PUTOIS-CRETTÉ, LIBRAIRE - ÉDITEUR 39, RUE BONAPARTE
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HISTOIRE * » oCCasionna l'émigration de mille ou douze cents
, Français ou Canadiens. Cette diminutiongela:po- |
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> arts et. des sciences se fit sentir longtemps dans » le pays !. » On peut dire, sans craindre de se tromper, qu'il s'y fait sentir encore aujourd’hui. En effet, c'est avec la conquête que l'on voit commencer cette
altération dans le caractère des. Français du, Ca- . nada, qui finit par n'en être plus que l'ombre. La
timidité, la défiance et l’indécision,. marques distinotives l'un un peuple vaincu, apparaissent; et céci surtout devient remarquable ‘dans le clergé et dans la noblesse, classes qui avaient le plus à craindre de la part du vainqueur. On voit chez eux de grands égards pour le. gouvernement et. les. magistrats bri-
tanniques; mais ces égards s0gÿ. forcés, et l'antipa
thie pour les Anglais paraît bien plus qu'ils ne se te
ginent ou qu’ils ne voudraient réellement | le montrer. À l'appui de ces paroles, voici ce qu'écrivait en 1838 un homme d'Etat distingué, à son retour du Canada, dont;il avait: dé. gonverneur-génér: ? :.« Des circons- » ‘tances d’une nature particulière, disait lord Dur-
\ Bibaud, Histoire du Canada, Montréal, is.
affaires des a mil britanniques de l'Amérique du Nord,
eux. qui s'opérs | ri Le dge des ?
+ 2 Rapport ‘de lord ‘Dirham, haui-commissgire de Sa Majesté, elc., sur ‘es Premiére parti
LES De | VU OT OS v v
DU CANADA : à » ham, exclurent, dès le commegeement, les Cana.
» a Tee nd ie ‘classe privilé- | » Eée GAP DONSTAr PUIS AUS I RE Elle
» français, et the Put en die Ann » ment de leur propre pays. Ce n'est que depuis » peu d'années,
prendre | envers [n haute société pra ce > ton et ces airs exclusifs, plus révoltants pour un peu-
» ple remarquable par sa politesse et sa susceptibi- » lité que le monopole du pouvoir et du lucre. Et » encore.ce favoritisme national n’a-t-il pris fin qu’a- » près que des plaines fréquentes et des débats haineux.eurent allumé des passions que des concessions n'ont pu. éteindre. Les races étaient devenues énnemies, lorsqu'une justice trop tardive avait été obtenue par la force. Etmême, depuis, le gouvernement ci a trouvé le moyen d'exercer son patronage envers rd Dur- les Canadiens d’une manière aussi offensante pour » eu que leur précédente exclusion. »
et. Or, la même année que lord Durhar adressait ces e partie. paroles à la roine d'Angleterre, un Anglais historien
MISTOIRE
‘du Canada publiait à Londres les paroles suivantes : « Liberté civile:et religieuse fut: accordée aux Cans-
il a M re gr
» prete Ja part lun | vainqueur » envers un peuple vaincu : la Grande - Bretagne ou- »| vrant ainsi une ère nouvelle dans les guerres du » monde civilisé, et rçant » palme pour avoir su. ‘conquérir un peuplé moins » dans l'intérêt de son ambition «et pour le. soin ” » pourvoir à la sûreté de ses autres colonies qi » l'espoir d'améliorer la situätion des vaincus et à » les faine jouir des droits de le liberté. humaine !. Paroles pompeuses | mensonges ; brillants, comme ceux que l'Angleterre est habituée à jeter au monde, et que démentent si cruellement les faits. Car, outre l'exclusion où elle tint les Canadiens de toute part dans l’administration de leur pays, durant les longues années qui s’écoulèrent entre la conquête. et l'époque moderne, en laissant entre les mains d’Anglais seulement, et souvent sortis des classes les plus viles de leur pays, le monopole dé l'autorité civile de la colonie, les nouveaux venus qui se constituaient leurs magistrats ajoutèrent encore l'insulte à Yexclusion, en niant aux Canadiens leurs droits comme sujets
britanniques, reconnus par le traité de cession, et en , #
\ Montgommery-Martin, fist, of Canada, in his British Colonies. London, 1888.
