^>aL\3&.^« ria|»eMioii à^ m eo ad MjMnt été empêchée, dit-on, ]^ \% UnàùSkA ^

i40 t^URABI^AIS. I ' \yi%\A

Niagara ; on lui repondit que Niagara avait toujour appartenu à la couronne do France. M. Burnet n'ei continua pas moins ses travaux de fortiti cation convaincu qu'Oswégo, tout en assurant la traite de.* pelleteries à l'Angleterre, serait une protection poui les nouveaux établisseTnents qui se formaient de ce côté.

230. Par une espèce. ^^e représailles, M. de Beauharnais éleva, à la tôte! même du lac Cham])lain, un autre fort sur la pointe à la Chevelure. Après avoii chargé M. de la Corne de bien examiner la positioii dés lieux, il envoya, en 1731, le sieur de la Fresnièrc avec un détachement de soldats et d'ouvriers poui exécuter les travaux, c Maîtres de la pointe à la Chevelure, écrivait M. Hocquart, nous barrons le chemin aux Anglais, et nous sommes en état de tomber sur eux lorsqu'ils y penseront lo moins. >

231. Le Canada, assez tranquille du cote do se? enpemis, fut éprouvé, à cette époque, poi* plusieurs calamités. En 1732, les inondations et surtout le.* trcmbleraentô de terre vinrent remplir les habitant* de terreur. L'année suivante (1733), la petite vmK se répandit dans le pays, et y iit do tels ravages, que dans le seul gouvernement de Montréal, 11 en moiu'ul neuf coûts personnes, et presque autant dans le reste du pays ; le nombre des malades était si gx'and, qu'i y en eut, à Québec, plus de deux mille, tant f rHôtel- Dieu, que chez » les particuliers. Les reli gicuses hospitalières dej trois villes monti-èrent uî dévouement et une chaiùté sans bornes. PlusieuP personnes marquantes de la colonie moururent cettf année ; de ce nombx'o furent MM. dp la Chassagn^ gouverneur de Montréal, BôuUard, curé de Queoet et ancien grand vicaire. L'année suivante (1T34) on eut eucox'e à regretter la mort du. sieur Sarrasin chirurgien du roi, aussi distingué par sa scienc* qu'estimé pour ses mœurs irréprochables, et se: bonnes qualités.

232. M. Ilocquart, travailla de tout son pouvoir • remédier aux maxix cauRÔs çax \ti. mtl\»à5A^ t^ ^ni\{aï

)ï-43] BEAUHABNAIg. 141

n des travaux qui s'ensuivit, et par la disette de >. Il employa un certain nombre d*ouvriei*s aux tifications de Montréal, d'autres à former le comocement d'une àiguo (1) dans la rivière Saintarles, afin de mettre les bâtiments à l'abri des its de nord-est. Enfin il profita de la paix pour relopper les ressources du pays, faire examiner et ploiter les mines. Le 12 octobre 1*73*7, il annont au secrétaire d'état que les forges de Saintkurice étaient sur le point d'entrer en opération, et 3 les fourneaux seraient allumés le 15 du même ds. Une seconde forge fut bâtie près de la prcère en 1739, sur les représentations de M. de Lcry ; qui mit les associés en état de fabriquer six cent lie livres de fer par année.

233. Cependant le pays se peuplait de plus en plus, it par J'accroissemont naturel de la population tigène, que par l'émigration de France. En 1721, n'y comptait que 25,000 habitants; et, en 1744, il en avait 50,000. Dans l'espace d'une dixaino nnées (1732-42), il n'y eut pas moins de trente icessions de fiefs ou scigneuriea ; les chemins uvrirent partout, et, en 1734, on put remonter en ture de Québec à Montréal ; ce qui no s'était point îore fait.

J34. M. de Beauharnais s'occupait toujours des yens d'achever la découverte " des pays de la mer l'Ouest, " c'est-à-dire, des terres à l'ouest des inds lacs. La Yorcndrye se chargea de cotte [reprise, de concert avec son frcre et ses quatre . Il forma ^1731) une compagnie de traite, pour .er à payer les dépenses, et pénétra graduellement qu'au pied des montagnc.=i Kocheuijes, après douze 3 de voyages et de traverses sans nombre (1743). 235. Louisbourg était devenu une source d'inquiéle et d'irritation pour les habitants de la X?>uvelle- »gleterre. De ce port, les corsaires français leur

Ce commencement da digao a 6t6 ïCtiîcxmS iiîji"i \^ q^"oK ^n\. alg.

