GOSFORD
rien do co quî aurait été manufacture hors de la province ; de faire tomber les banques, en exigeant le paiement des billets, et d'établir des banques nationales.
414. La chambre, à peine convoquée (21 février 1835), protesta contre le discours do lord Aylmor à la fin de la session précédente, et renouvela toutes ses demandes, malgré l'opposition de quelques membres canadiens du district de Québec. Le gouvcrr.eur, soulevé maintenant contre la chambre et les canadiens, refusa l'argent nécessaire pour payer les dépenses de la chambre, avant qu'elle eût a];prouvo les paiements qu'il avait oixionnés, et ])rcrcgoa le parlement. Sur ces entrefaites, furent publiv es des dépêches du nouveau ministre des colonie^% lord Aberdeen, qui remettaient le redressement des abus à une (j^^^Q.^® ^^^ 1'^^^ serait absez éclairé par inio enquête pour les corriger tous ensemble. Il c cri vit en même temps à lord Aylmer que, tout en approuvant sa conduite, il croyait nécessaire de lui donner un successeur contre lequel personne ne pouvait avoir de préventions. Lord Gosford arriva dans l'été suivant (1835), avec le titre de commissaire i^oyal, et accompagné de deux adjoints, sir Charles Gray et sir James Gipp??, pour prendre connaissance des afiaires du pays, et en i^endre le compte le plus détaillé possible (1).
415. Le parlement fut convoqué pour le 27 octobre. Lo discours du trône respirait la modération et la justice ; la chambre y répondit dans le même sens, mais refusa de reconnaître formellement la commission dont elle ignoimit ou plutôt pressentait les instructions. Le gouverneur linit par déclarer qTie, stiï les points en contestation, les commissaires ieraient leur rapport A Londres, et que du reste les «Canadiens jwuvaicnt compter qu'on ne touchei*ait point à leuTs
(1) I © r ;t ])ort iinpM'm^ forma i:n voînmo in-folio do plus do 409 pnc^cFi. Orf;?r;i:o tout à faU hostile. ;in moins dans scn ensemble, a x o;.iuioa des /r.cnbrcs caLadicu'?, \\ î\-.l î)l\xy-om^v; daiia.l s, cjiqjnb^ 4lc« ^imrjien, et les rainîs rcs sa (.\l?\v^«lTcnt Wvx^v^vx'^ÇiX,
lGoC-37] GOSi-^OllD. 21*4
arraiigomcnt.^ .SvX-ic'dx. Au dehors, eopondant, l'agita Jo.i c-jiiiimuùi. L'assemblL'C constii-atioiinello do rdontival orgaiiifa un corps do carabinicrd do 800 hommes, dont le gouverneur ordonna la dissolution. La publication d'une partie des instructions données aux commissaires, suscita de violents débats dans la chambre ; la ])resc^e s'en fit l'écho, et y ajouta des menaces contre T Angleterre. Une liste civile de six mois fut cepeuvlant votJ c, en reconnaissance de ce que lord Gosibi'd avait acconlé de bonne grâce les sommes nécessaires aux dépenses contingentes j mais le conseil la rejeta, et le parlement fut ajourné après une session qui avait duré jusqu'au mois do mars 1836.
416. Le Ilaut-Canada, après avoir sollicité des réformes avec assez de chaleur, venait d'élire une chambre dont la majorité se déclarait en faveur du gouvernement. Au Xouveau-Brunswick, on avait accepté les propositions de l'Angleterre. Dans la Xouve Ile-Ecosse, les députés avaient révoqué les résolutions qu'ils avaient passées contre l'administration. En sorte que le Bas-Canada se trouva seul en difficulté avec l'Angleterre. Cet isolement encourageait les partisans du gouvernement à réclamer des mesures énergiques pour comprimer le parti de la réforme. Chaque jour, les manifestations populaires devenaient de plus en plus menaçantes ; on pendit le gouverneur en effigie ; on publia l'histoire de la révolution américaine; enfin on alla jusqu'à faire un appel aux armes.
417. LordGosford répugnait aux mesures extrêmes ; aussi ne tit-il venir des troupes du Nouveàu-Brunswick qu'au dernier moment. Il espérait calmer les esprits par les changements qu'il suggémt de faire dans les deux conseils, en y introduisant une plus forte proportion d'hommes ])Opulaircs. II croyait, d'ailleurs, qu'il y avait beaucoup d'exag! ration dans les rapports' des as,<eml)l 'e.i tenues par les pcirtisans de M. Papiiieau, et que la ma .^^^e do ; Canadiens n'était pas dfiûpos' o à se porter :.:ix dein;. ih3s extrémités.