V'univers à lüi donner la
Paris, 1 pondirel
| Archive!
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n, et en , k
ndon, 1888.
DU CANAPA AN b +
les regardant.comme incapables de toute fonction, pré- | cisémentà PET EST Untelétet
fait aux: fidèles. ges «toutes les rer du paume qui les engageait à contribuer chacun selon ses moyens . à une’levée de fonds nécessaire pour envoyer une députation à Londres afin d'y demander l'octroi des libertés garanties par le traité fait avec la: France ‘. C’est apparemment à la suite de leur pétition, qui fut dépoëée au pied du trône, que les lords du ‘commerce envoyèrent la question”enivante à l’attorney-général, sir Fletcher Norton, et au solliciteur - général, sir William de Grey : « Les sujets catholiques: romains » de Sa Majesté résidant dans les pays cédés à Sa » Majesté en Amérique par le traité de Paris, ne » sont-ils pas soumis, dans ces colonies, aux incapa- » cités et pénalités auxquelles les catholiques romains » sont soumis par les lois dans ce royaume?» :
À cette question si grave pour le Canada, mais qu’on aurait dû considérer comme vaine et ridicule en Angleterre, si la justice y eût régné, puisqu'elle était toute décidée par la capitulation de Montréal et le traité de Paris, les’deux personnages ci-dessus ares répondirent, à la date du 40 ; . 1765: ,
— « Îls ne le sont pas !.
| Archives de l'archevêché de Québec.
‘HISTOIRE Ainsi, deux ans après le traité qui cédait le Canada à l'Angleterre, et par lequél la couronne britannique ‘| garantissait aux Canadieñs le libre exercice de la Re. ligion Catholique, of était encore à se demandenà Londres si les Canadiens n'étaient pas soümis aux péna-
lités ét incapacités qui pesèrent si longtemps sur les sujets catholiques des Trois-Royaumes.
| Ce dut être un sujet de réflexions bien péniblé pour les députés du Canada lorsqu'ils se virent forcés de s'en’ retourner dans leurs foyers sans autre réponse que celle que nous avons citée et l'espoir incertain d'un avenir meilleur, destiné peut-être à ne jamäis se réaliser.
Olivies Briand, administrateur du diocèse de Québec, était alors lui-même à Londres, où il était arrivé avec des lettres de recommandation du général Mur-
ray, gouverneur du Cänada. Depuis la mort de Pont-
briand, c'était sur l’abbé Briand que s'étaient réunis les suffrages du clergé ét de la noblesse frariçaise du Canada, qui à force d’instances avaient obtenu de lui quil demandât des lettres à M. Murray pour se rendre à Londres afin de solliciter du cabinet brita. inique la perinission de demander à Rome l'institution de l'évêché de Québec. C'était une faute, maïs qui se conçoit facilement à une époque où les idées d’une juste et sage‘ indépendance, maïs d’une indépendance véritable, telle que devait être celle de dau du Canada,
! The justice and policy of the late Act of Alone, etc., for Quebec, asserled and proved, Londoa, 4774.
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D’après le traité déqais toute liberté état pie à la Religion Catholique, Briand aurait dû se rendre en Europe sans consulter le gouvernement , se faire sacrer évêque après avoir obtenu ses bulles du Souve: rain-Pontife, et retourner dans son diocèse. Mais personni ne songeait alors à faire l’application du: prin-
cipe constaté dans le traité. Briand s’adressa donc tout
simplement au gouverneur, et, cédant au vœu de tous, s’embarqua au mois d'octobre 1764. Il arriva à Londres au mois de décembre suivant, et remit au mi-
nistère les lettres du général Murray. Celui-ci avait
parfaitement senti que, pour perpétuer le clergé du Canada, il fallait lui donner un évêque. Refuser à l'abbé Briand les lettres qu’il lui demandait, c'était peut-être le forcer à tirer lui-même la conséquence du principe posé dans le traité, et à laisser entièrement de côté le gouvernement dans cette affaire importante ; ou bien, s’il empêchait les Canadiens de se donner un premier pasteur, c'était exposer les Anglais à se rendre tout-à-fait odieux à la population française, qui ne manquerait pas de trouver le moyen de faire passer en France où dans quelque autre pays catholique les candidats proposés pour le sacerdoce; cequi les aurait mis inévitablement jusqu’à un certain degré dans la dépendance d’une puissance étrangère‘. Or, c’étaient
