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considérables; et la législature étant venue elle-même à leur secours, les Ursulines virent promptement leur monastère, leur église et leur hôpital, sortir de leurs ruines, et se réédifier avec plus de grandeur et de commodité qu'auparavant. L'édifice, composé de deux étages spacieux, construit en pierre et sur de vastes proportions, leur offrit, au bout de deux ans, une demeure si belle et si convenable, qu’elles purent remercier Dieu d’avoir tiré tant de bien de l’accident passager qu’elles avaient éprouvé.
Une autre particularité à ce sujet, et qui n’est pas sans intérêt pour les Français, c’est le nom du chapelain qui desservait alors le monastère des Ursulines des Trois-Rivières. Jacques- Ladislas -Joseph de Calonne, frère du ministre de ce nom, sous Louis XVI, et l’un des débris les plus respectables de l’ancien clergé français, après avoir brillé longtemps à la cour, était venu, aux jours de la persécution, chercher un asile en Canada, vers le milieu:de l’année 1799. Dur et austère pour lui-même, il expiait, disait-il gaîment, les délices de sa jeunesse ; aimable, délicat, et rempli de prévenances pour les autres, offrant dans ses manières ce mélange heureux de douce piété et de politesse qui distinguait si éminemment alors le clergé français, il mourut, le 16 octobre 1822, environné des regrets de tous, des riches et des pauvres, dont il avait été l’ami et le père. « Plus vénérable encore par ses éminentes vertus, disuit la Gazelle de Quebee (24 octobre 1822).
120 HISTOIRE, que par son grand äge. » Il avait alors près de quatre-vingts uns.
J'ai fait voir suflisamment comment Plessis, avant même que d’être devenu évêque titulaire de Québec, était parvenu à se concilier la confiance des gouverneurs du Canada. Ceux-ci en effet trouverent toujours en lui un sujet soumis, d'uneloyauté même parfois exagérée, et dans plus d’une occasion un conseiller sage et prudent. Mais, si les Anglais savaient mettre à profit ses services, ils ne songeaient guere à l’en récompenser; et, s'il obtint plus tard quelques concessions utiles à l'Eglise Catholique, après les services importants qu'il leur rendit durant la guerre de 1812, ces concessions furent bien plus la conséquence des changements que
la Révolntion française et les guerres de l’Empire avaient opérés dans les esprits qu’une suite de ses ser-
vices. On à pu croire longtemps que Plessis aimait les du Anglais ; mais, façonné comme tous ses compatriotes qu au joug britannique, il ne paraissait, comme eux , les ch aimer que parce qu'il redoutait également de voir ; qu sou pays retomber au pouvoir dela France, ou devenir sp: partie intégrante de l'Union Américaine. L'idée de ses ch: devoirs, et la crainte mal fondée de voir le Canada des- dis cendre à une situation plus pénible encoresiles Améri- rés cains parvenaient à s’en emparer, durent être les seules et, causes du dévoñment avec lequel ilembrassa si gratui- | sit tement le parti du gouvernement dans les luttes politi- Sa
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Sir John Craig était arrivé, vers la fin de l'année 1807, en qualité de gouverneur, en Canada, où son administration dure et arbitraire excita promptement de violents murmures dans toutes les classes. Dans le dessein d'établir de nouvelles casernes à Québec , il avait jeté les yeux sur l’hôtel-Dieu, dont la situation avantageuse, l'étendue du terrain, les vastes salles et les magnifiques dortoirs avaient excité son envie et son admiration, aussi bien que celle de ses officiers. J1 en parla à l’évêque, en lui proposant de faire transporter les malades de l'hôtel - Dieu à l'hôpital - géncral, d'agrandir cette dernière maison et de réunir les religieuses des deux communautés en une seule,
Plessis répondit qu'il n’était pas le maitre de l’hôtel- Dieu, lequel appartenait à la communauté qui en occupait les bâtiments ; que d'ailleurs c'était une partie du patrimoine de l'Eglise Catholique, dont il n’était que Je tuteur, sans aucun droit d'en aliéner la moindre chose ; et, comme le gouverneur insistait, il répondit qu'il perdrait plutôt la tête que de consentir à cette spoliation. Craig tenta plusieurs fois de revenir à la charge ; mais l'évéque, voulant éviter desormais toute discussion à ce sujet, sur lequel il se sentait disposé à résister, résolut de s'absenter alors pour quelque temps; et, faisant à la hate disposer une goëlette, 11 alla visiter, avec l'abbé Desjardins, les missions du fleuve Saint-Laurent.
