‹ Histoire du Canada, de son église et de ses missions [microforme] (volume 2)Chapitre 14 sur 48 · HUBERT , EN · texte numérisé non relu

HUBERT , EN

Fondation de la ville de Frédéricton et du gouvernement du New-Brunswick. Sagusse de sir Guy Carleton, gouverneur de cette province, Suite des missions Abéuakises du Penobscot. Missions du Cap-Breton. Missions de Terre-Neuve. Histoire de cette colonie. Premiers vicaires apostoliques à Terre-Neuve. Deruières années et mort d’Hubert, neuvième évêque de Québec (1797).

Le New-Brunswick, qui avait été si longtemps l’objet des contestations entre la France et l’ Angleterre, était, depuis la dispersion des Acadiens, demeuré en la possession du gouvernement britannique, qui en fixa les limites en 1785. Cette province fut alors séparée de celle de la Nouvelle-Écosse, à laquelle elle était jusque-là restée attachée sous le rapport politique, et fut érigée en gouvernement particulier, par les soins du colonel sir Guy Carleton, qui convoqua dans la ville de Saint-John l'assemblée législative. Le pays alors se peupla rapidement ; tout prospéra par la sagesse et la prudence de ce gouverneur, qui, pendant une administration de plus de vingt années, éleva le New-Brunswick de l’état souvage à la civilisation, et

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88 HISTOIRE | d’un désert fit une province comparativement peuplée et florissante !.

Lors de Ia dispersion des Abénakis du New-Brunswick, au départ du père Germain, un bon nombre d’entre eux était encore resté cependant au village de Sainte-Anne, sur la rivière Saint-John. Mais, en 1785, le gouverneur Carleton ayant fondé, à peu de distance de ce village , la ville de Frédéricton, les Abénakis se trouverent en peu de temps environnés d’Anglais, qui leur offrirent d'acheter leurs terres. Le marché se fit sans aucune espèce de bonne foi de Ia part des Anglais, qui, après avoir stipulé avec eux un prix bien au-dessous de la valeur de ces terres, trouvérent encore le moyen d’en retrancher la moitié. Les Abénakis en témoignèrent vivement leur mécontentement, en menaçant ces étrangers de prendre leur revanche, et ces menaces eurent pour résultat de répandre la terreur parmi les nouveaux acquéreurs. Sir Guy Carleton comprenait que le seul moyen de les contenir était l'instruction religieuse ; mais, lorsqu'il leur envoyi des ministres protestants, ils les chassérent honteusement, comme des intrus, de leur village. I sentit alors qu'il leur fallait un prêtre catholique, et ayant entendu parler de tout le bien que le père Ciquard produisait parmiles Sauvages du Pénobscot et dur Passamaquoddi ?, il lui écrivit pour l’engager à venir

"The Brilish colonies — New-Brunswick, by Montgommery Martin.

? C'est le même fleuve que celui appelé Sainte-Croix dans les anciennes relations,.

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DU CANADA 89 prendre la direction de la mission de la rivière Saint- John, en lui offrant en outre une pension annuelle de emquante livres sterling. Ciquard,en ayant alors conféré avec l’évêque de Québec, remit à M. Cheverus, de Boston, les missions du Maine ; il fit savoir au gouvérneur du New-Brunswick qu’il acceptait son offre, et se rendit parmi les Abénakis du Saint-John ; il acheta un nouveau terrain sur la rivi' re, plus éloigné de la capitale, et y bâtit une nouvelle chapelle, qui fut dédiée à Sainte-Anne : c’est actuellement lu mission de ce nom, Les Sauvages s’y réunirent autour de lui, et il les gouverna paisiblement jusqu'en 1803. Son gran! âge alors ne lui permettant plus de s’en occuper, il se retira au séminaire de Saint-Sulpice à Montréal, où il vécut encore plusieurs années dans le repos !.

À l’époque où le père Ciquard commença à se charger des Abénakis de Ia rivière Saint-John (1794), le respectable Jones , vicaire-général de Québec, continuait, avec un zèle infatigable, à gouverner les missions dépendantes d'Halifax ; d’autres prêtres irlandais étaient venus se joindre à lui. Non loin de cette ville, le père James Grace, Capucin irlandais, plus connu sous le nom de M. Grace, répandait la parole de Dieu parmi les familles irlandaises de la côte, vers Herring-Cove ; il parcourait avec un courage apostolique les tribus sauvages des Miemacks, qui en habi-

! Voyage de ME" Plessis, etc

90 HISTOIRE taient le voisinage , et allait en outre passer chaque année quelques semaines parmi les familles acadiennes de Chezzet-Cook, IT n'avait ni domicile ni chapelle fixes ; mais il allait de l’un à l’autre, portant sur son dos sa chapelle particulière, mangeant à la table du premier venu, couchant en été souvent à la belle étoile, et partageant en hiver la hutte du pêcheur irlandais ou acadien, ou le wigwam du Sauvage, Nous avons déjà parlé de l’Ecossais Alexandre Mac Donnell, autrefois envoyé par l’évêque Briand dans la Nouvelle - Écosse, et qui avait fixé le centre de ses courses apostoliques à Antigonish, au nord de la presqu’ile.

