‹ Histoire du Canada a l'usage dos maisons d'educationChapitre 31 sur 42 · CARLETON · texte numérisé non relu

CARLETON

d'autres échecs, qui les obligèrent à faire la paix à - Chouaguen en 1766.

311. C'est aussi sous Murray que f\it commencée la publication du premier journal canadien, c la Gazette de Québec, » dont le premier numéro parut le 21 juin 1764. Pendant longtemps, cette feuille se ressentît de Tatmosphère gênante au milieu do laquelle elle avait pris naissance. Il lui était permis de noter les principaux événements et de recneillir les nouvelles étrangères ; mais elle dut garder un silence respectueux sur tout le reste, et Ton y chercherait en vain un reflot de Topinîon publique pendant tout le reste du dernier siècle.

312. Dès le commencement de 1765, Murray avait reçu l'ordre de se préparer à repasser en Angleterre,

Ï)our y donner un exposé clair et complet de l'état de a province, et de sa propre conduite dans l'administration du gouvernement. Arrivé à Londres (1766), il lui suffît de mettre devant les ministres le recensement qu'il avait fait faire en 1765, pour prouver qu'il n'y avait pas en Canada un protestant contre 150 catholiques (1), et que par conséquent il était de la dernière injustice d'exclure ces derniers du gouvernement. Les commissaires nommés pour conduire l'investigation, firent rapport, en 1767, que les accusations portées contre le général Murray étaient mal fondées. Cependant, son acquittement ne le fit point revenir au Canada ; on y envoya, pour le remplacer, le brigadier général Carleton comme lieutenant-goU' verneur, avec un nouveau juge en chef, M. Hey, et un nouveau procureur général, M. Mazères, fils d'un réfugié français. Carleton, arrivé à Québec eu septembre 1766, prit l'administration des mains du conseiller Irving, qui en était chargé depuis le départ du général Murray.

(1) La population entière du Canada^ y compris les sauvages oatboliques, était d'environ 76,275 âmes -, et l'on n'^ ccwptait que 500 pfO' testants.

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CHAPITEB n.

Aete de Qvébeo— InymrioB amërioAine — ^Pria* de Montréal— Siège de

313. L'arrivée de Carleton n'apporta pas un aussi prompt remède ^'on Tavait eeperé aux troubles qui déflolaieht le pays. Les Canadiens, voyant le système d'exclusion qu'avait adopte le gouvernement à leur égard, continuèrent leur opposition négative. Dès avant le départ de Mtirray, bon nombre des citoyens les plus notables avaient envoyé des représentations à Londres, espérant qu'une aussi juste cause ne Testerait pas sans défenseurs ; en effet, quelques anglais éclairés se joignirent à eux. Les ministres renvoyèrent les plaintes d'abord au bureau dos Plantations, puis au procureur et au solliciteur général, HM. Yorke et de Grey ; et, en attendant leur rapport, ils firent désavouer par le roi l'ordonnat^ce de 1764, et accorder aux Canadiens le droit d'être jurés en des cas spécifiés, et d'être avocats BOUS ' èertaines restrictions. Le rapport des deux ministres fut présenté en 1766 ; ils reconnaissaient tous les défauts du svstème de 1764, et terminaient. ^ Bi^^ggéi^^^^^^ ^établissement des lois civiles françaises. Malgré les raisons de haute politique et do Cttce allégtiées par ces deux éminents jurisconsultes, JTB conclusions ne furent point adoptées. L'année Baivànte, Carleton fut chargé do faii-e une enquête BQr l'administration de la justice ; la longue investi- ^ion qui eut lieu, exposa encore une fois les nommux défauts du nouveau régime, et renouvela les embarras du pouvoir. Carleton, devenu gouverneur Çénéral en 17(58, passa en Angleterre en 1770, avec S. de Lotbinière, pour être entendu sur les affaires du Canada, et M« Cramahé, président du conseil, le wmplaça à la. tête du gouvernement. Enfin, en 1772 ^t 1773, parurent trois nouveaux rapporta \ ç,^\sl"5l ^^a IQL Marriott, Tburlow et WeàdexbxMciift, \a Nxw^^Sw

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de Marriott était un long cri do proscription contre les Canadiens, leurs usages, leurs lois et leur religion. Wcdderburne, ])lus modéré, reconnaissait qu'ils avaient des droits qu'il fallait respecter. Thurlow se montra Tami généreux des Canadiens, et sa logique pressante aida puissamment leur cause.

314. Les difficultés que la loi du timbre avait iait naître dans les autres colonies, enga^rent TAngleterro à suivre une politique plus juste et plus libérale à regard des Canadiens ; leurs demandes furent accueillies comme elles devaient l'être dans des circonstances aussi difficiles. F^ n ] 774. le ministère suffisamment éclairé sur les affaires du Canada, intimidé d'ailleurs par l'attitude menaçaKte des autres colonies, crut que le temps était venu de rendre justice aux Canadiens. Il soumit au parlement, et fit adopter une loi, à laquelle on a donné le nom d*acte de Québec, Cette loi reculait de toutes parts les limites '(u'on avait données à la province de Québec dix ans

auparavant, et les étendait d'un côté ^ la Nouvelle- Angleterre, à la Pensylvanie, à la Nouvelle-York, à rOhio et à la rive gauche du Jdiississipi ; de l'autre, au territoire de la compagnie de la baie d'Hudson. Elle conservait aux catholiques les droits que leur avait garantis la capitulation, et les dispensait du serment du test ; elle rétablissait les anciennes lois civiles, avec liberté de tester de tous ses biens, et confirmait Tusage des lois criminelles anglaises ; enfin elle établissait un conseil législatif, qui serait composé au moins de dix-sept membres, et de vingt-trois au plus, catholiques ou protestants, avec pouvoir législatif, moins le droit d'imposer des taxes, si ce n'est pour les chemins et les édifices publics. lîe roi se réservait le privilège d'instituer des cours de justice civiles, criminelles, ou ecclésiastiques.