Les mesures du gouverneur devenant d'année en année plus violentes, une opposition non moins violente
122 HISTOIRE s’éleva contre lui en 1810; des écrits séditieux furent répandus contre lui dans tout le pays, et sir John Craig fut ouvertement traité de tyran et de despote. Il parut craindre alors que les Canadiens ne vinssent à se révolter et à appeler les Américains à leur secours. Rien de ce genre n’était toutefois à redouter dans ce moment ; mais, le bruit d’une insurrection s'étant faussement répandu, le gouverneur alarmé fit un appel aux sentiments de fidélité des personnes sages, et surtout du clergé catholique. 1] leur adressa une proclamation qui, d’après son désir, fut lue publiquement en chaire dans toutes les églises, après l'office divin. À Québec, l’évê: que Plessis prononça dans la cathédrale un discours éloquent ‘, dans lequel, après avoir parlé de la loyauté du clergé comme ne pouvant être mise en doute, il s’étendit sur l'obligation imposée aux sujets, et particulièrement aux chrétiens, d’être soumis aux lois et aux autorités établies.
Cette conduite aurait dû, ce semble, augmenter de plus en plus le crédit du prélat et l'estime qu’on avait pour sa personne; mais, en voyant l'excès de l’obéissance du clergé, le cabinet britannique paraissait vouloir se montrer encore plus rétif pour les Catholiques, quoiqu’ils eussent bien certainement le double droit de réclamer hautement pour l'Église les avantages qu’on lui avait jusque-là refusés, et de se débarrasser de la tutelle dans laquelle on cherchait à les retenir.
1 Bibaud, Histoire du Canada ,t. M.
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Un mandement de l’évêque Plessis parut vers la fin de l'année 1810, faisant entendre à tout le diocèse la voix de son pasteur, et réclamant des fidèles et du clergé des prières publiques pour Eglise et pour son vénéruble chef Pie VIE, qu’un conquérant aveugle retenait dans les fers.
Le recueil volumineux des lettres de M8 Plessis, que l'on conserve au secrétariat de l’archevêché de Québec, iuontre combien sa correspondance était étendue. C’est par ce moyen qu'il parvenait à embrasser toutes les parties de son diocèse, encore si vaste alors, et de porter sa sollicitude sur les districts où il ne pouvait se rendre en personne. Dans ses visites pastorales il aimait à se livrer à toutes les fonctions du ministère; il confessait et préchait tour à tour ; sa parole lucide et claire développait aisément les vérités de l'Évangile !; et ceci compensait, au moins jusqu’à un certain point, ce qui lui manquait du côté de l’onction et de la mansuétude, que ne comportait guère sa froideur naturelle. Homme d'administration et de détails, jamais ni l'embarras des affaires, ni les maladies, ni les guerres ne l'empêchérent de visiter chaque année au moins une petite partie de son troupeau. I n’est point d'église, même à plus de trois cents lieues, à l’orient ou à l'occident de su cuthédrale, où il n'ait porté ses pas avec le courage d'un missionnaire. Occupé une année à parcourir les mis- ‘tons de la Nouvelle-Ecosse et du New-Brunswick ; une
!Mclanges religieux, ete. Notice sur ME! Plessis. Montréal
121 HISTOIRE autre, celles qui s'étendent jusqu'a Détroit et autdelà ; visitant une autre fois les postes de la baie des Chaleurs, mais plus souvent l’intérieur de son diocèse, on l’a vu affronter cent fois dans ses courses apostoliques l’inconstance des saisons, la fureur des vents, et la vicissitude des climats.