218 oosFORD. [1837-38
18 août, et pria les représentants do faire enx-mêmes Tassignati^ii du revenu, sans quoi l'Angleterre se verrait contrainte d'imposer ses conditions. La majorité protesta contre le rapport des commissaires, et le gouverneur se hâta do proroger le parlement, après six jours de session. Il destitua M. Papineau, et plusieurs officiers de milice, auxquels les agitateurs décernèrent les honneurs du triomphe. Des manifestes violents furent répandus dans les campagnes ; des associations secrètes se formèrent de tous côtés. A Saint-Denis, à Saint-Charles, à Saint- Eustache, à Berthior, à Lacadie, on organisa une résistance armée. Dans l'automne, le 23 octobre, eut lieu A Saint-Charloj la célèbre assemblée des six comtés, où Ton fit une espèce de déclaration des droits de l'homme, et un appel au peuple. C'est alors que Mgr Lartîguo, évoque do idontréal, j)ublia un mandement pour calmer les esprits en leur rappelant l'enseignement catholique sur Jes rapports mutuels des sujets et des souverains. De son côté, le gouverneur eifrayé faisait venir des troupes du Kouveau-Brunswick, et armait près de 600 volontaires.
419. Les troubles commencèrent à Montréal, le 7 novembre, entre les i fils de la liberté » et les c constitutionnels v, puis s'étendirent successivement à Chambly et à Saint-Denis, où 800 hommes se réunirent sous le Dr Nelson au bruit du tocsin. Après six heures de combat, les troupes furent obligées de s'enfuir. Dans le même temps, se livrait la bataille de Saint-Charles, où périrent un grand nombre d'insurgés. La loi martiale fut proclamée dans le district de Montréal, et lord Gosford refusa d'assembler le parlement. Sir John Colborne (1), envoyé à Saint-Eustache avec 2,000 hommes, y battit les insurgés, qni s'étaient retranchés, au nombre de 250 environ, dans
(1) Sir John Colborne avait remis, l'année précédente, les rônes du
gouvememeut du Haut- Canada entre les mains de Sir Francis-Bcmd
Head. Rendu aux Etats-Unis pour passer en A gleterre, U reçut du
ministre des colonies le commandement militaire des deux CanadM^
■»o le titre de lieutenant génétaik*
1837-38] DURiiA?j. 2t0
Téglise ot clans lo couvent. Lo Dr Ch'nîcr, qui les commandait, fut trouvé parmi les morts. Les troupes brûlèrent le village, et ravagjrent inutilement les alentours. Oolborne envoya ensuite un dJ^tachement incendier le village de Saint-Benoît, quoique les habitants eussent témoigné de lear soumission.
420. Le Haut-Canada n'était pas moins agité que le Bas. M. Mackenzie, à la tête du mouvement, s'était réfugié à Navy-Island, deux milles au-dessus de la chute de Niagara, avec un grand nombre de mécontents et d'américains. Il en fut délogé après un bombardement de plusieurs jours, pendant que les troupes dispersaient les autres corps de son parti. Durant l'hiver, les frontières des deux provinces fVirent inquiétées par des bandes de réfugiés, jusqu'à ce que les Etat^Unis intervinssent pour faire respecter les lois de la neutralité.
421. Lord Gosford avait demandé et obtenu son rappel dès avant les troubles ; mais il ne partit que <Lans les demiei-s jours de février 1838, par la voie des Etats-Unis, laissant Tadmlnistration à Sir John Col borne. Il trouva le gouvernement impérial fLisposé à prendre toutes les mesures nécessaires pour comprimer rinsurrection par la force, et à prévenir le retour des troubles par de nouvelles combinaisons. Dès Touverture du parlement, lord John Eussell présenta (1838) une loi pour suspendre la constitution de 1791 ; cette mesure passa (1), quoique soutenue d'une faible majorité. Aussitôt, Sir John Colborne reçut l'ordre de mettre cette loi à exécution, et de former un conseil spécial pour l'expédition des afiàire.s les plus pressantes. Ce conseil, composé de 22 membre^*, dont 11 canadiens, s'assembla dans le mois d'avril. •
422. Lorsque lord Durham arriva à Québec, le 27 mai, tout était dans une paix profonde. Il débarqua le 20, au bruit de Tartillerie, et au milieu d'une double haie de soldats, j^KHir se rendre au château
(1) Le bill fat introduitdaiu la chambra des Qommn»%%\.^yi \us^«k<« ailouté le 9 fëyrier sniyant, ot sanoUoim ^ \e \^ Olo. ta^ta^ TCkas&x
220 DURHAM — COLBOUNB. [1838
Saint-Louis, où il prêta les serments ordinaires. Lord Durham voulut éclipser, par un faste vraiment royal, tous les gouverneurs qui l'aidaient précédé. On s'empara des bâtisses du parlement pour loger lo somptueux vice-roi. Un de ses premiers actes fut de remercier le conseil spécial formé par Cîolborne, et d'en former un autre composé en grande partie des personnes de sa suite. Ce conseil passa un grand nombre d'ordonnances utiles en elles-mêmes, mais qui ont eu besoin d'être modifiées plus tard, parce que ceux qui les avaient faites ne connaissaient pas suffisamment le pays.