1 The justice, ete, — dettres de M, Murray à M. Briand, Archives de l'archevêché de Québec.
* éd ins be re rentes bureau, qui se le. renvoyérent sans pitié et sans lui donner la
moindre satisfaction. Il eut.à. souffrir les hauteurs des j
membres de l'Église établie, à supporter les prive
les plus pénibles, et plus d'une fois-il s6 vit aux prises
avec la misère, les ressources lui — oi ert qué durant ce pénible.séjour. . : :
: Vers lafin de l'année. 1768, “ut pelinéi irlandais qu’il rencontra par hasard dans les bureaux, apprenant l'objet de ses démarches, et prenant en pitié sa triste situation, l’engagea à cesser ses poursuites, en lui faisant comprendre quelle ministère anglais, malgré les promesses et les recommandations de M. Murray, demeurerait sourd à toutes ses demandes, et ne se hasarderait jamais à se compromettre aux yeux de son église au point de lui donner explicitement ‘une réponse favorable. Il lui conseilla de profiter de la liberté que lui accordait le texte du traité de Paris, pourserendre aussitôten France, sans s'occuper davantage du bon plaisir de l'Angleterre, l’engageant à s’y
fait par.
Première
sélés| jet Vlinne dans: age st Le retour de l’abbé Briand à Québec (28 juin 1766) fut salué par les cris de joie de tous les Canadiens, qui
Y Mandement de Mt" Briand, aux archives de l'archevèché. — Journal du voyage fait par Mer Plessis, évêque de Québec, dans les années 1819.et 4930, en Europe. Première partie. MS de l’archeyéché de Québec.
AGE re rom
On, a fai te tft, c'était fibre de 1
cruel Hoi mt ce es de tous ces événements, qui fait malicieusement cette remarque sur la timidité de M. Briand. C'est lui aussi qui raconte que ce prélat, en s’adressont aux Canadieris, à son retour, ne se présenta pas à eux comme évêque, mais comme un simple fatseur de prétres. Ce sont de nouveaux trails à ajouter ax nombreux exemples de la méchanceté et de la mauvaise foi protestantes des hommes du gouvernement d'alors. M. Smith et son pére firent tous les deux partie de ce gouvernement en Canada.
dans dc De ie 2e ne ie te étudiaient la théologie : coutume louable qui exista jusqu’en 1847, mais qui vient de cesser, l'archevêque actuel de Québec s'étant bâti an palais épiscophi à l’aide des souscriptions des fidèles.
1 WW. Sinith. Pfést, of Canada. — — Gazelle ns Québec. Voyez les numéros de celté époque.
2 Mémoire sur le diocèse de Qué adressé à 14 sacrée fsoneréqation de la Propagande, à Rome. Archives de l'archevéché de Québec, règ. D
‘le mon .. parut api del fire Géer.
Le. vathéärale était en voie de: réparation siège de Québec, on n'avait pas endore pa Ÿ dire la messe; | et les offices publics se faisaient dans la cha. pelle du séminaire. L'évêque, à qui il répugnait de prendre des mesures de rigueur, et d’en appeler aux tribunaux laïques, alors tout composés de protestants, se résigna à prendre patience jusqu’à ce que les mar- guilliers et le curé fussent revenus au parti de la
DU CANADA js 413
en rai plus tard ce mjets et je ; ni résultè
fn t toutes es His du golfe furent annexe au gouvernement. de la Nouvelle-Ecosse.
La 50 mission de toutes ces AS d'origine française, “qui. précéda même le traité de Paris, et Texpression des divers articles de ce document, auraient , æ. semble: , dû les mettre à Pabri de toutes vexations. et et leur assurer au moins la sécurité dont jouissaient celles du Canade -proprement dit. Mais, ainsi que dans la Nouvelle-Écosse, leurs terres et leurs belles métairies étaient un objet d'envie pour les émigrants anglais, surtout
| Lettres de Mt Briand, aux archives de l’archevéché de Québec.