Ce fut durant un de ses voyages au Cap-Breton que la guerre éclata de nouveau entre l'Angleterre et les États-Unis. Après l'abandon du Canada par le gouvernement de Louis XV, ce pays avait matériellement fait des progres considérables, etla population s'était accrue dans une proportion beaucoup plus grande que sous la domination française. Depuis la première guerre qui avait suivi l'indépendance américaine, aucune nouvelle invasion étrangère n'avait eu lieu sur le territoire de la colonie; mais on n'avait pas perdu aux États-Unis l'espoir d’annexer une si belle province. Le temps n'était plus où Voltaire pouvait écrire « qu’on se battait en Canada pour quelques arpents de neige. » Malgré le froid de l'hiver, c'était un pays magnifique et qui of: frait, comme encore aujourd’hui, des ressources immenses à ceux qui voulaient y aller chercher la fortune en cultivant la terre.
En l’année 1812, les Américains crurent enfin le moment favorable pour surprendre le Canada ; l'ennemi le plus acharné des Anglais, Napoléon, régnait sur lEurope ; ils se joignirent à lui et déciarèrent la guerre à la Grange-Bretagne, persuadés que les Canadiens n’attendaient qu'une occasion pour se jeter dans les bras de
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DU CANADA 125 leurs voisins, Lorsque la guerre éelata, le Haut-Canada était en grande partie peuplé par des colons sortis des États-Unis, et à qui l’on devait supposer naturellement trop de patriotisme pour verser le sang de leurs frères. D'un autre coté, les habitants du Bas-Canada avaient été trop récemment représentés aux yeux du gouvernement comme des séditieux, à cause de leur opposition à l'autorité brutale de sir John Craig, pour qu'on ne crût pas qu'il serait facile de les entrainer dans une révolte ouverte contre l'Angleterre. Les forces britanniques d'ailleurs étaient purement nominales; c'est à peine si l’on pouvait compter quatre mille hommes disséminés sur une étendue de frontières de plusde quatre cents lieues. Le cours immense du Saint-Laurent, comme une grande route militaire ouverte de toutes parts aux États-Unis, qui pouvaient par là pénétrer jusqu’au cœur du Canada, était absolument sans défense, et exposait au plus grand péril le peu de troupes stationnées sur ses vastes frontières.
Dans la vue de tenir à un taux élevé les lettres de change qui émanaient principalementdu gouvernement militaire,on avait laisséemporteraux États-Unis la plus grande partie de l'argent monnayé,qui était d’une extrême rareté dans le trésor. A la nouvelle de la déclaration de guerre, l'alarme se répandit parmi les négociants anglais de Montréal et de Québec !, et la première idée de ces bons patriotes fut de plier bagage et de décamper.
| Montgommery-Martin, The Canadus in his Brilish Colonies.
126 HISTOIRE Sir George Prevost était depuis EST gouverneur général du Canada, Animé par les honnes intentions
du peuple, dont il reconnaissait mieux que les an-
tres la loyauté, il songea aussitôt à mettre les deux provinces en état de défense. Il assembla à Québee la législature coloniale, dans le palais épiscopal, loué à cet effet, depuis 1791 ,par l’évêque Briand, et il y fut déterminé de substituer à l'argent monnayé le papier du gouvernement portant intérêt, et payable en lettres de change sur l'Angleterre.
Les Américains avaient, durant l'été de 48114, réuni leurs principales troupes régulières sur leurs frontières du nord-ouest, où ils avaient attaqué les Indiens hostiles et soutenu plusieurs comb its contre eux. Cette force, à laquelle s'étaient joints la milice et un grand nombre de volontaires, s’était mise en marche pour le Haut-Canada, dans la prévision d’une guerre, lonstemps avant même qu’elle fût déclarée. Lis avaient dû, pour y arriver, ouvrir des routes à travers les épaisses forêts qui couvraient toutes les contrées intermédiaires, comptant sur ces communications pour leurs vivres et le matéri:l de l’armée, qui arriva à Détroit, le 5 juillet 1812, forte de deux mille cinq cents hommes.