Dans l’île du Cap-Breton, un autre Français que la révolution avait chassé de sa patrie, l’abbé Lejamtel, était venu prendre la place, trop longtemps vacante, du vénérable Maïllard, dans les exercices du saint ministère. Après avoir parcouru dans tous les sens cette ile, autrefois le boulevard des pêcheries françaises, il avait fixé son séjour parmi les pêcheurs du village d’Arishat, sur la petite île Madame, à l’entrée du passage de Camseau (1795). Ce passage ou détroit sépare la Nouvelle-Ecosse de l’île du Cap-Breton, dans une Jongueur d'environ vingt milles, depuis Sandy-Point jusqu’au Cap-Jack, sur une largeur d'environ un mille seulement. Rien n’est beau comme les hauteurs qui dominent de chaque côté le rivage. Les mon. es s’élèvent, couronnées jusqu’au sommet de hautes et sombres forêts, qui laissent tomber sur les erux de la mer

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DU CANADA 91 une ombre majestueuse, voilant parfois les mille et mille navires de tout bord qui, durant l'été et lautomne, s'y croisent à leur entrée ou à leur sortie du golfe Saint-Laurent. Arishat, village franco-canadien, aujourd’hui siége d’un évêché nouveau, commandant par sa position le passage de Camseau et l'Atlantique, n’était habité alors que par des pêcheurs, et c’est encore actuellement le centre des vastes établissements où les marins de Jersey viennent chercher le poisson qu’ils transportent dans la Méditerrannée, au Brésil, et aux [ndes-Occidentales. Cest de là que l'abbé Le- Jamtel se transportait le long des côtes, dans un canot d’écorces, parcourant les passes multipliées du grand lac salé ou plutôt du golfe intérieur qui, sous le nom de Bras-d’Or, coupe presque en deux toute l'ile du Cap-Breton.

Si nous ajoutons à ce tableau celui de l’état où se trouvait alors celui de Terre-Neuve, à cette époque, nous aurons esquissé, au moins, un léger ensemble des missions de la partie orientale des colonies anglaises de l'Amérique du nord. La Terre-Neuve, cette île de brouillards et de glace, si importante pour ses pêcheries, dès le quinzième siècle, aurait, selon d'anciennes traditions !, été peuplée d’abord et éclairée du flambeau de la foi par les Norwégiens, auxquels aurait été envoyé, en 1221, Eric, évêque du Groenland. La première colonie bien connue y fut établie, en 1623, par

U Robertson, Fist. d'Amérique. — Pinkerton.

sir George Calvert, depuis lord Baltimore, qui, cherchant à exercer en paix la Religion Catholique, à laquelle il appartenait, obtint la cession de cette île du roi d'Angleterre, et nomma son fils gouverneur d’Avalon, qui fut regardé comme le chef-lieu de la colonie catholique. Cet établissement s’accrut avec rapidité ; mais la rudesse du climat et les inquiétudes que lui causait In France forcèrent bientôt lord Baltimore à abandonner Terre-Neuve, en place de laquelle il obtint l1 cession d’une partie du territoire de la Virginie quil nomma Maryland. Après avoir été longtemps disputée entre la France et l'Angleterre, Terre-Neuve,

dont la population toute catholique, sou$les Français,

avait eu pour pasteurs des religieux récollets qu’y envoyaient les évêques de Québec, demeura enfin aux Anglais par le traité d'Utrecht.

Plaisance, qui en avait été la capitale sous je gouvernement de la France, céda alors la prééminence ? Saint-John, dont la population aujourd’hui varie, selon les saisons, de vingt à vingt-cinq mille habitants. En 1806, la population totale de l’île ne montait qu'à vingt-six ou vingt-sept mille; aujourd’hui, elle est évaluée à plus de soixante-dix mille âmes, dont la grande majorité est composée d’'Irlandais catholiques. Les besoins spirituels de cette colonie firent songer de bonne heure le père commun des fidèles à lui donner un évêque; et, au mois de septembre 1796, le docteur James Lewis O’Donnell, créé évêque de Thyatire, in parlibus, reçut la consécration épiscopale dans la ca-