423. On peut dire que le fait le plus sailliuit de ;ce gouvernement éphémère, fut l'amnistie accordée aux prisonniers politiques an^êtés pondant les derniers troubles. Lord Durham, avait choisi pour accorder cette grâce, le jour du couronneipent de la reine ; il n'en excepta que vingt-quatre, qui furent. QxilçB aux Bermudes. En Canada, cotte amnistie causa, une grande joie, parce qu'on regardait ces malheureux comme plus aveugles que méchants. En Angleterre, cet acte fut jugé tout différemment; cependant la condamnation des vingt-quatre exilés sans forme de procès, fut déclarée illégale, et désavouée par le gouvernement imi^crial. La no)ivelle de ce désayeu solennel arriva au moment où lord Durham revenait d'un voyage dans ^ Haut^Canada, où il avait été reçu avec des honneurs extraordinaires» Cet étrange procédé l'humilia profondément; il donna immédiatement sa d(' mission, et s'embarqua pour r£urope avec sa famille lo 1 novembre 1838. Sir John Colborne remonta à la tête du gouvernement, et y resta usqu'à l'arrivée de lord Sydenham.
424. Après le départ de lord Durham, les réfugiés politiques aux Etats-Unis oj^ganisèrent, avec quelques américains, un nouveau soulèvement dans les deux Canadas à la fois. Des insurrections partielles éclatèrent sur plusieurs points de la rivière Chambly, à BcauharnaiR, à Torrcbonne, à Châteauguay, à !^ou^ rJIJo, n VaremmSy à Contrecœur, et dans quelques
autres paroisses ; tandis 'qu'un corpd d'américains et de réfugiés pénétrait dans le pays sous les ordres du Dr Xolson, et prenait possession du Village de Na- 2)ierville. Sir John Cfolborne, qui s'y attendait, ussembla le conseil spécial, proclama la loi martiale, arma les volontaires, fit arrêter tontes les personnes suspectes^ J)ui8 marcha, avec 7 à 8,000 hommes, sur le pa^».ii''8firgé, où tout était déjà rentré dans l'ordre 'quùDd il y arriva. Il n'eut qu'à y promener la torche incendiaire ; il ne laissa que des ruines et des cendres sur son passage. Du côté du Haut-Canada, les insurges débarquèrent à Prescott, et prirent possession d'un moulin, où ils furent bientôt cernés par des forces considérables^ et obligés de se rendre. Quelques autres partis de rebelles inquiétèrent la frontière tout l'hiver, attaquèrent Windsor, Détroit et quelques autres points, mais sans exécuter rien de sérieux.
425. Colbome fit juger les prisonniers par une cour martiale ; 89 furent condamnés à mort, 47 à Jii dé-
Ç^rtation, et tous leurs biens furent confisques. reize condamnés, le chevalier de Lorimier à leur tête, périrent sur l'échafaud. Ces mesures sévères furent fortement blâmées en AngleteiTe, môme par des personnes puissantes, entre autres par le duc do Wellington.