A la première nouvelle de l'invasion, les grandsvicaires de l’évêque Plessis, Descheneaux à Québec, et Roux, supérieur de Saint-Sulpice, à Montréal, interprétant les intentions bien connues de ce prélat, écrivirent à tous les curés du Canada une lettre circulaire, dont ils devaient faire part à leurs paroïissiens, pour les
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DU CANADA 127 engager à repousser l'ennemi (12 juin 1812), Un mandement. que l’évêque publia lui-même, à son retour à Québec, pour encourager la milice des campagnes au devoir et à la fidélité, produisit le meilleur effet qu'il fût possible d'en attendre dans l'intérêt du gouvernement britannique, et l'Angleterre reconnut ensuite que les services que le surintendant de l'Église Romaine avait rendus pendant toute la guerre surpassaient tout ce qu'il avait encore fait jusqu'à cette époque.
L'arrivée de deux bataillons venant d'Europe, pour en relever deux autres qui avaient ordre de partir, accrut jusqu’à un certain point l'effectif des troupes régulières du Canada. Sur la demande du gouvernement colonial , la législature avait passé, l'hiver d'avant, une loi tendant à mobiliser immédiatement la milice, qu’on n'avait que trop longtemps négligée, et quatre bataillons se trouvaient sur pied au moment de la guerre. Toutes les forces dont on pouvait disposer furent mises en activité. La citadelle de Québec fut confiée à la garde des bourgeois, fiers de montrer aux Anglais qu’on pouvait compter sur leur loyauté, et à leur évêque qu'ils avaient entendu sa voix. La province tout entière montra la même ardeur, et un mois après la déclaration de guerre le Bas-Canada semblait préparé à attaquer les Américains, plus encore qu’à se défendre.
Sur ces entrefaites, l'ennemi entra dans le Haut- Canada, le 12 juiilet, et invita par une proclamation les habitants, qui paraissaient sans défense, à se joindre à la bannière étoilée de l'Union, ou au moins à demeurer
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128 HISTOIRE tranquilles, en les assurant en mème temps de la protection des États-Unis. Mais, après quelques engagements peu sérieux, les Américains battirent en retraite jusqu’à Détroit (7 août 1812). Sir George Prevost avait confié le gouvernement du Haut-Canada au général Brock, officier non moins distingué comme politique que comme soldat, et qui sut inspirer aux habitants l'esprit dont il était animé. Brock prorogea le parlement de la province, qui tenait alors ses séances à Toronto (York) ; le 12 août il se transportait rapidement à Amherstburg, etle 16 il contraïignait le général américain Hull à se rendre avec toute son armée, consistant en plus de sept cents hommes, tant réguliers que de la milice, avec six cents Indiens alliés. Deux mois s'étaient à peine écoulés depuis le commencement de la guerre que Québec et Montréal voyaient avec étonnement entrer dans leurs murs les Américains captifs avec leur général. Brock ne jouit pas longtemps de son triomphe. [l fut tué dans une action devant le fort George; le reste de l’année se passa sans autres évènements importants que les tentatives infructueuses des Etats- Unis pour se rendre maitres des lacs.
Mais, dès que les glaces eurent été rompues, au printemps de l’année suivante (1813), sûr le lac Ontario, les Américains sortirent, avec une force navale considérable, du port appelé Sacket's Harbour ‘, et voguèrent vers le Haut-Canada. Le 27 avril, ils débarquaient
! Sacket’s Harbour est une petite ville de l’état de New-York, non loin de l'embouchure du Saint-Laurent, près du lac des Mille-Hles, sur le lac Ontario.
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à ‘Toronto, alors capitale de la province, dont ils Hivraient aux flammes les édifices publics ainsi que 1: petitnombre de barques stationnées dans le port. Après une légère résistance, le général Sheaffe, qui y commandait, se retira sur Kingston. L’ennemi fit voile ensuite pour Niagara, où il débarqua quelques troupes. A la suite de ces événements, les Anglais sous les ordres du général Vincent continuérent à battre en retraite le long du lac, vers la baie de Burlington, abandonnant au pouvoir de l'ennemi toute la ligne du Niagara, qui renfermait la plus grande partie de la population du Haut-Canada.