315. L'acte de Québec était de nature à mécontenter les Anglo-Américains ; mais il eut le bon effet do rassurer les Canadiens, et contribua gi'andement à les attacher à la couronne d'Angleterre. Le général ^arleion, qui revenait eu Caiiaâa -çovxï vcv^Ti^vsctçMr la

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iionvello constitution, crut devoir travailler plus que j limais à s'attacher les Canadiens par quelques faveurs ; i 1 on nomma plusieurs - à des cnarges publiques, et b.ir les vingt-trois membres du conseil législatif, un licr^i fut choisi parmi les catholiques. Il n*y avait pa3 de temps à perdre ; en effet, le congrès leur avait envoyé une adresse, les sollicitant de se joindre auK autres colonies pour défendre avec elles leurs droits et leur liberté. Cette adresse fit une assec grande sensation dans ^le pays, surtout parmi les anglais, qui, n'espérant plus dominer exclusivement, 80 jetèrent dans le parti révolutionnaire. La situation du général Carleton devint excessivement difficile. Heureusement, la noblesse et le clergé réussirent à maintenir ^^rosque toute la population dans la neutralité.

316. Voyant que Tappel fait aux Canadiens n'avait 2)roduifc que pou d'effet ; informé d'ailleurs que l'An- ^lotorre était déterminée à employer, la force des firmes, le congrès américain résolut de prévenir les coup.-», et de s'emparer immédiatement des principaux

Î)f)stOd do la frontière, par lesquels on supposait que j.s Canadiens étaient tenus en échec. Au commencomcnt do mai 1775, les colonels Allen et Arnold, h l.i tCto d'environ 300 hommes, traversèrent le lac <^'iainplain, et débarquèrent de nuit tout près de Carillon. Ce fort, qui n'avait que 50 hommes de /garnison, se rendit sans coup férir; lo fortfllainti''i*J(L'ric HO rendit quelques jours après, ainsi quo celui do Saint-J^aft, où il n'y avait qu'un sergent nvoc quolv'iues soldats ; ce dernier fort cependant fut roprÎM lo surlendemain par 80 volontîiiros canadiens, titnu lo commandement de M. Picote do Belestro.

317. Le congrès profita de ces premiers succès jx^ur r.chover do gagner ceux des Canadiens qui paraissaient indécis, en faisant circuler dans tout le Canada une proclamation encore plus insinuante que tout ce qui avait procédé, et plusieurs s'y lait^sèront preaulrc. Cîette d.'foction jeta le gouvenveur d^A-^ -ww^ V^rs^xvi^ poi'plexitj ; il proclama la \o\ \xiS«VivAQ>^ 'i^» ^^.-^jvNjs^cèi

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la milice sous les armes, mais sans produire grand résaltat. Carleton alors s'adressa aux cantons iroqnois; ceux-ci, qui n'avaient aucun motif de préférence pour l'un on pour Tautre partie se firent prier quelque temps, et finirent par s'^gagor à prendre la campagne aux premières feuilles du printemps.

318. Informé des préparatifs du génanal Carleton, le congrès, résolut de. le devancer, : et envoya une armée ae 3,000 hommes bous> le. commandement du major général SchuyleretdeslNrigadieirs Mpntgomery et Wooster, qui devaient s'avancer du coté du lac Champlain jusqu'au fort de Sorel. Après s'être emparés de l'île aux Noix, Schuyleor et Montsomery adressèrent de là aux Canadiens une déclaration portant en substance, que l'armée américaine, uniquement dirigée contre les troupes anglaises, respecterait leurs personnes, leurs oiens, leurs libertés et leur religion. Montgomery, devenu commandant en chef par la maladie de Schuyler, détacha les maiors Brown et Li vingston, pour s'emparer du fort Chambly, tandis que lui-même était activement occupé du siège de Saint- Jean. Carleton, sachant bien que ce fort no pouvait tenir longtemps, entreprit d'y mire parvenir quelques secours. De Montréal, où il était alors, il envoya au colonel McL<?an, qui commandait à Québec, l'ordre de lever autant d'hommes qu'il pourrait, et de monter à Sorel, où il devait le rejoindre lui-même. McLeaAirriva au rendes-vous avec 300 hommes, qui commencèrent à déserter. Le gouverneur, de son côté, assembla près de mille hommes,' presque tous 'canadiens ; mais, au lieu d'aller joindre McLean à •Sorel, il traverse le fleuve devant Montréal, où il se trouve en face d'un corps américain avantageusement

Kmté, et se retire après avoir reçu quelques coups de sils et de canons, et laissé aux mains de l'ennemi les canadiens et les sauvages qui avaient sauté à terre. '319. McLean cependant s'avança jusqu'à Saint- Denis s mais, trouvant les ponts rompus et les /paroisses soulevées, il jugea à propos de retourner à brel. Là, bob gens, gaguèB par \^ ém\«ft»k«& de

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Chambly, Tabandonnèrent presque tous ; ce qui Tobligea de se replier sur Québec, après avoir fait enlever les munitions qu'il y avait a Sorcl et aux Trois-Rivières. Le fort de Saint-Jean, n'ayant plus de secours à espérer, se rendit a Montgomery, qui accorda à la garnison les honneurs de la guerre.

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