‹ Histoire du Canada, de son église et de ses missions [microforme] (volume 2)Chapitre 17 sur 48 · Ar · texte numérisé non relu

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tiqne, à Neuve n.

DU CANADA 111 Deux autres émigrés français déployaient leur ardeur apostolique dans l'ile du Prince-Edward (île Saint- Jean), l'abbé Richard et l'abbé de Calonne, frère du ministre de ce nom sous Louis XVI, et dont nous parlerons bientôt plus au long. Avec eux travaillait un autre prêtre zélé, natif d’Ecosse, Bernard Angus M'Eachern, qui fut nommé plus tard premier évêque de cette île. Dans le Haut-Canada, deux prêtres gouvernaient l’ancienne mission, devenue paroisse de Saint-Raphael de Glengary, plus connue maintenant sous le nom de Charlottenburgh : c'était Fitz-Simmons et Alexandre M’Donnell. Celui-ci érigeait bientôt après une église pour la congrégation déjà considérable de la ville de Kingston, sur le lac Ontario (1806), et une autre pour les Catholiques de Toronto (York), autre petite ville qui commençait à poindre sur le rivage du même lac, et où la congrégation avait obtenu des terrains cle la couronne.

Kingston avait remplacé l’ancien fort de Frontenac; c'était une petite ville avantageusement située sur le rivage septentrional du lac Ontario, commandant l’entrée du fleuve Saint - Laurent. Une longue et étroite langue de terre appelée Pointe - Frédérick formait, à quelques milles de distance, une rade considérable appelée Navy-Bay, qui était déjà alors la station navale la plus importante de l’Angleterre sur le lac Ontario. Une chaîne de rochers étroite et d’une hauteur considérable forme l’autre côté de cette baie; on lui donnait le nom de Pointe-Henry, et les fortifications qu’on y

avait bâties avaient fait de Kingston la plus forte

\ 0 ‘c . | | place du Canada après Québec et Halifax, On pouvait en Lt 41 à gr peu de temps y équiper une flotte considérable, et l’im- | . . . \ { a portance commerciale que cette ville commençait à acavé

quérir lui donnait, après Québec et Montréal, le commandement sur tous les lacs. Kingston était d’ailleurs la capitale du Haut-Canada depuis 1791, et c'était

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dans son sein que s’assemblait le parlement de cette |

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L'aspect du lac Ontario en tournant au nord-est,

\ . \ . . , d'u à l'endroit où il entre dans le Saint-Laurent, pré-

sente à Kingston quelque chose d’extrèmement pitto- ” resque : les eaux sont couvertes de nombreux archipels, A oasis de verdure et de bocages délicieux qui ont fait ile donner à cette partie du lac le non poétique de lac des Le Mille-Tles. Malgré la beauté de leurs eaux et le charme à la de leurs ombrages, ce n’était cependant qu'avec effroi nr que le voyageur s’approchait autrefois de ces rivages se enchanteurs. Des serpents à sonnettes s’y montraient ds par milliers, enlaçant leurs nœuds au soleil. La mort LE était partout à craindre, lorsqu'un jour un habitant des des rives voisines eut l'idée d’y transporter un trou- des « peau de pores. Ces animaux détruisirent les reptiles, qui park ne purent résister à leur voracité, et depuis cette épo- diièn que les Mille-Iles sont devenues un séjour aussi agréa- SE pu ble que peu dangereux. 1 il La même année qu’eurent lieu ces diverses fonda- l'exe tions, qui étaient d’un si heureux présage pour l’ave- ne en

<nir , l’évêque Denaut mourut subitement à Longueil | aurai

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(17 janvier 1806), emportant dans la tombe les regrets d’une grande partie de son diocèse ; on l'inhuma dans le chœur de l'église de cette paroisse, dont il avait été auparavant curé pendant dix-sept ans.

Dix jours après, Joseph-Octave Plessis se mit s0lennellement en possession du siége de Québec, et prit d'une main ferme la conduite de l'église du Canada, qui parut, dans un épiscopat de près de vingt ans, s'identifier entièrement dans sa personne, Placé à la tête d'un clétgé timide , mais sûr quant aux principes, et douë de bonnes intentions, il parvint à force de per sévérance et d'énergie, d'un eôté, de souplesse et d’habileté, de l'autre, à maintenir son clergé dans les bornes de l’obéissance la plus respectueuse , et à fortifier à la fois la position qu'il avait su prendre dans la faveur du gouvernement. Mais cette faveur néanmoins lui fut de peu d'utilité, et ne put lui faire obtenir de résultats bien satisfaisants pour les intérêts de son diocèse, Car, en retour de ses soumissions, il ne reçut que des politesses affectées, et, trop souvent encore, que des dédains ; lorsqu'il pouvait, lorsqu'il devait même, parler au nom de ses droits et de ceux du peuple canadien, il n’usa jamais que des plus humbles prières et se vit presque toujours éconduit. Témoin la pétition qu'il adressa en 1812 au gouverneur-général, à l'exemple de celle que son prédécesseur avait fuite en 1805, pour obtenir l'autorisation de prendre officiellement le titre d'évêque catholique de Québee, titre qu'il aurait dû avoir le courage de mettre à son nom sans

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autorisation préalable, ce qui lui fut, comme à son pré: décesseur, dédaigneusement refusé. Dans l’administration des affaires, s’il arrivait à en embrasser aisément l’ensemble, son esprit d’exactitude minutieuse le faisait descendre trop souvent à des détails de peu d'importance. Avec l’inflexibilité qui faisait le fond de son caractère, et que nous avons déjà fait connaitre, il fit plier toutes les volontés devant la sienne, et voulut que tout se modelât d'après son exemple, discipline, éducation, études profanes et religieuses; et l'on peut dire, sans crainte d’exagérer, qu’il fut de toute manière la forme et le modèle de son troupeau. Avec des mœurs irréprochables et une grande piété il fut un modèle de conduite ecclésiastique, et sa régularité extrême, naturellement nn peu compassée, fut généralement imitée de son clergé. Si nous nous sommes étendu sur son portrait c’est que nous avons cherché à faire connaître un évêque dont la mémoire est demeurée, après plus de vingt ans, comme celle du plus grand homme qu’ait produit le Canada. Interrogez en effet les Canadiens, demandez-leur quel fut le premier homme de leur pays; et tous, de quelque rang, de quelque opinion qu'ils soient, vous répondront unanimement : — C'est Monseigneur Plessis.

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