‹ Histoire du Canada, de son église et de ses missions [microforme] (volume 2)Chapitre 10 sur 48 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

DEPUIS LA PRISE DE POSSESSION DU SIÈGE DE QUÉBEC PAR JEAN-FRANCOIS HUBERT, EN ÂATSS, IUSQU'A LA MORT D'OHIVIER BRIAND, ANCIEN ÉVÊQUE DE QUÉBEC, EN 14794.

+5 Jean-François-Hubert, neuvitme évéque de Québeë. Son caractère. Influence britannique dans les choice épiscopaux. Bailly de Messein élu coadjuteur, Son esprit et ses liaisons avec les Anglais. est consacré évèque de Capse. Ses divisions avec l'évêque de Québec. Projet d’une université à Québec. Conduite opposée des deux prélats et réflexions à ce sujet. Etat des établissements d'inslruction publique en Canada à cette époque (4790). Mort du père de Glapion, srcien supérieur des Jésuites du Canada. Conduite insultante du coadjuteur

env l'évéque de Québec. Douleur et consternation des bons Catholiques. ln. > üe la maison des Jésuites de Montréal (1797. Suppression de plusieu + «hômées en Canada. La réserve du clergé protestant en Canada.

Érecteu ae l'évéché anglican de Québec. Jacob Mountain, premier lord bishop of Quebec (179%), installé dans l'église catholique des Récollets. Maladie, repentir, et mort de l'évêque de Capse, coadjuteur de Québec. Elle est suivie de celle d'Olivier Briand, ancien évéque de cette ville.

Huit jours après la mort de Mariaucheau d’'Esglis, ME: Jean-François Hubert prit possession du siége de Qué- Li

| bec (12 juin 1788). Zélé pour l'observation exacte de la discipline ecclésiastique, il commença son épiscopat

en cherchant à mettre un terme aux abus que la faci-

lité et les manies de son prédécesseur avaient introduits

dans le diocèse, Mais il n'avait pas lui-même toutes les lumières nécessaires pour voir parfaitement ee qu'il

était opportun de faire dans les circonstances présentes,

ni la fermeté qu'il falluit pour tenir la main à ce qu’il

92 HISTOIRE aurait une fois corrigé, Avec infiniment moins de tact et de sagesse que l’ancien évêque Briand , il se trouva naturellement bien plus que ce prélat accablé sous le poids d’une administration qui demandait une force et une énergie d'autant plus grandes, que son prédécesseur avait montré plus de faiblesse et d'incapacité. Ses premiers pas annoncérent tout ce qu’il serait durant le cours de son épiscopat. Incertain, chancelant, ne sachant à qui se confier, n’ayant aucun des appuis qu'il aurait eus s'il avait trouvé les dignitaires hiérarchiques qui entourent ordinairement l’évêque titulaire, il commença par des actes qui ne plurent à personne. Situation déplorable pour un pasteur, et qui se renouvela ph'. d’une fois encore pour les évêques de Québec : situation dont on ne peut accuser que la politique machiavélique du gouvernement britannique, qui s'était plu d’abord à isoler l’épiscopat en détruisantlechapitre, et à faire ensuite créer un évêque inhabile et dénué des capacités les plus ordinaires, pour le mettre à la tête d’un si vaste diocèse. Grâces, néanmoins, soient rendues à l’Auteur de toute miséricorde, qui, dans des circonstances aussi critiques, préserva le troupeau à cause des bonnes intentions du pasteur, et bouleversa les espérances chimériques de l’hérésie! Car, s’il est permis de s'exprimer ainsi, là où l’évêque se trouva trop faible pour maintenir la foi, la foi se maintint par les grâces singulières découlant de l’épiscopat dont il était revêtu.

Aïnsi qu'aux deux élections précédentes, le choix

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DU CANADA 9 du nouveau coadjuteur fut, comme à l'ordinaire, l'œuvre du gouvernement. Suivant avec habileté sa tactique habituelle à l’égard du clergé catholique, il chercha à accaparer cette fois à son profit toute son influence spirituelle, en imposant à l’évêque un coadjuteur capable, à la vérité, mais tout dévoué malheureusement aux intérèts britanniques. Le nouvel élu, Charles-François Bailly de Messein, prêtre canadien , d’une famille distinguée, mais pauvre, avait de l'esprit, de l’éclat, et uul ne lui contestait son talent. Il avait étudié en France, où il avait acquis des manières qui l’avaient promptement avancé dans les bonnes grâces du général Guy Carleton, depuis lord Dorchester, à plusieurs reprises gouverneur-général du Canada; et ce seigneur l'avait emmené avec lui en Angleterre en qualité de précepteur de ses enfants. Ebloui de la faveur du gouvernement, il se laissa entraîner à la remorque de la politique anglaise, à laquelle il dut sa nomination. Au commencement de sa prêtrise, il avait été missionnaire et vicaire-général de l’évêque Briand dans les provinces du golfe, et, depuis son retour d’Angleterre, il avait été nomme curé de la Pointe-aux-Trembles, paroisse peu distante de Québec. « Il venait souvent en ville, disent les papiers du temps !, mais Île château le voyait plus souvent que le séminaire, »

Il y eut un semblant d'opposition parmi le clerge, lorsque ce choix eut été connu; car nul n’était plus im-

‘faselte de Québec, artucle insére. —- Annce 1789—10

opulanre que Billy de Messein dans toutes les classes l | \

de la société canadienne, Personne n'osa cependant éle. ver la voix contre lui, et l'évêque Hubert demanda à Rome de confirmer cette élection, qu'il disait avoir été faite par le clergé canadien ; 1leut dans la suite tout le temps de s'en repentir, Le pape Pie VIT lui expédiu la même année la bulle qui confirmait ce choix si peu conforme aux désirs des Canadiens, avec le titre d’cvêque de Capse, sous lequel Bailly de Messe fut consacré, le 12 juillet 1789.

Après avoir terminé la cérémonie de la consécration, l'évêque de Québec voulut aussitôt renvoyer son nouveau coudjuteur, et lui intima l’ordre de retourner à sa paroisse. Celui-ci, qui espérait déjà partager avec l’cvêque titulaire les soins de l’épiscopat, et obtenir une part dans l'administration du diocèse, lui fit connaître sa pensée, en le priant de lui communiquer au moins avant son départ les pouvoirs de grand-vicaire. L’évêque de Québec s’en exeusa timidement; mais son refus piqua au vif l'évêque de Capse, qui lui demanda d’une manière assez hautaine pourquoi donc 11 l'avait fait son coadjuteur. — Ce n’est pas moi qui vous ai fait coadjuteur, répondit alors le prélat avec une amertume qui montrait tout son regret et sa douleur ; et, si Je vous ai sacré, ce n'a été que pour assurer l’épiscopat dans le Canada, et non pour m'aider; Dieu merci, le Ciel n'a donné assez de force et de santé pour conduire par moiméme mon diocèse, et, S'il Lui plait, Jusqu'à mu mort, je n'aurai Jamais besoin de votre aide. — Ces paroles

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