HISTOIRE dans l'ile Saint-Jean : leur perte fut donc résolue, et sous le prétexte qu'un grand nombre d'Acadiens de cette île étaient encore trop : hostiles aux Anglais, point qu’on eût à alléguer un : acte quelconque d'hos- 7 tilité contre eux, mais seulement parce qu'ils étaient encore hostiles, c’est à dire parce qu'ils avaient pas: encore:appris à:aimer les Anglais, l'ordre fut. wonné de leur faire partager le sort affreux de-ceux de la Nouvelle-Écosse’en4783:t: Où-les embarqua par fotce dans des navires préparés à ce dessein ; quelques-uns furent envoyés sur les côtes de raie et l’on transporta le reste, comme un bétail inutile ou. rmalfaisent, sur le continent voisin, dans lesterritoires sanvages et malsains des colonies méridionales, où la plupart durent perir de faim et de misère. Il n’échappa à cette cruelle dispersion que ceux qui eurent le bonheur de fuir dans:les montagnes et les bois de leur île, où ils demeurèrent tout le-temps qu’il fallut à l’Angleterre pour apprendre que ces Catholiques qu’elle traitait si mal étaient les plus fidèles de ses sujets coloniaux. Douze ans après, la révolution de ses anciennes colonies américaines lui montra ce qu’elle pouvait Mitanare du courage et de la: loyauté dés Canadiens.
Après s'être débarrassés si odisesèrient: de ceux dont ils prétendaient avoir quelque chose à craindre,
| « A:great number:of the Acadian. French un the island were still so hostile 10 the English, that hey were included in the order to remove those of Nova Scolis, A large number were in consequence shipped off to the neighbouring continent, to the southern colonies, and to France » Montgommery Martin, Æist. of Prince-Edward’s Island, in his British Colonies.
| les Anglais virent tout. d’un, coup s'élever devant eux
Brune ik. de lle idem de de Nouvelle- Écosse. Lrrités du t | itété i g. aux Acadiens et. à leurs prêtres, qui avaient été égolement leurs propres missionnaires , ils cherchèrent à les venger surles Anglais en massacrant impitoyable. ment tous ceux qui avaient le malheur de tomber entre leurs-mains. Accoutumés à parcourir les bois.et les rochers de la Nouvelle-Écosse, c'était là surtout qu'ils tendaient .des embûches aux émigrés anglais, et les habitants d'Halifax n’osaient plus se risquer à sortir de l’ençeinte de leur ville, dans la crainte d'être massacrés par les Sauvages. Trop rusés pour se laisser prendre. par :les soldats du gouvernement , les Micmacks échappaient à toutes les manœuvres de la garnison,. et;la mort la plus cruelle fais=it chaque jour de nouveaux vides parmi les colons. Dans l’impossibilité où il se voyait de faire cesser par la force un. état de choses si funeste , le gouverneur d’Halifax. appela. près de-luil’abbé Maillard, ancien vicaire-général de Louisbourg,.qui depuis la paix était sorti de la sionnaire et en prêtre zélé, à parcourir les peuplades sauvages, ainsi que le petit nombre de villages acadiens. restés au Cap-Bretonet ä:la côte de Miramichi, pour leur porter le secours de son ministère. | Depuis plus de vingt-cinq ans,ce digne ecclésiastique
HISTOIRE était l’objet de la plus profonde vénération vf + part
leurs. cruattés, et l'invite à: Pit, Stern ; 7.
cette ville: Maillard était prêtre. et’catholique :: i oublis le mal que lui avaient fait ses pérsdéntées, n'eut qu'un mot à dire: Éd .
terme à leurs représailles. RUE
Le gouverneur de la sb tas As ses services, lui accorda en même temps' ‘une pension
de deux cents livres sterling, et, àune ‘époque où l’An-
gleterre gardait encore une haine si fanatique -à-la Re-
… ligion Catholique.et à.ses ministres; l'abbé, Maillard
eut. une église à Halifax, qui lui fut bâtie par ordre du gouvernement, Dès ce moment, les. Sauvages y : rent tranquillement entendre la sainte messe , “et l'on n’entendit plus jamais parler d'aucun meurtré
Les Acadiens qui avaient échappé à ds dépaetation générale, dispersés dans le pays, -eurent alors euxmêmes la liberté de se réunir euprès de- l'abbé Mail. lard et de pratiquer sous sa; protestion les devoirs ‘de la Religion. Environné de la‘oonsidération: que: lui attiraient ses vertus.et son influence, Maillard vécut encore plusieurs années à Halifax. -Attaqué d’une maladie grave, il fut visité par un ministre anglican ; qui lui offrit ses. services afin de le disposer à bien mou-
\ Journal du voyage fait par M" J.-0. Plessis dans les armes du golfe Saint- Laurent, én 1815. MS. de l’archevéché: de Québec.
