‹ Histoire du Canada a l'usage dos maisons d'educationChapitre 40 sur 42 · BAGOT · texte numérisé non relu

BAGOT

do manière qu'à partir do cette époque, il n'y eut plus dans le pays qu'un seul représentant de Tautorité royale Cette union, agréée des deux provinces, reçut . la sanction royale en 1840, et fut proclamée en Canada le 10 février 1841.

432. Les élections générales, pour la nouve/le législature, eurent lieu dans le mois de mars 1841 ; et le premier parlement s'ouvrît solennellement à Kingston le 13 de juin. Cette mémorable session jeta les fondements de nos institutions civiles les plus importantes : le système municipal, l'éducation populaire, les douanes, le cours monétaire, etc. Une des améliorations les plus remarquables de cette époque, fut la création du bureau d^ travaux publics ; jusqu'alors les grands travaux d'améliorations ou de constructions étaient abandonnés à des compagnies privées et iiTOçponsables, ou confiés aux différents départements de l'administration. Afin de permettre à ce bureau d'effectuer certains projets d'un intérêt public, et de consolider la dette déjà contractée, l'Angleterre, à la recommandation de lord Sydenham, vota une somme de £1,500,000 sterling au crédit de la province. La session se termina au mois de septembre, au milieu des regrets imiversels cansés par la mort imprévue de lord Sydenham (1), qui arriva le 19 de ce mois. La fermeté et la sagesse de ce gouverneur contribuèrentgrandement à dégager la politique de l'ornière des personalités, et à placer l'homme d'état à ^ véritable hauteur.

433. Son successeur. Sir Charles Ba^ot, arriva dans la capitale en janvier 1842. Depuis la mort de lord Sydenham, l'administration était entre les mains du commandant des forces Sir Eichard Jackson. Le nouveau gouverneur eut cependant à lutter contre de grandes difficultés. Pendant son administration, se réveillèrent à diverses reprises les anciennes querelles politiques ; mais sa prudence en prévint les

(1) Il mourut des suites d'une chute de oheyal, et fUt enteirtf à Kingston en «eptembre 184L« H n'était ^^ <\]ae de 42 aas.

1842-44] HETCALFE. 225

funestes effets. Il eut le bon esprit de donner sa confiance aux hommes remarquables qui se trouvaient alors à la tête du parti de la reforme. Le célèbre Hobert Baldwin devint procureur général du Haut- Canada, et Lafontaine procureur général du Bas ; Hincks inspecteur général ; Morîn, commissaire des terres de la couronne. Ces hommes de talent et d'énergie étaient capables de travailler efficacement au bien du pays. Malheureusement, le mauvais état de sa santé obligea le gouverneur à demander son i*appel ; il était sur le point de retourner en Angleterre, lorsqu'il mourut à Kingston au mois de mai 1843, sincèrement regretté de tout le peuple.

434. Sir Eobert Péol jeta les yeux, pour le remplacer, sur un homme de mérite, Six Charles Metcalfe, qui s'était distingué comme gouverneur des Indes et de la Jamaïque. Celui-ci arriva à Boston le 20 mars 1843, et se rendit immédiatement à Kingston, où il prêta les serments d'usagé le 29 . suivant, et prit possession de son gouvernement. Pendant les premiers nïois de son administration, les choses par^]*Q^t aller au gré des ministres ; mais bientôt de graves divergences d'opinions vinrent briser toutes leurs espérances. Ils voulaient que le gouverneur, avant de. nommer aux emplois publics, consultât son conseil, afin de ne pas paralyser les bonnes intentions de ses ministres ; . le gouverneur, de son côté, voyait dans cotte demande une atteinte portée au privilège de la couronne, et il persista dans sa résolution de ne ppint: : cJder sur cette question. Quelques autres mesures • ministérielles, qu'il no voulut poiut sanctionner, entre ■ autres lo bill des socictca secrètes,' rendirent la position dès ministres si critique, qu'ils se virent . contraints de résigner. De nouvelles élections donnèrent une majorité à la politique du gouverneur.