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DU CANADA 93 thédrale de Québec. À l'arrivée de ce prélat dans son diocèse , il ne s’y trouvait encore que deux prêtres, chargés d’administrer les sacrements, nombre bien insuffisant sur une étendue de plus de 250 milles de longueur, et une largeur moyenne d'environ 200 milles. Telle y était alors cependant le fanatisme des sectaires, que les maisons soupçonnées d’avoir abrité les Saints- Mystères étaient brûlées jusqu'aux fondements par les autorités locales. Aujourd’hui, disait, il y a dix ans, le docteur Fleming, dernier évêque de Terre- Neuve, il existe encore plusieurs témoins de ces excès, et quelques-uns de ceux dont les maisons furent réduites en cendres. L'évêque O’Donnell y amena avec lui cinq nouveaux prêtres, et son coadjuteur , le docteur Lambert, lui conduisit, peu d'années après, un renfort encore plus considérable. Mais diverses circonstances, et surtout l'amour du lucre dans les prétres qui vinrent d'Irlande en Terre-Neuve, et qui en repartaient aussitôt qu’ils avaient pu ramasser, dans les travaux d’un ministère sacrilégement intéressé, assez de fortune pour pouvoir vivre le reste de leurs jours dans l’aisance et enrichir leurs familles, ces diverses circonstances ruinèrent bientôt les heureux commencements de l'Eglise dans cette île, qui se trouva, peu après, réduite de nouveau à deux prêtres seulement.

Nous avons tracé dans les pages précédentes le tableau des missions du nord-est du diocèse de Québec ; ce tableau avait été esquissé, mais d’une manière bieu

incomplète, dans un rapport ! adressé à la Propagande, en réponse à la demande qui avait été faite par le cardinal-préfet de la Sacrée Congrégation, sur la situation religieuse des contrées soumises à la juridiction de l'évèque du Canada; et, dans sa lettre, le cardinal paraissait avoir pressenti ce prélat sur l'urgence qu'il pouvait y avoir d'établir quatre ou cinq évèchés de plus dans les provinces anglaises de l'Amérique Septentrionale. C’eût été en effet le meilleur moyen de consolider les anciens établissements, et d'étendre Ja Religion Catholique dans ces immenses régions, afin de pouvoir agir, en multipliant l’épiscopat, avec une entiere efficacité sur l'esprit des peuples. L’évéque de Québec, dans son rapport, convenait non seulement de l'opportunité qu'il y aurait d'établir plusieurs nouveaux évêchés, 1l'avouait encore que le nombre de trois ou quatre siéges épiscopaux de plus serait loin de répondre aux besoins des populations répandues sur la vaste étendue de son diocèse. Mais, tout en convenant de l’urgence d’une telle mesure, l’évêque, inspiré plus que jamais par les conseils timides d’une prudence trop humaine, en combattait Fexécution, dans la crainte que les protestants ne regardassent de mauvais œil l'érection de nouveaux évêchés catholiques dans les colonies septentrionales de l'Amérique britannique. Pusillanimité déplorable! qui empêcha pendant un demi-siècle le bien immense que Rome cherchait à opé-

| Mémoire sur le diocèse de Québec, etc., adressé à la Sacrée Congrégation de la Propagande, en 1793, MS. de l’archevéché de Québec,

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DU CANADA 95 rer dans le Canada, au dire même d’un évêque canadien. La crainte du mécontentement des protestants ! comme s’il était une seule œuvre catholique que le protestantisme ne vit pas de mauvais œil et ne combattit pas de toutes ses forces. Si l’on avait toujours ainsi tenu compte du déplaisir et du mauvais vouloir de l’erreur et des méchants, que serait aujourd’hui l'Eglise, et que serait devenu le monde ?

Cette fatale préoccupation de la peur et l’appréhension de déplaire aux maîtres orgueilleux du Canada étaient, depuis la conquête, le grand épouvantail des évêques de Québec, et c'est ce qui leur fit rejeter une seconde fois, en 1796, les plans que la Propagande leur proposa de nouveau, à l’occasion de la nominatior: de Pierre Denaut à la coudjntorerie de Québec. Le cardinal Gerdil, alors préfet de la Propagande, et dont l’esprit supérieur embrassait d'un coup“d'œil les grands intérêts du monde catholique, comprenait mieux que l’évêque de Québec ne voulait le lui faire entendre les besoins des colonies britanniques; et, ne pouvant lui faire adopter une division territoriale avec denouveaux siéges titulaires, il lui proposait, dans sa lettre ! du 17 janvier 4796, de lui donner trois coadjnteurs au Jieu d’un, le premier qui résiderait à Montréal, avec droit de succession au siége de Québec, le second dans le Haut-Canada, et le troisième dans le New-Brunswick ou la Nouvelle - Ecosse, avec juridiction sur ces deux

! Lettre du cardinal Gerdil, préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande, aux archives de l’archevéché de Québec.