142 BE4.i7aa^4^s. [1*^45. .

enlevaient les vaisseaux de commerce, et rendaient impossible la pêche de. la morue sur le grand banc Shirley, çouverneor du Massachusets, réussit à convaincre Tes colonies anglaises d^ la nécessité de rainer cette place si importante aux Français, et si ennemie de leur propre sûreté. Le commandant Pepperell fut chargé de conduire à Tile Royale le contingent des colonies, qui se monta à 4,000 soldats. Enfin le commodore Warrcn arriva d* Angleterre avec quatre autres vaisseaux do guerre. Louisbourg était gardé par 600 soldats et 800 habitants armes à la hâte. Par malheur, la garnison était restée en révolte permanente depuis le mpis d'octobre précédent, par suite des înjuaticcs du commissaire ordonnateur le fameux Bigot, qui retenait- aux troupes, une Ï)artie de leur solde. Les Anglais s'approchèrent de a place avec assurance, et ne débarquèrent que dixhuit canons et quelques mortiei^s. La chaude réception qu'ils reçurent leur apprit bientôt à ne point m^riser les règles d'une prudence ordinaire, il eût suffi, en ce moment, de quelques sorties vigoureuses pour chasser, l'épée dans les reins, les miliciens de Pepperell ; mais [es officiers français, trop peu sûrs de leurs soldats, les tenaient renfermés dans la place. On laissa ainsi au colonel Yauçhan le temps d'établir ses batteries ; et, de son côté, Te commodore Warren, qui venait do recevoir d'Angleterre un nouveau renfort de vaisseaux, crut pouvoir entrer dans le port, et commença le bombardement. Le 16 juin, les Anglais se disposaient à faire un assaut général, lorsque Duchambon, commandant de Louisbourg, se détermina A capituler, après un siège de quaranteneuf jours. La capitulation fut signée le lendemain, 17 juin 1745.

1146-47] DK LA JOKQUiÈBE. 143

CHAPITEE XI.

Désastre de la flotte du duo d'AnvilIe — Le marquis de la Jonquière pris par les Anglais; M. de la Qalissonniùre lo remplace ad tnfrim — Commission des frontières — M. de la Jon([uièro prend

Îossession de son gouvernement — 2Sa mort — M. Leuioyne de lOnguonii administrateur— Duquesno gouverneur — Campagne de W hio ; assassinat de Jumonville — Défaite de Washington au fort Nécessité.

236. La prise de Louisbourg causa une sensation pénible en Canada, et encore plus en Franco. On prépara, en 1746, un grand armement de plus do quarante vaisseaux et de 3,000 hommes de débarquement, dont le commandement fut confié auducd'Anville, et auquel devaient se joindre un corps do canadiens et de sauvages, que M. de Eamezay devait amener do Québec. A peine la flotte avait-elle perdu do vue les côtes de France, qu'elle fuj assaillie d'une tempéto qui sépara les vaisseaux les uns des autres ; au bout de trois mois, le duc arriva à Chibouctou (llalifax), avec sept vaisseaux seulement, et, j)our comble d'infortune, il y tomba malade, et mourut quatre jours après.

237. A la nouvelle des désastres arrivés à la flotte, M. de Eamezay, qui avait commencé le siège d'Annapolis, se retira, et alla prendre ses quartiers d'hiver à Beaubassin. Les Anglais vinrent l'y attaquer ; mais, le 11 février 1747, ils furent complètement battus, et obligés de se rendre à discrétion. La victoire de Grand-Pré humilia les Anglo- Américains, et, pendant le reste de l'année, la Nouvelle-Angleterre fut impitoyablement ravagée.

238. Une nouvelle flotte de trente bâtiments, chargés de troupes et de provisions, escortée de six vaisseaux de ligne, fut confiée au marquis de la Jonquière, nommé gouverneur général de la Nouvelle-France en remplacement de M. de BeauharwoÂ?», li^i. '^ ^«ssiv (1747), oJJo i-encontra, feur \oà e.o\^^ i\ftk\^^'s^iCNSi,^^Nicsss:

iàéi DK LA JONQUIÈRS. [1747r49^

flotte anglaise de dix-sept vaisseaux, sous les ordres des amiraux Anson et IVarren. M. de la Jonquière se battit héroïquement pour sauver les transports; mais, les six vaisseaux do lignes ayant été pris, le reste de la flotte fut contraint d'amener pavillon.