vieitlar Le 1 irlands nouvel avait, Écossa
cer le:
DU CANADA | 17 rir, Le bon vieillard le repoussa doucement, et lui ‘fit cette e digne d’un prêtre catholique : — J'ai servi D ieutoute ma vie, mr 20 paré à la mort, endui offrant le saint sacrifice de ln messe. — 1] mourut: sans sacrements, puisqu'il était seul prêtre dans la Nouvelle-Ecosse, mais, plein de confiance dans la bonté du Père céleste ‘, ne laissant que son cadavre aux protestants, qui lui firent des obsèques magnifiques (1768). L'abbé Maillard appartenait, ainsi que je l'ai dit, à la na AU des Missions-Étrangères de Paris. FA | .… Lorsque la'nouvelle de sa mort arriva à Québes, | l’évêque envoya, pour: le remplacer auprès des Micmacks et des Acadiens, Bailly de Messein , qu’il nomma son grand-vicaire pour toute l’ancienne Acadie (Nouvelle-Écosse et New-Brunswick), l'ile du Cap-Bretonet celle de Saint-Jean ou Prince-Edward. À Bailly, qui n’y résta pas longtemps, succéda l'abbé Bourg; mais ni l’un ni l’autre ne parvinrent jamais à remplacer véritablement auprès de ces aura le vénérable vieillard qu’elles avaient perdu.
Le nombre des émigrants iites bac et irlandais commençant à s’accroître alors dans les nouvelles colonies anglaises, l'évêque de Québec avait, en 1767, élevé aux ordres sacrés un jeune Écossais, Alexandre Mac Donnal, qu’il envoya exercer le saint ministère parmi les sujets britanniques de
Vid, ibid — Ares de l'rcheréché de Québe.
la langue gaélique et anglaise de l’île du Prince-Edward et de la Nouvelle- Écosse ; c'était le x prêtre !| fourni per la Grande-Bretagne dans cette x e, où ï as qusrante-trois ans, environné, comme Maillard, du respect et de l'amour de ses compatriotes, et sstonk des habitants d’Antigonish, dont il Apart culièrement le pasteur! .
(En vertu de la capitulation de Montréal et du traité de 763, dont les articles accordaient aux Canadiens le libre emercice de la Religion Catholique, ceux-ci avaient conservé non seulement le droit d’avoir un évêque, mais encore le titre de cet évêque aurait dû être. reconnu du gouvernement, et-cet évêque aurait dû être librade demander à Rome un. condjuteur, avec droit de succession , suivant les formes canoniques. Mais, au mépris des capitulations et du traité, ces droits et ces libertes, ce hbre exercice, si ouvertement stipulés, furent méconnus par le cabinet britannique, qui, pendant plus de soixante ans, travailla sans relâche à ancantir l'influence de la Religion Catholique, pour établir plus sûrement l'anglicanisme sur ses ruines. Il y travailla, en svilissent l'épiscopat dans la personne des évêques, et en s’emparant estucieusement de l'élection des coadjuteurs. Or, c’est un fait constaté par les actes déposés aux archives de l’archevêché de Québec, que tous les évêques et archevèques de cette ville, à commencer par le successeur de l'abbé Briand,
‘ Lettre pastorale de Ms Plessis aux habitants de la Nouvelle-Écosse, — Aux archives de l'archevéché de Québec.
Canada.
nn ique, se ns reholique, sur ses dans la sement constaté êché de le cette Briand,
se, — Aux
furent. chi par les gouverneurs du Canads, j jusqu'à
toutes les nominations, ip is, eur pour objet Les wiernbres de ce clergé les moins capables de soutenir le poids de l'épiscopat, et faits plutôt pour en déconsidérer le caractère auguste aux Yeux des Catholiques aussi bien que des protestants.