provinces et sur celles du golfe Saint-Laurent, où, faute de pasteurs, tant de malheureux eroupissaient dans le mal. Mais les idées fausses où s'engageaient les évêques de Québec empêchèrent encore la réalisation de ce plan. « Des difficultés immenses, répondirentils à la Propagande, s’opposaient à son exécution. » Quelles étaient ces difficultés? c’est ce qu'ils ne dirent point, n’osant parler avec franchise au chef de l'Eglise, qui ne cessait de les avertir du danger qu'il y avait à laisser tant de vastes contrées privéés de pasteurs. Dans son mémoire daté de l’année 179% l'évêque de Québec, qui rougissait sans doute de n’oser accepter les offres que lui faisait la Propagande, répondait qu'il allait toutefois essayer l'effet que produiraient deux évêques, résidant en deux endroits différents de la province, en assignant à son coadjuteur la résidence de Montréal ou déÿ environs de cetté ville, et ce fut I sans doute la cause de la continuation du séjour de Pierre Denaut à Longueil, après sa consécration. Cette résidence, toutefois, des deux prélats en deux endroits

divers n'avait rien d’insolite, puisque, déjà auparavant, le éoadjuteur Bailly de Messein avait continué à

demeurer à la Pointe-aux-Trembles, tandis que l’évêque était à Québec, et le gouvernement n'avait jamais songé à en faire la moindre remarque. Mais il fallait dire au moins quelque chose à la Propagande, et l’évêque Hubert ne trouva d'autre moyen d’en imposer sur ce sujet à la Sacrée Congrégation que de lui promettre de faire résider son coadjuteur à Longueil. Aussi est-ce

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DU CANADA 97 à dater surtout de cette époque que les coadjuteurs continuèrent à administrer leurs anciennes paroisses, ce qui dura jusqu'à Mgr Signay, dernier archevêque de Québec.

L’évèque Hubert, qui, durant la vie de son premier coadjuteur, avait vécu dans des transes et des inquiétudes continuelles, avait, depuis sa mort, laissé aller toute son autorité entre les mains de l’évêque de Canathe, qui résidait à Longueil, et celles de son secrétaire Plessis, curé de Québec. Dans les derniers temps de son épiscopat, son caractère, habituellement faible et indécis, ébranlé encore par les oppositions de toute espèce qu'il avait rencontrées autour de lui, se trouvait réduit à une espèce d'enfance morale, accrue surtout par l'habitude abrutissante des boissons spiritueuses, que le malheureux évêque avait contractée insensiblement pour échapper à la conscience de ses fautes et de son chagrin. Je gémis en racontant des choses si déplorables, suites funestes de la situation que les intrigues anglaises avaient faite à un homme incapable de porter la charge pesante de l’épiscopat , dont ils avaient forcé le clergé à le revêtir ; et, si j'en. treprends de raconter de tels faits, c’est que J'ai cru qu’il serait utile à la Religion Catholique de faire connaître, par ce scandale, toute la profondeur de la plaie que la politique machiavélique de l’Angleterre avait faite au Canada, et dont les pharisiens de l’anglicanisme jouissaient cruellement, en racontant avec in-

solence aux Canadiens qu'ils avaient trouvé leur évé- IL 7

yë HISTOIRE

que étendu ivre dans ses appartements, Ces circonstances pénibles , et qui affligeaient si profondément le clergé, déterminèrent la résignation que l’évêque Hubert fit de son évêché en faveur de son coadjuteur, le 1‘ septembre 1797. Retiré ensuite à l'hôpital-général, il y mourut, six semaines après, âgé seulement de cinquante-huit ans.

Avec les vertus modestes et paternelles qui avaient honoré Hubert dans son ministère et sa vie de missionnaire parmi les Sauvages convertis de l’Assomption, il aurait pu vivre et mourir sans aucune des fautes qu'on lui reprocha dans son épiscopat, si on ne l'avait forcé d'accepter ce fardeau trop pesant pour ses épaules. Mais ces fautes, exagérées surtout par les amis et les partisans de Bailly de Messein, et tout l’odieux de la tache qui obscureit les derniers temps de son administration, doivent nécessairement retomber sur ceux qui, sans aucune persécution ouverte et sous les apparences de la modération, cherchaïent à ruiner les fondements de l'Eglise Catholique dans le Canada. Aussi, après la mort de l’évêque Hubert, on ne se souvint plus que de ses vertus, de sa bonté, de sa douceur et de sa charité pour les pauvres, qu’il avait toujours aimés. [l avait, de son vivant, partagé ses revenus avec eux; à sa mort, il leur laissa tout son héritage. Ses funérailles se firent avec une grande pompe, et ce fut le pieux et vénérable abbé Desjardins, frère de l’abbé Philippe, dont le souvenir est encore en honneur dans le Canada, qui prononça son

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oraison funèbre. Hubert était le neuvième évêque de Québec, et le deuxième d’origine canadienne. H fut inhumé dans le chœur de la cathédrale, à côté d’O-

livier Briand, qui était le dernier des évêques français.

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