435. Ce fut sous l'adininitîtration de Metcalfe, que le aiog^e dû gouvernement fut transféré à Montréal - (1844).

43G. Lord Metcalfe était déjà atteint d'ua.m^l ^a^ devait le conduire au tombeau; uu c^^xtfsto^ c^vcà.

É2Ô ÈLaiN. [1845-48

ix>ngeait le visage, Tobligoa à demander son i-appol (1845) et ù repasser en Angleterre, où il Buccomba^ on 1846, aux Bouffi'anees que lui causa cette cruelle maladie. Après Id départ de loixl Métc^lfe, le commandant des forces, loixl Catheai*t, eut entre les mains les rônes du gouverne îment jusqu'à Tarrivée de lord Elgin, en janvier 1847.

437. Le commencement de Tàdministration du nouveau gouverneur fut marqué par Tapparition d*un torriWe fléau, qui, après avoir désolé Tlrlande et TEcoBse, jeta sur les oords du gaint^Làurent 70,000 émigrés à demi morts do faim et de privations, ou brûlés des ai-deurs d'une fièvre contagieuse. La maladie fit de grands ravages dans les lieux les plus exposés j et les autorités civiles furent contraintes de passer des règlements sévères pour, prévenir de pareilles calamités à l'avenir.

438. Lord Elgin fit preuve de beaucoup d'habileté et de sagesse. Ce fut sous son administration que s'accomplirent plusieurs des événements et des améliorations lés plus remarquables de notre époque. La responSîïbîTrté du gouvernement f\it franchement mise en pratique, et l'on remédia à tous les justes sujets de plaintes. Rarement un gouverneur s'identifia plus intimement avec les intérêts du Canada, ou réussit mieux à mener à bonne fin les grandes entreprises. Après les élections générales de 1848, qui donnèrent nne prépondérance marquée au parti réformiste, lord Elgin s'entoura des chefs de ce parti ; sous son habile direction, le ministère Lafontaine-Baldwin fit adopter les mesures les plus importantes. Grâce au rappel de l'acte impérial de la ISfavigation (1848), le Canada put jouir de tous les avantages de la liberté de commerce, et régler lui-même tous les détails du tarif et de l'administration des douanes.

439. Une mesure, cependant, vint un moment réveiller la violence des partis. Dès 1845, sous l'administration de lord Cathcart, le gouvernement avait

nommé une commission "pou^ -çrondre éônnaissance ^08 pertes et doinTuageà oceasvoiiTvê^ ^\v^tâ> W

184Ô-52] Eï^diN. 221

troubles de 1837-38. Le rapport de cette commission fut soumis (1849) au gouverneur on conseil, puis aux deux brancnes de la législature, et la question fUt définitivement réglée, nonobstant une assez vive opposition. A peine le gouverneur eut-il donné à ce bill la sanction royale, qu'il se vit assailli dans les rues de Montréal par une troupe de mécontents, qui, après Tavoir insulté, allèrent jusqu'à incendier les bâtisses du parlement (1). Cet acte de violence, fut cause que le siège du gouvernement fut transféré de Montréal à Toronto. Cependant, toutes les parties de la province s'empressèrent de signer de nomoreufies adresses à lord Elgm, pour lui exprimer le regret de ces actes de brutalité, et pour lui témoigner de la pleine confiance que tout le pays avait dans la; sagesse de son administration ; ce qui n'empêcha paa le gouverneur d'offrir : sa résignation. Mais le gouvernement impérial, loin de l'accepter, voulut loi donner une marque de son entière approbation, en rélevant à un grade supérieur dans là hiérarchie civile. Bientôt le cialme se rétablit, et lord 'ElgiA Ait plus que jamais l'objet de l'estime et du respect de toutes les classes de la. population canadienne.

