AVEC LES ÉTATS-UNIS, EN
iternard-Claude Panet nommé coadjuteur. Caractère de cet ecclésiastique et motifs de son élection. Lettres de la Propagande et des évèques de Québec sur la nécessité de la division de ce diocèse, Incendie du monastère et de l'hôpital des Ursulines des Trois-Rivières, L'abbé de Calonne, émigré français, aumônier de cette maison, Sir John Craig, gouverneur du Canada. Ses projets, cobattus par l'évêque Plessis. Dans la crainte d'une rébellion, il a recours à ce prélat (4840). Travaux de l'évêque Plessis, La guerre se renouvelle entre l'Angleterre et les Etats-Unis (1812). Envahissement du Canada par les Américains. L'évèque Plessis prêche la fidélité aux Canadiens. Québec défendu par les élèves du séminaire. Le prince-régent fait remercier l'évêque Plessis de son zèle, Le prélat est admis au conseil législatif, Continuation et fin de la guerre 1845).
Aprés avoir pris possession du siége de Québee, Plessis présenta le même jour au clergé et au peuple le nouveau coadjnteur qu’il s'était choisi pour l'aider dans l’admihistration de son diocèse. Ce choix était attendu avec une grande impatience, et les esprits étaient vivement agités , à la ville et à la campagne, pour savoir quel serait le futur coadjuteur !. Quelques Cabales même avaient eu lieu auprès des hommes du gouvernement, chacun se croyant, contre l'ordinaire, directement intéressé dans le choix qui devait se faire.
‘ Lettre de M£r Plessis, évêque de Québec, au cardinal préfet dela Propagande, 20 février 4805.
116 HISTOIRE Mais Plessis avait d'avance pris toutes ses mesures et
arrangé déjà toute cette affaire avec le gouverneur.
La nomination de M. Bernard-Claude Panet fut à
peine connue, qu’elle dissipa toutes les intrigues et les alarmes, en inspirant tout à la fois un profond étonnement. Il était fils d’un magistrat respectable de Québec, venu autrefois sous la protection du pieux de l’Auberivière, et il etait alors curé de la paroisse de la Rivière-Ouelle, où il avait fondé, avec le secours de ses paroissiens et des personnes charitables du voisinage, ur couvent avec une école pour les sœurs de la congrégation de Notre-Dame, si utiles dans les campagnes, ainsi qu’une école de garçons, qu’il avait richement dotée. Si l’on n’eût fait attention qu'aux vertus douces et pacifiques de M. Panet, personne n’eût eu lieu de s'étonner de ce choix ; mais il était de dix ans plus âgé que Plessis, qui avait fait sous sa direcrection son cours de philosophie au séminaire de Québec; ilavaiït atteint sa cinquante-troisième année, et l'on n'aurait pu supposer qu'il dût survivre à son ancien élève. I serait donc difficile de déterminer d’une manière tout à fait précise les véritables motifs qui guidèrent le choix de l’évêque de Québec; mais l’idée qui s'offre à l'esprit en examinant toutes les circonstances, c'estque, n'ayant été que trop à même d'apprécier les maux auxquels l’église est exposée avec deux évêques opposés de caractère et d'intention, il avait voulu éviter ce malheur à son diocèse, en se choisissant un coadjuteur absolument incapable de résistance.
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Depuis que l'évèque Hubert avait fait parvenir à Rome sa réponse au sujet de l'établissement de plusieurs nouveaux siéges épiscopaux dans le Canada, la Congrégation de la Propagande avait voulu sonder le terrain, en faisant connaître aux évêques de Québec le désirqu'elle aurait eu de voir fleurir un certain nombre de nouveaux évêchés sur les vastes territoires soumis à leur juridiction, et en leur donnant à entendre que Québec pourrait dès lors être érigée en métropole. Quelque attrait qu’il eût pour les distinctions, l’évêque Plessis, qui craignait de ne pouvoir faire reconnaitre le titre d'archevèque par le gouvernement, dont 1l tenait trop à conserver la faveur, répondit à la Propagande en priant le Saint-Siége d'approuver le choix de son coadjuteur! , que l’étatdel'Église Catholique en Canada était encore trop précaire, etoffrait trop de motifs de défiance aux Anglais, surtout depuis l'érection de l'évêché anglican de Québec, pour qu’ils ne vissent pas de mauvais œil cette église changée en métropole. Illusion fatale ! comme si ce n’eût pas été là précisément le moment qu’il fallait choisir pour fortifier l’Église Catholique en Canada contre l'influence anglicane, en multipliant l'épiscopat et en lui décernant une nouvelle auréole. En attendant, toutefois, l’évêque Plessis, qui, malgré ses préjugés timides et la crainte de se brouiller avec le gouvernement , sentait parfaitement la nécessité des mesures que lui suggérait la Propagande,
Lettre de l'évêque de Québec au cardinal préfet de la Propagande, 20 fe vrier 4806.