» it, avait, lorsque nous le stia L' obus > ‘deux institutions qui seules conservèrent le sem- » ‘blant dé l'ordre et de la civilisation. dans la société, Fe Église Catholique et la milice , qui étais cons- » tituée ét employée de manière à suppléen partielle. » mentau manque de meilleures institutions civiles. L'heureuse influence de l'Église Catholique a été limitée et affaibli ; Ja milice est maintenant anéantie »
Après toutes les entraves mises à la nomination de l'abbé Briand, et les outrages dont il l'avait abreuvé à Londres, le ministère britannique, cédant malgré lui
\ Rapport de bord Durham, haut commissaire de S. M., sur les affaires du Canada,
à la nécessité des circonstances, avait toléré le retour de ce prélat à Québec, après sa consécration. Mais, par suite du système d’abaissement et de dégradation qu’il
avait résolu d'adopter à à l'égard de l’église du Canada,
en laissant, repartir Briand pour aller exercer les fonctions d’ évêque à à Québec, il lui en refusait le titre, qu’il transférait déjà en pensée à un prélat de l’église établie.
De son côté, l'évêque de Québec, effrayé des lenteurs
qu'avait entrainées sa nominatiou,et des dépenses occa-
sionnées par son voyage et son séjour en Angleterre et en France, effrayé des suites fâcheuses que pouvaient entraîner, pour son diocèse , les longues vacances qui se succèderaient à la mort de chacun des évêques, et voulant épargner ! à ses successeurs les épreuves si douloureuses que lui avait attirées son élection, songea à demander un condjuteur, à qui il donneïait ln consécration épiscopale, et qui, à sa mort, pourrait le remplacer, et se donner lui-même à son tour un coadjuteur, qui continuerait ainsi sans interruption la succession des évêques au Canada. Cette mesure était sage; | mais, d’après les idées reçues, Briand ne crut pas pouvoir la mettre à exécution, sans en avoir donné communication au gouverneur. Celui-ci comprit bien qu'il serait inutile et impolitique à la fois de s’opposer au désir de l’évêque : ii en donna avis à son gouvernement, qui, sans chercher à y mettre obstacle cette fois, voulut au moins en tirer tout le parti possible, en s'attri-
1 The justice and policy of the late Act of Parliament, cte,, for Quebre, asserled and proved. London, 1774.
laissa lui fai
En Saint:
posé à
e retour ais, par ion qu’il Canada, les foncre, qu'il établie.
lenteurs ses OCCAterre et uvaient nces qui ques, et s si douongea à a conséle remcondju-
s’attri-
Quebre, as-
buant le choix des coadjuteurs, au gr and détriment de la liberté de l’Egtise Catholique.
En conséquence de cette résolution, il fit valoir aux yeux de l’évêque Briand que le roi i d'Angleterre a ayant succédé à tous les droits du roi de France dans le Canada, il était juste que , comme lui, il eût à à sanomi- . nation le choix des évêques de Québec. Briand aurait dû répondre à l'exposé d’une telle prétention que cette faculté de nommer au siége de Québec, n'étant nullement un droit chez le roi de France, mais une simple grâce accordée par le Saint-Siége à un prince catholique, à la tête d’un royaume catholique, cette faculté n’était en aucune façon transférable à un autre prince, surtout à un prince hérétique, à moins d’un acte éma-
né de Rome même ; et d’ailleurs, en supposant que
cette faculté eût été transférable du roi de France au roi d'Angleterre, c celui-ci ne semblait-il pas naturellement y renoncer en refusant de reconnaître officiellement le titre de l’évêque de Québec et les autres priviléges dont ce prélat jouissait sous le gouvernement français ? — Mais Briand , intimidé déjà par tout ce qui s'était passé, et MER pour l’avenir des choses plus fâcheuses encore, n’osa pas répondre d’une manière énergique, et, après une faible résistance , se laissa imposer toutes les conditions qu'on voulut bien lui faire.