440. Cette même année (1849) vit s'organiser, dans le Haut-Canada, le système municipal, qui s'étendit bientôt à la province inférieure. Dès lors, chaque district, et même chaque paroisse, put disposer de la gestion de ses propres affaires locales, et le gouvernement se trouva du coup débarrassé d'un fkrdeau qui devenait tous les jours de pluô on plus embarrassant.

441. Lord Elgin peut être regardé comme l'un des plus zélés promoteurs de l'éducation en Canada. En 1851, il posa la pierre angulaire de l'école normale du Haut-Canada ; l'année suivante, il recommandait au gouvernement anglais l'octroi de la charte impé-

(1) Cetinoeodio Ctpdrirnno dos bîbUotlvèr\Uô« V^* \v\\\% ^\^t3«k\«»,^ \ olle-renfoiiD.tftrprév (fodenz jhillo volume» fcuT\Q Qxvùtv^% <«v\\«va'st*.r

228 jBDiiîrtïfi ttfcAD. [1854^0

riale do runiversité Laval (1), et, deux ans plus tard (1854), il voulut bien honorer de sa présence et encourager de son éloquente paroici l'inauguration solennelle de cette institution.

442. Quand lord Elgin quitta le Canada, en 1854, la province jouissait de la paix et d'une grande prospérité. Le nombre des représentants du peuple avait été porté de 84 à 130. Un grand nombre d'améliorations s'étaient opérées ; le département des postes avait (1851) réduit le port des lettres à un taux uni-' forme et libéral ; plusieurs lignes de voies fèiTéei^ offi*aient une nouvelle route au commerce do l'Ouest, et une communication plus fhcile avec les États-Unis ; l'établissement de nouveaux phares commençait à donner plus de sûreté à la navigation du SaintlAurent. Le Canada enfin se crut capable de Hva» liser avec les peuples de l'ancien continent, et les succès qu'il obtint à Texposition de Londres en 1851 prouvèrent qu'il n'avait pas trop présumé de ses forces.

443. En quittant le Canada, lord Elgin, dont l'Angleterre savait apprécier le tact et l'habileté, fVit chargé d'aller représenter à Washington les intérètd du gouvernement britannique ; le traité de réciprocité avec les États-Unis fut conclu en juillet 1854. Par ce traité, l'Angleterre permettait, avec certaines réserves, aux vaisseaux américains 1& pèche dans lea eaux britanniques, et leur ouvrait la navigation du Saint-Laurent ; en retour, les États-Unis accordaient aux Canadiens le droit de naviguer sur te lac Michigan.

444. Sir Edmund Head remplaça lord Éïgin en 1854, et tint les rênes du gouvernement jusqu'en 1860. Quoique son administration ait été^ moins brillante et surtout moins populaire que celle de son prédécesseur, elle n'est pas une des moins remarquables dans cette époque de notre histoire. Deux questions impor-

(1) Cette charte fïit lignée par Sa Majesté la Reine Victoria le d aéo<>mbre 1352, jour d» l'Immaculée Conception. Le séminaire de Qaébeo se eîiargea de la fonAatioii, Burrvnl \a veau, dea ^ères 4a nminier conoU^ de Qu^btu*

, 1 854-6 1] MONOK. 229

tiintes et longtemps discutées, y furent réglées défînîtivement : la question des réserves du clei^é, et celle de la tcnure seiguouinale. La première inté< rossait parlicuUorement le liautrCanada ; le })arlement, on vertu d'un acte impérial, sépara l'état do toibto liaison avec Téglise établie, régla Inapplication des fonds provenant de ces réserves, et divisa le reste entre les diverses municipalités du Haut-Canada. La tonui'c seigneuriale, qui avait toujours été çn vigueur dans le Bas-Canada, fut abolie eu 1855 ; de toutes les chargea dont le censitaire était grevé, il ne Im resta plus qu'une légère i*ente foncière, qui remplaçait lo droit de cens et rente, mais qui devenait raeuetablo à volonté. Le gouvernement se chargea d'indemniser les seigneurs des droits de quint, do banalité et do lo(.ls et vente, que leur enlevait cette mesure ; une Qomnio d'environ £(350,000 fut votce pour cette fin,

