‹ Histoire du Canada, de son église et de ses missions [microforme] (volume 2)Chapitre 9 sur 48 · ARTE, L EE · texte numérisé non relu

ARTE, L EE

fut-ce que lorsque la Révolution française eut appris

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aux Anglais le caractere et la loyauté du clergé fran-

qais, qu'il commença à se relâcher sur ce point.

En attendant, la Providence n’abandonnait pas | les provinces canadiennes. Plusieurs prêtres irlan- nt dais et anglais étaient venus s'offrir à l’évêque de ï Québec, qui leur avait confié le soin des âmes de ceux de la langue anglaise qui habitaient les provinces du golfe Saint-Laurent, du New-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse. Le défaut absolu de prêtres avait forcé, en | 1784, l’évêque à commettre à un laïque ! le soin de baptiser les enfants et les adultes dans l’île du Prince-

Edward (auparavant île Saint-Jean), ainsi que de recevoir le consentement des personnes qui voulaient se

* Archives de l'archevèché de Québec. Reg. D. E.

marier, pourvu qu'il n’existât aucun empêchement canonique entre les parties. C’était là le moindre des maux ; Ce qu'il y avait de vraiment déplorable, c’est qu’une foule de Catholiques vivaient dans le désordre, faute d'autorité qui les guidât, et étaient réduits ensuite à mourir sans confession, après avoir vécu durant toute leur vie sans sacrements !. Enfin, en 1785, l’évêque de Québec se trouva en état d’obvier, au moins en partie, à cette triste situation; le prêtre Girouard fut envoyé en mission dans la baie des Chaleurs, dont les habitants, acadiens-français, étaient abandonnés depuis déjà trop longtemps. L'année suivante, le missionnaire Dufuu était envoyé au village des Hurons, près de Détroit, pour prendre la place laissée vacante par la nomination du coadjuteur Hubert,

En 1787, le chanoine Phelan, de l’église d'Ossory en Irlande, quittait son pays et sa position pour venir au secours de ceux de ses compatriotes que l’émigration avait amenés sur les côtes rugueuses du Cap-Breton, où ils étaient venus partager la vie et les privations des pauvres pêcheurs français que l’ Angleterre avait consenti à y laisser, à cause de leur pauvreté. Dans la Nouvelle-Ecosse, Halifax, qui tendait chaque jour à prospérer davantage, voyait, avec le nombre de ses habitants, multiplier celui des Catholiques que la misère et les persécutions chassaient de la malheureuse Irlande. Les missions y devenaient chaque jour plus

* Voyage de Mé' Plessis, évèque de Québec, dans les missions du golfe Saint- Laurent, MS. de l’archevéché.

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DU CANADA 19 considérables : l’évêque de Québec songea alors à les pourvoir, en leur envoyant pour les diriger, sous le titre de supérieur de la Nouvelle-Ecosse, le respectable Jones, prêtre de la langue anglaise, également amené en Canada par son zèle pour le salut de ses compatriotes. En 4788, Roderik M'Donell était préposé à la mission des Sauvages de Saint-Régis, près de l’île de Montréal, et la même année voyait arriver en Canada Edmond Burke, que le Ciel destinait à être le premier évêque de la Nouvelle-Ecosse, où l'archevèque de Cantorbéry venait, de concert avec le cabinet britannique. d'ériger un siége épiscopal hérétique avec le titre d'Halifax.

Les missions sauvages, réduites au petit nombre de sept ou huit, étaient occupées par des prêtres vertueux. mais dont la vertu et la charité étaient impuissantes à arrêter les désordres que causait l’ivrognerie systématiquement encouragée par les Anglais parmi ces malheureuses peuplades.

Louis-Philippe Mariaucheau d’Esglis, dont l’administration épiscopale se résume dans quelques caprices de vieillard, mourut dans une espèce d'enfance, le 4 juin 1788, dans son obscur presbytère de l’île d'Orléans, d’où il n'aurait jamais dû sortir pour ceindre la mitre, mais où le clergé canadien chercha à le retenir autant que possible, durant son épiscopat, afin de n’avoir pas à rougir de son premier pasteur. Lorsque je viens à songer à tout ce qui me fut raconté de ce prélat,

je rougis moi-même pour ce clergé qui se l'était laissé Il 4

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imposer, et Je déplore le malheur du peuple canadien, à ee point outragé par ses vainqueurs et ses maîtres dans tout ce qu'il y à de plus sacré, la dignité de <a reli-

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