En conséquence, l’abbé d’Esglis, curé de la paroisse Saint-Pierre de l’île d'Orléans, près de Québec, fut proposé à Rome à la fin de l’année 1770 ; ce choix ne fit
EUAA (fit
pressentir que trop les intentions du gouvernement,
alors représenté par le président du conseil de la colo-
mie, faisant fonctions de gouverneur. En lisant: les di-
vers mémoires qui datent de cette époque ,.et en les, comparant aux traditions encore vivantes aujourd’hui sur d'Esglis, il est. impossible de ne pas reconnaître dans là nomination de ce prélat l’œuvre de la politique anglaise. et protestante. Louis : Philippe CT d’Esglis, d’une famille distinguée, mais appadvrie, du Canada, était alors un vieillard de plus de soixante ans, c’est-à-dire de quatre ans plus âgé que celui à qui on le donnait pour coadjuteur, et de facultés intellectuelles au dessous du médiocre. C'était bien. homme le moins capable d’administrer un diocèse aussi vaste, et surtout dans des circonstances aussi difficiles que celles où se trouvait le Canada. Je n’ai rencontré aucun document qui m’indiquât que le clergé eût fait la moindre démarche pour: s'opposer à un choix si déplorable ; mais, en supposant qu’il en eût fait, ces démarches durent être timides , et par conséquent inutiles auprès du conseil de Québec, qui était résolu sans doute à remplir les intentions du gouvernement et à huiilier le clergé du Canada , en y avilissant l’épiscopat.
Ni l’évêque ni le clergé ne se sentirent apparemment la force de résister à la violence morale qu’on leur faisait subir, et, à la demunde de l’évêque Briand, qui
Me Briand n'avait alors que cinquante-six ans.
fonctid pouvo vant prouve l’homr juteur me lui à 1 ren voy deson fus qu les pot signifi Car il M. d'] qu'ava core at premie terre ] deux :
l'évêqn
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en les.
ard’hui nnaître
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ncheau rie, du ixante ii à qui itellechomme | vaste, les que tré aufait la déplodémarnutiles s doute à hul'épis-
paremon leur nd, qui
DU' CANADA . 28 eut encore la douleur d’être forcé de motiver aussi honorzblement que possible, vis-à-vis du Saint-Siége, la présentation de Vabbé d’Esglis, Rome lui expédig ses bulles, datées du 42 septembre 4774. Le 12 juillet 1772, d'Esglis fut consacré sous. le: titre d’évêque de Dorylée, in partibus, dans la chapelle du séminaire. Mais, aussitôt après la cérémonie, le nouveau prélat retourna à sa paroisse, où Briand le renvoya exercer ses fonctions curiales, sans même lui donner l’ombre d’un pouvoir de plus que ceux qu’il avait exercés auparavant comme simple desservant. Ceci seul servirait à prouver combien il comptait peu sur les. capacités de l'homme qu’il avait été contraint de prendre pour coadjuteur. Mer Turgeon, archevêque actuel de Québec, me racontait à ce sujet; dans une visite que je fis avec lui à l’île d'Orléans, que l'évêque Briand, après avoir renvoyé d’Esglis, se tournant vers quelques prêtres de son clergé qui lui exprimaient leur surprise du refus qu'il venait de faire de donner à son coadjuteur les pouvoirs de grand-vicaire , ajouta avec un sourire significatif : Ut sciant gentes quoniam homines sunt. Car il voulait donner à entendre par ce texte que M. d’Esglis ne devait pas se croire plus savant alors qu'avant sa consécration. Telle était, et telle est encore aujourd’hui l'opinion qu’on avait de ce choix, le premier et le plus triste de tous ceux que fit l’Angleterre pour le siége catholique de Québec. Ce ne fut que deux ans après, qu’à la sollicitation du gouverneur, l'évêque Briand déclara l'abbé d’Esglis coadjuteur
de Québec, et qu’il le présenta en cette qualité ak clergé de son diocèse! .' Par égard néanmoins pour la di-
gnité dont il était revêtu, il avait accordé à l'abbé
d'Esglis, qui était loin d’être riche, des moyens d'exis-
tence plus convenables à son rang, en lui allouant une partie des dîmes de la paroisse de ee
bee 1773). ro | Rs : a 1 x susqu
\ du __— de Me Briand, du 14 mars 1774, — Archives de l'archevéché de ébec. 1} PE
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Québec | Révcollet évèque de l'An, tion d'u huitième
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