239. La conquête de Louisbourg, circctuéc. pai; les seules forces des colons do la Nouvelle-Angleterre, fit comprendre à tout le monde que le Canada no pourrait être longtemps conservé sans quelque mesure énergique. Le comte de la Galissonnicro, qui avait été nommé (10 juin 1747)poui' remplacer ad interiin^L do la. Jonquière, prisonnier des Anglais, propofr^a d'établir une suite de forts bien situés et bien approvisionnés^ depuis le Saint-Laurent jusqu'à la Louisiane ; do faire venir de France 10,000 cultivateurs pour j^eupler les bords des lacs et des principaux aâluent^ du. Mississipi ; d'empêcher les colons anglais de franchir, les Alleghanis; enfin d'attirer tous les Acadienssurlo. territoire français, ou en deçà de la péninsule do la, Nouvelle-Ecosse.

240. Pour préluder à l'ex'écution des vastes projets qu'il suggérait au gouvernement, le comto do la Galissonnière fit construire ou augmenter les forts do Gaspareaux et de Beauséjour, sur l'isthme d'Acadie ; celui de la Présentation entre Montréal et le fort Frontenac, et celui de Toronto, ou Rouillé, entre ce dernier et Détroit. Dès lors, il y eut, de Québec au J^ississipi, une gi'ande ligne de postes militaires qui as&uraient les communications entre le Canada et la. Louisiane ; elle se composait de Québec, Montréal, la Préseur I tation, Frontenac, Toronto, Détroit, fort des Miiimis, Saint-Joseph, Chicago, Crèvecanir bur l'illinois, et lo. fort do Chartres sur le Mississiiii. On forma en. outre une autre série de postes plus avancés, entre le lac | Ontario et lo Mississipi, destinés à fortifier la i front ioro et à assurer la possession do l'Ohio, ou Belle-Ivivi;'rc. Cette ligne comnicnc^ait à Niagara, et se continuait par le fort de la Presqu'île, celui du la rivuro aux Bœufs, celui de Macliault et lo jbrt

Diiqiicsnc.j qui fut élevé ut\ "pcwçVwv^» \to:v\.

1*149-52] Bii LA JONQtriLRE. 145

2il. M. v-ola Galiissoilniôro réôrganiBa la i.nlicc,'ct la porta h 12,0i)0 hommes. En môme Icmpè, il envoya un détachement do 300 hommes dans la ralK'o do rOhio, poiir en chasser les traitants et les colons anglais, avec ordre do repi'ôndre possession du pays d'une manière solennelle. Sa présence dans la cofohie eut été =8ans doute d'un grand secours au milieu des difficultés où elle se trouvait. Mais la cour avait besoin de ses services ,' il fut Rappelé en France, et nommé, ainsi que M. dé Silhouette, pour discuter la question des îîniîtes de PAcadie, avec les commissaires anglais MM. JShirley et Mildmiay. Il quitta Québec le 24 septembre 1749.

242. € Quand je peiitse, dit le célèbre nûtiiraliste £alm, à toutes les oelles qualités q\ii brillaient en M. de la GiilîssoTinîère, je no puis on fhirc anscz d'éloge. Il a dés connaissances etohn'antcs en toutes les sciences, maiti surtout dans les scion cbi4 naturelles, où il est tellement versé, que, quand il commençait à me parler sur ce sujet, je ni'imai^inîiis voir notre grand Linnée sous Une forme nouvelle. Janiai.; l'histoire naturelle n'a eu en ce pays un plus gi-and protecteur, et il est douteux qu'on no revoie ici son pareil. >

243. Le mai-quis do la Jonquîèro, qui a-vaitrccotivro sa liberté l'année précédente, prit possesh^ion do vow gouvernement le 2 septembre 1T49. La mémoii-o récente des grandes actions qu'il avait faitotu; armer, le fit regarder d'un bon œil. Il avait instruction cîo suivre les plans de M. do la Galissonni'rc, qui lui laissa en efl'et beaucoup do mémoires instructifs; mai.} il n'en put goâtcr tous les projets.

244. Jusqu'à cette époque, les Canaliens avaient en rarement sujet d'accuser leurs gouverneurs ou leurs intendants do pcculat ou do concussion dans la régie des finances. Mais, à l'arrivée du marquis de la JonquiCrc, la corruption commença à ee montrer chez la plupart des fouctionnaires \)ubUe9>. l-Oi ^v^- \erneur se fit beaucoup d'cïu\evn\ià eiv \v\X!vc^xv\. ^v^xv^Vn. colonie piu.sionrs do se; parents, a\L'5?Lç^»>AÀ^\^:5»^^'^^^^^^

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