426. Dès que l'ôffervescence populaire fut calmée, Ton tourna les yeux vers l'Angleten'e, pour voir comment elle allait prendre les derniers événements, et recevoir lord Durham avec ses suggestions ]30iir la pacification du pays. Le long rapport de lord Durham, écrit avec beaucoup d'art et de soin, n'était qu'un plaidoyer spécieux en faveur de l'angliflcation, quoiqu'il approuvât les principes que la chambre avait toujours défendus. Après avoir reconnu que l'on aurait dû laisser aux représentants la libre et entière disposition des deniers publics, et blâmé fortement ses prédécesseurs d'avoir fait bien des nominations directement opposées aux veux du peuple, il attribue toutes ces malheureuses divisions à la diffcy&nce d'origine des donx peuple?^ c\\\\ \\?i\A\^x\X\'^^>'îis^
222 OOUBQENX* [1840
Canada, et en conclut que ranglification est le seul moyen d'y obvier à l'avenir. Il recommande, en attendant qu'on puisse faire une union fédérale de toutes les colonies de l'Amériqu-j du Nord, de réunir les deux provinces du Canada sous un seul gouvernement en donnant à chacune un égal nombre de représentants, des municipalités électives pour les afiaires locales, un conseil législatif mieux composé, l'abandon de tous les revenus de la couronne, moins celui des terres, à la législature, pour subvenir à une liste civile suffisante, et en.. il un ministère responsable.
427. Les ministres et les communes adoptèrent presque à l 'unanimité les suggestions de lord Durbam ; elles éprouvèrent plus de difficultés à la chambre haute, où elles passorci fc néanmoins, malgré les protestations de lord Gosford et du duc do Wellington, et malgré les pétitions du clergé catholique et des Canadiens. Le bill d'union reçut la sanction royale le 23 juillet 1840, mais ne fut mis en vigueur que le 10 février 1841, eu vertu d'une proclamation royale datée du 5 du môme mois.
428. L'acte d'union porte, que la langue anglai.o sera la seule langue parlementaire; que £45,(^00 seront affectés d'une manière' permanente au paiement du salaire du gouverneur et des juges ; quo £30,000 seront approprias à chaque règne p^ur payer le salaire des ministres et de certains fonctionnaires ; que le nombre des représentants sera de 84, c'est-àdiro, 42 pour chacun des deux Canadas, et qu41 faudra les deux tiers de la chambre législative pour changer la division électorale de la province et le chiffre de la représentation.
429. Au moment de l'union, le Haut-Canada devait un million à la maison Baring, et se ti'ouvait à la veille de manquer à ses engagements. Cette puisuinte maison, dans l'espoir d'assurer sa créance, fit^tous ses efforts pour engager lo parlement à consentir à l'union ; beaucoup de marchands, do capitalistes, et peut-être de memj)rcs du parlement, y étaient int.'- ^osscs. Devant tous ces motii!» -çç^rsounels^ ajoutes
IS'iOj sydeniiaM. 223
aux préjugés nationaux, la eauno dos Canadiensfrançais devait succomber. Par cet acte d'union, il est réglé expressément, qu'après les frais do perception eoldés, l'intérêt de la dette publique telle qU elle est au moment de l'union, sera payé avant toute autre dette ; le salaire du clergé et la liste civile nQ viennent qu'après.
430. L'acte d''\nion mit fin à la constitution de 1T91, 2>assée d'abord pour soustraire la jjetite population du Ilaut-Canada à la domination des Canadiensfrançais, l et. révoquée plus tard pour mettre ces Cajjiadiens-français ^pus la;. domination de la population anglaise, devenue plus nombreuse.
IROISIÈilE Ëpooue
DEPUIS l'union JL8QU*À LA CONFÉDÉRATION (1840-1866). ; Késumë d99 principaux éyénemento.
43 1. Pour iiûre fonctionner le nouveau gouvernement dçâf Capçdas uniS| l'Angleterre fit choix du président d^ bureau de comnxerce^ ri[ionorable Charles Poulett Thonipsoin, ^qiu fut créé baron de Sydenham en 1840. Il arriva en, Canada en 1839, avec la mission spéciale de faire agréer V union aux 1/égis^l^tures des deux provipce^ivi^Ç conseil spécial- lipposé au Bas-Canada, était facilaà gagner; non-soulemon.t il accepta l'union, mais il consentit à pai-tager l'énorme dette du Haut- Canada^, aprèa, une simple conférence avoc le gouvernç^J; général, en novembre 1839. La législature du IlauV^apada,. q;ui avait tout à y gagner, ne fut
Î)a§, longtemps à donner ^pn, assentiment ,- on discuta a ishqse une ço^iple ;de •semaineSf.ot la mesure fut emportée, dans le mois de décembre. Sir John Cplpp;rne^ayîjijt c,cdé i:?on gouvernement à Thompson le 19 octohïjè»^ lé jpw.im<6ju'Ci que- colui-*cî était arrivé, et Sir George Arthur'lui remit le ôieii le» *2à*LT\ss^'^''Çfi^"^^\