Pendant que le général anglais Proctor capturait, d’un autre côté, par une action d'éclat, un nombreux parti d'Américains sur les rapides de Miami, l’armée qui avait brûlé Toronto continuait à poursuivre le général Vincent vers les hauteurs de Burlington ‘. Mais, dans la nuit du 5 au 6 juin, le colonel Harvey s’empara par surprise du camp américain; il leur tua beaucoup de monde, fit prisonniers deux généraux , et réussit à déconcerter si bien l’armée des Etats-Unis, qu’il la força à retourner en désordre sur le fort George, en lais-
ant les Anglais de nouveau en communication avec la frontière de Niagara. Dans l'intervalle, sir George Prevost, qui se trouvait avec le gros de l’armée dans le Haut-Canada, fit faire une attaque sur Sacket’s Harbour, mais dont le mauvais succès changea pour le reste
Burlington, petite ville du Haut-Canada, à l'extrémité sud-ouest du laé Onsario. au-dessous de Toronto.
de l’année la face des affaires. Le commodore américain Perry, après avoir été bloqué pendant longtemps à Érié, captura la flotte anglaise tout entière sur le lac du même nom, et coupa par ce moyen les vivres ? Proctor, qui ne réussit qu'avec des difficultés inouïes ? se créer de nouvelles communications à travers l’épaisseur des forêts.
Mais sa situation n’en était pas moins dangereuse ; elle était la même que celle du général américain Hull un an auparavant à Détroit ; il avait toutefois un avantage sur cet officier, celui de compter de fidèles alliés dans les [roquois établis dans cette partie du Haut-Canada depuis l'indépendance des États-Unis. Malheureusement pour lui, après la destruction de sa flotte, 1l perdit par sa lenteur un temps précieux, et au commencement d'octobre il se trouva par sa propre faute en présence d’un ennemi formidable. f] n'avait avec lui qu'un corps de mille hommes et environ douze cents Sauvages, lorsque les Américains, au nombre de plus de trois mille, lui présentèrent [a bataille sur les bords pittoresques de la rivière de la Tranche, à trois journées de marche seulement (56 milles) de Détroit. Les Riflemen des États-Unis chargèrent tout-à-coup avec une telle furie, qu’ils rompirent la ligne des Anglais ; toute l’armée britannique se trouva promptement dans une extrême confusion, et la plus grande partie devint prisonnière. Les Iroquois se comporterent bravement sur un autre
! On appelle en Amérique Riflemen ceux qui sont armés du rifle, espèce de carbine cannelée de laquel!e les Américains se servent avec beaucoup d’habi'eté.
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point du champ de bataille, mais ils furent enfin obligés de céder. Proctor, accompagné dequelques fuyards, battiten retraite jusqu’à Ancaster, tandis que les Américains emmenaient leurs prisonniers à Détroit.
Redevenus maîtres de toutes les eaux, les Américains réunirent leurs forces à l’extrémité du lac Ontario et du lac Champlain, sous les ordres des généraux Wilkinson et Hampton, dans l'intention d'attaquer simultanément Montréal avant de donner le temps aux troupes renfermées dans le Haut-Canada de descendre au secours de cette ville. La réussite de ce plan leur assurait la possession de toute cette province depuis Montréal jusqu’à Détroit, et forçait l’armée anglaise tout entière ou à mettre bas les armes, ou à sefrayer un chemin au travers des forêts jusqu’à Québec ‘. Rien ne pouvait empêcher Wilkinson de trouver des bateaux et des pilotes pour passer son armée sur l’île de Montréal, trois ou quatre jours après avoir quitté le lac Ontario, et Hampton n’était qu'à deux journées de marche du Saint-Laurent.
Dans cette extrémité, sir George Prevost fit un second appel à la loyauté du peuple canadien, appel que l'évêque appuya par un mandement énergique, en ordonnant partout des prières pour le succès des armes britanniques, et pour qu’une heureuse paix vint bientôt couronner leur victoire. Jamais peut-être, depuis la domination anglaise, les paroles de l’évêque de Québec
1 Montgommery Martin, The Canadas, in his British Colonts.