445. En 1856, lo gouvernement lui-même subit utio modiiication importante dans les éléments do sa constitution; on introduisit lo principe électif dans le conseil Législatif. Los anciens membres demeuraÎGDt conseillers à vie comme par le passé ; mais les nouveaux membres devaient à l'avenir être élus par un des quarante-huit collèges électoraux nouvelloment érigés.

446. Depuis l'incendie du parlement à Montréal, lo BÎogo du gouvernement avait été ambulant ; la chambi*e tenait ses séances alternativement à Toromto ot À Québec, Un système aussi dispendieux ne pouvait dui*cr longtemps. Sa Majesté, à la demande même dp la législature provinciale, consentit à fixer le siège du gotivernemont, et choisit la ville d'Ottawtt.

447. Peu de temps avant le rappel de Sir Jildmund Uoad, lo Canada fut honoré do la visite du prince dp Galles, dans l'èto do 1860. Lo prince ro<;ut |>artout dea témoignages iu)}\ équivoques do la loj'autô du po^plo canadien.

443. LorJ ^loiiclc reniphiQa Sir TMmund Ilcad en ISGl. Poii'.hipJ loii iKiininir,lni(i():î, lo Canada €v\t presque cojjtij.uicliomoiit înqvù'jtô, <\w ^i<)\,vi ^^^^^ ^\.'î>îvifï-

230 HONCK. [1861-67

Unis, soit par le contre-coup de la guerre du Sud, soit par les sourdes menées des Féniens. Mais la vigilance et l'attitude ferme du gouvernement rétablit Tordre et la tranquillité sur les frontières.

449. Pendant que nos milices réprimaient les assauts de ces ennemis insaisissables, la commission chargée en 1860 de la codification de nos lois, continuait son oeuvre pacifique : elle y mit la dernière main en 1865.

450. Ij*union des deux provinces n'ayant pas eu tout le résultat qu'on s'en était promis, et l'esprit d'antagonisme allant toujours croissant, bien loin de s'appaiser, on imagina un nouveau système de gouvernement, qui pût laisser à chaque province le maniement direct de ses propres affaires, et assurer à i^outes les avantages que donne toujours l'union des forces. Les provinces appelées à former cette confédération étaient les deux Canadas, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle- Ecosse, l'île du Prince-Edouard et celle de Terre- Neuve ; maïs ces deux dernières, ne trouvant point leur compte dans cette union projetée, préférèrent garder leur autonomie. Dans une première entrevue, les délégués des différentes provinces, réunis à Québec on 1865, jetèrent les bases do la nouvelle constitution. La question, après avoir été discutée dans les chambres, fut enfin soumise au parlement impérial le 12 fé\a'ier 1867, et adoptée le 29 mars suivant. En conséquence, une proclamation royale, datée du 23 mai, fixa au 1er juillet l'inauguration do la nouvelle Puissance du Canada, qui serait composée dos quatre provinces suivantes : le Haut-Canada, appelé désormais Ontario ; le Bas-Canada, ou province de Québec; le Nouveau-Brunswick, et la Nouvel le-Ecosse. Le 1er juillet fut en effet célébré comme un jour de fête. Le lendemain. Sir N. F. Belleau était nommé lieutenant gouverneur de la province de Québec ; Henry W. Stisted, de la province d'Ontario ; Sir F. Williams, de la Nouvelle-Ecosse, et C. H. Doylo, du Nouveau- Brunswick.

. PROGU/VMME

N. B. Les chiffres renvoient aux numéros.

Page 1